‹ Le magicienChapitre 21 sur 22 · A6HAMAN · texte numérisé non relu

A6HAMAN

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Depuis longtemps l'amante du pi'être, cette seconde beauté déjeune homme qu'il avait cultivée avec tant de soins et dont il n'avait jamais cueilli la ûeuVy l'amante du prêtre était morte.

Ceci le laissa triste et solitaire : il était désormais le tombeau vivant de cet autre lui-même

qui avait eu tant d'éclat , et il en gardait au fond du cœur, avec grand soin, le cadavre embaumé et chéri, Jamais amant n'entoura son amante défunte de plus de fleurs , de larmes et de souvenirs que ne le fit l'abbé j il éleva dans son cœur, à cette beauté morte, un petit mausolée de bon goût, sablé de poudre d'or, ombragé de peupliers, de saules-pleureurs, de pins, d'ifs toujours verts , avec une urne en marbre , portant cette inscription ; (f Ci-gil tout mon amour ! » L'abbé y venait, soir et matin, répandre des pleurs.

Ce M. Pierre de Scala se portait d'ailleurs assez bien pour un tombeau ; il avait même une protubérance de ventre et une obésité toujours croissante qui le gênait ; mais on est convenu , dans son état, de regarder cette ampleur comme une dignité, et l'abbé , qui était toujours avide de distinctions et d'honneurs , s'en consolait à ce titre. Il y avait bien des moments où il regrettait de n'avoir pas été changé en fleur, comme Narcisse, au printemps de sa beauté; mais, foncièrement , il tenait à la vie et aimait encore mieux être resté vieux et laid. La mort du Roi

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Charles IX l'éloigna de la cour, et ceci le laissa dans une solitude morne. Cet homme , depuis que sa beauté l'avait quitté, s'était fait de la cour une seconde amante; il y avait ses rendez-vous, ses tête-à-téte, ses intrigues, et cela le rendait heureux; quelle douleur quand elle le chassa! Quel vide pour cet homme qui n'avait rien dans le cœur! Catherine de Médicis ne voulut jamais revenir sur cette disgrâce : elle le punit ainsi d'avoir tenu si longtemps en bride sa toute-puissance de reine et d'avoir fait mourir le jeune Stell. Le chagrin d'être éloigné de la cour, et aussi l'excès d'embonpoint qu'il contracta dans une vie désœuvrée el sédentaire, le firent mourir plus jeune que n'ont habitude de mourir les gens de son état : il finit ses jours le 1*"^ juin 1590, à l'âge de soixante-dix-huit ans.

Malgré cesquelques nuages qui vinrent assombrir le couchant d'une existence si calme et si sereine , nous pouvons affirmer que l'abbé fut le plus heureux de tous les personnages de cette histoire; il ne prit réellement de la vie que les maux qu'où ne peut espérer, étant homme, de décliner. Sa mori fui pou regrcllée, il ne tenait

à rien et rien ne tenait à lui; maisellefutpourJant aussi pleurée qu'aucune autre; une longue file de pauvres suivait son convoi avec des yeux pleins de larmes; on leur avait donné pour cela une livre de pain , trois deniers et un cierge.

Le magicien , quoique plus âgé que le prêtre , lui survécut; de tous les acteurs de ce drame, ce fut le dernier qui mourut; et quand, une fois, jl se fut couché dans sa bière, la toile tomba.

Ab-Hakek avait prétendu longtemps qu'il ne mourrait pas ; cet homme, si fort de santé et d'intelligence , croyait sentir en lui une vie surabondante, un feu éternel et divin que rien ne saurait éteindre ; tant ([u'il eut cette confiance , il se maintint réellement en une longue et robuste jeunesse; mais, à force de voir autour de lui ses rêves crouler , sa tour de Babel qu'il avait voulu conduire jusqu'aux cieux pendre inachevée, et . malgré tous les efforts qu'il faisait pour la maintenir , s en aller chaque jour en larges éboulements, il commença alors à douter -de lui-même : — or, de ce jour-là, le Dieu se sentit mourir.

