DE LA FABRICATION DE L'ACIER EN ELTIOPE
Voy. 1847, P- 6f, 341.
La différence de la France et de l'Angleterre, en ce qui concerne la fabrication de l'acier, vient uniquement de ce que la France s'est abstenue de tenir compte , comme il l'aurait fallu , du principe de la spécialité des fers à acier ; tandis que l'Angleterre , après l'avoir constaté , s'en est bien vile arrangée. En effet, les deux pays, si l'on considère leurs conditions naturelles , sont exactement dans la même situation par rapport h la fabrication de l'acier, et cependant l'un, grâce â l'introduction des fers de Suède, en produit d'excellent, pendant que l'autre, par son obstination à refuser ces fers, n'en produit que de seconde qualité et demeure tributaire du premier pour les qualités supérieures. L'Angleterre
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s^est résignée, au lleii que la France , égarée par un patriolisme mal entendu , a voulu à toute force lutter, ne pouvant en quelque sorte se persuader que ses mines fussent impropres. à hil fournir les éléments nécessaires. L'histoire de ses tentatives forme ime expérience qu'il est permis de regarder comme décisive, et dont il est à espérer que les lumières ne seront pas perdues pour Tavenir. C'est un des chapitres les phis intéressants de la métallurgie de Tacier, et M. Le Play, qui a eu le premier l'idée d'en rassembler toutes les pièces, y â trouvé une dés confirmations les plus concluantes que r«i puisse souhaiter aux mes que lui avait inspirées sa longue étude des ateliera et du commerce.
Dès le dix-septième siècle, on voit la France faire eiTorlpour entrer àans la voie nouvelle que venait d'ouvrir à la métallurgie la mise en pratique de la cémentation. La première idée du gouvernement devait être nécessairement de produire l'acier avec les éléments fournis par le sol même du pays^ jiisqu^a CM qnit iVx[>*.*no*ii:o tn eiU di.ssuadé en montrant qiiellei» ËtaJi'ul li!8 coridJIioiis ^lormûLeîi 4c la production des acier?» de quaJilL^ ^d|ii^neiin\ i\kn ]rOt.iti plus naturel. On lit venir des ouvNltjï dWUemagnij ^i tf Angle terre ; on distribua ûca ciicouiu^eiiieiUx cl ût^ réct>]npensL.s , et pour prppager la nouvHk Jndiisirjc^ à hitjiiclieon Iniposait de ne faire usage que dt! içk% (rmii^h^ tm iHi^Mk !>■ tîroii imposé à rinlroduction de» acier» élrangcri^
OË^mif qiij D'avaji é\é Jhé par k célèbre tarif de 1664 qu'à 3 rr« 41 ce^l* p^r 100 kiiogr. , \nl augmenté de 10 fr. dt'S 1687, c'esi-à-dire hriîs nm av.tnt la mesure du même giMiie adoplde par rAngiciiniL*, U\ n^s-ullat de ces mesures fuL l'élabli^^tu-'menl de phi?iieijis fobjiijurs, particulièrement datiâ le voidnage d^ furge» iies Pyréudt's. Mais, après avoi^* pi^niblement Jiiilé contre riiiiporiaiioti étrangère, elles fjnirerU p^ir lomlier à pi^ti jirOs coiiipléif Hvtiiif les unes après les autre H. Eiilia , lin 1704, it^gwuveriiemeïil comprit Tlncon veulent de gêticr lu populution eti vue d'une industrie qui ne pouvait décidément soUi^faire, et Ton supprima letaHfprotecteui' pour revenir a\t imif de 1064-
C'était proclamer la coiielution d'itnc première expérience funeste à l'Ëlat comme aui p:irij«.uljere, «t qui avait duré dixsppi ans. Aussi, pendant les preiniî rei^ umiéesdu d|x-btiitième siècle , l'industrie de^ aciers dÊnieura-t-^iile comme accalilée sous ce coup. Vuid ce qirêcrivail h €« sujet, en 1722, Uéaunitir ; w l,é ro)iiume , qui a dci adeîs communs ft revendre, miiuque de tTux-i:! (les aciers lins). M lui coûte tous les ans defy âommeicon^fj «arable» puur ^e ftMirnir d'aciers lins : aussi nVsi'il rien que l'un ait tenté phis de his que d'élaljllr des manufacimes pour convertir um t^r& en acier; c'est un art qui est cousrrvi^ myïtlL^rîeuM'mcul dans le pays oùon le pi atlquh^ JiU i oiir a cepetidaiit i3ti' aoNd^l^'e, et surtout depuis trois ou quatre ans, de l'Vançois et d'étrangers de tout pais, qui, dans IVspérance de faire fortune, se sont présentés comme ayant le véritable secret de convertir le fer en acier. Mais comme on n'a vu aucuns fruits de leurs travaux et des grâces qui ont été accordées à plusieurs, on a presque regardé comme des chercheurs de pierre pliilosophale ceux qui promettoient' de changer les fers du royaume en aciers excellents.» En elfet, le mystère du succès de l'Angleterre dans cette carrière si ingrate pour la France, consistait, dès cette époque, tout simplement , dans l'emplpi des fers de Suède ; et il était par conséquent bien chimérique de prétendre réussir aussi bleu avec des fers de nature toute ditférente.
