‹ Le magnétiseur praticienChapitre 23 sur 42 · OU L'ORIGINE DE LA LYCANTHROPIE · texte numérisé non relu

OU L'ORIGINE DE LA LYCANTHROPIE

Du temps où les lumières de la philosophie n’éclairaient pas encore les campagnes de l’Armorique, un jour que la Sainte Vierge passait près d’un village à deux lieux d’une ville appelée Josselin, les habitants lancèrent, dit-on, leurs chiens contre elle, et la contraignirent ainsi à se réfugier dans un buisson de ronces. Elle les en punit, car à l'instant ils furent saisis d’un accès de frénésie qui se manifesta par des aboiements et des cris ; ét, pour conserver la mémoire de cet événement de génération en génération, cetté maladie effrayante se transmet toujours à quelqu'un de leurs descendants, sans que la médecine ait pu y porter remède. — On à élevé sur le lieu une chapelle sous l’invocation de la Vierge à la ronce. On y dit la messe tous les ans, le jour de l’Assomption, et les lycanthropes qui y

(4) Si l’auteur de cet article l’écrivait à présent, je pense qu'il trouverait que, pour moi du moins, la dose des persécutions a été assez forte. (Note de M. Ricard.)

——. D} = assistent s’en retournent guéris, quoiqu'il faille les y conduire malgré eux, car ils refusent toujours de $ y rendre.

Cette fable rappelle Gérès et les paysans changés en grenouilles ; elle trouvera beaucoup d’incrédules; mais ce qui n’est que trop réel, c’est l’affreuse maladie qu’elle signale. Paris en offre en ce moment un exemple déplorable. Tout le faubourg Saint-Germain sait que madame D'*" en est atteinte ; elle aboie pendant les accès qu’elle paraît oublier ensuite. Cette dernière circonstance m’a fait présumer que le magnétisme en serait peut-être le meilleur remède. Quant au pèlerinage à la Vierge à la ronce, tout ce qu'on en peut dire, c’est que, dans le pays, on a foi complète aux guérisons produites par ce moyen.

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