CORPS DR LOGIS
Les maisons comprennent un ou plusieurs étages, solvant le plan ou le gortl de l'architecte. Chaque étage, comme vous le savez, forme ime rangée de chambres séparées. Quelques maisons n'ont qu'ini étage ; le plus grand nombre en a deux, quelquefois trois. Dans les villes , où le terrain est d'une grande valeur, on voit des maisons qid ont cinq 00 six étages. Une maison qui aurait dix étages serait uue cliose curieuse ; on en voit (juelques-unes à Edimbourg et à Paris, et dans quelques autres villes. La maison où je demeure n'a que deux étages et une coupole.
L'épine dorsale, — Le pilier principal de la maison où je demeure traverse les deux étages, et est d'une singulière construction ; on le nomme épine dorsale» Cette épine se compose de vingt-quatre pièces séparées que l'on nomme vertèbres. Les cinq vertèbres inférieures sont grosses et fortes; cette partie soutient le premier étage. Les douze suivantes, qui appartiennent au second étage, ^ont un pen plus petites, et les sept dernières, qui forment la communication du second étage 5 la coupole, c'est-a-dîre le cou, sont encore moindres. La grosseur de ces vertèbres diminue graduellement de l'inférieure à la plus élevée.
l/épine dorsale est non-seulement très-curieuse dans sa forme et sa structure, mais elle est, de plus, d'une trèsgrande importance dans le corps humain. Sins elle, les membres , quelque admirablement adaptés quïis soient aux besoins du corps, retomberaient sans vie à chaque tentative pour s'en servir. On a dit que si un seul membre, dans quelque partie du corps , souffre , tous les autres souffrent en même temps. Ceci est surtout vrai quant à l'épine dorsale.
MAGASliN l'ITTOKESQUE.
qitVUcs occttpent dniis ie corp» vivant, ce trou forioe un madiiit ou canal dans toute la loogueur de répiue* Cette cavité est remplie d'une substance molle qui a du rapport avec la moelle des autres os , mais qui rend des services beaucoup plus iinporlanls. Elle serait plutôt une bronche du cerveau, rar il y a un passage ouvert au bas du crâne ou de la léle , (fui communique avec le canal do l'épine dorsale.
11 y a nu mécanisme remarquable pour permettre ù lu télé de louruer de gauche a droite , et vice versd , nans presser *or la moelle épinière et par conséqiieal suns gêner w»« fonclions. Ità vertèbre supérieure , que i ou nt/nime Vullas , se meut fitlr une saillie de lu seconde vertèbre, laquelle a à t>eu près la forme d'une grosse dent située au-devani de Tos et retenue dans sa position par un ligunient qui le traverse. -^ l*ar ce moyen , un mouvement latéral est donné k la tète , haus remuer le tronc de Tépine , et seulement à l'aide de la première Jointure formée par la première et la seconde vertèbre.
Lorsque les vertèbres sont assemblées dans leur position onlinaire, on voit des entailles aux cOtés des os qui se rapportent si excictement l'une à l'autre que leurs parois forment un vide au milieu ; il y a autant de ces vides ou petiu canaux de chaque côté de i'éi)ine qu'il y a de vertèbres. Par ces canaux pussent des portions de la moelle épinière comme des rameaux d'un arbre qui se dirigent dans tout le corps. Ces blanches sont les niMf>, A leur point de départ ils sont gros, mais ils se diviseut et se subdivisent en a vaillent vers les c;xtiémités et deviennent très-minces. Limr nombre dans toutes les parties tendres du corps, surtout sous la peau, e»t )rèir-grand«
Entre ces os, là où Ils reposent l'un sur l'autre, se tiou\e une substance moelleuse , irès-êlaslique , ressemblant à la Komme élastique. £lle sert ci empêcher que le frottement des os ne les use trop vite , et elle aide au libre mouvement de l'épine. Tout ce mécanisme est une des choses les plm» eurieuses qui exbtenl. Vous avez vu des sauteurs et des dauseuis de corde se ploytr en arrière jusqu*à ce que leur tète touche presque leurs pieds , et donner ainsi k leur corps la lonne d'un arc fortement tendu. Le cartilage entre les vertèbres est très-fort et très-épais , et cependant il cède si facilement qu'il permet ù Tépinc dorsale de faire des mouveiiii'nls aussi variés que le désirent les sauteurs et les danseurs lie corde.
