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LE SOLEIL ET LA LUNE

Ja Soleil dit h la Lune : — Voilà que je me détourne de la terre que j'aime , et que je te laisse derrière mol. O Lune I répands sur elle tout ce que je n'ai pu lui donner.

Par moi la terre a eu le mouvement et la lumière; toi , accorde un peu de calme aux cœurs simples, verse une goutte de rosée 15 où mes rayons ont passé , rafraîchis ce que j'ai fané dans la prairie.

Et ce que je n'ai pu montrer à l'esprit dans la réalité , montre-le à l'âme dans les vapeurs embaumées du sommeil.

Lorsque je reviendrai demain, je te bénirai de ton secours. Les dormeurs ranimés chanteront la joie, les fleurs réveillées secoueront leurs parfums, et je leur donnerai^ si je puis, ce que tu leur auras fait rêver.

LANGUES Voy. 18471 p. «69.

Remontons les eaux de la Marne « dans les vallées profondes dont les flancs séparent les eaux de la Sehie de ceUes de la Saône, et nous nous trouverons bientôt au pied d'un plateau escarpé qui domine la plaine comme un long promontoire , et que couronnent des murailles noircies par le temps. Ces murailles sont celles de Langrcs^Tune des • filles les plus élevées de France, puisqu'elle est à près do 680 mètres au-dessus des mers. De ses vieux remparts, elle volt s'étendre à ses pieds le riant vallon de la Bonnelle à l'ouest, et la vallée de la Marne qui vient de l'est et se prolonge vers le nord où les hauteurs des environs de Gliaumont bornent l'horizon. Du côté de l'est et du sud-«est, la vue s'étend sur le Bassigny, la vallée de l'Amance, et s'arrête sur les Vosges et les montagnes de la Franche-Comté, au-dessus desquelles on aperçoit dans les temps clairs le sommet du Mont-Blanc, éloigné de plus de 60 lieues.

I<angres est l'ancienne capiule des Lingons, dont elle prit plus particulièrement le nom sous l'administration romaine, qui s'attacliait surtout à faire oublier, le plus qu'elle le pouvait , les noms Indigènes. Elle fut toujours la ville la plus importante du p^i^T», rt (.t-u.? i^ri^MPiUiin;!', i-iiu Ta cons^'fvv.*, quoique Chaumoui aît atijaiirtriiui aiir e\U* In lupri^iritiUc administrative, comme ctu-f lieu Un d^f>di!ement

La ville oeCup<' (Un% tout« s^i hit^nr la pninte du prgmontoire: sa forme est celle d*im rcciî>nglé mn tMm «rroridis, d'environ trois qirans de lieue cli* jy^iliri'lftf-* Kll*? est assex bien bâtie, lï^^f^lqufl nanA ré^til:iril«! H *ans éli^gîuïri». La cathédrale^ df^H^e k ftrliit n^mmi'», ft pri'*ci*ileinm<^m h saint Jean t^EtatlKiMiite, pstinU âvoli «Mil piltnltivt-mr^tit m\ temple antique ; les toïjnïiiHsewra m ndmïtmn nmlmn U* chœur, dont le peii^iyle est d*ôn(i<* àuïiiMnetj, L** eloeihide l'église de Sahit-Mi*rUii est rr?mHrqu.^ljl*f put sa l^iï^rru^ ëi sori élégahce. l/hùlpl un Hlle, de miHlrucïiim mofU'iiii% a Une flssef belle hvjuU*^ nm\% d'an st^fe im pr^u lounl , iM il €§1 d^atlleiirs trop rc.^^i-rré par les maiftuiig qui lui imit ha\ Oahs la muraille "o:îileiitale est emUavé un arc de iriomplic dont nous avons donné la description en 18^7, p. 169. Laugres possède une salie de specucle , une bibUothèque publique (d'environ 6 000 volumes) et un musée tenus avec soin par une société ardiéologique récemment formée pour la conservation des antiquités de la ville et de son territoire.

On a rarement ouvert le sol sans y faire de découvertes. iNous venons de signaler l'arc de Irlomplie. Le péristyle de l'église de Saint-Mammès parait être le reste d'un temple dédié à quelque divinité du paganisme, et il existe derrière le maltre-autel une cofonne que l'on croit avoir supporté la statue de Jupiter Ammon. En 1725, les fouilles de la place Saint-Martin mirent au Jour une statue antique qui fut transportée dans le parc de Versailles , et deux autres statues représentant Jovin, le fondateur de Join ville, et sa femme, ornaient le péristyle de l'église Notre-Dame ; elles ont disparu en 1796.

De la porte du sud partent des routes qui descendent sur les flancs de la montagne et l'enceignent de leurs doubles lignes d'arbres , comme autant d'agréables promenades. En face de cette porte s'ouvre la belle avenue de Blanche-Fontaine, qui se termine par trois allées étagées l'une sur l'autre, et aboutit à une source dont l'eau, recueillie dans trois bassins, jaillit du bassin inférieur jusqu'au feuillage des beaux tilleuls environnants. Dans l'une de ces allées est un banc de pierre bien simple et bien rustique, connu sous le nom de banc de Diderot ; le philosophe , dans sa jeunesse , aimait â venir s'y reposer.

Diderot n'est pas la seule Illustration de Langres. Sans parler de Sabinus et d*Ëponine , dont la touchante histoire est si connue, nous citerons Maureiz, connu par sa P^y*M|ififMyî/>

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MAGASIN 'P^ITT(ïRi;SO«E.

monde et sa Navigation intérieure de la France ^ Duvoisin, le respéctable-évéque de Nantes, Voraclede Napoléon ; Tacadémiden Barbier d*Aucourt ; le peihtre Richard Tassel, contemporain de Lebrun; Nicolas Robert, renommé pour les fleurs, les oiseaux et les plantes ; le comédien Denis Duchanet, connu au Tliéâtre-Français sous le nom de Desessarts.

L'évédié de Langres a été fondé au troisième siècle. Philippe-Auguste donna à ses tituiaires le titre de Duc et Pair,

et au sacre des rois, c'étaient eux qui portaient k KtpUf. Sous la restauration, la possession de ce siège assurai^ encore la nomination à la pairie.

Langres a une industrie toute particulière, la cooteUaciç, dont les produits, en cherchant un débouché dans iii^fi|jf<^i considérable , ont singulièrement contribué à la faire 'Çoqnaltrc : elle fait aussi un grand commerce d'excellentes inevlcs à émoudre , tirées des carrières de Celles* Marciliy, Dampif-

Vue Je LaiigVes , clieflicii d*Mrroiidisscmenl de la Haute-Marue.

monl. Sa population , d*après le recensement de i8/i6, s'élève à 7 636 individus, celle de la commune étant de 8 599.

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