DE L'ÉTUDE DES ANIMAUX DOMESTIQUES
Deuxième article. — Voy. p. gS.
Les animaux utiles à rhomme peuvent être considérés flous un autre point de vue que celui de leur utilité : c'est sous le point de vue, très-intéressant aussi, de la manière dont ils sont tenus p^f j'j^pfl^jpp. Aipsi 1^? Mqs squI siii^plemcnt acquis, ce spqt c^fix qup Toô se procure par la chasse et par la péchp pp^r leu}* çhalf , pouj* leur fourrure ou leur plumage, pour |e»|r coquillq. Us auîres, qui sont proprement ceux dont il s'agii jpi, sont au cputraire posséilés ; el comme ils sont susceptibles (fc Têtre à des (|egr^s divers, il y a là le principe d'ituf piassitication. On peut en effet distinguer trois état9 difTér^pl^; celui de captivité, celui d'apprivoisement , celui de doinesljcilé proprement dite.
Le premier* ^lal est celui f|es c)nimaux qui ont élé simplement enlevés à lu vie sauvage. Ils ne sont pas essemiollement modiflés ; Ils sppt prjsot^njers de Tiiomme , retenus malgré eu^ , Yoilçi t^{)|. j.e i)ut de; Thomme est de les avoir sous sa maiii , pp»|r H^lçj^jf fji mÎ^ pliis façHemeni les produits qu'il pe\\\ pn relirpr, op môme pour les mettre dans des conditions qui 1^ h(|tjsrassèi)f davantage. Ainsi dans certaines parties de l'AfritpKî, on sVmpare des autruches et des marabouts pour fairp {a récolte de leurs plumes et les obtenir plus fraîches qu^ ^ans la condition de |^ vie squvage; ailleurs on relient en captivité des civclles pour récolter de temps en temps le produit CKfpFani qu'elles dégagent. Enfin on met quelquefois fîu cage des oVtplaps , des cailles et d'autres oiseaux potij! les pngraisser , pi c'est )à un genre d'industrie qui, chez les llomajns, s'ilajf ^j} ViS , comme l'on sait, à (les pro^ ponioiîs consicjérablps-
Le second éiat est cpliii ^es quini^ux apprivoisés oi| dressés. Ceux-ci n'ont pas seuleipent un possesseur, ils ont un maliire. Les premiers pcu>jîO( l^lrc considérés comme des prisonniers de giuMie qui pp ejiercl^cnt qu'à s'enfuir; les seconds sont des serfs qui courbent la tpte ^•»us Ip jopg el s'y résignent. Il n'est plus nécessaire de les lonir renfermés. Tandis que tous los animaux sont à peu près passibles du premier état, il n'y en a qu'un certain nombre qui soient capables du second , car il leur faut une certaine intelligence pour pouvoir reconnaître, c'est-à-dire distinguer nettement la personne du mai Ire. Cependant on peut poser en règle générale que tous les mammifères et tous les oiseaux peuvent être apprivoisés. Certains i)oi&sons, certains reptiles, même certains insectes (les rangs sui>érieurs (qui ne connaît l'araignée de Pellisson ?) peuvent Pétre aussi, mais d'une manière naturellement Irèsboruêc.
Les animaux de ce groupe sont déjà beaucoup plus utiles à r homme que ceux dp ÇVPt|np précédent. Ainsi pu les voit employés à la chasse^ cpmn^p (p guépard, coiume les faucons; H la pèche, comme le 9pntà I4 Chine les cormorans, et comme la loutre l'a été quelquefq{|^ Qn les voit même employés comme au^dliaires ^c pren^jp^ prdre , et le plus bel exemple que l'op eq prisse citep est l'éléphant.
Mais y ^ - 1 - (1 (Jonc i^iïp si grande différence entre cet animal et )ps ^uir^ap^ dpmestiques, copime le chameau par exemple, dppl les servicps se rapprochent tclleipeut 4W *teR*^ f^l(P rtiflermcc , loip d'être peudecliose, est si considérable que Ton peut dire que les apprivoisés, quels qu'ils soient, forment un groupe plus voisin de celui des captifs que de celui dos domcstiqu<*s proprement dits. Dans les deux premiers groupes, IMiomme ne possède en effet que des individus ; dans le dernier il possède des races. Ainsi des chasseurs se rendent dans imc forêt , ils s'emparent d'un éléphant , ils le dressent, ils en font un serviteur docile qui pendant quelques années aide l'homme parfaitement ; mais après ce temps Tanimal uieurf, el bientôt il n'en reste rien. Il n'a pas laissé de postérité, el si l'on veut im nouveau serviteur, il faut retourner aux forêis cl recommencer le même
travail de capture et d'apprivoisement Ce que font encore aujourd'hui les indiens pour l'éléphant , nos ancêtres Tont fait dans les temps les plus reculés pour le chevaU Mais aa lieu de ne s'occuper que d'un seul individu , ils se sont occupés de sa race , de sa reproduction ; et l'animal qui avait été conquis par quelques hommes , est devenu, si Tob peut ainsi dire , la propriété du genre humain tout entier. C'est une possession qui s'csj étendue et perpétuée.
