‹ Le Magasin pittoresqueChapitre 144 sur 185 · CHANT DES SOLDATS BERNOIS · texte numérisé non relu

CHANT DES SOLDATS BERNOIS

Berne , réjouis-tot , car Dieu vient de se montrer pour le salut de tes enfants; Dieu vient de se montrer Qdèle. Berne, rends-lui tes actions de grâce.

On nous a hais parce que nous réservons là gloire à ton nom seul ; mais tu t*es chargé de nous venger ; tu as saisi Tépée, tu Pas mise aux mains des fils de la vieille Ourse, et quand ils ont combattu tu les as couverts d^tm bouclier.

Ils ont marché sans autre but que celui de délivrer Genève, pressée qu^elle était par les serviteurs de la messe. La famine ne les a point arrêtés; les obstacles n*ont pas étonné leur courage ; la vue de l'ennemi , bien qu'hiattendue , n*a point troublé leurs cœurs.

Ils étaient sept contre un : un petit nombre d>ntre nous avait des armes. — N'importe, nous sommes-nous dit : Dieu sera notre hallebarde. Et chacun de nous de s*élancer à travers la haie et de courir au combat.

Pas un de tes fils, ô ma vieille Ourse 1 qui n'ait fait bien son devoir. Que si tu en doutais, Interroge TennemL — Jamais, te dira-t-il, nous ne vîmes semblable mêlée.

Nous semions que Dieu combattait pour nous, qu'il déployait sa gc^ce envers les siens, éï qu'il venait la confusion sur la troupe vaine et parée des fils de Béllal.

11 fallait voir ces Oursins leur apprendre h dafiser et montrer particulièrement leur Courtoisie erttèrs les ehe£t ecclésiastiqueSf C'était à grands coupjl ùë hallebarde qu'ils leuf donnaient l'absolnlkm.

Dure était to pénitence ) mais la villllante bête , tout amie qu'elle est de la JHstl(:e f Mit s'irriter et mordre lorsqu'on s'obstiriê A IHi tirer ié pdll ; elle s'emporte, et dès lors malheur aux botirtetif ronds et h leurs serviteursi

A noiis,ft MOUS la victoire i en avant 1 IftafcJidfis sur Genève; courons secourir Tamigée i cdfisolérhos frël-es délaissés et sauver ceux dont tout le cHitie est d'être iêê ênfadtà de l'Évangile^

Nous disions ainsi lorsque arritèrini leseiivdyé^dtf Be^ne. — L'Ourse, dirent-ils , ne recourt à la guerre que quand les voies de douceur sont épuisées. Nous venons de recevoir des promesses de paix ; reposez- vous sur nous du soin de terminer Ta fiai re.

— Aclievez-la, répondlmes-nous ; nous ne voulons rien , sinon que Genève soit délivrée. Assurez sa paix , faites que la parole de Dieu pnissê lui être librement prêchée ; sauvez la brebis dU Seigneur, et nous reprendrons joyeux le chemin de nos foyers.

Ainsi chante le soldat bernois, et ses compagnons d'armes prêtent l'oreille à sa naïve chanson. Ils la redisent tons ensemble pour s'encourager à marcher dans le sentier du Seigneur , à louer son grand nom et à se souvenir de lui avec actions de grâce.

Page 1