STATUAIRE
Pierre -Chartes Simarl, né à Troyes, le 27 juin 1806, était le fils d'urt menuisier. Quand il eut dix ans, on renvoya étudier à l'école de dessin. Deux ans après, il était apprenti dans l'atelier de son père. Mais bientôt le plaisir qu'il trouvait h couvrir d'esquisses h la craie les murs et les planches, ou à faire en secret des essais de peinture et de sculpture, révélèrent sa vocation d'artiste. Ce fut un sujet
(*) CaUloguc de la biblioUièque du duc de la Vallière. — Heures de Henn III, Henri IV et Louis XIII, d^rites sous le n« 307.
(•) Nouveau voyage en Halte. La Haye, in-8.
(') Voy. rarlicle Schurman (Marie-Anne de). Chaussepié, Suite au DicUonnaire philosophique de Bayle.
de ?ive inquiétude pour ses parents. Sa nfére surtout Suivit ce développement de ses inclinations avec effroi et même irritation. Elle avait espéré que, fils unique, il succéderait simplement à son père et deviendrait le soutien de leur vieillesse' Cet entraînement du jeune artisan vers Tart
menaçait son humble rêve d'avenir. Était-elle bien condamnable, la pauvre femme? Dans la plupart des professions, il suffit de facultés ordinaires et d'une conduite sage et prudente pour acquérir Testime, l'indépendance, et ce que chacun peut espérer de bonheur ici- bas. Dans les
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yiTABREVIS
FIERBE- CHARLES • SIMART
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Portrait de Simart. — Dessin de Ghevigoard, reproduisant la gravure en taille-douce de M. Soumy diaprés le buste sculpté par M. Duret.
arts, il faut avant tout des facultés supérieures ; or, le plus ordinairement, qui peut mesurer d'avance et avec certitude la portée des désirs et des forces A*w\ adolescent? Bien constatés, ces dons de la nature si rares ne suffisent même pas toujours si Ton n'est aidé par d'heureuses circonstances. Ajoutez la difficulté d'échapper aux angoisses,
aux déceptions, à Tenvie, à l'injustice, et celle plus grande encore de bien diriger la passioB, qui est comme l'élément du génie, mais qui parfois se tourne en langue de feu contre r^artiste lui-même et le dévore. On voit tant de poètes, de musiciens, de peintres ou de sculpteurs qui, teut convaincus de leur vocation et tout obstinés qu'ils soient dans leur
poursuite, n'arrivent jamais ni au succès, ni à la plus modeste aisance ; puis, découragés, s'abandonnent i des bizarreries que ferait à peine supporter le talent reconnu, et vieillissent enfin amusant les uns, dédaignés des autres, considérés par les plus indulgents comme de grands enfants qui ont tout sacrifié à une fausse appréciation de leurs aptitudes et n'ont point su vivre. Comment veut-on que la tendresse d'une famille ne soit pas alarmée en face de cette alternative que se propose intrépidement l'enthousiasme inexpérimenté d'un fils : — peut-être la gloire, qui est toujours une exception; — peut-être l'obscurilé dans le regret et la misère, ce qui est le lot le plus commun?
Heureusement la vocation de Simart était sérieuse. Il le prouva dés ses débuts, et ses parents vécurent assez pour le voir au rang de nos premiers statuaires. Il eut sans doute à subir de rudes épreuves; il lutta longtemps contre la misère, qui a cruellement torturé la jeunesse de presque tous les sculpteurs de notre temps. Il n'eut pas moins à souffrir des tendances de son caractère. Presque toute sa vie il se montra inquiet, défiant de lui-même, tourmenté de l'impuissance d'atteindre le but idéal qu'il rêvait. Mais c'étaient là des maladies naturelles de son àme que la sollicitude maternelle ne lui eût certainement pas évitées en l'enfermant dans le cercle étroit du métier paternel , et en mettant obstacle au développement de ce qu'il y avait en lui de grandes et nobles aspirations.
Dei habitants de Troyes s'émurent de la persévérance de Simart, et lui firent accorder par le conseil municipal une petite pension pour l'aider à étudier la sculpture. A dixsept ans, il vint à Paris, où pendant le cours de dix années il eut successivement pour professeurs Desbœufs, Dupaty, Cortot et Pradier. Il faut joindre à ces noms celui de M. Ingres, qui accueillit avec bienveillance le jeune artiste, sur la recommandation d'un amateur éclairé et généreux, M. Marcotte, et depuis l'encouragea toujours de se§ conseils.