jNoiis devons ajoutcJ (pie !<.' savant , <'n s y

laissant attirer, avait brûlé ses ailes à l'amour. Depuis ce temps, des formes de femmes passaient toujours enlre lui et le livre cpi'i! tenait ouvert sous ses yeux; sa tête était empêchée d'imaginations lascives et folles , et si grands efforts qu'il ait faits pour oublier Marie , il n'était pas sans que quelques lambeaux de cette vertu blanche et voilée lui lestassent aux mains : ceci le gênait pour toucher aux choses de la science. Quoique la tombe fût pour lui toute pleine, au fond, d'ombres et de terreurs, ce qu'il redoutait encore le plus dans cette dernière maladie du vulgaire, c'était une tache faite à sa divinité. Il avait honte de mourir. En y réfléchissant , il trouva que le meilleur moyen de donner à sa mort quelques semblants honnêtes, c'était de l'annoncer d'avance. Jésus avait rendu la sienne volontaire et glorieuse en la prédisant à ses amis. Ab-Hakek se mit donc à consulter les astres avec grand soin. Il était venu au monde sous le signe du lion, ce qui lui avait donné un teint fauve, une poitrine large, une ame violente et un grand désir de régner; or il relit le thème do sa naissance : jusque-là les signes célestes l'a-

vaicnidéclaré immortel, mais ayant reconnu cette fois que le lion se trouverait, vers ce temps-là , menacé dans le ciel par la flèche éfoilée du sapittaire, il annonça publiquement sa mort pour la lin du mois d'août 1592.

Il s'agissait maintenant de tenir parole. — « Les étoiles, ;) dit-il, « auxquelles j'ai toute ma vie été si fidèle, ne voudraient pas me tromper la dernière fois que je les consulte : une femme même ne le ferait pas. » Cependant on était au mois d'août, le moment fatal approchait, et la santé d'Ab-Hakek se comportait mieux que jamais; il semblait même qu'une seconde jeunesse l'eût repris depuis quelques semaines par dérision. K Oh ! » dit-il, (( quel dommage ! je ne serais peut-être jamais mort! » Cependant il avait promis; le monde tenait les yeux fixés sur lui. L'envie, cet oiseau nocturne qui accourt à la lumière de toute gloire, et (jui n'épargne que les cadavres, ne manquerait certes pas de venir au jour prédit'; et, si elle le retrouvait vivant, ([Ucl triomphe ! comme elle lui rongerait le crâne étales entrailles de son bec féroce à ce Promcthée, (pii iTavail même pas su lavir l(> feu du ci<'l !

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Quelque chose manquait, du reste, à la gloire d'Ab-Hakek. Il avait gouverné l'astre d'une Reine de France. Il était vénéré des savants comme une puissance et une lumière; il avait, aux yeux de la foule, cette attitude superbe, imposante et formidable que donne le génie. Il était riche, consulté, aimé et, qui mieux est, haï. Que lui fallait-il donc de plus que tout cela pour être décidément un grand homme? — Mourir à temps.

Or, ce temps était venu; la gloire, cette marée incertaine et mouvante qui nous arrive à flots par un gros vent et qui nous quitte, commençait, sans qu'on s'en aperçût encore , à laisser les vieilles grèves d'Ab-Hakek pour d'autres plus jeunes et plus nouvelles. Il ne restait plus désormais qu'à déterminer le genre de mort. Le savant résolut de se laisser périr de faim. H y avait, à sa maison de la rue de Marivaux, une petite tourelle de pierre engagée dans des maçonneries plus récentes, et où Auréole Ab-Hakek allait quelquefois, pendant les belles nuits d'été, observer les astres : il s y enferma. Nul autre que lui et Agraman ne savait l'entrée de celle tourelle ; tous les deux,

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S y cachaient souvent, pendant plusieurs jours, pour se livrer aux opérations les plus noires et les plus illicites de la nécromancie; aussi son absence n'eut-elle absolument rien à quoi l'on ne fût depuis longtemps accoutumé.

Auréole Ab-ÎIakek s'entoura de livres, de calculs , de grimoires, et se plongea désespérément dans les plus sombres questions de la métaphysique e( de la magie. C'était, nous devons le dire, à la sombre lumière que deux ouvertures très-étroites et criblées de barres de fer jetaient dans cette chambre de la tour, un spectacle grave et solennel que celui de ce savant à barbe grise , se laissant mourir pour la science, qui lui a menli , et attendant , la tète penchée sur un livre, que la faim l'ait fait assez froid et assez décharné pour que la tombe en veuille.

Pendant les trois premiers jours, le savant, qui s'était habitué toute sa vie à de longs jeûnes, ne ressentit pas de douleurs trop violentes ; seu lement le vide commençait à s'établir en lui d'une façon inquiète et turbulente qui lui portait à la léte. Son imagination aflamée lui servait loui' à lour, sui' les pages jaunes de son livre,