Ou doit en efîei pqser en principe que dès que l'homme s'est repdu maître d'une race , celle race est conquise nonseulement pour tous les temps mais pour IQUS les pays. Une espèce une fois acquise de cette manière ne demeure plus exartement la même que dans l'étal de nati^ce. Les nouvelles générations se modifient pour se mettre en harmonie avec les circonstances nouvelles qui leur sont imposées ; et de proche en proche , en se modifidul gradmilcment elles finissent par s'accommoder aux climats les plus opposés à ceux dans lesquels la nature avait fait naître leurs ascendants. Aussi , en généralisant l'expression de BulFon sur le cheval, peul-on dire que les races doRiesiiques sont la plus noble conquête de l'homme sur la nature. Elles le fbnt en quelque façoq participer à la magnificence du pouvoir créateur. Il saisit au milieu des déserts je ch^ical, et voilà le chien, avec ses innon^brat^les variétés, f)ui ^ répand, en s'y adaptant par son organisation, jusque (tans les places du Nord. Il ravit le farouche et rapide mouflon aux 50mmités les plus inaccessibles des montagnes , et voilà , grâce aux transformations extraordinaires de ce type sauvage, les troupeaux de moutons avec leurs toisons si variées qui remplissent nos friches et nos prairies. Il n'y a pas de limite aux essais qui peuvent êlrc tentés, et il n'y en a pas non plus aux déplacements qui peuvent être imposés aux espèces conquises. Le chien, le cheval, le bœuf, le coq sont originaires dt^ contrées chaudes de l'Asie; |ls occupent aujourd'hui tout le globe, même ses parties les plu^ froides.
On peut reconnaître combien cp siypt, malgré son importance , est nouveau dans la scjeuce , ei^' voyat^t que le mot même d'animal domestique n'est pas encore nettement défini dans la langue. Les anciennes éditions du Dictionnaire de l'Académie, qui est pour nous une sorte de code à cet égard, nommaient domestique « l'animal qui vit dans ou autour de la maison ; » ce qui comprendrait dans cette classe, les rats , les mouches et une multitude d'hôtes ou plutôt de parasites non moins désagréables , qui , loin d'être près de nous par notre volonté, y sont malgré nous et qui, tout à l'opposé de serviteurs , sont de vrais tyrans. Dans son dernier travail l'Académie a spécilié qu'ils devaient être élevés et nourris dans la maison ; mais cet amendement ne suffit pas encore , car il est évident qu'un jeune lion élevé dans une cage sera tpujours quelque chose de fort différent de ce que nous appelons proprement animal domestique comme le chien on le chat. Il faut donc nécessairement, pour obtenir une définition suffisante , à la conditioi^ de l'apprivoisement ajouter celle du maintien, par la reproduction, des qualités particulières acquises parles parents. Ce qui constitue Yérilablement la domestication, c'est que la race s'est apprivoisée et appropriée à nos usages à tout jamais.
