‹ Le Magasin pittoresque (volume 3)Chapitre 90 sur 314 · MYSTÈRES · texte numérisé non relu

MYSTÈRES

Une chronique manuscrite de Metz rapporte que dand cette ville, en 1468, • une jeune fillette, aigée d'environ dix-huit ans, a pourtrait le personnaige de la sainte et^fait merveilleusement son debvoimau Jeu de madame sainte Catherine de Siene. Ce mystère avait été représenté dans la cour des Jacobins.

Dans la même ville, en 1486, on représenta sur une

place publique le mystiVe de la Glorieuse sainte Catherine du mont Sinaï, et ce fut un jeune apprenti barbier nommé Lejouard qui, avec grand succès, joua le rôle de sainte Barbe.

Suite. — Voy. p. 98.

Métforologie, — Les changements qui se manifestent dans Tatroosphére au fond de laquelle nous sommes plongés ont une telle importance sur notre bien -être qu'il n'est aucun de nous, pour ainsi dire, savant ou ignorant, qui ne s'en occupe. Nous sommes tous météorologistes, et comme à cet égard la nécessité est, ainsi que dans les premiers âges, ce qui nous excite le plus puissamment à nous instruire, notre science météorologique varie naturellement selon le besoin que nous en éprouvons. L'habitant des villes, qui trouve un abri facile contre les vicissitudes atmosphériques, est un météorologiste médiocre; le campagnard, plus exposé et dans sa personne et dans sa fortune, est sous ce rapport plus instruit. Il conserve dans sa mémoire les changements survenus; il réfléchit sur l'ordre selon lequel ils se sont succédé; il établit instinctivement les relations de cause à elTet, et il le fait souvent avec une grande justesse. Le physicien qui s'occupe do météorologie ne procède pas autrement que l'habitant de la campagne; mais il conduit ses obsenations avec plus de régularité et de précision. Il ne se fie pas seulement à sa mémoire; il note sur des registres tous les phénomènes qui apparaissent et les discute ensuite à loisir et avec sûreté; il peut même généraliser ses théories en consultant les registres des observatoires des diverses contrées, et arriver aux lois qui règlent les perturbations, non plus en un point du globe, mais à sa surface entière. Ajoutons que le météorologiste, s'aidant de toutes les ressources des sciences, dispose d'instruments précis dont il tire des renseignements que toute la sagacité de l'homme livré à ses seules forces ne pourrait acquérir. Pendant ces dernières années, les mémoires de météorologie n'ont ^as manqué. Que disent-ils? Nous allons le résumer en commenç^mt par parler de la pluie.

Débordements du Rhône et de la Saône, — M. Fournet a rassemblé tous les documents relatifs à la quantité de pluie qui tombe chaque année à Lyon. Il a présenté des tableaux où elle est notée jour par jour, et il a tiré de là des conséquences qui s'appliquent à ces crues extraordinaires du Rhône et de la Saône qui ont si souvent ravagé le pays.

La simple inspection de ses tableaux suffit pour établir que le danger des débordements est à peu près nul à Lyon en février, mai, juin et juillet. Il est plus menaçant à l'époque des grands orages d'août et des fortes pluies d'octobre, de novembre et de décembre. Les tableaux indiquent aussi des époques critiques qui ressortcnt nettement de la coordination des moyennes quotidiennes, En effet, les débordements sont le simple résultat de quelques millimètres d'eau pluviale tombée en plus pendant une période déjà très-pluvieuse en temps ordinaire, ou bien encore celui de quelques degrés thermoméiriques dispensés en moins durant des phases normalement très-froides.

Observations météorologiques de Lyon, — M. Fournet a présenté , en outre , un cahier d'observations météorologiques de la Société hydrométrique de Lyon , qui existe déjà depuis près de seize ans. Cette Société approche du terme pour lequel les moyennes pluviales ne varient plus, quel que soit le nombre des années que l'on veuille ajouter ensuite. M. Fournet, pour sa part, croit plus prudent de prolonger encore ses observations avant de tirer des conclusions, et môme pour en tirer de plus larges qu*on ne

le fait d'habitude. Il soutiendra donc la tâche de coordinateur tant qu'il plaira au génie miliuire, aux ingénieurs des ponts et chaussées, ainsi qu'à divers amis de la météorologie, de lui continuer leur appui.

Climat de r Italie. — M. Zantedeschi a fait un ouvrage ayant pour titre : De la distribution de la pluie en Italie dans les différentes saisons de Vannée, Depuis la fin du siècle dernier, plus de soixante météorologistes, parmi lesquels on peut citer plusieurs dames, ont fourni les matériaux de son mémoire. Voici l'un de ses résultats : les contrées qui sont exposées au vent du siroco et du midi , et qui sont plus ou moins couvertes du côté du nord par les versants de hauts plateaux montueux, tels que les Apen* nins, les Abruzzes et les Alpes, reçoivent une quantité de pluie' plus abondante; et les contrées maritimes qui se trouvent éloignées et séparées des montagnes sont celles où la pluie est relativement plus rare.

