‹ Le Magasin pittoresque (volume 3)Chapitre 237 sur 314 · NOVEMBRE · texte numérisé non relu

NOVEMBRE

A cette époque de l'année , les mers du Nord sont orageuses* Que les navigateurs portent souvent les yeux sur les signaux météorologiques que TAmirauté anglaise a dressés sur ses eûtes! En voyant le drum ou les boules s'agiter du haut des mâts plantés sur les falaises, ils apprendront la nature du danger qui les menace, et par suite le moyen de s'en garantir.

Les premiers Jours du mois de novembre de Tannée précédente ont vu se déchaîner un cyclone qui a fourni la preuve de Tinfaillibilité des prévisions scientifiques , mais aussi, hélas! du danger de perdre un seul instant avant d'en tirer profit.

Dés la veille, à deux heures, l'amiral Fitzroy avait reçu des communications télégraphiques annonçant l'approche de la tempête, qui devait éclater vingt heures plus tard sur 4es côtes septentrionales de l'Angleterre. Prévenir déjà les marins parut superflu : on remit la chose au lendemain matin.

L'électricité arriva encore à temps pour devancer l'ouragan, et les signaux furent arborés à la pointe du jour. Malheureusement, à Scarborough, dans le voisinage du centre où les éléments déchaînaient leur fureur, les pécheurs avaient déjà pris la mer; l'équipage du bateau de sauvetage était absent. Quatorze victimes, laissant derrière elles sept femmes et dix-sept orphelins, payèrent de leur vie le retard qui aurait pu être évité si on avait arboré des signaux nocturnes, ou prévenu les navigateurs à coups de canon.

En voyant ces tristes résultats d'un avis simplement relardé pendant quelques heures, on frémit involontairement aux malheurs qui résultent d'un délai de quelques années. De combien de sinistres ne sont donc pas coupables les gouvernements qui négligent d'organiser un système de signaux météorologiques ! Comment ne pas regretter que des hommes de science reculent devant les travaux nécessaires pour épargner tant de vies, en ayant la satisfaction de recueillir sur la physique du globe tant de renseignements inestimables?

Comme nous l'avons déjà indiqué Tannée dernière à pareille époque, les personnes qui aiment à contempler les phénomènes célestes pourront suivre avec intérêt la course des étoiles filantes ou bolides (consulter les tables). Elles verront ces astres mystérieux imprimer sur la voûte céleste la trace lumineuse de leurs pas.

Il n'y a dans ces remarquables phénomènes rien que d'imprévu, d*irrégulier, d'instantané. L'apparition est si prompte, la disparition est si soudaine, qu'il faut une grande habitude des observations météorologiques pour être bien sûr que Ton a vu quelque chose, pour reconnaître d'une manière précise les endroits par lesquels le globe de feu a passé. Les observateurs inexpérimentés, quand ils sont frappés par une vive lumière, sont naturellement portés à exagérer les dimensions et l'éclat des objets brillants. Aussi ne saurait-on trop vivement engager les personnes qui contemplent l'admirable spectacle ofTert par ces globes incandescents à porter tous leurs soins sur la détermination de leur diamètre , qui peut souvent être considérable.

Ainsi Ton a aperçu aux États-Unis d'Amérique et à Hartwell, en Angleterre, des globes qui se mouvaient à une dislance verticale de 50 à 60 kilomètres, et qui, vus de si loin, paraissaient aussi grands que la lune dans son plein.

Il est encore très-important de déterminer si plusieurs fragments qui peuvent tomber ensemble à la surface de la

terre sont les débris du même astre , séparés les uns des autres par une espèce d'explosion dont l'énergie dépasse tout ce que nous pouvons imaginer, car dans les bolides tout est étrange et gigantesque, vitesse, éclat et quelquefois dimensions. '

Le$ orages les plus épouvantables, qui déracinent les arbres et renversent les édifices, soufflent avec une vitesse qui n'atteint pas 50 mètres par seconde, c'est-à-dire moins de 200 kilomètres à Theure. Le mouvement de rotation de la terre autour de son axe pour les points de Téquateur donne une vitesse de 1 600 kilomètres , huit fois plus considérable que celle des tempêtes. Le mouvement de circulation de notre planète dans .son orbite est deux à trois cents fois plus rapide. Mais cette prodigieuse précipitation n'est rien pour les bolides, car certains vont encore plus vite. Humboldt prétend avoir constaté une vitesse de 120 kilomètres par seconde.

En admettant que les orages exercent un efl'ort dynamique de 250 kilogrammes par mètre carré de surface, on trouve qu'un bolide lancé avec une vitesse de 10 kilomètres à la seconde éprouverait une résistance de deux à trois cents fois le poids de la pression atmosphérique, équivalant, par conséquent, à la pression des océans les plus profonds sur les roches qui forment leur lest.

Le 21 novembre 4862 aura lieu une éclipse partielle de soleil qui ne diminuera d'éclat que pendant une heure, de six à sept heures du soir, temps moyen de Paris, et qui ne sera visible que dans les hautes latitudes de l'océan Austral. La durée du phénomène sera du reste irès-courte.

— C'est une religieuse liaison et dévote que le mariage. Voylà pourquoi le plaisir qu'on en tire, ce doibt être un plaisir retenu, sérieux et mêlé à quelque sévérité.

— En l'amitié , c'est une chaleur générale et universelle, tempérée, au demourant, et égale ; une chaleur constante et rassise, toute douceur et polissure , qui n'a rien d'aspre et de poignant. Mont.\igne.

La modestie est à la vertu ce qu'un voile est à la beauté: elle en fait ressortir l'éclat. Lord Chesterheld.

LES TIMBftES-POSTE.

Suite. — Voy. p. 194, 223, 251, 270, 287.

Page 1