VERS DÉ CHARLES LAMB SUR SON NOM
Le mot anglais Lamb signiûe agneau. Charles Lamb , mort il y a peu do Wnps sans postérité , écrivain charmant dont toutes les œuvres, images de sa vie, respirant la bonté et Tinnoceuce, a composé sur son nom un sonnet dont voici la traduction : ,
« D'où viens-tu , mon doux nom , nom porté sans tache par mon père et par le père de son père ( nos souvenirs de famille né remoi^ient pas plus haut) , nom qui dois bientôt finir avec moi dont la destinée n'est point d'être père? Peutêtre, dans les plaines de Lincoln, quelque berger conduisant sans malice son innocent troupeau fut , en moquerie de sa naïveté , baptisé de ce nom par ses Joyeux compagnons du Yillage ; peut-être aussi , au retour des champs sacrés de la Palestine , ûcr de gloileuses victoires remportées contre les In Gdèles, quelque vaillant seigneur prit ce surnom en Thonneur de' l'emblème divin de sa foi. Mais, humble ou illustre, quelle que soit la source d'où tu viens, aucune action de ma vie ne tachera Jamais ta blancheur, mon doux nom ! »
Ceux àqui J'avais donné la meilleure part de mon âme reposent dans le tombeau ; mais quoique les joies et les délices de ma vie soient ensevelies avec eux, je n*ai pas fait de mon cœur ttn cercueil potu* y sceller à jamais toutes les afliections douces et tendres et n'en plus rien laisser sortir. Une longue et profonde douleur n'u fait qu'alTermir et développer .en moi la bienveillance , la fraternité ; le malheur ne nous est envoyé que pour tremper et affiner notre nature. . * Ch. Dickens.
LA RESPiRATiOlV.
La respiration de l'homme se coôipose de deux opérations bien distinctes,
- î)ans Tune 11 dilate sa poitrine, dans Tautre il la resserre ; tlans la. première il aspire, dans la seconde il rejette ime ceriatnc quantité d'air.
* Mais cet air rejeté au dehors est-il le même que celui qui it été introduit à l'intérieur? Évidemment non. S'il sortait tel qu'il est entré , sans avoir subi aucune moditication » à quoi abrait-il servi? Pourquoi la nature nous aurait-elle condamnés à aspirer et expirer continuellement , et cela sans aucune utilité ?
Ainsi Pair respiré doit avoir, en totalité ou en partie, subi une modiiicatioh ; et par suite , si sa nature n'est plus la même « il ne doit plus être propre à la respiration. Aussi , chacun le sait , quand plusieurs personnes ont respiré dans un appai ^menl fermé de toutes parts, un certain malaise se
fiiit sentir, la respiration est gênée , et il devient nécessafife d'ouvrir portes ou fenêtres. C'est que chaque personne conicourt à prendre l'air respirable , et à rejeter ensuite de l'afr impropre è la respiration.
Ainsi , dans une salle complètement close , où Pair exté^ rieur ne pourrait pénétrer , la vie ne serait pas longtemps possible; tout l'air serait bientôt devenu irrespirable;
Mais si l'homme et les animaux altèrent continuellcmeiit l'atmosphère, si de plus cette atmosphère est limitée , si elle ne s'élève (comme oh le démontre) qu'à quelques lieues audessus de nos têtes , quel danger ne* courons-nous pas? Au bout d'un certain temps j tout Pair devrait êlie ailéré , et nous péririons. ,
Mais une atmosphère de dix à quinxe lieues, environnant la terre de tous côtés , représente une quantité d'air immense. L'air impur que les hommes et les animaux versent continuellement n'est rien auprès de cette Immensité.
En- outre, voici un phénomène bien remarquable. ^ ''
Les plantes respirent aussi , mais bien différemment.
Les feuilles des plantes présentent à leur surface une foule de petites bouches que les naturalistes ont appelées <(oma(e«, et par lesquelles l'air entre et sort alternativement. Cet air doit subir dans la feuille une modification ; quelle en est lu nature ?
Pour répondre à cette question , plaçons une plante au milieu d'un air parfaitement pur, d'un air où ne se trouve aucun des produits de la resph'ation animale : nous verrons la plante dépérir. ...
Au contraire, faisons vivre tme plante sous l'influence de la lumière solaire, dans un air où les animaux. ont longtemps séjourné : la plante végétera avec vigueur, et de plus , cet air, qui pour nous était impur, sera devenu plus propre à la respiration animale. *
Que conclure de là? •
L'atmosphère la plus propre à la respiration des véjgétaux est précisément celle qui est altérée par la respiration des animaux.
L'atmosphère la plus propre à la respiration^ des animaux est précisément celle qui est altérée par la respiration des végétaux.