Les premières œuvres de Simart furent : quatre basreliefs en bronze pour la chaire de l'église Saint-Pantaléon, ârt'royes; les bustes de Charles X, de M"« de Chavaudon, de la ville de Troyes; une statue de Coronis, jeune fille blessée par une flèche d'Apollon. En 1831, il obtint, au concours de l'École des beaux-arts, le premier second grand prix. Le sujet était la Mort de Catm, En 1833, on lui décerna le premier grand prix , qui lui donna le titre de pensionnaire de l'Académie française à Rome. Cette fois, le sujet de composition était la fable de la Fontame : le Vieillard et ses trois fils.
Avant de quitter la France, Simart fit un voyage à Troyes, où ses concitoyens lui avaient préparé une véritable ovation. Une députation du conseil municipal et les gardes nationaux, musique en. tête, allèrent au-devant de lui et le conduisirent à l'hôtel de M. Marcotte, receveur général de l'Aube. Là, on lui remit une médaille d'or au nom d*un grand nombre de souscripteurs, ses concitoyens. La pension que lui accordait la ville fut portée à 1 000 francs, et comme, grâce à celle de l'école de Rome et plus tard aux rétributions que lui valurent ses travaux , il n*eut plus à craindre la pauvreté , il laissa toujours tout ou partie de cette somme annuelle à son père et à sa mère.
Pendant son séjour à Rome, Simart exécuta une copie du < Gladiateur mourant » , que l'on voit h l'École des beaux-arts de Paris; « Pallas enseignant aux hommes l'îirt d'atteler la charrue » ; un • Lanceur de disque »» ; un groupe de tSarah et Tobie», et «Oreste au pied de l'autel de Minerve. »
Il revint à Paris en 1839, et exposa la statue en marbre de cet Oreste, son dernier travail de Rome, au Salbn de 1840. Cette œuvre fut applaudie avec une telle unani-
mité <]u'un moment la mélancolie habituelle de Simart fit place à la joie et à l'espérance. Il écrivit à ses parents: « Une des choses qui me sont le plus sensibles dans le succès que j'ai obtenu au Salon, c'est la pensée du bonheur que vous devez en éprouver... J'espère que ma mère n'a plus de craintes sur l'avenir : elle doit maintenant être heureuse. » Son père mourut en 1842, sa mère en 1845, et il semble que même après que toute incertitude eut cessé sur la vocation et le talent de Simart, il leur fut toujours difficile de se consoler d'être obligés à vivre séparés de lui.
La liste des œuvres exécutées par Simart, de 1840 à 1857, époque de sa mort, est longue : il suffira de citer ici quelques-uns de ses titres principaux :
1840, la Sculpture et l'Architecture, figures en basrelief pour la façade de l'hOtel de ville; la Justice et l'Abondance , grandes ^ures des colonnes de la barrière du Trône (*); 1841-43» la Philosophie, statue eu marbre à la Bibliothèque du palais du Luxembourg; 1841-45, la Poésie épique, ibidem; 184^-45, la Vierge et l'Enfant Jésus, à la cathédrale de Troyes (*) ; 1841-43, quatre figures symbiQliques, l'Age d'or et l'Age de fer, au château de Dampierre; 184G-5â, la statue de Napoléon I*' et dix bas -reliefs, au tombeau de l'empereur, dôme des Invalides (*); 1849-51, statues ternées et bas-reliefs au plafond dft grand salon carré du Louvre (*); 1840-55, restitution de la Minerve du P<irthénon (^), au château de Dampierre ; 1855 et 1856 , statues et cariatides à l'intérieur du nouveau Louvre.
On voit par ces seules indications que la confiance du gouveruement et des riches amateurs ne manqua pas à Simart, et qu'à partir de la fin de ses études il fut du nombre heureux des artistes qu'aucun obstacle extérieur n'arrête dans l'expansion et le développement de leurs fa- ' cultes. Sa réputation égala son mérite, et il obtint la plus honorable récompense qu'il lui fût possible d'ambitionner, lorsqu'en 1852 il fut nommé membre de l'Institut.
