‹ Le Magasin pittoresque (volume 3)Chapitre 206 sur 314 · PLANCHERS , MURAILLES ET CHEMINÉES · texte numérisé non relu

PLANCHERS , MURAILLES ET CHEMINÉES

La plupart des maisons de paysans ne sont ni dallées, ni carrelées, encore moins parquetées. Le sol y est simplement recouvert d'une couche de mortier ou de terre glaise bien battue. Comme les tuileries et les briqueteries se multiplient de plus en plus, en même temps que les transports deviennent plus faciles, on peut établir presque partout un carrelage à bon marché, et un carrelage est toujours préférable à un terrier.

Mais on doit encore préférer un plancher à un carrelage, quand le prix du bois n'est pas trop élevé.

Dans les pays où la pierre est abondante, on fait souvent des murs trop épais; dans les cantons où elle est rare, on tombe dans l'excès contraire.

Quand les matériaux sont passables et que le mortier est bien préparé, il suffit que le mur ait au plus 40 à 50 centimètres d'épaisseur. Pour les pans de bois remplis avec des moellons ou des plâtras réunis avec du mortier ou du plâtre, il suffit d'une épaisseur de ^ à 25 centimètres.

Les murs doivent toujours étre,enduits ou tout au moins jointoyés avec de bon mortier; ils durent ainsi beaucoup plus longtemps. Chaque fois que l'enduit se détadie, il

MAGASIiN PITTORËSOUE.

faut avoir soin de le réparer, ce qu'on peut faire aisément, même sansTaide du maçon.

Tout propriétaire doit savoir qu'une maison, grande ou petite, vieille ou neuve, ne vit que de réparations presque cooUnuelles. Si vous laissez vos murs dépourvus d'enduit, les eaux de pluie pénétrent dans l'intérieur ; elles délayent les mortiers, font geler les pierres, et voilà une brèche qu'il faudra réparer à grands frais.

On trouve partout de la chaux vive à bon marché; en l'éteignant eU la délayant avec de l'eau , on en forme un excellent badigeonnage pour l'intérieur comme pour l'extérieur delà maison.

Pour l'intérieur, le paysan peut aussi se donner le luxe du papier peint, d'autant plus que le papier se conserve bien plus longtemps à la ampagne que dans les grandes villes où la poussière le ternit promptement. Ne choisissez pas de papiers à couleurs tendres, telles que rose, bleu de ciel, vert clair, violet-lilas, etc.; toutes ces nuances sont en général peu solides. 11 faut préférer les papiers à dessins blancs sur fonds gris, gris clair sur gris foncé, brunjaune, brun-rouge, etc.

La pierre d'achoppement de tous les architectes campagnards, c'est la cheminée, qui d'ordinaire fume à tous les vents. Aussi fait-on grand cas de certains artistes qui parcourent les villages en proposant de corriger les cheminées vicieuses. Mais on pourra se passer de leur concours en se conformant aux prescriptions suivantes :

Établissez toujours l'àtre (le foyer) à 10 centimètres au moins au-dessus du seuil de là porte extérieure.

Que le tuyau de la cheminée ne soit ni trop étroit, ni trop large; on tombe presque toujours dans ce dernier défaut. Le tuyau ne doit pas avoir, à l'intérieur, plus de 15 à 20 centimètres d'épaisseur sur 20 à 25 centimètres de largeur.

Terminez le tuyau par en haut en le rétrécissant, et maintenez-le toujours au-dessus de la crête du toit le plus voisin.

Si la maison possède plusieurs cheminées, établissez pour chacune d'elles un tuyau séparé et ne faites pas déboucher un tuyau dans un autre, car les différents tirages se contrarieraient.

Toute cheminée qui ne satisfait pas à ces conditions essentielles fumera le plus habituellement. De plus, si le pays est exposé à des vents assez violents, il est bon de couvrir l'ouverture de la cheminée avec deux tuiles ou deux pierres plates inclinées en forme de toit. Cet abri doit être tourné du côté du vent régnant, de manière i protéger la sortie de la fumée.

Ck)mme la cuisine du paysan sert en même temps de salle à manger et de salon, souvent même de chambre à coucher (ce qu'on doit éviter), il faut que cette pièce principale soit grande, bien éclairée et d'une propreté minutieuse.

La pierre d'évier doit être munie d'un conduit qui porte au dehors les eaux ménagères.

Ces eaux ne doivent pas courir à l'aventure sur le sol ; il est bon qu'elles soient recueillies pour servir à la nourriture des porcs, ou bien dirigées dans la fosse du fumier (étanche et abritée) pour servir d'engrais.

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