Sans itéaumur, peut-être, do guerre lasse, en serjons-nous venus ù comprendre que le meilleur ])arti consistait à iuiiler iidèlemcnlcc qui réussissait si bien ù nos rivaux, cl à tirer des mines de la Scandinavie les l'ers destinés à la cémenlalion. C'était une pente toute naturelle, et à laquelle il semblait en quelque sorte impossible que nos métallurgistes, après tant d'essais et de déceptions, n'eussent pas fini par se laisser aller. Le génie hardi et tout patriotique de Réaumur s'y opposa. C'est dans ces circonstances qu'il entreprit ses fameuses re-
cherches sur l'acier, qui , soutenues par la grandeur de son nom , ont égaré si longtemps l'opinion publique sur cette question , et l'égarent encore. Il s'imagina que dans le phé* nomène de la cémentation la nature du fer ne jouait qu'un rôle secondaire, et que c'était au contraire de la composiuon particulière des céments, dont on faisait alors une sorte de secret, que dépendait la qualité de l'acier. C'était Tinverse du vrai, comme le prouve surabondamment rexpéricnce séculaire des usines du Yorkshire, qui n'emploient dans aucun cas pour cément que du charbon, tout en distinguant d'une manière si précise, par la différence des prix, la différence des fers. « Toute la question , dit-il au début de son ouvrage, éloit donc de savoir si, avec le secret pratiqué dans les paîs étrangers, nous pourrions de nos fers faire des aciers qui égalassent ceux que les étrangers font des leurs; ou , 9près tout, notre pis aller devoit être de travailler en France è convertir en acier des fers étrangers comme on y travaiiie en Angleterre, où on fait d'excellents aciers avec du fer de Suc^e, qui, à Paris, ne nous coûte, en certains tems, guère |)l4is que les fers du royaume , et qui , dans nos ports , est quelquefois à aussi bon marché que celui qui vient de nos piines. Mais l'examen que j'avois fait des ïqvs du royaume m*avoit fait connoltre que nous avions des (brs de tant de qualités différentes , qu'il me paraLssoit hors de doute que nous en avions de propres à devenir d'excellent acier, de quelque nature l'acier le demandât... Je supposai donc, et je crus pouvoir supposer le fer propre à être converti en acier tout trouvé, et qu'il ne s'agissoit plus que d'avoir les procédés convenables pour le convertir. » Voilà précisément la supposition anticipée et fatale! i.es expériences commencées par l^éaumur, sous l'empire de cette préoccupation , l'entraînèrent , et il fut amené ù conclure que, moyennant des céments composés de matières salines, la plupart des fers français se trouvaient émlnenament propres à être convertis en aciers.
Les expériences de Uéaumur avaient pour elles raulorilé d'un noni justement respecté dans 1^ science , l'appui officiel du gouvernement, Tamour- propre national, l'intérêt d'un grand nombre de provinces : elles fuient acceptées sans coutestaiioq, et son ti*aité, fondé sur le principe que l'acier, qui n'est au fond que du fer carburé, était un composé de fer et de parties sulfureuses et salines, devint le guide de tous ceux qui entreprirent de se livrer en France à l'industrie de l'acier.
