VANDER-HELST
Musée du Louvre. — Les Boiirgmeslres distribuant les prix du jeu de l'arc, tableau de Yandcr-lleisr.
Bartholome Vander-Ilclst , né à Harlem en 1613, est, parmi les peinti^ de portrait hollandais, Pun des plas illns- 1res. On peut placer auprès des chefs-d'œuvre de la Hollande, soit le fameux portrait de mademoiselle Constance Reins, célébré avec enthousiasme par le poète hollandais Jean Vos, soit la figure d'officier qui a fait longtemps partie du cabinet de l'électeur palatin, et que quelques-uns considèrent comme la meilleure peinture de Vander-Helst. Ces deux portraits sont connus chez nous par de très-bonnes gravures qui font Juger de Pexcellence des tableaux. D'ailleurs nous possédons dans notre Musée du Louvre deux autres portraits également très-eslimés, et où l'on peut apprécier le talent de Vander-Hclst« Ce sont : i*un portrait d'homme velu de noir ; il a la main gauche sur la poitrine , la droite appuyée sur le côté ; 2* un portrait de femme ; elle tient son érentail des deux mains. Ce qui frappe d'abord lorsque l'on est en présence de ces portraits , c'est la grande manière de l'artiste : il y a de la noblesse et du naturel ;ies figures sont bien dessinées , les attitudes heureuses^, les draperies larges, la couleur excellente. Joignez encore à ces mérites im autre avantage qu^attestent les contemporains, la perfection de la ressemblance.
L'ceovre la plus célèbre de Vander-Helst est, au reste, son vaste tableau représentant le Banquet de la garde civique , à Amsterdam , à l'occasion de la paix de Munster, conclue en 16A8. Cette toile sert de pendant à la fameuse Garde de nuit de l^embrandt, au musée d* Amsterdam. Les portraits nombreux qui s'y trouvent réunis sont presque tous en pied. Ils saisissent par un sentiment puissant de la vérité qui n'exclut point une certaine élévation dans le style. Un dessin étudié et sincère 4 une sorte de force sévère et digne , y tiennent lieu de poésie. Après ce tableau il faut placer celui dont nous donnons le dessin , et qui représente les Bourgmestres ou les chefs de la milice bom-geoise se disposant à distribuer le prix ToKiB XVL— AOUT 1848.
de Tare Quatre personnages sonl assis autour d'une table que recouvre un riche tapis; ils sont coiffifs de feutres à largos bords , vêtus du costume flamand avec le manteau sur l'épaule. Trois d'entre eux touchent ou examinent les objets précieux, vases ou chaînes , qu'ils vont donner aux vainqueurs. Le quatrième , qui est la figure principale du tableau, détourne la tète en souriant, et nous montre un type tout dilTérent de celui de ses confrères, graves Hollandais, vrais bourgmestres , dont tous les traits respirent la bonhomie et le flegme national Celui-là rappelle, au contraire, par la mine et par l'attitude, les tradi lions guerrières de la race flamande; il a je ne sais quoi de cavalier et de hautain , qu'on dirait 'emprunté aux soldats d'Egmont ou d'Orange.
Dans le fond, à l'entrée de la tente sous laquelle les chefs sont assis, on aperçoit les vainqueurs, arc en mains, et attendant avec impatience les prixqu'ilsont mérités; enfin, debout derrière le& chefs, une femme apporte une corne richement ciselée qui n'est pas le moins précieux des prix à décerner.
Vander-Helst a réduit lui-même ce tableau; c'est celte réduction que nous possédons au Louvre , et la valeur en est inestimable comme celle de l'original. Dans le tableau primitif, les figures sont de grandeur naturelle, de m^me que les figures du Banquet , ce qui donne plus de vie et plus d'aspect à la composition ; mais , comme expression « comme attitudes , comme richesse de détails , noire tableau vaut celui d'Amsterdam , et Ton peut dire que le peintre, en se reproduisant, a été l'égal de lui-même: chairs, étoffes, vases d'or et d'argent, tout est peint avec la ^ même perfection; c'est un admirable talent d'imitation. Joint à la véritable inspiration, à l'originalité la plus vive et la plus franche.
Vander-Helst s'éuit établi de bonne heure à Amsterdam ; il ne sortit plus de cette ville , s'y maria dans un âge déjà avancé, et v mourut vers la fin du dix-seplièinc ^j^^Af ji*?"^
MAGASIN MTTOnKSOLE.
Bant un fils iiniquc auquel il avait donué lui-même les premières leçons de pciuturo, oi qui devint ci son lour un l)on peintre de portraits*
Les grands mangeurs sont ordinairement de petits pen- : leur esprit stiffoque sous la graisse et le sang. Dbbretne, Précii de physiologie.