La li^te des espèces qu'il faut comprendre sous ce nom ainsi défini est malheureuscmcnl trop courte. Tout compté, il ne s'en irouve que ({uarante ; et chose remarquable, tout ce (|u'il y a de capital dans cette œuvre, se trouve accompli de toute antiquité. Que l'on cherche l'iilâtoire de la domestication de nos animaux les plus utiles, elle nous échappera parce que cette domestication est le fait des époques antéhistoriques. A peine si l'Iiisioire ancienne nous donne témoignage de quelques conquélcs secondaires, comme celles du paon , du faisan, de la piniade. Li mythologie elle-même qui, sous ses formes symboliques, est en quelque sorte la première dos histoires , ne nous a pas conservé la moindre lumière à cet égard. Lcsuii.iciis, {|ui ont divinisé Içs itjve 1 Uctifô dt^ preigi ize y ^
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mières nolions dé TagricUlture et des arls, bnt patoë sOus silence la première domestication des anlmaax , comme slls étaient d'une époque trop reculée peut* être atteints même de cette manière. Hercule est demeuré célèbre comme ayant purgé la terre des animaux les plus hostiles à Thomme. Mais quel était celui qui méritait le plus de reconnaissance f du chasseur qoi avait mis à mort le sanglier d^Erymantlie ou du modeste agriculteur qui avait su à force de soins Passouplir et en faire le cochon domestique 7
Depuis rantiquilé jusqu'à la découverte de TAmérique, on ne trouve à enregistrer que deux conquêtes, peu brillantes assurément , le serin des Canaries et Toie de Guinée qui n'est guère qu'une répétition de l'oie commune. C'est le fruit du seizième siècle. L'Amérique, en s'ouvrantâ l'Europe avec des types tout nouveaux, semble naturellement devoir marquer une ère singulière de progrès. Mais de tant d'animaux utiles qu'elle nous découvre , quelques-uns même déjà domestiques comme le lama, il n'y en a qu'un de quelque valeur qui soit acquis; c'est le dindon. 11 ne reste ensuite à mentionner que le canard de Barbarie et le cochon d'Inde ; et cette liste si courte se clôt aju dix-huitième siècle par les deux faisans de la Chine, oiseaux d'ornement , mais ()ius encore de luxe.
Ainsi^ en résumé, l'histoire de la domestication nous conduit à ce résultat singulier que, tandis que tout est soumis à une loi de progrès dans les sociétés humaines, cette branche de notre puissance subit seule une loi de décadence. C'est à roriginc du genre humain que se témoigne sa sève principale, et depuis lors elle s'affaiblit peu à peu , jusqu'à ce que dans ces derniers temps elle vienne à néant tout à fait. Les esprits peu zélés pour les nouveautés tirent précisément de là une (objection contre toute tentative ultérieure, prétendant que, puisqu'on s'est accordé depuis longtemps à ne plus rien faire, c'est qu'apparemment l'on a jugé que tout ce qu'il était utile de faire était fait. C'est une objection à laquelle M. Geoffroy Saint-llilaire est bien éloigné de se rendre, et, comme il l'a fort bien dit , chacune de ses leçons, en montrant soit les nouvelles espèces qu'on peut rendre domestiques, soit les améliorations que l'on peut apporter à celles qui le sont déjà , doit servhr de réponse. En attendant, il en propose une tout à fait générale qui consiste à dire que, sur nos quarante espèces domestiques, il y en a trente-six qui proviennent originairement de l'hémisphtTe septentrional, et que, comme l'hémisphère austral a cependant des espèces sauvages qui lui sont spéciales et qui diffèrent beaucoup de celles de notre hémisphère , il n'est pas vraisemblable que son contingent doive se borner à quatre types seulement. La réponse est juste, et je ne doute pas que si la civilisation, au lieu de suivre son développement dans notre hémisphère , avait dû le suivre dans l'autre, le nombre des animaux domesUques provenant des régions australes ne fût incomparablement plus considérable. Mais si la place est prise par d'autres espèces déjà répandues partout et dans ces régions mêmes, n'est-il pas naturel que les hommes déploient moins de zèle à conquérir les nouvelles espèces, précisément parce qu'ils y ont moins d'Intérêt? S^lls n'avaient pas le mouton, ils seraient tout autrement empressés de posséder le lama , ou même le kanguroo, de même qu'ils courraient ardemment après le zèbre s'ils ne jouissaient du cheval.
11 faut bien qu'il y ait une raison à ce ralentissement singulier des conquêtes de l'homme sur la nature sauvage , et il n'y en a pas d'autre que l'espèce d'indifférence où il est tombé à cet égard, une fois qu'il a eu en sa possession non pas même les quarante espèces dont il jouit aujourd'hui , mais celles dont il s'est trouvé maître dès l'antiquité. Ayant le cheval pour le porter ou le voiturer, le bœuf pour labourer hon champ , la vache pour lui donner sou lait, le mouton sa laine, la poule ses œufs; outre les précédents, le cochon pour servir à ses repas ; enfin le chat et le chien pour commensaux , tons les services qu'il pouvait demander
au règne animal asservi lui étaient à peu près rendus. Dès lors c'était en quelque sorte une affaire de luxe de varier au delà le nombre de ses serviteurs, comme dans ces grandes maisons où la variété des domestiques n'est qu'un cumul d'apparat. Mais ce qui était de peu de valeur pour un degré moyen de civilisation, devient au contraire de premier ordre pour une civilisation plus avancée. <Ce ne doit pas être une médiocre jouissance pour l'homme, ne fût-ce qu'à un point de vue d'art et de dignité , de voir réunis autour de lui et prêts à le servir tous les autres habitants de la terre. C'est ainsi qu'on se peignait le premier homme dans l'Eden ; c'est ainsi qu'on doit se peindre nos descendants, dans un avenir qu'il serait glorieux pour nous de leur préparer.
