RECHERCHES HISTORIQUES
ÇUR LES SYMBOLES DE L'AOTOlUTé PUBLIQUE USITÉS BN FRAMCl DEPUIS LES TEMPS LES PLUS RECULÉS JUSQU'A IIOS JOUES.
Suite. — Toy. p. 199.
Sceau det Capétiens. Globe. Fleur de Us. — Sous Robert II , fils et successeur de Hugues Gapet, on notable changement se fait sentir. Le sceau , beaucoup pins large , reproduit la figure da roi va de lace et à mi-corps (fig. 8).
Fig. 8.
Il est vêtu du manteau royal , la tète ceinte d*une couronne ft fleurons trilobés. Sa main gauche supporte un globe ^ emblème que nous avons remarqué parmi les reliques de Ghildéric I. Légende : Robertus^ Dei gracia , Francorum rex .(Robert, par la grâce de Dieu , roi des Français). De la droite , il tient une fleur qui n'est pas sans analogie avec la fleur de lis. Cette ressemblance est mieux caractérisée dans le sceaa de Constance , seconde femme de Louts VII (fig. 9)« qni tient également de la main gauche une fleur , sur laquelle doit se fixer particuli^reroent Tattention^
Mais c'est seulement à partir de PhiUppe^Auguste 1 vers 1180 , que la fleur de lis apparaît dans les sceaux et patres
Fig. 9.
monuments autlientiques des rois de France, d'une manière claire, non équivoque, comme un emblème perpétuel et consacré. On en voit un échantillon dans la fig. 10 qtii reproduit nn contre-sceau de ce roi de France. C'est aussi Pépoqne
Fig. 10.
où le blason commence à se constituer sur des lois Axes et générales.
Quant à Torigine précise et à la signification de ce symbole célèbre , un grand nombre d'opinions , comme on sait , ont été émises. La plus probable est peut-être celle qni voit dans la fleur de lis une tradition et en même temps une modification de la fUur de lotus^ que Ton rencontre fréquemment sur les médailles gauloises.
Dans le principe, Técn de France fut d'asu r semé de fleurs iê Us d'or sans nombre. Mais dès la fin da treidème siècle
Fif. tt.
Tusage s'introduisit Insensiblement de les réduire k trois, posées deux et une. Ce nonjean mode , plus conforme aux lois ingénieuses de Tart héraldique qid tendaient tonjours à U
symétrie des effets par la simplicité des éléments, eut aussi, ^t-on , pour objet d*honorer la très-sainte-Trinilé. Quoi quMl en soit, les armes pleines de France, après Charles VI, ne se rencontrent plus jamais semées^ mais toujours à trois fleurs de lis seulement.
Sceptre. — Le sceptre, usité chez divers peuples de Tantiqulté comme symbole du commandement ou de la souveraineté, dut figurer, dès une époque reculée, parmi les insignes de notre monarchie. Toutefois nousn*en découvrons aucune trace bien authentique avant le commencement du
onzième siècle. Cet exemple nous est fourni par un sceau de Henri I" roi de France en datede 1031 ou envh^n (V. flg. 11).
Bâton de justice. — Tel est aussi le premier monument sur lequel nous rencontrions le bâton de justice, si l'on peut qualifier de ce nom Tobjet peu distinct que le roi tient de sa main droite (voy. la même fig.). -
Main de justice. — Le bâton devenu main de justice apparaît clairement dans le sceau de Louis le Hntin vers 1315 (voy. fig. 12).
CouronfM.^ Quant à la couronne ou diadème, notis avons
Fif. x«.
vu plus haut que, dès Vépoquc de Glovis, elle figura parmi les in^gnes de notre royauté moderne. Dom Bernard de Montfaucon, dans ses Monuments de la monarchie française (t. I, pi. 2), reproduit , d'après des sources d'une inégale autorité, plus de quarante modèles de couronnes royales appartenant aux rois de nos deux premières dynasties. Nos figures 8, 11 et 12 fournissent, à l'aide de témoignages irrécusables, trois types importants de ces nombreuses variétés. Jusqu'à Cliarles Vlil, la couronne royale de France fut presque toujours ouverte et composée d'un cercle enriclii de pierreries et décoré le plus souvent de fleurs de lis, à partir du douzième siècle. Depuis Charles VIII, nos rois commencèrent insensiblement à la porter fermée , et cette particularité devint par la suite , dans les règles du blason moderne , le signe de la souveraine indépendance.
