‹ Le Magasin pittoresqueChapitre 172 sur 185 · LA PETITE FLEUR · texte numérisé non relu

LA PETITE FLEUR

Légende hollandaise.

Un petit enfant était mort, et Fange gardien emportait son âme Ters le ciel. Déjà ils avaient dépassé la cité opulente, les champs couverts de blés mûrs , les bob où retentissaient les cognées des bûcherons, les canaux sur lesquels glissaient les gallotes chargées , et Tange n'avait rien regardé ; mais , en arrivant près d*un pauvre village, il suspendit son vol et ses yeux allèrent chercher une ruelle écartée que bordaient des chaumières en ruines. L'herbe y croissait à tiavers les cail-< loux, les poteries brisées, la paille humide et les cendres jetées au vent. L'ange regarda longtemps le carrefour abandonné , et apercevant tout à coup , au milieu des débris , une pâle petite flenr éclose sans soleil , il jeta un cri , abaissa son vol, et vint la cueillir.

L'âme du petit trépassé lui demanda pourquoi il s'était arrêté pour une fleur des champs sans parfum et sans beauté. Alors l'ange lui répondit :

— Tu vois , au fond de cette ruelle , une cabane dont le toit s'est écroulé sous les neiges et dont la pluie a lézardé les murailles. Le vivait autrefois un enfant de ton âge que Dieu avait frappé presque dès sa naissance. Lorsqu'il quittait son petit lit de paille en s'appuyant sur des béquilles de saule, il parcourait deux ou trois fois l'étroite ruelle, et c'était tout. 11 n'avait jamais vu le soleil que de sa fenêtre. Dès que l'été ramenait ses joyeux rayons, la petite créature ailligée venait s'asseoir dans l'auréole de lumière ; il regardait le sang cir-

culer dans ses petites mains et disait : « Je suis mieax4 » Jamais il n'avait aperçu la verdure des prés ni le feuillage de la forêt. Seulement , les enfants du voisinage lui apporulcii^ parfois des branches de peuplier qu'il arrangeait en berceaa sur son lit. Alors , quand le sommeil fermait ses yeux , il rêvait qu'il était étendu à l'ombre des buissons, que le soleil dansait à travers les feulllées , et que des oiseaux chantaient sans fîn alentour. Un jour, la sœur atnée qui prenait soin de lui et qui lui tenait lieu de mère lui apporta une petite fleur des champs avec sa racine. Il la planta dans un vieux pot de terre , et Dieu fit prospérer la plante que soignait une main aflaiblie. C'était le jardin de l'enfant malade ; la petite fleur lui représentait les eaux, les prés, les bois, toute la créatioiu Tant qu'il vécut ses soins ne manquèrent point à rhumMe plante. H lui donnait tout ce que l'étroite fenêtre laissait passer d'air et de soleil ; il l'arrosait chaque soir en prenant congé d'elle jusqu'au lendemain comme d*une amie. Mais quand Dieu rappela à lui l'innocent martyr, sa famille quitta le village , la ruelle fut abandonnée , et la petite fleur tomba au milieu des débris. C'est là que la providence de Dieu l'a conservée, et c'est là que je viens de la cueillir.

— Qui t'a dit tout cela? demanda l'âme de l'enfant.

— Je le sais , répondit l'ange ; car je suis moi-même le pauvre enfant qui marchait avec des béquilles de saule. Dieu m'a payé mes souffrances de la terre en me donnant les joies du paradis; mais la félicité d'aujourd'hui ne m*a pphit fait oublier les modestes bonheurs d'autrefois , et je donnerais la plus belle étoile du ciel que j'habite pour cette pauvre petite . fleur des champs. |

'HA^VQRKPs.DEI

Gravure omise— Trots mois sous la neige ^ extrait du journal de Louis Lopraz, p. a84. — « Le surlendemain, un hasard leur » fait découvrir un secours d'un autre genre, et qui les remplit de joie »

EnuAiÀ.

Page aa , coi. a , ligne 4 en remontant.*» « Enquête, » lisez

« requête. *

Page 40, col. a, ligne to. — ■ Carmes, » lisez Cavares. »

— Ligne 14. — « Barlelanc, » lisez « Bartelasse. »

Page i58, col. a, ligne 6 en remontant. — « Douanes, n lisez

• droits réunis. »

Page a66, col. i, ligne ar.— « Moore, » lisez « More.

Page 3 10, col. a, ligne 39. — « Trente shelliugs (8 fi-. 35 c.),» lisez « trente shillings ( 34 fr. 80 c). »

Page 340, col. X, ligue 5. — « Duchanet, ■ lisez « Dechaoet. •

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