Des malheurs dont rien ne console avaient toutefois contribué à justifier ses dispositions mélancoliques et assombri sa vie privée. Il avait perdu, dans la même année que sa mère, son premier enfant, et en 185â, sa première femme. Ce fut, enfin, un déplorable accident qui, en mai 18^7, causa sa mort.
i II était membre du jury de l'Exposition des beauxarts. Ces fonctions l'appelaient bien loin de chez lui, aux Champs-Elysées. Ce jour-IA, il tenait plus que jamais à se rendre à son poste ; il espérait être utile à un artiste dont on aurait peut -être repoussé les œuvres. Absorbé dans son travail, il avait négligé de faire appeler une voiture et sortit en comptant sur l'omnibus. L'intérieur était complet. Simart monta sur la banquette du haut, et quand, sur la place de la Concorde, il fallut descendre, il n'attendit pas que les chevaux fussent bien arrêtés et tomba en se blessant grièvement au genou. Il appela à son aide, on ne l'entendit pas. Un autre omnibus passait qui l'eût ramené chez lui ; il voulut y entrer, le conducteur le repoussa. Ses vêtements étaient souillés de poussière et déchirés , on le prit pour un homme ivre !... • On ne reçoit pas des gens » dans votre étal», lui cria-t-on sans pitié... Il se traîna péniblement jusqu'à la place Bellechasse ; une voiture le ramena chez lui... La fièvre se déclara, la blessure devint mauvaise. » Le soir du même jour il expira.
C'est ainsi que sa mort est racontée par son ami et son
(•) Voy. t. XVI, IW8, p. tOfi.
(«) Voy. t. XVII, 1849, p. 341.
(*) Voy. roulage intitulé : le Tombeatt de Napoléon 1er aux /nvûlides; dessins de Chevignard; 1855.
(*) Voy. t. XX, 1852, p. 76, 77.
C) Voy. t. XXIV, 1856, p. 51.
MAGASIN PlTTOliESQUE.
biographe, M. Gustave Eyrii^s. < Quand un noble esprit quitte la terre, dit M. Ed. Laboulaye, c'est à ses amis qu'il appartient de le louer. Seuls ils ont vu de prés ' Thomnie privé, seuls ils ont pénétré dans son âme, seuls | ils peuvent révéler au pays toute retendue de la perte qu'il a faite. » M. Gustave Eyriés s'est dignement acquitté de ce | pieux devoir (*) : il ne contribuera pas moins que les sculptures mêmes qu'il décrit à conserver le souvenir de~ Tartiste. Ce livre, composé d'après les excellents modèles donnés par Quatremére de Quincy (Vies de Raphaël, de • Michel-Ange, de Canova),*peint non-seulement Simart homme et artiste , mais encore le caractère , les tendances et les controverses de l'art h son époque. La correspondance privée, qui révèle si bien les sentiments, y est heureusement mêlée aux réflexions générales. Il n'est pas jusqu'aux maximes citées en épigraphe et aux extraits d'écrivains supérieurs choisis comme autorités qui ne contribuent à faire lire avec intérêt ces pages dictées par une amitié sincère et sous une inspiration élevée.
LES TIMBRES-POSTE
Suite. —Voy. p. 19i, 223, 25i. 270, 287, 3i8.
PRrSSE.
■Suite.
1 gros d'argent (0M250),
-tose.
- bleu clair.
-bislrc clair (n© 47).
Les enveloppes actuelles ont été émises le 1" octobre 18G1; Elles sont de deux grandeurs : 84""» sur 142, et Ii5««suri49. I
Le timbre est ovale (aa»»». 5 sur 19), gaufré, blanc | sur fond de couleur; il est placé à j
droite et à l'angle supérieur. Il porte l'aigle de Prusse, en haut Preussen, ^en bas la valeur en lettres et sur les I
côtés la valeur en chiffres. Les deux lignes parallèles , imprimées , sont en j
diagonale, au dos de l'enveloppe et audessus du timbre. Noi7.
C'est ici le lieu de faire la remarque que l'uniformité s'établit en Allemagne pour les timbres-poste, Les timbres de i , 2 et 3 gros d'argent et de 3, G et 9 kreutzers, dont l'usage est le plus général, seront tous imprimés en couleur sur papier blanc , et chaque valeur aura la même couleur, quel que soit le dessin du timbre : rose pour 1 gros ou 3 kreutzers, bleu clair pour 2 gros ou 6 kreutzers, bistre clair pour 3 gros ou 9 kreutzers. Cette uniformi4é sera plus tard étendue aux autres valeurs.
Les timbres et les enveloppes sont fabriqués à l'Imprimerie royale, à Berlin.
On se sert des timbres-poste de Prusse dans les États de la Confédération germanique qui suivent :
Duché d'Anhalt-Rernbourg ; duché d'Anhalt-Dessau- Coethen; bailliage d'Allstedt (grand-duché de Saxe-Weimar-Eisenach); principauté de Birkenfeld (grand-duché d'Oldenbourg); seigneuries de Frankenhausen et de Schlotheim (principauté de Schwarzbourg-Rondolstadt); principauté de Schwarzbourg-Sondershausen ; principauté de Waldeck.