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AGE GÉOLOGIQUE DU MARBRE DE CARRARE

Le marbre de Carrare est célèbre ; c'est un très-beau calcaire blanc, légèrement cristallin, et très-propre au travail de la sculpture. Aujourd'hui encore, malgré les carrières de marbre blanc trouvées en France, c'est celui que nos artistes recherchent le plus. Depuis longtemps la formation de celte roche remarquable a attiré l'attention des géologues. Sa texture cristalline , l'absence complète des fossiles, sa liaison dans sa partie inférieure avec des schistes talqueux et même des micaschistes chargés de grenats, avaient fait croire qu'elle était d'une très-haute ancienneté. On la regardait comme le type des calcaires primaires, c'est-ù-dirc formés aux époques les plus reculées de l'histoire du monde.

Mais en étudiant avec plus d'attention les montagnes des alentours, qui se composent en grande partie de couches cal* caires pénétrées de coquilles fossiles, on s'est aperçu que, dans le voisinage de certaines fentes remplies par des substances anciennement fondues par la chaleur et injectées de rinlérienr de la terre, les couches calcaires, par l'effet de la calcination particulière qu'elles ont subie dans le temp» de cette injection , ont perdu leurs caractères ordinaires pour prendre une couleur blanclie , une texture cristalline , et se dépouiller même de toutes leurs coquilles qui se sont comme dissoutes dans la pâte , pour devenir en un mot tout à fait scirfclables an marbre de Carrare. L'étendue sur laquelle la roche calcaire est ainsi modifiée se trouve proportionnelle am dimensions de la fente, ce qui se conçoit, puisque la quantité de chaleur a dû se trouver elle-même en rapport avec ces dimensions. De là, par induction, et d'autres considérations géologiques venant encore à l'appui, on n'a conservé aocun doute que la masse de calcaire blanc et cristallin, exploitée sous le nom de nrarbre de Carrare, ne fût simplement un cas particulier de ce curieux phénomène de calcination dont il y a tant d^autres exemples aux alentours. Gomme il y a, tout auprès, des masses considérables de l'an- . cienne roche ignée , il est tout naturel que le phénomène se soit développé en ce point sur une échelle plus vaste. Une expérience pratique, connue depuis longtemps, donne d'ailleurs à ces vues géologiques toute assurance : c'est que si l'on prend une pierre calcaire quelconé[ue, de la craie, par exemple , et qu'on la place dans un canon de fusil hermétiquement fermé , ce canon de fusil , soumis à une forte calcination , présente dans son intérieur , après le refroidissement , non plus de la pierre en poussière, mais une petite baguette d'un véritable marbre provenant de la transformatltm opérée par la chaleur.

Le marbre de Carrare est un des plus intéressants exemples que ToB^ puisse citer du peu de valeur que possède aujourdlmi, dans les classifications géologiques, le caractère miné-

ralogique, c'est-à-dire l^èpparence extérieure, qui autrefois y jouait le premier rMe. Des roches de même âge et de.n[i£me origine diffèrent entièrement d'aspect, tandis que des roches tout à faK semblables appartiennent à des périodes très-dillérenles. Le marbre de Carrare ressemble à des calcaires de la plus ancienne formation , et cependant ce. n'est qu'un calcaire des étages supérieurs de la période secondaire : pour le géologue, c'est un calcaire du Jura.

DE l'influence DE L'OPINION DES HOMMES ÉCLAIRÉS.

C'est à rinfluence de l'opinion de ceux que la multitude juge les plus instruits , et à qui elle a coutume de donner sa confiance sur les plus importants objets de la vie, qu'est doe la propagation de ces erreurs qui , dans les temps d'igno* rance , ont couvert la face du monde. L'astrologie nous en offre un grand exemple. Ces erreurs inculquées dès l'enfance, adoptées sans examen, et n'ayant pour base que la croyance univei'selle, se sont maintenues pendant très-longlemps, jusqu'à ce qu'enfin le progrès des sciences les ait détruites de l'esprit des hommes éclairés, dont ensuite l'opinion les a fait disparaître chez le peuple même , par le pouvoir de l'imitation et de riiabitude qui les avait si généralement répandues. Ce pouvoir, le plus puissant ressort du monde moral, établit et conserve dans toute une nation des idées entièrement contraires à celles qu'il maintient ailleurs avec le même empire. Quelle indulgence ne devons-nous donc pas avoir pour les opinions différentes des nôtres , puisque cette différence ne dépend souvent que des points de vue divers où les circonstances nous ont placés! Éclairons ceux que nous ne jugeons pas assez Instruits ; mais auparavant examinons sévèrement nos propres opinions, et pesons avec impartialité leurs probabilités respectives,

