ACTE QUATRIÈME
Il vient. Voici là bas, son cri de guerre !... Écoute! 11 vient, mon peuple redouté,
D'un air héroïque.
Là, leïà, leïâ, leïà, à, â.
Il vient, il va surgir aux murs de ta cité.
LE ROI, avec emportement.
Eh bien, soit! qu'il vienne!
Que, folles de haine.
Ta race et la mienne Confondent leurs rangs !
Parmi les mourants Que mon pied chancelk !
Versé par torrents.
Que le sang ruisselle !
Qu'importe! Je t'aime et je veux t'avoir!
A Amrou
Pour la dernière fois, prêtre, fais ton devoir !
Il prend Anahita parles mains; elle se débat ; il la force à s'agenouiller. Le gong sacré retentit.
AMROU
Par les Dévas, je vous unis !
ANAHITA avec un cri, et défailljnt.
Dieux !
LA FOULE
Pour toujours ils sont unis !
VAREDHA, du haut de r estrade.
Enfin, je suis vengée !
LA FOULE
Que dit-elle ? Vengée !
ANAHITA, remontant vers Varedh:i qui est descendue au-devant d'elle.
Que dis-tu là?
VAREDHA, ivre de haine.
Je dis que lorsqu'il reviendra, Ton Zarâstra,
Aux bras d'un autre il te verra.
Je dis que mon amour n'était point partagée; Je dis qu'il ne m'avait jamais promis sa foi ; Je dis que j'ai menti pour l'éloigner de toi, Pour punir son mépris qui m'avait outragée; Je dis qu'Anahita ne peut plus désormais
Me ravir celui que j'aimais;
Je dis qu'enfin je suis vengée !
ANAIIITA à Varedha.
Infâme ! Infâme !
CRIS PROLONGÉS au rîehors se rapprochant peu à peu.
A mort !
La cérémonie est interrompue. On écoute avec stupeur. TOUS.
Quels sont ces cris ?
Tous remontent en désordre. Des groupes désignent du haut des rampes les Touraniens dont les trompettes sonneal dans les premières salles du temple. Les cris s'accentuent et se repprochent.
ANAHITA.
C'est lui, C'est mon peuple. J'en suis sûre. Oui, oui ! Il vient! il vient! C'est lui !