BELLES ESPÉRANCES
Dans son précieux petit livre intitulé : les Sources, l'abbé Gratry suppose qu'un jour doit venir où, après l'accomplissement des progrès matériels indispensables, et la terre s*étant couverte de tous les habitants qu'elle peut nourrir, l'homme comprendra plus vivement « que la plus
d'Amiens, chœur de Beauvais ou d'Orléans, chapelle de Bourges, et portail de Reiras. » Voy. la réimpression de Marlot par l'Académie de Reims.
(*) Ce sont des saints et des saintes.
(■) On était médiocrement sensible, au temps de Marlot, à l'effet produit par les vitraux peints. Voici ce que dit sur ceUe rosace M. Prosper Tarbé : « Au centre , au-dessus de la porte principale , est placée la grande rosace qui éclaire toute la nef de son magnifique éclat. Elle est comprise dans une ogive aussi vaste que l'arcade du centre. Toutes les richesses du gothique pur sont développées dans ses rayons, n Notre-Dame de Beims, brochure in-8.
(■) Saint Montain ou Montan avait, dit-on, prophétisé la naissance du régénérateur de Clovis, Ce saint, qui s'était confiné volontairement dans une profonde solitude , vivait au cinquième siècle , sur les rives du Cher,, près de Juvigny. 11 mourut le 17 mai 452; ses reliques sont à la Fère. On peut lire sa Vie dans Flodoard. La statue de ce vénérld)lc personnage a-l-e|le disparu? J^ous ri^'ooi-ons. Pavillon Piérard la
j» grande partie de la félicité doit être recherchée dans » l'àme, au for intérieur, et dans les joies de la conscience » et de l'esprit. »
Mais ces joies ne seront pas simplement contemplatives, passives, abstraites. Au contraire, on verra s'ouvrir alors une ère nouvelle d'activité et de recherche dans un ordre plus élevé.
« On se demandera s'il n*est pas quelque extension pos- » sible de cette vie courte et de ce petit monde. On regar- » dera au ciel, au ciel visible et au ciel invisible. On cher- » chera les liens vivants, les communications possibles de » la terre à ce qui l'entoure. On cherchera, on trouvent.
» Par les merveilleux développements des sciences de » la lumière, on saura quelque chose peut-être de Tusage
* des étoiles, quelque chose de la vie actuelle, des desti- » nées connues de l'univers entier, quelque chose de la » vie intime du radieux soleil qui nous donne la fécondité.
n Et qui sait si les autres mondes ne nous seront pas une » ressource? Qui sait tout ce que l'on peut tirer du soleil, » et quel travail un jour l'homme peut faire faire à ses » rayons? »
Lorsque la terre ne sera plus, pour ainsi dire, qu'un temple unique, où tous les cœurs se toucheront, où ta vie des âmes sera plus intense, plus vigoureuse, plus ardente, « qui sait si la science et la foi ne nous montreront pas » l'existence du ciel de l'immortalité, sa nature et son rap- » port à l'univers? »
Qui sait si nous ne parviendrons pas à établir « de vi-
• vantes relations, réelles et personnelles, naturelles ou » surnaturelles, avec les immortels de l'autre vie?
» Au fond, la grande terreur et la grande douleur, c'est » la mort. La grande consolation sera donc l'immortalité R manifeste.
» Pourquoi la vue claire de Vimmortalité ne nous se- » rait-elle pas donnée un jour, comme tous les jours nous j» avons la vue de la mort?
» Oui, j'ai cette espérance! s*écrie l'auteur des Sources; >»oui, si l'humanité devient juste, si dans la dernière » phase de la vie terrestre elle renaît vraiment de l'esprit, » comme Dieu le veut, il en sera ainsi, et rhumanité sur » cette terre fmira comme un saint, dans la sérénité de la » lumière, dans la joie pleine du Christ. »