Laplace , Calcul des probabilités.

DE la critique.

C'est son droit de mettre en saillie les défauts comme Teil beautés des œuvres qu'elle étudie. Beautés et défauts lui sont une égale matière à d'utiles enseignements. Maïs s'il fallait choisir, je voudrais préférer une critique amoureuse du beaw; ne sachant rien autre chose que toujours, comme l'abeille', butiner le miel el la cire parmi les fleurs ; je la préférerais \ celle autre critique qui, coihme certaines mouches ignoble», passe sur tout ce qu'il y a de bon et s'arriHe COmplaîsaWrnent ■ sur tout ce qu'il y a de mauvais.

CETTE, Déparlement de rHéraoU.

Le pied des Pyrénées est uni aux grandes embouchures du !thône pari* ime longue plage basse que l'on aurait bien de la peine à distinguer de l'horizon si on la voyait au loin de la . nier. A peu près au milieu de' ce rivage plane, un peu à droite de l'entrée dei'Hérault, s'élève une haute colline qui produit un tél'effet dans celle région de terres basses qu'on en a fait une montagne, et que les Roitiaini^ à la suite des Galls l'ont nommée SeHùs mons, le moiit Set, que l'on écrit et que l'on prononce àu/ourd'hui d'une manière un peu différente. Jadis cfelte gibbosité calcaire , an sein de laquelle se cachent de curieux fossiles, était sans doute une lie que l'action des flots jointe à celle du temps ont réunie au continent voisin en créant peu à peu la longue et étroite langue de terre qniîrtpare le vaste étang de Thau du golfe du Lion , et dont elle fait partie. La posilion de Cette a fourni au célèbre Vernet un tableau bien connu ; soit par la route de Béziers , soit pat* celle de Montpellier, on n'y peut arriver qj^'^t* X**)^'?V\^r>

* étang sur une longue chaussée en forme de pont qu'on appelle la Peyrade, Depuis i8/i0 , un chemin de fer, jetant sa Ycie au-dessus de ces lagunes , Tunit à Montpellier.

Longtemps il n'y eut sur ce rivage isolé qu'une population peu nombreuse réunie dans un hameau du même nom qui est à un quart de lieue de la ville actuelle. Cette ne date pas de loin : Louis Xiy en est le fondateur. L'ingénieur constructeur du canal du Languedoc, le célèbre Riquet ( voy. la Table des dix premières années) , fut aussi celui de ce nouveau port. Un détroit peu profond, établissant la communication entre l'étang et la mer, isolait la montagne du côté de l'orient : Riquet en fit l'entrée du canal du Languedoc, continué à travers l'étang même , entre deux digues qui déterminent son lit, et il construisit la Peyrade, qui la mettait en relation avec le reste du pays; enfin il jeta les fondements du port. C'est un bassin fermé par un môle , une jetée et un brise-lames : le môle , qui règne devant la ville et la cache presque au navigateur, a environ 565 mètres ; la vue que nous donnons est prise à son origine ; une batterie de canons et une tour sur laquelle s'élève le phare se trouvent à son

autre extrémité. La jetée dite de FronUgnan s'avance à rencontre du môle , et l'espace ménagé entre eux forme l'entrée du bassin. Celui-ci est protégé par un fort appelé citadelle de Richelieu et par le fort Saint-Pierre. Les sables que le Rhône transporte sur la côte nuisent beaucoup au port de Cette. Le développement incessant qu'y prend le commerc en a nécessité l'agrandissement , et on y a exécuté dans ces derniers temps des travaux importants.