ils ne pouvaient manquer d'écliûuer, et c'est ce qu'ils firent. I\éaunmr, le premier, donna l'exemple. Une compagnie puissante s'organisa , sous sa dii'ection , sous le nom de manufacture royale d'Orléans : cfie travailla , lutta , répandit des prospectus dans lesquels elle annonçait que, d'après la découverte de Uéaumur, elle était en position de livj'cr au conuuerce des aciers capables de balancer les meilleurs aciers étrangers ; elle se flatta quelque tem][>s du succès. Mais, privés de cette qualité si essentielle de la propension aciéreuse que les fers de Suède pouvaient seuls communiquer, SCS aciers, mis en œuvre, ne répondirent en rien, malgré leur belle apparence , h ce que Ton s'était flatté d'y trouver; le commerce les laissa de côté, et quinze ans après la publication de l'ouvrage de Uéaumur, la compagnie, à bout de ressources et sans espérance, se vit obligée de fermer son dernier aiclic^-. On en revint franchement à demander Tacicr nécessaire à P Angle terre, seule capable d'en produire de bon, grâce à son secret bien plus valable que tous ceux des céments, le secret tout simple des fere de Danneniora.
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Angleterre , en Suède et en Norvdge , et la question est si claire pour qui sait observer les choses de près et impartialement, qu'il ne lui fut pas diflUcile de mettre le doigt sur le point essentiel pris à contre-sens par Réaumur, savoir, que ce n'est pas dans la composition des céments que consiste le secret de la fabrication de Tacier, mais dans le choix des fers, et que ce sont ceux de la Suède qui possèdent à cet égard rexccllence. « Le seul et unique fer qu'on ait trouvé propre pour la conversion en acier, dit cet habile homme, est le fer de Suède. On a fait beaucoup d'expériences sur le fer fabriqué en Angleterre , mais on n'a jamais pu obtenir un acier d^aussi bonne qualité. On emploie différents fers de la Suède, lesquels, suivant leurs différentes qualités, font varier les prix de l'acier, parce qu'ils ont eux-mêmes différentes valeurs. On emploie uniquement le poussier de charbon pour la conversion du fer en acier, et l'on ne fait usage ni d'huile ni de sel. »
Tous les principes de l'art étaient là ; ils auraient dû triompher. Jars fut officiellement chargé de propager en France les méthodes qu'il avait recueillies dans ses voyages. Une usine spéciale fut élevée sous sa direction au faubourg Saint- Antoine ; mais il fut impossible de triompher des préjugés enracinés chez les savants et les hommesd'état par Kéaumur, c'est-à-dire que l'on fut astreint à employer à l'usine du faubourg Saint -Antoine des fers français; et aussi, après des dépenses considérables, cet établissement arriva-t-ilà la même ruine que celui de Réaumur.
Une seule aciéne de cette époque prospéra, et son exemple aurait dA servir aux autres. Ge fut celle de Nérouville, créée en 1770, sur le canal du Loing, qui amenait les matériaux réfraclaires nécessaires pour les fourneaux, ainsi que les houilles du Forez et de l'Auvergne. Suivant les préceptes de Jars plus fidèlement que Jars hiiméme, elle employait exclusivement les fers de Suède. Elle se développa rapidement ; et en 1778, elle était la seule usine qui fût en possession de fournir au commerce des aciers flns^ Ge fut te succès même qui détermina la ruine de Nérouville. Oè'tte prospérité,, fondée sur l'emploi des fers étrangers, émut l'opinion. Les savants , fondés sur les théories et les expériences de laboratoire, se mirent de la partie; on arrêta que des expériences comparatives sur les fers nationaux et étrangers seraient faites sous la direction d'une commission scientifique ; ti II va sans dire que les expériences se trouvèrent d'accord avec les Érpinions préconçues de la commission. On constata que les produits obtenus avec les fers français étaient aussi beaux que les antres, et 11 parut suffisamment démontré que c'était un îiréjufié é^à forgerons qui leur faisaiedi préférer les aciers iM'^^f eiiaiit des fers de Suède. Il est manifeste pourtant que «'étall là tiii At ces procès qui doivent être jugés en derttiêf Haotîi noti par H science^ lilais par la pratiqué) tar un îÊtàét petit ttffHr k$ pittd bëlfes qualités ûû sortir du fourneaii èè kétiiéhiâim « et tt'ètre pas de nature à les conserver, eotiiMe il contfem , sous fe inarteati à(é l'ouvrier qui lui donne ÈAéttÛièta ferme. C'était justement le Cas, et c'est ce qtti un ^Ue ieâ apérlenccs nficfelle», dlHgées sur ce sujet fatiéè UiÉtiïÈi m khijiMtÈ été tl trompeuses: ce n'était p^hétê àêrn^i ^"éiM i éà lé^tteroos ^ue lé gouvernement aurait dû les confier.
