‹ Le mageChapitre 32 sur 41 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Fais fleurir, mystique ivresse,

Leurs yeux chantants D'un printemps D'allégresse !

Mystique ivresse, Sois leur maîtresse !

-• Sainte ivresse.

Verse aux époux L'allégresse !

Par la Djahi, fiancés, à genoux!...

ANAHITA.

Non, non je ne weu^ pas. Non, jamais 1

LA FOULE

^ Que dit-elle?

Elle ose refuser le roi !

ANAHITA, au roi.

Pardon si je te fais cette injure mortelle;

Mais, tu le sais, je ne puis être à toi ! «%

LE ROI

Va, tu seras à moi quand même !

En vain j'ai supplié, j'ai pleuré, pour favoir. Tu méprisas mes pleurs ; connais donc mon pouvoir. Je suis le Maître et je t'aime !

A Amrou.

Prêtre, fais ton devoir!

ANAHIÏ A, au roi.

Ah ! si tu m'aimes, sois bon, sois tendre, El par pitié, daigne m 'entendre !

Ah ! laisse-moi partir, rends-moi la liberté ! 11 faut l'espace illimité

A ce cœur fier et sauvage Qui ne peut aimer en esclavage !

Sur la mélodie des prisonniers t-mraniens du premier acte.

Vers le steppe aux fleurs d'or Laisse-moi prendre l'essor !

Laisse-moi voir encor Mon beau ciel pâle

Où la neige en neigeant Sous la lune à l'œil changeant Fait germer dans l'argent Des fleurs d'opale.

Ah ! leïâ, leïâ, leïà, leïa, â, à !

LE ROI

Ton pays adoré, si tu veux le revoir, Avec moi pour époux il faut y reparaître.

Prêtre, fais ton devoir !

LA FOULE

Que le roi soit obéi !

Anahita, cède à Djahi !

ANAHITA, indignée.

Roi, ne me traite pas en esclave, ou prends garde ! On a vaincu mon peuple; on ne l'a pas dompté. Par dessus l'horizon, il entend, il regarde. 11 sait qu'on veut m"unir contre ma volonté. Prends garde à ce peuple irrité.

Déjà sans doute...

D'un air inspiré et s'exaltant peu à peu.

Oui, oui, je le pressens, oui, c'est la vérité. Déjà pour me défendre il est en route.

On entend à l'orchestre ce qu'elle croit entendre dans son hallucination : la chanson touranienne rhythmée en marche de lointaines trompettes.

A Amrou.

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