NM
N« 14(Caroline du Sud). — BilUt de 100 livres ; 1Î76. -^ Douze cœurs réunis par une guirlande feuillée ; an centre, un treizième cœur rayonnant : Quis separahit? (Qui pourra jamais nous séparer?)^On retrouve ici l'allusion des treize anneaux et de la pyramide à treize assises des billets continentaux décrits plus haut. — N'est-il pas
No 10.
Non.
No \i (Géorgie). — Billet de 5 dollars; 1777. — Un serpent à sonnettes lové. Les anneaux qui forment la crécelle du crotale sont au nombre de treize. Les Géorgiens ont choisi cet emblème pour cette raison d'abord, et aussi parce que le crotale est d'une vivacité, d'une vigilance et d'une prudence extrêmes, et que toute attaque dirigée contre lui peut devenir mortelle; d'où la devise : Nemo me impune lacessit (Nul ne m'outrage impunément).
Quand le Congrès continental s'occupa du choix d'un drapeau, il fut un moment question de prendre pour symbole le serpent à sonnettes. Mais cette idée fut abandonnée bientôt, et la nouvelle république fit flotter dans les airs les fameuses bandes et étoiles (stars and stripes).
No 14.
singulier que cet emblème si tendre , que cette devise qui engageait ainsi irrévocablement l'avenir, aient été choisis précisément par celui des États qui, le premier, a récenn ment brisé l'union fédérale?
PORTAIL DE LA CATHÉDRALE DE RELMg.
Délail du grand portail de la cathédrale de Reims; travée de gauche. — Dessin de A. Warin.
On trouve une description détaillée de ce beau portail dans VHiiloire de Retins par Guillaume Marlot (*). L'auteur,
(*) Né à Reims en 159G, et devenu grand prieur de la congrégation de Saint-Maur, dom Guillaume Marlot mourut le 7 octobre 1GG7. Le titre exact de son livre est : Histoire de la ville, cité et univenité de Reims, métropolitaine de la Gaule Belgique.
TOMB XXX. - OCTODRE 18G2.
après avoir raconté comment Tantiquc cathédrale avait péri par les flammes sous le rég^ne de Philippe -Auguste, le 6 mai iâiO, s'exprime ainsi :
« Puisque ce dernier édifice est admiré (*) pour l'un des
(') On cilail souvent jadis cet ancien dicton populaire sur l'art français ■: « Tours de Paris, flescUcs de Chàlons, cioclic de Rouen, nef
plus somptueux et excellents chefs-d'œuvre de FEurope, il nous en faut ici donner les mesures...
» Le portail , qui fait la principale et plus belle partie de Tédifice , élevé de cinq degrés par-dessus le pavé , a cinquante pas de front en largeur, au milieu de laquelle est la grande porte , accompagnée de deux autres plus petites qui partagent également cette agréable face , et qui sont embellies d'autant d'arcades garnies de figures partout , et qui s'élèvent insensiblement au-dessus de chaque porte jusqu'à la pointe de leurs chapiteaux; dans les concîivités de ces arcades sont trente-quatre images en plein relief, élevées de terre environ d'une toise, et séparées l'une de l'autre par autant de colonnes suivant Tordre gothique. La porte du milieu , qui est double , et par ainsi plus large et relevée que les deux autres , est particulièrement consacrée à la sainte Vierge â cause des mystères de l'Annonciation et de la Purification , qui y paroissent tout à l'cntour : aussi l'arcade porte à sa pointe le couronnement de Nostre-Dame taillé délicatement, et semble avoir esté autrefois enrichi d'or et d*azur.
» A la droite en entrant â l'église est la seconde porte, où sont les prophètes saint Jean-Baptiste, Moïse, Élie, Hiérémie et Habacuc d'un costé, et de Tautre saint Remy, accompagné de quelques rois et reines qu'il est difficile de nommer (*). L'arcade est pareillement garnie d'images, tant aux costés que sous la voûte, et dans la pointe est la représentation du Sauveur assis sur un trône environné de ses anges, comme pour juger le monde.
» A l'autre porte est saint Nicaise , soutenant son chef comme saint Denys est dépeint en quelque endroit , avec d'autres prélats inconnus. L'arcade est enrichie comme la précédente, et au bout est l'histoire de la Passion. Ces trois porteaux , aussi couverts et environnés d'arcades qui s'élargissent en voûte à mesure qu'elles s'élèvent pour faire saillie par dehors, sont détachés du frontispice par en haut, afin de recevoir ce qui pourroit tomber par hazard sur les personnes entrant à l'église. La rose du milieu paroît à découvert »^ ceux qui contemplent l'édifice un peu éloignés dans le parvis (*) ; au-dessus est le combat de David et de Goliath, avec une galerie percée à jour, et plus haut se voit Clovis nud, dans les fonts de baptesme, saint Remy, son aumosnier, et un roy d'un costé; puis Clotilde, Montain (*) et un autre roy de l'autre, ces personnages tenant la largeur du portail (d'entre les deux tours) qui finit en pointe au-dessus d'eux. »