AGE DES MONUMKN'I'S (1).
L'âge d'un édifice n'est pas toujours facile à roconnaltie. Les traditions sont souvent trompeuses quand elles remontent à une époque un peu reculée; les documents mêmes ne sont pas toujours bien certains. On a falsifié au moyen âge des pièces plus importantes que celles qui se rapportent à la construction d'une église; et l'on conçoit combien ici le chroniqueur, mû par quelque intérêt particulier ou par un zèle déplacé pour Vhonneur de son église^ à l'abrt du contrôle de la publicité , pouvait aisément consigner dans sou livre des erreurs involontaires ou calculées qui plus tard sont devenues des preuves pour le vulgaire, et des embûches ou au moins des embarras pour l'érudiL
Il ne faut donc généralement admettre les dates écrites, à moins qu'il ne s'agisse de titres authentiques ayant une date certaine, qu'avec beaucoop de circonspection; lorsque siurtout elles paraissent en désaccord avec le style des monuments. Le style est la véritable pierre de touche des documents écrits, et son élude a déjà ruiné bien des échafaudages établis par la seule critique littéraire.
D'une autre part , lors de la construction des premières églises, les architectes se complurent souvent à employer des fragments de temples païens démolis ou ruinés, dont les débris étaient alors nombreux; plus tard , les siècles ont , en beaucoup d'endroits , successivement altéré la physionomie des anciens édifices par des addidons, des interpolations, des remaniements : il est donc nécessaire d'apprendre à reconnaître toutes ces circonstances à la simple inspection d'un monument, sans quoi mille incidents pourraient souvent entraîner à des conjectures fort éloignées de la vérité.
U est encore une observation à faire : les changements, les modifications de l'art et de la science du constructeur, ne se sont pas manifestés à jour donné sur toute la surface de la France. Telles provinces ont été bien plus résistantes que d'autres aux innovations , ou ne les ont adoptées qu'on leur imprimant un cachet particulier; il en est aussi qui , après avoir été longtemps stationnaires, ont accepté tout d'un toup l'art des provinces voisines , mais en choisissant \me époque déjà passée. L'archéophlle qui n'est pas familier avec cette histoire de la science, ou qui n'en lient pas coihpte, commet souvent de graves erreurs.
DES JETOIRS OU JETONS A CALGULËft.
Les premières opérations de calcul ont été faites a toc dct cailloux , de petits coquillages et d'autres menus objets qu'il est facile de se procurer et de maftiler. C'est du perfectionnement successif de ces procédés grossiers qu'est né, en fin de compte, l'admirable système de numération chiffrée, que nous attribuons si mal à propos aux Arabes. Mais il est bon d'observer que , pour certaines opérations et pour l'addition surtout, l'emploi d'une numération matérielle n'est pas à rejeter d'une manière absolue , et peut même
(ij Extrait du Nouveau manuel complet de Tarchitecte des mouumeuts religieux, par J.-P. Schmit. i8.^5. j
offrir certains avantages , entre autres celui d'éviter toute contention d'esprit. C'est pour cela que le soan-pan des Chinois , le slchote des Russes (voy. 1839 , p. 87 ) sont encore usités aujourd'hui. Chez nous-mêmes l'usage de calculer avec des jetons s'est conservé fort lard , comme le prouve la scène où Molière représente Argan réglant le mémoire de son apothicaire. Cet usage que nous tenions des anciens Romains était répandu dans rEuropc entière au moyen âge.
Le mot latin calculus signifie, à proprement parler, caillou, petite pierre; il est facile de comprendre maintenant comment ce nom , donné d'abord aux jetons qui ont remplacé les cailloux, a fini par désigner les opérations mômes, au lieu des objets que l'on y employait.
Quant au mol jeton, il vient évidemment du verbe jeter. Dans les administrations , à la Chambre des comptes , par exemple , chaque conseiller et auditeur, muni d'une bourse de jetons, suivait attentivement la lecture qui était faite, et exprimait les chiffres en jetant devant lui , dans un ordre convenu, les pièces que contenait une bourse spéciale; ensuite il déjetait , c'en-îi-<lire qu'il faisait l'addition.