Ce cartilage a tant d'élasticité et de souplesse , et se comprime si facilement qu'on peut croire que les |)ersonnes qui in.irchent beaucoup, ou qui se tiennent longtemps debout, sont vraiment plus petites le soir que le malin. Le repos )>ermet aux cartilages élastiques de reprendre leur première épaisseur pendant que nous dormons, et le lendemain matin on se retrouve avec la taille ordinaire. On verra aussi que riiez les personnes âgées la taille diminue un |>eu : ceCi est cl a en partie à ce que ces cartilages sont moins souples que dans la jeunesse et l'âge mûr, et qu'ils se sont amincis peu
bi la moelle de l'épine dorsale (qui descend du cerveau) est meurtrie ou blessée, les membres inférieurs et peut-être lus autres perdent la faculté de se mouvoir. Si la moelle se •bii:^e, elle ne peut se réparer, et le patient ne guérira jamais eiitièremenL U est donc admirable qu'elle soii si solidement coustrtilte que cet accident ne puisse arriver que rarement. Nous dirons quels sont les autres piliers de la maison. Nous étudierons la construction du second étage du bâtiment. U renferme un plus grand nombre de parties que le premier étage.
La iuiU d une autre livraison.
LES JOUhS l^ASSÉS.
Ne pleurons pus les jours qui sont pusses ; le voile du malheur les recouvre; ils se suul ccuutc:> duus les chugrins, et
flétris dans rinquiétude. Bien rare» étalent leurs joies, bien longues étaient leurs tristesses. Malniejiaiit qu'ils s'ont disiuirus, saluons l'avenir qui nous apparaît.
Nous nous sommes attachés à de riantes espérances ; uoiih avoms formé d'heureux projets; nous avons cru à nos re\es jusqu'à ce qu'ils s'évanouissent. Notre lidiesse s'est fondue entre nos mains connue la neige , et le chemin que nous siU^^ vions a glissé sous nos pieds comme un sable moliile ; mais la force noua reste, et l'homicur, le brillant honneur et la vérité.
Oli ! ne désé$|)éroiis pas tant que les poètes déroulent ù nos regards leurs pages sublimes, tant que, dotés d'uu xriÎMH' plus précieux que l'or, nohs pouifons vivre par ta peniit*e avec les martyrs et les héros de.s ahclens âgefi , tant que l'humunilc fuit entendre à liotre oreille de si grandes vérités, et à notre cœur une si douce musique.
Oh I ne désespérons pus tant que nous pourrons dans no^ libres visions «onieuipler les cieux, la terre * les Ilots; tuni que le soleil éveille en nous un sentiment de joie, et que U?»* étoiles brillent au ciel pendant la nuit; tant que les haruiunies de la nature animent, exaltent notre esprit.
Ne donnons point de vains regrets aux scènes épanouies, aux jours qui ne sont plus. Les yeux hiiés sur In bannière de Tespoir, avec une ferme confiance que nul revns ne doit ébranler, dût lu fortune se montrer encore cruelle en \ ers nous, laissons derrière noiis le passé, et regardons vers 1 uvenir. Sargënt (1).
llhCHKHCUES ihSTOAlQUES
Stn LKS SYllfiOLKS DE L*AUT0MT6 PtJBLl^Dt HSItÉS EN FIIANCK DKPLIS LKS TKMPS LÈS PLUS RECULÉS JUSQU'A NOS JOURS.
Suite et iiu. — Voy. j». i<,y, aaï, 3o3.