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une foule de plats auxquels le savant, n'avait jamais songé quand il était libre et repu : c'étaient des mets exquis, rares, et dressés avec tant d'art , que leur vue seule eût donné de l'appétit au plus blasé. Comme il souffrait encore plus de la soif que de la faim , il était surtout tenté de fruits et de ruisseaux ; les vignes laissaient pendre, autour de son front, leurs grappes mûres, succulentes et gonflées de jus; les rameaux s'abaissaient jusqu'à sa bouche , tous chargés de citrons ou d'oranges, et une source d'eau coulait derrière lui dans un coin de la chambre; il y avait môme des moments où l'illusion devenait si forte, que le savant étendait la main vers ces fruits et ces ondes; mais il ne prenait que du vide, et, se ressouvenant alors de Tantalus, il se remettait, sans mot dire, à son travail; d'autres fois, une voix ironique lui bourdonnait à l'oreille : — « Si tu es Dieu, ô savant! et que la science soit toutepuissante, dis-lui donc de changer pour toi en pain substantiel et résistant ce pain des âmes dont elle te nourrit depuis trois jours , et qui , vain et chimérique qu'il est, te laissera plus

maigre que iio l'eût fait un peu de vent. » — A quoi le mage répondait d'une voix grave et avec un signe de main : « Tais-toi, Satan, et souviens-toi qu'il est écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur ton maître. »

Le cinquième jour, il se sentit pris de douleurs aiguës et dévorantes. C'était un feu inassouvi , une denl qui le mordait aux endroits sensibles et irritables, une griffe de louve qui le fouillait. Cette souffrance devint tout à coup si intense, quelle obligea le savant de lâcher son travail, et qu'AlhHakek se trouva alors tout entier et sans défense en proie à la faim. Plus, au reste, il se tordait avec des maux inouis , sous les attouchements de cette bête fauve, et plus il se sentait entouré des images de l'abondance et du plaisir; c'étaient de fortes femmes à triples et blanches mamelles , qui les pressaient avec la main pour en faire jaillir du lait, de belles filles nues qui lui montraient avec un sourire des coupes de vin trempé d'eau, des corbeilles de fruits, des jattes de crème , et qui buvaient et mangeaient en le narguant du doigt. Le savant fut alors saisi d'une violente tentation

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de laisser là son projet, et de sortir. « Oh! » dit-il, (( je serais bien bon de mourir pour toi, science! Grande séductrice, plutôt que te donner mon or et ma vie, à toi qui en as fait de la cendre et de l'ombre, j'aurais mieux fait de la jeter aux femmes, aux festins, aux orgies, qui me l'auraient au moins rendue en palpables amours ! mais toi, rien ! — Aussi tout ne finira pas ainsi, va! je veux vivre pour moi! Qu'on m'amène ici des courtisanes toutes nues, qu'on apporte du vin, qu'on me serve aux flambeaux un festin spiendide, opulent et magnifique, je veux me réjouir, à la fin; je veux que la science le voie , et qu'elle en sèche , dans un coin, de jalousie et de dépit. — Je ferai plus , fausse maîtresse, je te traînerai par les cheveux sur les pavés de la grande ville , je te souffletterai devant tout le monde, et je dirai : Vous voyez bien cette amante à qui j'avais donné mon cœur, eh bien! c'est une infâme qui m'a trompé; j'ai honte de l'avouer, mes maîtres; mais cela est, la science ment, la science est vaine; la science, déception, chimère, folie, rêve creux, un peu de vent, voilà. » Et il mil la main sur la serrure

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pour ouvrir; mais, saisi d'une idée sombre et soudaine, il recula. <( Que vas-tu faire, Ab-Hakek? que dira-t-on de toi, pauvre fou? Il en est de la science comme des femmes, on ne peut avouer qu'elles nous ont trabis sans faire rire de soi..., surtout quand on est vieux! Il faudra d'ailleurs reconnaître que tu as menti toi-même. Silence! ne perdons pas, pour quelques jours encore de souffrance, nos longues armées de gloire. — 0 ciavant ! iras-tu lâcber ton rêve au moment où, peut-être, il loiicbe à la réalité! Qui sait si la mort n'est pas l'initiation î Souviens-toi, Ab-Hakek, du léviatban , qui a gardé trois jours et trois nuits dans ses flancs incommodes le propbète Jonas! Qui sait si cette tour, qui t'a pris comme lui , faible, famélique et mortel, ne te rejettera pas demain, après un long jeûne, omniscient et dieu ! »

Auréole Ab-ÏIakek retourna, en silence, vers la fenêtre grillée de barreaux de fer. C'étaient dans l'air de joyeux battements d'ailes, des files d'oiseaux croisés, onduleux, emmêlés en tous sens , (|ui formaient à lœil un réseau inextricable et vivant. Cetle vue l'irrita : le lion

secoua avec violence les barreaux de sa cage, enviant le sort de ces petits êtres qui voletaient libres dans un ciel bleu. Il arrêta aussi un dernier regard sur le soleil qui se couchait , sur les feuillages verts, sur les nuages blancs et floconneux, sur les touffes de lierre et de giroflées aux flancs de la tour, sur les nids d'oiseaux aux angles des toits, et il se dit : « Voilà ce qui me fait le plus de peine, c'est de te quitter, ô nature ! la seule de toutes ses amantes qui ne mente point v\ l'homme. » Auréole pensa en même temps que le coucher de sa vie resplendissante et magnifique était un coucher de soleil.