Celle est aujourd'hui un des pt-mcipaux porls marchands de la Méditerranée, et Tcntrepôt du commerce de presque tous les départements voisins pour l'exportation des produclioBs de leur sol ou de leurs fabriques, ainsi que pour l'importation des denrées qu'ils tirent du dehors. On y entrepose surtout un< grande quantité des vins et des eaux-de-vie du Languedoc Par le canal du Midi, par le Rhône çt la Saône, elle reçoit le produits de territoires très-éloignés , et ses relations s'éten dent à toutes les parties du monde. Les salines des pays en vironnants y attirent beaucoup de navires du nord de l'Eu rope.

Cette est en quelque sorte le port de Montpellier, a?f

Tue de Cette. — Dessin de Morel Fatio.

qui elle est en relations incessantes ; relations qui n'ont fait que s'accroître par l'établissement du chemhi de fer.

Ses principaux articles d'importation et d'exportation sont les peaux de toutes espèces , les laines , le froment , les légomes et les fruits secs , les réshies indigènes brutes , l'huile d'dive , les bols de construction , le liège brut et ouvré , le coton , les marbres , la houille, les fontes et fers, les vhis et eaux-dé^ vie.

Cette possède un chantier de construction, une saUne, une verrerie, des fabriques de cendres gravelées, de chandelles, de sirop et de sucre de raisin, d'eaux-de-vie, d'eaux de senteur et de parfums, de liqueurs renommées , et entre autres d'huile et de crème de rose et de menthe. On y fait la pèche»

la salaison des sardines , et une grande quantité d'excell tonneaux.

Avec tous ces éléments de prospérité. Cette a vu augn ter d'une manière notable sa population, qui s'élève auj< d'hui à 15 000 ftmes.

BUREAUX D'ABORREMBST BT DB TBRTB»

rue Jacob, 30, près de la me des PeUts-AugusUni.

Imprimerie de L. MAaroriT, rue Jtcob , 3o.

v^oogle

LE JOUnZ^AL DE L'AIEUU

Dessin inédit d« Gharlet.

Le grand-père Ht son Journal ; il Ije lit Jusqu'au l)out ; il n'en passerait pas une ligne. C'est par le joarn^ que sa chaumière à lui , paysan de la frontière , se rattache au grand pays de France ; c'est son point dé communication avec le monde ; c'est le télégraphe électrique qui soudain attendrit son œil au sentiment des malheurs communs, qui fait battre son cœur à ridée de la gloire du pays ; c'est avec son journal qu'il gourmande les potentats, qu'il gouverne l'Europe, délivre les peuples asservis, calme les passions orageuses, regrette le passé , espère en l'avenir. Non , il n'en passera pas un iota, pas même les annonces de l'immense cité et les grands rabais de la librairie , qui le font rêver de la science qu'on pourrait acheter à ses petits garçons. « Pour un picotin d'avoine on en aurait gros 1 pense-t-il ; Tânon n'en deviendrait pas plus maigre et les bambins en seraient plus savants. »

Mais le temps lui manque pour un choix si souvent entrepris , si souvent resté en balance : un bruit connu vient distraire son attention. Le petit chariot a crié sur le sable; l'essien de bois a chanté sa cÛssonante chanson , et toute une nichée d'enfants vient s'ébattre au soleil , à côté du grandpère. Ses yeox ont quitté les lettres moulées , malgré tout leur attrait, et par-dessus ses lunettes, il contemple de frais visages qui parlent aussi d'avenir. L'attelage a marché en bonne intelligence ; le chien en limonier, la fillette en cheval de trait ; le marmot roule avec majesté , serrant le polichinelle sur son cœur ; l'harmonie est entière , et le jeune c(h cher» le plus fier de la bande , tient son fouet comme il ferait un sceptre, si l'on en pouvait tenir un.