Nouveau pluviomètre, — M. Hervé-Mangon a construit un nouveau pluviomètre donnant des indications plus complètes que ceux que l'on a employés jusqu'à ce jour.

Les pluviomètres actuellement en usage font connaître le volume d'eau tombé dans un temps donné sur une surface déterminée. En général, on observe le pluviomètre une fois par jour, sans se préoccuper si le volume d'eau recueilli est tombé en une ou plusieurs fois, en quelques minutes ou en quelques heures. Ces instruments ne fournissent donc aucune indication sur la nature des gouttes de pluie, sur leur nombre, sur leur volume, sur les variations qu'elles éprouvent en traversant une couche d'air d'une cerUnine épaisseur, sur la direction de leur trajectoire, sur la marche d'une ondée dans une contrée un peu étendue , etc.

Ces divers renseignements auraient cependant de l'intérêt pour l'étude du phénomène de la pluie et de ses effets sur les végétaux, et sur le régime des cours d'eau et des ouvrages hydrauliques. Ainsi, pour n'en citer qu'un exemple, un certain volume d'eau tombant en quelques minutes peut perdre les récoltes, faire déborder les torrents, et rendre insuffisants les débouchés des ponts et des égouts; le même volume d'eau distribué en plusieurs ondées successives ne produirait qu'une pluie bienfaisante.

Pour étudier le phénomène de la pluie avec un peu plus de détails qu'on ne le fait avec les pluviomètres ordinaires, M. Hervé-Mangon s'est proposé d'enregistrer l'heure et la durée de chaque pluie, de compter les gouttes d'eau tombées pendant une ondée, de les peser et de déterminer la direction de leur chute. Pour la solution de ces divers problèmes, il faut disposer d'une surface pouvant conserver indéfiniment la trace des gouttes d'eau qu'elle reçoit quand on l'expose à la pluie. Après un assez grand nombre d'essais, M. Hervé-Mangon est arrivé à préparer très-simplement du papier jouissant de cette propriété, en le trempant dans une dissolution de sulfate de fer, le laissant sécher, puis le frottant avec de la noix de galle en poudre très-fine, mélangée de sandaraque, qui la fait adhérer à la surface du papier. Chaque goutte d'eau tombant sur un papier ainsi préparé y laisse une tache circulaire parfaitement nette et d'un beau noir.

Cela posé, on pourra comprendre qu'un cadran de papier sensible, entraîné par le barillet d'une horloge faisant un tour en vingt-quatre heures et placé horizontalement dans une caisse portant une ouverture dirigée suivant un rayon du cadran, indiquera par des traces noires parfaitement distinctes l'heure et la durée de chaque ondée, comme on l'a vu sur les feuilles que M. Hervé-Mangon a présentées à l'Académie des sciences.

Le nombre do gouttes qui tombent par hectare et par ondée varie beaucoup pour ^ne même épaisseur de pluie

versée sur le sol. Ainsi, par une très-petite pluie, le 26 juin 1860, «Ml h. 30 m., il tombait, par hectare et par minute, 1 826000000 de gouttes de pluie; le 28 juin, à 11 h. 45m., par une assez forte pluie, il ne tombait que 94000000 de gouttes par minute et par hectare. Les observations de cette nature présenteront d'autant plus d'intérêt qu'elles seront multipliées; la simplicité des faits précédents fait espérer à M. Hervé -Mangon que leur usage se répandra parmi les personnes qui s'occupent de météorologie.

Influence de la lune sur le temps, — M. Harrisoû a fait des recherches intéressantes sur le rôle météorologique de la lune, ou, selon son expression, sur les saisons lunaires.

Il existe à ce sujet une grande divergence entre l'opi-^ nion populaire et celle des savants. On croit généralement que les changements de la lune amènent des changements de temps. Les astronomes, au contraire, nient cette influence, et ils se fondent principalement sur les résultats négatifs que M. Bouvard avait tirés de la discussion des observations météorologiques de TObservatoire de Paris.

M. Park Harrison a entrepris d examiner à ce point de vue les observations thermométriques de Greenwich , quarante-trois années d'observations, comprenant cinq cent vingt lunaisons consécutives. Après cet examen, il lui semble difficile de ne pas admettre la réalité de Tinfluence si souvent controversée de la lune.

Le maréchal Vaillant a contesté les conclusions de M. Park Harrison. Il n'admet pas que la lune mange les nuages, ni qu'elle exerce aucune influence sensible sur les amas de gaz ou de vapeurs auxquels ils servent d'en- ] veloppe; il ne l'admet pas plus qu'il ne regarde comme ' fondée la croyance, encore bien répandue, que la lune , ronge les pierres, croyance qui repose sur la rapide destruction de certains édifices. Chaque soir, aussitôt que la température s'abaisse à la surface de la terre, l'air qui la touche se refroidit d'abord; puis, de proche en proche, toute la colonne atmosphérique participe à ce refroidissement. L'air qui, pendant le jour, s'élevait de terre, retombe au contraire vers le sol; les fumeurs voient la furafée de leurs cigares s'étaler horizontalement, au lieu de tourbillonner en montant ; les fleurs ont plus d'odeur, parce que leur parfum , au lieu de s'échapper au loin, reste et se condense dans le voisinage des corolles qui l'exhalent. Un eflet analogue aux dernières heures du jour se produit sur les nuages, par un beau coucher de soleil, lorsque le temps est calme et qu'on n'aperçoit au ciel que de minces bandes de nuagçs aux vives couleurs et trés-élevés; on les voit qui descendent et qui, fort souvent, s'évanouissent tout à fait avant même d'avoir fait beaucoup de chemin dans le sens vertical. Si la lune se lève brillante, on peut suivre des yeux, le phénomène et voir les nuages diminuer successivement*, si la lune n'éclahre pas, on ne voit rien, mais l'effet ne se produit pas moins et sans la participation de la lune.