Cocarde. — Dans les habitudes de notre symbolique modefUe, la cocarde est atissi un insigne nationaL A ce litre, elle mérite d'occu{)er uti place parmi les recheix:bes auxquelles nous nous livrons. Au commencement du quinzième siècle, pendant que lu capitale et la France entière étaient en proie aux guerres civiles que se livraient les Armagnacs et les Bourguignons, nous trouvons la trace d'un signe di^tinctif employé.par ces diverses factions, et qui oil're une notable analogie avec la cocarde des ieUips tHistérieurs-de notre histoire. Uti écrivain bourguignon , en reiidaUt compte d*un odieux coup de main dont il attribue l'intenlioii au |>arti contraire, sous la date de i/tiS, s'exprime ainsi : « Vray est qu'ilz (les Armagnacs) avOfôhl f.iii faire Itionnoie de [ilont grant foison, et dévoient bailler aux dizain iers de la ville de Paris, selon ce qu'ils a voient de gens <*n leur dizaine, qui cstoient de la band9 (2) , et n'en de voit avoir nul autre que eulx. 1^1 dévoient aller parmy les maisons des dits bandez par totit Paris^ à force de §ens armez portant laiiile bande, disant partout : Awtx-voui point de telte monnoie f S'ilz disoient : Ye€i en ey (en voici), ils passoieot oultre sans plus dire. S'ils disoient : Nau$ n'en aixmi point » ils dévoient tous eatre mis à Tépée» et tes femmes et les enfants noyez, lit estoieut la monnoiu telle un peu plus ^unt que mi blanc de quatre dcniei-» ^>arisi:i. » U résulte de ce récit que les iactions avaient |iour se disliiiguer deux sortes de signes , les uns extérieurs comme la bande ou écharpe dont il vient d'être question , les autres occultes comme la monnaie que désigne notre èfironiquetir. Quclques-tmes de ees pièces singulières sont venues jiisqu'û nous, et ont été décrites avec autant d*érudlllou c)uc de sagacité par MM. lUgoUot et Leber (3)* Elles ùe mmi frappées
(i) Puëte américain , né eu iHx6, auteur de plusieurs |tii*cc> dramatiques qiû out obtenu uu léf^iiiiue succès.
(a) C'esi-à-diie qui portaient la baiiUei principale pièce des arnioiric!» du coiiiie d*Ai mugnac.
(3; Monnaies inconnues des evèipie^, ilvs InuoceUll, cl dtk foU5, tic. xSi;, iu-Si
v^oogle
que d*un côté ; elles sont, de Tautre, munies seulement d'une agrafe qui servait à les fixer au chaperon ou à toute autre partie de Tlia bille méat, lorsqu'il y avaitlicu.de montrer cet insign^i. Nous oiïron» à nos lecteurs, sous la fig. i, le dessin de Tune de ces plaquas que Ton présume avoir servi de cocarde aux partisans du Dauphin (depuis Charles VII), et qui poiirriiit se trouver en rapport avec le récit du BouiujtmH de Paris, On ï voit simplemeriï Tdcu des armes de France , et pour légende Tune de ces devises pîeiïî^i s (Ave Maria gracia pkna) qtf in voquaienl inili^tinctem^nt lotis les partis.
Il nVsi pas tjueîsUon de cocarde proprcinent ûlu^ iisTint le dix-septième siècle.-En 1656, Christine de Suède, étant venue visiter Paris, fut reçue avec la pompe accoutumée en pareil cas, par les prévôts ci échcvins de lu capitale. La 'reine, ainsi que nous l'apprend une estampe publiée l'année suivante en commémoration de cet événement, fit son entrée h cheval , revêtue d*un costume miliUiirc et à demi masculin. Sa coiffure était ornée d*une touffe de rul>ans placée sur le côté (voy. Og. 2), Quelques années plus tard, nous retrouvons
Fig.
l'ri. ^.
cet ornement maintenu, mais singulièrement développé dans luTj5iffure militaire de Louis XIV. Le dessin que nous en donnons^ûgv 3, d*après une estampe de 1676, parut pour
Fig. 3.
la première fois, à cette époque, ainsi que le précédent , dans l'un des almanachs que nos ancêtres appendaient au lieu de glaces au-dessus des cheminées de leurs appartements , et qui, exécutés avec luxe, illustraient ordinairement le souvenir de quelque événement remarquable arrivé dans l'année qui venait de s*écoo1er. Telle est, pensons-nous, l'origine de la cocarde. Peut-être le rapprochement de ces deux citations Jiistiflera*t-il notre hypothèse et la fera-t-il partager au lecteur. Les ligures 6 et 5 n*ont d'autre objet que de montrer
Fig. 4.
Fig. 5.
par quelles transitions la cocarde est arrivée , de sa forme primitive, à celle qu'elle affecte de nos jouis.
Jusqu'ici nous n'avons considéré.la cocarde que sous le rapport de sa nature et de sa forme , sans nous occuper de sa couleur. Nous devons eneiïri cOv?! ver c£U<: quesiioa pour un paragraphe spécial , qui v.i siûvre, Totitefoi» nous Bous l>ornerons à faire observer kl qif avant 1789 , bien qoe L couleur blanche fût généraleuient adoptée, en p^rtagn avec la noire et un petit nombre d'autres , pour la cacarde de l'armée française , il n'y avait ciicore à celte date amxine règle fixe et invariablement conss^rnlc ^ur celte matière.