L'histoire de l'aciérie de Nérouville est la même que celle de toutes les aciéries qui ont tenté de s'élever en France sous l'ancien régime. On peut y joindre, pour rendre la leçon plus frappante, celle de la célèbre aciérie d'Amboise qui succéda à la première vers 1782 , et qui est le plus grand éteblissement de ce genre que la France ait jamais possédé. Elle avait été fondée par un fabricant de taillanderie et quincaillerie , nommé Sanche, qui, habitué à tirer de l'étranger ses aciers, s'était enfin avisé de l'idée de se donner lui-même le bénéfice de les fabriquer. A cet effet , il faisait venir des fers de Suède et les soumetuit dans ses ateliers à la cémenution et à la fusion. Il réussit admirablement. C'est ce qui est nettement expliqué dans un mémoire de 1783 , à l'intendant général des finances.
« Les sieurs Sanche et Patry ont même réussi à faire de l'acier que les Anglois appellent acier fonda, et qui peut servir à toute sorte d'ouvrages superfins, tels que les têts dps monnoles et médailles, instruments de chirurgie,, rasoirs .et coutellerie en jiout geqre. On n'y trouve ny endrures, ny filandrures, ny grains ferreux. Celui-ci plus parfait n^ peut être fabriqué qu'avec du fer de Suède, et les Anglois ne s'en servent même pas d'autres. Mais le fer df. France , conveiti en cet acier superflu, ne donnant qu'un acier trop fier et difficile à travailler, les sieurs Patry et Sanche ne peuvent se flatter de parvenir à faire usage du fer de la nation qœ par une suite de travaux et d'expériences. »
Ce fut précisément l'emploi de ex: fer de France qui leur fut imposé par le gouvernement comme condition des-se^ cours qui leur étaient nécessaires pour l'agrandissement 4^ leur industrie. Ils durent s'y soumettre. Revêtue du nom de manufacture royale d'acier fin et fondu , en moins d'un an l'usine d'Amboise se trouva pourvue de douze grands fours de cémentation , de quarante martinets et de quatre-vings forges à ouvrer l'acier. Il n'y avait pas un établissement comparable en Europe. Malgré tant de secours l'usine tQmba : elle avait abandonné les principes de Jars, qui avaient fait le succès de ses commencements, pour ceux de Réaumur, qui ne pouvaient manquer de la conduire à sa perte. Ducluzel, qui avait succédé à Sanche dans le gouvernement de cette usine déchue, ne voyait de Salut que dans une loi qui obligerait les maittes de forge français à produire de meilleui's fers. C'est ce que l'on voit dans un rapport de cet industriel au Directoire : « Lorsque je commençai à faire des aciers à Amboise , dit-il , je vis avec douleur que les fers nationaux ne convenaient pas pour la cémentation , et qu'il fallait les faire venir de la Suède... Il serait nécessaire que le gouvernement prit des mesures à ce sujet pour n'être pas tenu de recourir en Suède, pour pouvoir faire des aciers en France bons à tous usages. » Mais quelques miracles qu'ait opérés chez nous le gouvernement révolutionnaire, c'était lui en demander un trop au-dessus de son pouvoir ; autant aurait valu lui demander de faire produire à la France des perles ou du platine.
