SCÈNE II
ANAHITA.
Toi ! toi, mon adoré !
Zarâstra s'est élancé au-devant d'Anahita sortie de la litière et la ramène ; ma Anahita s'est détachée des bras de Zarâstra et s'est agenouillée devant lui.
Non, laisse à tes genoux se prosterner la folle
Qui commit le crime abhorré
De ne pas croire à ta parole Et renia l'amour qu'elle t'avait juré!
Avec résignation.
Triste amour, hélas ! mort pour toujours ! Car je sais qu'à ton Dieu tu consacras tes jours.
ZARÂSTRA.
Va, ce Dieu, dont je suis le Mage, De sa splendeur ta splendeur est l'image ;
Et t'aimer, c'est lui rendre hommage !
Lui qui dans mon chemin mit ton amour vainqueur, 11 ne m'obhge pas à passer sur la terre
Sans avoir senti battre un cœur
Auprès de mon cœur solitaire!
Oui !... ce Dieu du feu, ce Dieu que j'adore, C'est le Dieu d'amour, c'est le Dieu qui dore Les fruits de ta chair, les fleurs de tes yeux ! C'est le Dieu qui luit quand tu te dévoiles ; Et dans le soleil et dans les étoiles, C'est toi, toujours toi, que je vois aux cieux !