' Du drapeau ou pavillon et dex couUurs natmnaiu^^ Dès l'époque la plus reculée, ^hisi rjue nous l^ivons dit» nos armées se servirent de drapeaux ou enseignes HolUfllrA, mais c'est seulement à une date rt^eente que Ton arliofa sttr ces bannières des emblèmes consacrés et surlout natloniuit. Toutefois à partir du quatoi zii^me ^if^cle , la croix biamcUe peinte ou cousue sur les drapeiiux et sur les armurc^i, commença à prendre faveur , p^ir O|iposiilon h la croix nnige anglaise et à distinguer spéciîili ruent les Français, Gtitie couleur blanche obtint ensuite, diiiiii l'un atigcmcii Nies clioses militaires, une préférence croissante^ et devint d'une manière è peu près fixe la couleur, non pav t^ncore de U aalioti, mé% du commandement militaire. En 17H^J, la cocarde d'ordciiuianc^ était blanche pour la grandi majorllé de Jinfttuterie, ei ks drajKaux, chargés d'embièni^j^ qui vsrlineal u rintinlf }Kir^ taieiit uniformément la croix bl^uRlie des vlrHle^^ bAmte^ françaises. Telle était la rt-^''- des irotipes roy^ilea. Mjîîi lorsqu'à celle même époque, k mMiixipâlité de Paritorga* nisa lu garde nationale, clh- lui tlonua nitliirr-llmteiîl \n couleurs de la ville ; et la coccinfe , riinsi que i^tuiiUMiiw* , f«t d'abord rouge 04 bleue (13 juilh? 178Q)* Vnh î* q«dqii<*s jours de là ( 17 juillet) le roi Ouni venu assbtrr ai personne il la xélcbre séance de rUôbl-dr-vUlc* il p^iratt que fon joignit en signe d'union au\ deux couleurs pnmlliv4^ h couleur blanche qui était, comme on Va vu, ct^lle iW Vàuio' rilé royale. C'est ainsi que fut inauguré reniblèmcqu*, y.'hu Pexpression de Bailly, devint le signe dislincUf des Fntn* çaiSf et telle est l'origine de nm amkitvs nationales.
Dès cette époque la couleur île la cocarde re^ta déllâfiitfment fixée ; mais il n'en fut i>-jihi d^ m^me des dmprftixXf qui continuèrent à présenter les 4 ui blêmes et les orncinenis les plus vai'iés. Ainsi les étendards qui furent donnés par les paroisses à chacun des contingents de la gante nationale ^ offraient tous des devises et des accessoires différents* C>?t seulement sous la République et îipcH la mr>rt de l/>\m XV i que le drapeau français fut raru^-iK^ à une ^mpUdlé uniforme. A cette époque le drappau cojisi<ïiait en un cAfré d"? soie aux trois couleurs posées perpendtculatrement dans cei ordre : rouge , blanc et bleu , ihé h une hampe terminée en fer de lance. Tous les omcmciiL^ étrangers dbpArurcnt , et l'on ajouta seulement sur le drapeau de chaque demi-brigade sou surnom ou son numéro et quelque courte ou patriotique sentence.
Napoléon se contenta , comme on sait , de remplacer le fer de lance par l'aigle, qu'il avait adoptée pour symbole.
Sous la Restauration le drapeau français se composa d*nn carré d'étoffe entièrement blanc orné de cravates et de franges d'or, la hampe terminée par une fleur de lis sculptée à jour dans un fer de lance doré.
Après la Révolution de Juillet, le coq gaulois reparut,* avec les trois coideurs, au sommet de nos enseignes. Sur les drapeaux et étendards de la garde nationale on inscrivit ces mots : Liber iéy Ordre public. La devise qui fut adoptée pour l'armée est celle de la légion d'honneur : Honneur et Patrie,
La République de i8/i8 a de nouveau consacré ces syn»boles ; elle ne les a modifiés qu'en y ajoutant cette expression de ses principes politiques : Liberté, Égalité^ Fratemiié.
BDRCADX D'ABONNEMENT ET DE V£NTB«
rue Jacob, 30, près de la rue des Petits-Augustina.
Inprimerie de L. MaatiiiiT| me Jacob, 3o«