CADILLAC
(cmONDE).
La Porte de la mer, à Cadillac-sur-Garonne. — Dessm de Léo Drouyn.
Au commeneement du quatorzième siècle, Pierre de Grailly, vicomte de Benauges, tit entourer de murailles la petite ville de Cadillac ; plus tard , le gendre de Louis XI , Gaston de Foix, augmenta ces fortifications et voulut mettre en bon état de défense une place à laquelle son voisinage de Bordeaux et de la mer donnait une importance considérable. En effet, les Anglais, après s'en être emparés, ne tardèrent pas à y établir un arsenal et un lieu de ravitaillement ; ils la défendirent avec acharnement contre les forces de la noblesse du pays, commandée par le roi de France en personne. Gaillardet, chef des Anglais, résista jusqu'à extrémité dans la Porte de la mer, flanquée de tours à meurtrières et à mâchecoulis , orientées du nord au midi et du levant au couchant ; c'était la clef de la ville. Les autres portes, reliées entre elles par les murailles de Gaston de Foix, n'offraient à la défense que des ressources incomplètes. Le roi de France emporta la place. Le petit pont d'une arche qui conduisait à la porte a été restauré; il existe encore. Au moment où avait lieu ce siège, le duc d'Épernon n'avait pas fait bâtir, à Cadillac, le somptueux château qui senit plus tard de résidence momentanée, et môme de quartier général, au célèbre huguenot qui devait monter sur le trône catholique de France. Louis XIII y avait reçu, en 1620, une splendide hospitelité. Le duc d*Epemon avait dépensé plus de deux millions (somme Tome XXX, — Avril 1862.
énorme en ce temps-là) pour la construction de ce château. Il avait fait pratiquer, au niveau des fondations, une série de basses -fosses destinées à servir de prisons ou d'oubliettes. De nos jours, on a retrouvé dans ces cachots des ossements blanchis. Le duc, en môme temps, combla de biens les églises. Il fonda un couvent de capucins, en style gothique, avec une chapelle qui a longtemps servi de sépulture à la famille d'Épernon. Avant 1793, on y voyait un mausolée magnifique.
LES ALIÉNÉS
Suite. — Voy. p. 94.