Ainsi nous sommes conduits à la découverte d'un travail constant de la nature , travail bien digne d'admiration. Le règne animal et le règne végétal élaborent constamment l'atmosphère ; chaque règne purifie l^ir nécessaire à la vie de l'autre , et , par une des plus belles lois de la création , assure la prospérité commime. . ,
Lien admirable qui unit ensemble tes deux règnes! harmonie merveilleuse qui perpétue leur bien-être mutuel ! Qui n'a senti son âme s'épanouir avec délices en respirant l'air si vif des campagnes? Celle pure jouissance n'esl-el le pas comme une révélation de ces secrets sublimes de la nature"? El cette révélation, la science n'a eu qu'ù la confirmer,
. QUELQUES DOWNÉJiS PÉ C.ÈQGJ\ÀP1UE PHYSIQUE. (Voy.-i847, p. 3oa, SgO.)
HAUTEURS MOYENNES, tONGDEDRS COBIPARÉES ET DIRECTIONS DES CHAINES DE MONTAGNES.
La représentation graphique des points culminants et des hauteurs moyennes dès (ifrinclpales chaînes de montagnes , est' un de ces résultats ingénieux dont M. de ilumt>oldt a eprichi le domaine dc[ la physique diLglobe. Wous Avions, dès la première année de notre publication (1833, p. 209), exprimai par une figure les hauteurs relatives des principaux points culminants du globe. Noire but est différent aujou»d'hui : nous voulons représenter les longueurs et les haaieurs relatives des plus grandes cliaUies de montagnes, et non -pas seulement de quelques poinis f^j^ij^^^ |SLj«^gnittcaUttP
de la nouvelle figure que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs. On voit ici d'un seul coup d'œil les hauteurs de laite de différentes chaînes de n^ontagnes évaluées par les hauteurs moyennes des cols et des passages , ainsi que leurs sommets culminants. On remarque que parmi les principaux soulèvements de récorce du globe , la chaîne des Alpes est la plus petite en hauteur , et qu*en ce qui concerne cette donnée physique « on a les résultats suivants ;
lUutrtir ea metm. Rapports.
Alpes suisses .... « a35o xoou
Pyréuées 245o xo4i
Andes de Quito. 36oo x54a
Cordillère occidentale de Bolivie. 45oo 1904
— orieutale — 4600 1908
Himalaya • < 47^o ao4i
11 ressort enfm de noire figure que , à une exception près qui a lieu pour les Pyrénées (car celle chaluc est, e.'i moyenne,
plus haute que celle des Alpes), les poUiU les plus cnhainanu se trouvent dans les faites les plus élevés ; que la dme la plus haute des Pyrénées atteint à peu près lejai|ie des Andes de Quito , et que la cime la plus haute des Alpes iitteint Juste le niveau du faite moyen de THimalaya,
On formerait la hauteur du Mont-Blanc en plaçant -le Brocken ( voy, 1833, p. 3/ii) sur le Néthou ; celle du Ghimhorazo, en plaçant le Schneekoppe sur le Mont-Blanc ; celle du Djavahir, avec le Puy-de-Dôme sur le Chlmhorazo; celle du Dhavalagiri, avec le Saint-Gothard sur le Ghimborazo»
Les Andes de Bolivie, d'après les mesures de M. PentUind, ont été ajoutées au tableau de M. de HumboldU Leur sommet le plus élevé , le Nevado de Sorata ( 7 200 mètres) , n*y a pas été porté , parce que la hauteur moyenne du faite de la Cordillère, au-dessus de laquelle il s'élève, n'est pas encore connue.
On peut partager les chaînes de montagnes , d'après leurs longueurs, en quatre classes. En voici l'énuméraiion avec
Andes de Bolivia
ïOUO
Alpes suisses .
lOfJÛ
Longueurs et hauteurs moyennes des principales chaînes de montagnes. Hauteurs de leurs points culminants. — D'après
M. Alexandre de Humboldt.
1, Aconçagua (Chili).— a, Chimborazo. — 3, Dhawalagin.— 4, Djavahir.— 5, Gualatieri.— 6, IlUinaui,
l'indication de ces longueurs et des directions moyennes qu'elles affectent ;
I nngucurs ru kiioin.
« < Cordillère des Andes ..... 14.000 t Himalaya . 8 900
f Allai 6 3oo
9* I Tbian-scban 4 65o
(^Taurus. • • • , 4 000
3 400 a 600 a aoo I 85o I 775 I 63o i63o
X x8o I xoo I xoo X xoo X xoo
/Kûen-IÛD. .
( Allegbanys .
iGaUes orientales (Iiide) . .
3V Oural
i Alpes Scandinaves . . . • f Gattes occidentales (Inde).
Vcarpatbes
/Chaîne du Èrésil
Alpes d'Europe
Balkan» Hémus
i Caucase • • .
I Cbaine syrienne ...«•..•
' Chaîne occidentale de la ceinture
qui borne l'Europe à l'ouest.
■ Apennins •
f Sierra de Parima
Côrdill. du littoral deYenezuela
Atlas
^Pyrénées '••••.»
Direction* nioyruiirs.
Sud-Nord.
Ouest-Est.
Oucsl-Est, S.O -N.E.
Sud-Nord.
S.S.O.-N.N.E, Sud- Nord.