De même que les cartes ù jouer portaient pour devises des exhortations à la loyauté et à l'attention dans le }Ci\: LeauU due; En toi le fye: les jetons disaient aux magistrats et aux financiers : Entendez bien loyaument aux comptes , ou gardex'vous bien des mcscomptes. Tel est à peu près le sens des devises en vieil allemand, gravées snr les deux faces du jeton que représente noire figure 1, d'après les Mémoires de la Société éduenne (Autun et Paris, 1865, in-8).
Promptemcnt , bien et loyalement, Fais ton gect avec exactitude.
Fig. I. Ancien jeton à compter.
Une des faces du jeton représente le tableau k compter au moyen des jetoirs. Ce tableau était composé d'une série de lignes parallèles sur lesquelles on devait poser les jetons qui prenaient, en allant dans un sens convenu d'avance, des valeurs en progression décuple. Une droite , à laquelle on donnait le nom iVarbre , partageait en deux la figure. Dans notre jeton, on voit au-dessus de l'arbre qui est indiqué par une croix x , de petits ronds disposés de manière a exprimer le nombre 1232 ; car il ya 2 ronds à droite, ensuite 3 qui expriment des dizaines, puis 2 qid expriment des centaines, puis 1 qui exprime des mille.
Au-dessous de Tarbrc , on volt des ronds placés entre les lignes tracées sur la figure. Dans cette position intermédiaire; un jeton ne valait que 5 unités du rang de celles qui étaient placées à sa droite. Ainsi, dans notre figure, il y a un jeton sur la ligne des unités , un qui vaut cinq entre la ligne des unités et celle des dizaines ; total , six ; un sur la ligne des dizaines , un sur la ligne des centaines , un qui vaut cinq à gauche de la ligne des centaines; total, six. Le nombre qu'expriment les petits ronds de la partie inférieure de la figure est donc de 616.
Le revers du jeton poite un carré magique dans lequel ks chiffres de 1 à 9 sont disposés de telle sorte qu'en les additionnant en ligne droite, on trouve toujours la môme somme 15.
Les livres où l'on enseignait l'art de calculer par les jetons sont peu connus aujourd'hui. L'un des plus anciens est dû 4 l'Espagnol Jean Martin , le même qui fut depuis cardinal et archevêque de Tolède, et dont le nom de Guizen (caillou)
avait été traduit enlatin car le mot de Siliceui, Notre fig. 2 est la reproduction exacte d'un exemple donné par l'édition de ce livre qu'Oronce Fine publia à Paris en 151/i, sons le titre de ArUhmetica Joannis Martini Silicei^ in theoricen et praxim scissà (in-S non paginé, rare). Dans cette figure, où il s'agissait de représenter le nombre complexe 237 ducats 173 francs 19 deniers, les unités de différente nature vont en progressant de droite à gauche ; et, dans une même catégorie, elles progressent aussi de bas en haut.
francs, deniers.
Fig
. Nombre écrit avec de» jetons, d*après Martin Siliceiis. (Fac-similé]
Pour terminer par un exemple , nous emprimtons encore les détails d'une multiplication au traité curieux et assez rare intitulé : V Arithmélique de Jean Trenchant départie en trois livres, avec l'art de calculer aux gelons ( Lyon, 1608). Notre figure 3 est im fac-similé de la figure donnée à la page 372 de ce traité.
Varbre ou ligne médiane porte, à partir du bas , les signes qui indiquent respectivement les unités , les dizaines , les centaines , les mille et les dizaines de mille. D'après ce qui a été dit précédemment , les jetons placés à gauche de Tarbre indiquent le nombre 763. Pour multiplier ce nombre par 66, on commence par le bas ; on enlève un jeton et on pose 66 à droite de l'arbre ; on continue à enlever ainsi successivement tous les jetons de bas en haut en remplaçant chacun d'eux par le nombre /16 placé à droite de l'arbre, et au même
Dizaines de mille
Mille
Centaines
Dizaines
Unités (^
Fig. 3. Exemple de multiplication par les jetons, d'aprtt Jean Trenchant. (Fac-siroile.)
rang que le jeton enlevé. AinM , pour un jeton enlevé à gauche de Farbre, sur la ligne des centaines, on placera 6 à droite sur la m(^me ligne , et /i sur la ligne immédiatement supérieure. On fait d'ailleurs les réductions au fur et à mesure , de manière que le nombre des jetons d'une ligne n'excède jamais 4 , et on arrive ainsi au produit 35 098 qui ;se trouve indiqué sur la figure par la position des jetons à droite de l'arbre.
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