OU L'ORIGINE DE LA LYCANTHROPIE
Du temps où les lumières de la philosophie n’éclairaient pas encore les campagnes de l’Armorique, un jour que la Sainte Vierge passait près d’un village à deux lieux d’une ville appelée Josselin, les habitants lancèrent, dit-on, leurs chiens contre elle, et la contraignirent ainsi à se réfugier dans un buisson de ronces. Elle les en punit, car à l'instant ils furent saisis d’un accès de frénésie qui se manifesta par des aboiements et des cris ; ét, pour conserver la mémoire de cet événement de génération en génération, cetté maladie effrayante se transmet toujours à quelqu'un de leurs descendants, sans que la médecine ait pu y porter remède. — On à élevé sur le lieu une chapelle sous l’invocation de la Vierge à la ronce. On y dit la messe tous les ans, le jour de l’Assomption, et les lycanthropes qui y
(4) Si l’auteur de cet article l’écrivait à présent, je pense qu'il trouverait que, pour moi du moins, la dose des persécutions a été assez forte. (Note de M. Ricard.)
——. D} = assistent s’en retournent guéris, quoiqu'il faille les y conduire malgré eux, car ils refusent toujours de $ y rendre.
Cette fable rappelle Gérès et les paysans changés en grenouilles ; elle trouvera beaucoup d’incrédules; mais ce qui n’est que trop réel, c’est l’affreuse maladie qu’elle signale. Paris en offre en ce moment un exemple déplorable. Tout le faubourg Saint-Germain sait que madame D'*" en est atteinte ; elle aboie pendant les accès qu’elle paraît oublier ensuite. Cette dernière circonstance m’a fait présumer que le magnétisme en serait peut-être le meilleur remède. Quant au pèlerinage à la Vierge à la ronce, tout ce qu'on en peut dire, c’est que, dans le pays, on a foi complète aux guérisons produites par ce moyen.