Cependant les tortures de la faim ne le lâchaient pas. La nuit fut atroce; c'étaient des pointes de fer rouge qu'on lui entrait dans le flanc , et qui en faisaient contracter toutes les fibres avec d'horribles palpitations : il ne put dormir. Lorsqu'un peu de jour se fut glissé dans la tourelle, il essaya de se lever; mais il se trouva si faible, qu'il se laissa retomber dans son grand fauteuil. Tout le sang se retirait au cœur et à la tête ; le vieillard se sentait durcir aux extrémités et devenir pierre.

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Il avait froid. Dans un moment de rage, il se mordille bras, et la dent entra jusqu'à l'os; mais il l'en retira aussitôt tout ensanglantée, et s'arrêta affamé et haletant devant l'idée qu'il fallait, pour que l'on crût sa mort involontaire, laisser un cadavre entier. Cependant les souffrances commençaient à se faire plus sourdes ; et, quoiqu'il se sentit encore saisi à vif par toutes les prises que les endroits les plus irritables du corps offrent à la douleur, il lui sembla que la mort se fait moins féroce à mesure qu'on approche d'elle. C'étaient toujours des maux inouis, mais qui devenaient plus lointains depuis que l'âme se retirait des organes en souffrance.

Le septième jour, il commença à être pris de cette exaltation fiévreuse et lyrique qui saisit les malheureux mourant de faim , et qui les enlève au sentiment de leurs maux. Les ombres de toutes choses s'effaçaient; il voyait clair la nuit; il pénétrait, du regard, les murs et les cloisons ; il suivait, dans l'ombre, des feux errants; son œil semblait prendre, pour lui, la chaleur qui s'éteignait aux extrémités, et roulait, sous ses

gros cils, un regard sinistre et ardent comme si toute la vie s'y fut concentrée. Les rêves que le savant avait faits, pendant sa vie, sur le mouvement des atomes , l'influence des astres , la circulation des fluides , la transmutation des êtres lui devinrent , en quelque sorte , sensibles à l'œil; il les vit^ il vit le travail des molécules flottantes pour arriver à une forme stable et solide; il vit tous les hommes suspendus au long regard des étoiles comme à un fil ; il vit couler, dans les veines de l'univers, ce sang subtil et fécond qui l'entretient dans une éternelle santé; il lui sembla que la nature lui ouvrait tous ses secrets au moment où il se rapprochait d'elle, et où il allait, être fortuit et accidentel, s'absorber dans son sein. Tout cela était encore inondé d'une grande lumière qui eût ébloui tout autre regard que celui d'un mourant, et qui secouait sur le sien des étincelles de feu.

Le dixième jour, cette vision s'éteignit et laissa Auréole Ab-Hakek dans une grande nuit.

Le savant était mort à la surface ; on eût dit , à le voir ainsi dur, pétrifié et froid , une statue.

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Nul ne peut diie alors ce que souffrait ce vieillard : une larme se forma cependant dans le coin de cet œil éteint, et descendit lentement le long d'une des grandes rides de la joue , où elle se sécha- : était-ce un dernier regret de la vie , une crainte vague qu'il n'y eût une éternité derrière la tombe, un triste souvenir du bonheur qu'il eût pu avoir, ou du mal qu'il avait fait, qui lui tirait cette larme? on ne sait. Quoi qu'il en soit, il devait y entrer quelque chose de bien amer et de bien profond ; cette dernière goutte d'eau , sortie de l'œil fixe, ténébreux et sec du savant , était plus orageuse que celles qui coulent des rochers. — Il y avait toute une vie dans cette larme.

Le onzième jour, au matin, Ab-Hakek n'était pas encore mort. On entendit , dans l'escalier de la tourelle, un bruit de pas lourds. Cet homme-statue sembla se ranimer à ce bruit, et un éclair livide d'espoir et de joie passa sur ses yeux. La porte s'ouvrit : un être f;uuasmatique et portentose entra.

C'était Agraman.

A sa vue , le magicien , tout alourdi et tout statue qu'il était, se leva.

« J'ai faim! » murmura-l-il, « je vais mourir : il est temps de me dire le dernier mot de la science. »

Agraman le prit au poignet et lui cria , dans l'oreille , avec un éclat de rire violent et métallique :

« Maître ! la science est l'ombre d'une ombre : lunbra umbrœl

— Ah ! >•> fit le savant en raidissant ses deux bras, K j'aurais mieux fait d aimer ! »

Il tomba mort.

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