insignes de la république. — Les divers attributs dont nous venons de rechercher l'histoire se perpétuèrent jusqu'à la fin de la monarchie. Sous la république , proclamée le 21 septembre 1792, le sceau de l'État présenta la figure suivante. Dans le champ, la France , sous les traits d'une femme vêtue à l'antique, debout, tenant de la main droite une pique surmontée d'un bonnet phrygien ou bonnet de la liberté, la gauche appuyée sur un faisceau ; à ses pieds , un gouvernail ; pour légende, ces mots inscrits circulairement et entoures d'un cordon d'étoiles : ad nom de la rkpdbliqub
FRARÇAISE.
Insignes du consulat. — Le sceau du con.tulat (décembre 1709) ne difl^iSra de celui de la république que par sa dimension beaucoup plus petite et par l'exergue nîlnsi modifiée :
AD KOM DD PEDPLE FRANÇAIS , BONAPARTE , PRSVIER COMSDL.
insignes de Vempire. — Napoléon, devenu empereur (le 18 mai 180/k), reconstitua comme on sait les dis tinctions nobiliaires et héraldiques abolies par l'Assemblée nationale. Il donna pour armes à l'empire : d'azur à Vaigle d'or, empiétant un foudre du même.
Le sceau impérial des titres présentait d'un côté l'image de l'empereur Napoléon, assis sur un trône, la t^te ceinte de laurier, tenant d'une main le sceptre terminé par l'effigie de Charlemagne et de l'auUre la maUi de justice. H est placé sous un pavillon doublé d'hermine et chargé d'abeilles ; les diadèmes de la couronne sont formés par des aiglles aux ailes soulevées. Au contre-sceau , l'aigle entouré du, grand col-
lier de la Irgiqn d'honneur, le sceptre et la main passés en sautoir, surmonté d*un casque ouvert , couronné de la couronne im|)ériale et accompagné du manteau. I/'gendc : napoléon, EMPEREUR D^:s FRANÇAIS, ROI D*ITALIE , PROTECTEUR DE LA CONFéDÉRATiaN DU RIIIN.
Insignes de la restauration. — La monarchie restaurée ne manqua pas de rentrer, aussi identiquement que possible, dans les errements tracés par les règnes antérieurs à la révolution. Elle reprit sans changement les anciens symboles.
Insignes de la monarchie de 1830.— Après la révolmion de juillet 1830 , le sceau de l'autorité publique fut d*al)ord figuré comme il suit. D'un côté le portrait du roi vu de profil et la tète complètement nue ; légende : lodis-phi lippe i , ROI DES FRANÇAIS. Coutre-sceau : un écu d'azur à trois fleurs de lis chargé d'un lambel trois pendants (armes de la maison d'Orléans), surmonté d'une couronne fleurdelisée ; sceptre fleurdelisé et main de justice en sautoir ; de chaque côté , également en sautoir, trois drapeaux tricolores , la hampe * terminée par le coq gaulois ; légende : lodis-philippe i , roi DBS FRANÇAIS ; et au-dessous cette date, 1830.
Mais à quelques mois de là parut, le 16 février 1831 , une ordonnance royale qui contenait la disposition que voici : « A l'avenir, le sceau de l'État représentera un livre ouvert portant ces mots : charte de 1830 , surmonté de la couronne fermée, avec le sceptre et la main de justice en sautoir, et des drapeaux tricolores derrière l'écusson; pour exergue : louis-philippe i, roi des français. » En exécution de cette ordonnance, un nouveau sceau fut gravé, portant toutefois la même date de 1830, mais avec quelques modifications. Les fleurs de lis, complètement supprimées, furent remplacées , savoir : sur l'écu , par un double cartouche ou table portant ces mots : charte de 1830 ; sur les branches et le cercle de la couronne , par des fleurons de duc que cachent h demi les feuiUes d'un rinceau de chêne ; et enfin , sur le sceptre et sur le cimier, par un globe sans croix.
Iax suite à une autre licraison.