‹ Le Magasin pittoresqueChapitre 15 sur 185 · EN 18^5 ET · texte numérisé non relu

EN 18^5 ET

Si les progrès d'une science se mesurent par le nombre d'écrits auxquels elle donne lieu annuellement, il n'en est point qui soit plus florissante que la géologie. Le secrétaire pour l'étranger de la Société géologique de France a été chargé par cette compagnie de dresser la Uste bibliographique de tous les écrits publiés en i8/i5 et i8/i6 sur la structure du globe et la paléontologie. Cette liste contient 706 titres d'ouvrages distribués de la manière suivante entre les différentes branches de la géologie :

TiArris rr mémoires grkbeaux 40

PHTSIQUI DU Gf.OBE 3?

TOLCAjrS IT TEEMELEMEIf-Vl DE TBIIBE l3

Glagors ....,...*. c i 34

Phknomèkes beratiqoes . 33

Oetctoghosib « « 40

France 65

Iles Britanniques 3?

Suisse et Savoie lo

Allemagne 46

Scandinavie 8

^, ^ I Russie et Turquie (I*£nrope . . . 14 Géologie DEsciurTiTe. /,. ,. ^ * Z

^ Italie i5

Espagne 1 1

Asie 1 1

Afrique 19

AniRri(|nc io

Occauie 8

PAI.BOIfTOLOGIB BIT GENÊIAC. ' 5)

Animaux fossiles i53

Végétaux fossiles ai

Cette liste comprend nécessairement des écrits d'une importance et d'une étendue très-variées. Quelques titres correspondent à des ouvrages en plusieurs volumes , la plupart & des mémoires , quelques-uns à de simples notes de quelques pages. Malgré sa longueur, cette énumératlon n'est pas complète , car il est impossible que tous les ouvrages soient arrivés h la connaissance de Tauteur. En effet , sa liste a été achevée en avril 18^7; or, à cette époque , tme foule d'ouvrages, de mémoires , de publications des sociétés savantes , paraissant à l'étranger en 18/i6, n'étaient pas encore parvenus à Paris. Ce sont surtout les mémoires des sociétés de province qu'il est presque impossible de se procurer. Nonseulement les travaux de l'étranger, tels que les publications si intéressantes des provinces prussiennes ou autrichiennes , mais encore les travaux des sociétés provinciales de la France, demeurent inconnus aux savants les plus consciencieux. Malgré les efforts si louables du ministre de l'instruction publique, il est plus diiDcile d'avoir connaissance d'un mémoire publié dans les Annales de telle société d'histoire naturelle départementale I que de se tenir au courant des ouvrages qui paraissent aux États-Unis. Ne serait-il pas désirable que la bibliothèque du Jardin des Plantes reçût exactement et directement tous les recueils de ce genre 7 Alors les travaux des savants français qui demeurent en provhice arriveraient immédiatement à la connaissance de ceux qui habitent Paris. La géologie de la France en particulier gagnerait immensément à ce rapide échange d'idées et de faits , car les faits sont recueillis par les savants disséminés à la surface du royaume ; mais les idées , l'impulsion, le mouvement scientique parlent du centre et rayonnent vers la circonférence. C'est ce coeur qui vivifie les exurémités.

OnFÉVBEBIE.

Voy. 1847, p. 87, et la Table des dix premières années.

La date de cette somptueuse décoration est 1648; le lieu, tm palais de Florence ; l'occasion « des noces illustres. Quci artiste avait imaginé et exécuté , pour quelques heures de fête , ce travail colossal qui se ressent trop de l'influence de Michel-Ange et témoigne déjà de la décadence du goût? On l'ignore. C'était sans doute tm de ces orfèvres, l'honneur de Florence, dont les noms, pour la plupart, ont péri avec leurs œuvres. L'or et l'argent, ces rois des méuux, trahissent le plus souvent ceux qui fondent sur eux leur renommée. Aux seizième et dix-septième siècles, l'orfèvre était le plus actif et le plus laborieux de tous les artistes : ii n'éuit point k un rang inférieur à celui du sculpteur et du peintre, qu'il égalait en Inspiration et en génie. Si le champ de son art paraissait à ceruins égards plus restreint, s'il se mettait an service des particuliers plus souvent mi'è celuk desHrémibBdU^ • s'il

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s'appliquait plus Iiabitncllcmcnt à' embellir rintérieiir des édilices privés que les monuments, l'occasion ne lui manquait point cependant de prouver qu'il était à la hauteur de toutes les tâches et de toutes les ambitions. 11 modelait , ciselait les anneaux, les bracelets, les colliers des dames, les coupes, les aiguières des repas, mais aussi les armures, les portes des temples, les autels, les croix, les tiares et les couronnes. Ainsi faisaient Ghiberti, Cellini, et leurs émules. Un service de table , un dressoir, décorés par de tels hommes , n^'étaient certes point des œuvres à dédaigner. Mais les révolutions, les famines, ont en passant jeté au creuset et changé

en monnaies ces merveilles d'or et d'argent. Ghiberti doit toute sa gloire à ses portes du Baptistère : Cellini échappe plus sûrement ù Toubli par le Pcrsée des loges d'Orcagna que par ses bijoux incertains. Notre illustre Claude Ballin n'est plus guère apprécié aujourd'hui que grâce aux estampes où sont représentés les admirables travaux d'orfèvrerie qu'il avait exécutés pour décorer les festins de Versailles, pendant les belles années du grand règne.

Quoiqu'il soit exposé ù de telles vicissitudes, l'art de décorer les tables a une importance réelle et mériterait d'être le sujet d'une histoire spéciale. Sans approuver aucuncmenl

Surtout flon min du dix-seplicme siècle. — D'après «ne ancienne c.<(tampe.

les exagérations du luxe, on peut être d'avis qu'il n'est pas indifférent d'avoir sous les yeux pendant les repas des formes agréables et gracieuses. C'est relever en quelque sorte les nécessités du l)oire et du manger que de prêter aux instruments dont elles exigent l'usage tout ce qu'il est possible d'élégance et de goût. Il n'importe au reste que la matière soit précieuse ou commune : or ou cristal, bois ou argile, l'art sait tout emiMîllir. Les petits vases de terre culte que les potiers d'Athènes et de Corinlhe vendaient aux pauvres femmes du peuple sont devenus les ornements de nos palais ; et ce serait aujourd'hui, j'imagine, un présent digne d'un roi que l'humble tasse sculptée offerte h Tyrcis, poiu- prix de ses chants, par le chcvricr Hc Tliéocrile.

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