Température des vallées et des collines, — Les agriculteurs savent depuis longtemps que les végétaux délicats, la vigne, l'olivier, les arbres fruitiers et même les céréales, souflrent beaucoup plus du froid dans les vallées ou dans les dépressions du sol que sur des éminences ou des collines peu élevées. D'un autre côté, divers observateurs s'étaient assurés expérimentalement que pendant la nuit, une heure environ après le lever ou avant le coucher du , soleil, la température de l'air croit avec la hauteur, du moins dans la partie de l'atmosphère voisine du sol, et ils ont trouvé que cet accroissement était d'autant plus mar-r que que le ciel était plus serein et l'air moins agité. C'est l'inverse de ce qui a lieu pendant le jour, où l'air est plus frais à mesure que l'on s'élève sur les hauteurs.

M. Ch. Martins a repris ces re(;herches à Montpellier, sous une latitude plus méridionale que celle des précé« dentes observations.

L'auteur, sur quatre-vingt-dix-sept nuits, n'en a trouvé que neuf pendant lesquelles la température fut décroissante avec la hauteur. L'accroissement nocturne de la température avec la hauteur est donc la régie, le décroissement l'exception. Il y a une différence d'environ 4"*, 5 entre deux points dont la hauteur diffère de 50 mètres : ainsi la vigne qui gèle dans la plaine est à une température satisfaisante sur la colline.

Les conséquences agricoles de l'accroissement nocturne de la température avec la hauteur sont évidentes; mais il en est d'autres qui ne frappent pas au premier abord. En voici quelques-unes. Pour donner des résultats comparables, les observatoires météorologiques exigent une foule de conditions bien connues des physiciens. L'interversion de la température en exige une nouvelle : c'est que les observatoires ne soient pas- placés l'un sur une colline, l'autre dans une plaine ou dans une vallée, et que les thermomètres soient à la même hauteur au-dessus du sol, puisque 6 mètres seulement de différence de niveau produisent en moyenne un écart de l'*,49 pour les maxima de la nuit. L'observatoire météorologique de la Faculté des sciences de Montpellier est élevé à 30 mètres au-dessus du point où l'on fait les observations thermométriques du jardin des Plantes; la distance horizontale des deux stations, placées toutes deux au nord de la colline qui porte la ville de Montpellier, ne dépasse pas 460 mètres. Les instruments sont placés dans des conditions suffisamment comparables; cependant Je minimum moyen de l'anuée 1859 est plut bas de 2'',91 au jardin des Plantes qu'à la Faculté des sciences.

Le baromètre annonce les tempêtes. — Le baromètre annonce-t-il les tempêtes? Il les annonce sans qu'on puisse en douter. Toute chute brusque de la colonne barométrique est un avertissement que les marins ne négligent pas, et leur opinion est d'importance.

M. Berigny a fait en 1860, à ce sujet, une observation qu'on doit ajouter à celles de§ observateurs qui ont précédé. Le lundi 27 février^ à neuf heures trois quarts du matin, alors que de gros cumulus très-chargés obscurcissaient la lumière solaire, un coup de vent nord -ouest très -violent, accompagné de grosse grêle, vint ébranler toutes les habitations de la ville et briser plusieurs vitres du palais de Versailles, en même temps qu'il renversait un très-grand nombre d'arbres séculaires, notamment depuis Saint -Cyr jusqu'aux portes de cette ville.

L'abaissement du baromètre a été considérable depuis le 25, dix heures du matin, jusqu'au 27, même heure, à laquelle est survenu l'ouragan. Il y eut 21 millimètres de différence entre le baromètre à dix heures du matin le 25 et dix heures du matin le 27.

Halo. — M. Daguin a remarqué autour du soleil un halo présentant une particularité remarquable : tandis que le ciel était d'un blanc éblouissant à l'extérieur, il était à l'intérieur très-visiblement obscur. Le contraste était trèsmarqué, et M. Daguin est persuadé même que l'espace circulaire obscur a dû tout d'abord attirer l'attention de beaucoup de personnes, et que ce n'est qu'après l'avoir observé qu'elles ont été amenées à remarquer le cercle coloré. L'auteur n'a vu cette particularité signalée dans aucune des nombreuses descriptions de halos qu'il a pu consulter. Il est permis de croire cependant que la teinte sombre a dû se présenter plus d'une fois, car elle est une conséquence directe de la théorie si claire et si satisfaisante de Mariette et de Venturi.

La suite à une prochaiiu livraison.

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