‹ Le Magasin pittoresque (volume 3)Chapitre 24 sur 314 · ADRESSÉE AUX PÊCHEURS DE VENISE · texte numérisé non relu

ADRESSÉE AUX PÊCHEURS DE VENISE

« La mer est votre patrie ; vous êtes familiarisés avec ses dangers. Quand les vents ne vous permettent pas de vous éloigner, vos barques défient les tempêtes en rasant la côte ou en parcourant les embouchures des fleuves. Si le vent leur manque, les matelots descendus à terre les tirent euxmêmes. On dirait, à les voir de loin, qu'elles glissent sur les prairies. J'en ai été témoin , et je me plais à rappeler ici combien Taspect de vos habitations m'a frappé. La louable Venise, pleine autrefois d'une illustre noblesse, a pour conQns, au midi , le P6 et Ravenne ; elle jouit de l'aspect de l'Adriatique vers l'orient. La mer, qui tantôt se lève et tantôt se retire, couvre et découvre alternativement une partie de la plage, et montre tour à tour une terre contiguë et des îles coupées par des canaux. Comme des oiseaux aquatiques, vous avez dispersé vos habitations sur la surface de la mer; vous avez uni les terres éparses, opposé des digues à la fureur des flots ; la pêche suffit à la nourriture de tous vos habitants. Chez vous, le pauvre est l'égal du riche ; vos maisons sont uniformes ; point de différence entre les conditions ; point de jalousie parmi vos citoyens. Cette égalité les préserve du vice. Vos salines vous tiennent lieu de champs ; elles sont la source de vos richesses et assurent votre subsistance. On ne peut pas se passer de sel, on peut se passer d'or. »

S'élever au-dessus du réel en restant dans les limites de la perfection physique, c'est ce que doit faire l'artiste.

Schiller.

Je ne sais pas de condition plus défavorable pour la pureté de l'âme que la saleté physique.

M"* Beecher Stowe.

Page 1