• Que le soleil est bon 1 que les enfants sont gais !» se dit

ToMi XVI. — AvRir. 1848*

le vieillard, et ce n'est plus seulement avec ce large monde que communique son Ame épanouie, c'est avec l'inconna, c'est avec l'inGni 1 II ne pense plus, il sent, il Jouit. Ce ne sont plus les intérêts des nations qui enchevêtrent ses pensées, les ambitions du savoir qui préocciipent son esprit Un mélange de douces émotions lui vient réchauffer le cœur; Il a été enfant aussi, heureux des mêmes Jeux; ses petits-flÛs^ en verront un Jour d'autres, auxquels d'autres encore succéderont , et dans cette chaîne non interrompue , tous s^animeront, palpiteront au sentiment de ce qui est beau, de ce qui est bien ; dans tous, se développeront les chaudes et tendres affections qui moralisent l'homme ; tous auront en des parents à soigner, des enfants à protéger, et l'Ame humaine aura grandi chez tous.

LE HAMEAU DE GOUST , DANS LIS PTRÉlliES.

La république de Saint-Marin est, dit-on, la plus petite de toutes les républiques : je ne le crois plus depuis que J'ai vu Goust

Le hameau de Goust, à l'extrémité sud de la vallée d'Ossan, cette fraîche Tempe des Pyrénées, est situé ou plutôt perché au sommet d'une de ces hautes montagnes qui dominent les Eaux-Chaudes, au-dessus desquelles il s*élève A une hauteur de plus de onze cents mètres.

On gravit la montagne de Goust par une rampe taillée sur l'escarpement oriental, qu'on a fort adon

trouvée encore assez ardue. Il faul, pour s'y tenir, avoir le pied montagnard.

Ce hameau, qui consiste en dix à douze matstms (le ntmibre en est toujours le même de mémoire traditionnelle), est habité par autant de Camilles , dont chacune à son Jardin , son champ, sa prah-ie, le tout en miniature. On dirait d^une ' couronne végétale posée avec grâce sur le front sérieux du rocher : Thlver, cette couronne est de neige.

Sur cette oasis aérienne vivent entre le ciel et la terre , à

Tinsu des géographes , et presque à Pinsu d'eux-mêmes , i

i peu près cinquante individus, formant un petit état auto-

nonie , gouverné par un petit conseil d'anciens , sans l'avis

; desquels il ne s'entreprend rien dans la tribu, qui décident

de tout avec Taulorité de l'expérience , et dont la sagesae

fait loi.

Au reste , ce conseil de Qérontes , qu'on consuUç et qui

, jugent i domicile , espèce de haute-cour pastorale qui ne

i siège jamais, ne doit pas être fort occupé à Goust, où il n'y

: à ni de grands intérêts à concilier , ni de grands crimes à

; punir, ni même de grandes vertus à récompenser. On y naît,

; on s'y marie, on y meurt tout uniment. C'est une existence

sans événements, une vie sans épbodes.

Quoiqu'ils n'aient pas un prêtre dans leur hameau ( de médecin ils s'en passent) , les habitants de Gouit ne sont pa$ pour cela pilvés des secours de la religion, qui viennent les kouver quand ils sont malades, et que, bien portants, lis vont chercher à Laruns, celte capitale chrétienne de tous les pics et précipices de la contrée Jusqu'au pic du Midi inclosivcment, et où ils sont baptisés, mariés et enterrés. Pour le baptême et le mariage , nulle difficulté ; les nouveaux-nés sont portatifs, et les Jeunes époux n'ont pas besoin qu'An les porte. Mais pour les morts U a fallu s'ingénier. Lors donc qu'il y « un mort à Goûst , comme la montagne est en quelque sorte verticale vers son point culminant, et se refuse au développement d'un convoi , on s'est avisé d'un moyen qui, Je pense, n'est en usage nulle autre part dans la chrétienté ; et ce moyen consiste à fiire glisser le long du rocher le cadavre dans son cercueil, lequel est reçu plus bas par le prêtre qui prie. Le cortège funèbre s'achemine de la sorte vers le cimetière de Laruns, dont le ressort s'étend Jusqu'à l'exUême frontière,