itooii reifÉBRC d'or domestique*
Depub trente ans , un fénérable pasteur des États-Unis lionmjé Itowldùd-lljU avitlt à son service un homme trèses limé tUsiA le tobfniigc. V^i homme étant mort, le révérend Ikmlaiid-Iflll le c^ndujsii h 4a demeure dernière, etproaoaça Slir sa lombe une i}rhimm filnèbre dont voici la fin :
«1^ p)iiî\Tit 4ps prsn nues qui sont ici. connaissaient depuis longtemps mon padtre ser^îteiii' ; elles satefeit qu'il était laborieux , sobre , honnête , fidèle, feb bien 1 le moment est venu de le dire..: il y I trente ans, c'était un voleurîle grand chemin, tin soiri Û tti 'avait arrêté et m'avait demandé ma bourse. J'étais jeutiê feomme Ibi , vigoureux et armé ; je le tins à distance, et je lui adressai des reproches, après m'éire nommé. Mes pareles^ péUi-être atM ÉIMé caractère tle pasteur, tïnni ^tiel^tté lihji^essioîl ftéii lëL li fhé répondit 4tÉ1i HtUif été àm^ék^ tochtti è( qtté , renvoyé par suite d'une jalousie de domestiques , sans place , entraîné par la misère et les mauvaises compagnies, il était enfin arrivé à vivre de mendicité et de vol. Sans ajouter d'abord tme foi entière à ce qu'il me racontait, je l'exhortai à rentrer dans la voie du bien, et je lui assurai que ^ s'il venait me Toir, je lui trouverais une place. Quelque temps après, à ma grande surprise, H se présenta chez moL Je cherchai alors comment je pourrais lui être utile , et je m'aperçus que j'avais pris un engagement difficile. Où le placer? dans un atelier? dans une maison riche? Mais mon devoir était de faire connaître au fabricant ou au chef de famille les antécédents de mon protégé. El si l'on eût consenti à le receviUr, aurait-on eu la prudence et le scrupule ^ ne '
laisser cnlrcroir ce que Ton savait de sa vie passée? Ne se serait-on point laissé aller trop vite à la défiance et au soupçon 7 Au milieu de ces perplexités, j'offris à cet homme de le garder à mon service : il accepta. Depuis ce moment Jusqu'à son dernier soupir il ne s'est point rendu coupable de la moindre faute, de la moindre infidélité. Je l'ai vu , au contraire, de Jour en Jour devenir meilleur, plus dévoué à tous ses devoirs : une tristesse , qui s'était d'abord saisie de lui, s'est insensiblement dissipée sous l'influence des sentiments religieux. Il avait confiance en moi. Il savait que je ne trahirais point son secret : lui vivant, je ne l'ai révélé à personne , pas même à mon meilleur ami. Si je romps le silence aujourd'hui, c'est que, dans ma conviction, la révélation que je viens de faire est le plus grand éloge que je puisse faire du défunt , et qu'il n'est point sans utilité de proclamer un tel exemple. »
VILLENEUVE-LEZ-AYIGNON (Gard).
Nous avons raconté l'histoire de ce fameux pont d'Avignon que le l>erger Benézet jeta sur le Rhône à Avignon , et dont
l'inondation de 1669 n'a laissé debout que quatre arches. (18^6, p. 113.) Sur un plateau bas, au pied duquel coulent les grandes eaux du fleuve , saint Louis , voulant dominer la rive opposée à celle de la vHle des papes, fit cnnstruire le vieux château dit de la Tour du Pont , où logèrent Philippe le Bel, Philippe de Valois et Jean II. Philippe le Bel lui-même fit élever auprès le ch&teau de Saint-André. Au pied desmurailles de ces deux foi'teresses se groupèrent quelques habitations dont le nombre devint par la suite assez considérable pour prendre, par contraste avec la vieille ville des Carmes, la dénomination de Villeneuve d'Avignon ou lez (près) Avignon, On communique d'une ville à l'autre en passant les deux bras, que forme le Rhône autour de l'Ile de la Barielune, sur deux ponts réunis par une haute levée. La position de Villeneuve -lez- Avignon est d'ailleurs agréable.
Démoli, puis reconstruit dans des temps plus modernes, l'ancien château de Saint-André était occupé, lors de la liévolution, par une abbaye de bénédictins, qui est devenue depuis propriété particulière. Outre ce couvent, Villeneuve d'Avignon possédait un des cent quatre-vingt-neuf couvents de l'ordre des chartreux. Ce sont les ruines de la Tour du
^'Û^RÛÛJZé
Vue prise à Villencuvc-lcz-Avignou. — Riiioes de h Tour du Pont.
Pont que l'on aperçoit lorsque, placé ù la gauche du pont de Salnt-Benézet, à Avignon, on jette les regards vers le couchant; elles élèvent au-dessus d'un rocher leurs murs flanqués de tours. L'église des Chartreux, qui existe encore, i«nferme, outre les tombeaux remarquables d'Innocent VI, de son neveu et du prince de Gonll , divers tableaux de Mignard.
Villeneuve d'Avignon a 2 800 à 3 000 habitants ( la commune , 3 188 ). Elle fait le commerce des vins ; elle possède quelques fabriques de soieries, de toiles, de cordages, de
salpêtre, des tuileries, des fours h chaux , et , quoiqu'elle ne soit qu'im chef-lieu de canton , une bibliothèque publique de 7 300 volumes.
BDREAtIX D'ABONREMEIIT ET DE VERTE,
rue Jacôb, 30, près de la rue des Petils-Augustina. Imprimerie de L. MAimwrr, rue Jacoh, 3o. Ip
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