Du reste on vit très-longtemps à Gonst, où il n'est pas rare que les pères voient letirs enfants et leurs petits-enfants jusqu'à la troisième et quatrième génération. Le docteur Gayet, qui était aussi historien, rapporte (1) qu'à l'époque où il écrivait (1605) , il venait de mourir à Goust un vieillard né en l/i82. Ces vigoureux montagnards se modèlent plus ou mohis sur ce type exemplaire de longévité, qu'ils ont toujours devant les yeux. Aussi les centenaires sont-ils à peine remarqués à Goust ; ils y font plutôt règle qu'exception. Les naturels de Goust me sont pas tellement confinés sur leur rocher qu'ils ne fassent de fréquentes apparitions aux Eaux-Chaudes, où ils vont vendre le lait de leurs vaches et les légumes de leurs jardins ; ils se répandent même dans toute la vallée pour les choses qui en valent la peine, pour le mariage , par exemple , cette grande circonstance de la vie. Comme ils ne peuvent passe marier entre eux, étant presque tous cousins ou parents aux degrés prohibés ; comme ils sont trop pauvres d'ailleurs pour entrer en négociation avec la cour de Rome, dont ils n'ont peut-être jamais entendu parler, force leur est, lorsqu'ils veulent s'établir, de descendre dans Ossau pour y chercher une compagne, qu'ils emmènent ensuite en triomphe au juchoh* de Goust. En échange, la fille de la montagne , recherchée par le pâtre de la vallée ,

(x) Dans sa Chronique septenuaire de l'histoire de la paix entre les rob de France et d'Espagne, l'an 1604.

(.ayet , attaché à la sœur de Henri IV, Catherine de Navarre , qui se plaisait aox Eaux-Chaudes autant au moins- que son aïeule Marguerite, avait dû voir Goust, qui est aujourd'hui , ni plus ni moins, te qu'il était de son temps.

suit aux terres basses et lointaines l'époux par qui elle a été choisie, s'expatriant du rocher natal, que l'hymen même et la douce maternité ne lui feroitf pas oubUer. Kl ce mouvement réciproque d'aUants et de venants qui montent e(* qui descendent, véritable flux et reflux, est ce qui mainUetI à peu près toujours au même point la population de Gooit depuis des siècles.

C'est aussi depuis des siècles que cette peuplade privilégiée^ qu'on prendrait pour un clan écoêsais, conservé ses mœurs, ses traditions , ses usages , son bonheur enfin, qu'elle a wk hors de toute atteinte dans la région éthérée.

Vous n'y trouverez ni grands ni petits, ni pauvres ni riches, ni maîtres ni serviteurs. Les notabilités sociales les plus ordinaires n'y sont pas même connues de nom. Ces bonnes gens ne conçoivent bien qu'une seule supériorité. Dieu. Il y acependant à Ooust un garde-champêtre , à peu près Uialile dans l'endroit, et qui est plutôt établi pour les Eaux-Chandes, où il va tous les jours, dans la saison , fahre la police. C'est le grand dignitaire de Gonst : on ne s'en donteralt pas à le voir.

Sauf cette exception, qui n'en est pas une en vérité, il serait diflkile d'apercevoir à Goust la plus petite nuance d'inégalité entre les personnes} fl n'y en a pu davantage entre les propriétés, qui sont, à la culture près, telles qu'on les fit lors du partage primitif. Il en résulte que k champ oti le pré du voisin , avec lequel d'aillenra on ne serait pu beaucoup plus avancé quand on se l'approprierait, n'étant ni plus grand ai meilleur qtie celui qu'on possède tolmêmc* l'idée ne vient pas seulement de le convoiter ; ec qnl^l qitt le tien et le mi#fi ne sont Jamais en querelle à Goust, où chacun se trouve heureux de ce qu'il a, uns même regarder ce qui appartient aux autres.

Voilà donc un petit gouvernement qui dure et qui prot* père, bien qu'évidemment iondé sur la double égalité lad^ viduelle et territoriale. Et notez que ce n'est pas ici wn vaine abstraction , une utopie arrangée à plaisir, mais une réalité l^n visible, bien palpable : c'est l'état démocratique réduit à sa plus shnple expression, où il n'y a à redouter ni les orages, ni même les brises populaires, et où tout se passe doucement en famille.

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