‹ Le magnétiseur praticienChapitre 38 sur 42 · PRÉDICTIONS SOMNAMBULIQUES POUR · texte numérisé non relu

PRÉDICTIONS SOMNAMBULIQUES POUR

Sa Majesté Louis-Philippe continuera de régner sur les Français, à la plus grande satisfaction des amis de l’ordre et du repos public.

M, Guizot soutiendra l’honneur et la dignité de la France, comme par le passé.

M. Martin {du Nord) proposera aux chambres la révision du Code pénal.

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Tout le Code des lois françaises sera revu, augmenté et modifié de façon que chacun de ses articles soit désormais clair, net, précis, et ne puisse donner lieu, logiquement, à des interprétations diverses ou opposées.

Sur la proposition qui en sera faite aux chambres, il sera peut-être adopté des lois nouvelles, d’après lesquelles :

Tout magistrat immoral, selon la société, sera déchu de ses fonctions;

Tout magistrat dont les facultés morales seront notoirement affaiblies, soit par l’âge ou toute autre cause, sera mis à la retraite;

Tout procureur du roi qui aura accusé faussement une personne quelconque sera condamné au double du maximum de la peine à laquelle il aura injustement exposé autrui;

Tout individu qui, ayant subi une détention préventive, aura été reconnu innocent de ce dont il aura été accusé, recevra du gouvernement une indemnité proportionnée à la durée de sa détention, et au préjudice qu’il en aura éprouvé.

La fille de l’infortuné Lesureq obtiendra enfin la réhabilitation de la mémoire de son père, et la reddition de ses biens.

Le régime cellulaire cessera de rendre fous ou idiots les malheureux condamnés qui le subissent.

La justice sera rendue d’une manière équitable par toute la France et en toute occasion.

La nourriture des hôpitaux et des prisons sera saine et préparée avec propreté,

Les cachots cesseront d’être humides et infects.

Les geôliers, gardiens et employés des prisons seront pacifiques et charitables. |

La question d’un système pénitentiaire accordant le plus possible la sécurité publique, la morale et l'humanité sera mise au Concours. L'auteur du meilleur Mémoire sur. cette grave question sera honoré d’une récompense.

Les débiteurs de bonne foi ne pourront plus être emprisonnés par leurs créanciers, ou tout au moins les débiteurs malheureux ne seront plus confondus, en province, dans la même prison avec les voleurs et les criminels.

Les condamnés politiques seront traités avec humanité, et les soins médicaux leur seront donnés opportunément, en cas de besoin.

Il sera pris des mesures pour éviter aux filles laborieuses que presse le besoin, le malheur de la prostitution.

L'usage des arlequins, comme aliment, sera défendu au peuple.

La classe ouvrière sera protégée et défendue contre ceux qui l’exploitent à leur profit.

Pour ôter aux journaux politiques la spéculation des annonces industrielles, il sera créé des feuilles spéciales et exclusives. Les annonces seront faites en caractères uniformes et à des prix fixés modérément.

Le tripotage des actions de chemins de fer, de grandes entreprises, même des mines et houillères, sera absolument prohibé.

Les valets de Paris ne moucharderont plus leurs maîtres. Ils ne médiront plus de ceux qui les emploient. Tous seront d’honnèêtes gens.

Les cuisiniers et les cuisinières ne feront plus danser l’anse du panier.

Les portiers seront discrets et bienveillants.

Les bonnes d'enfants n’auront plus de tourlourous pour amoureux.

Les Lorettes et les Madeleines changeront de bas et de chemises toutes les semaines. Elles prendront des bains tous les quinze Jours.

Les grandes dames seront toutes vertueuses et chastes.

Les grands seigneurs ne donneront plus ni cachemires, ni diamants, ni billets de banque aux filles de l'Opéra,

Les étudiants ne courtiseront plus les grisettes.

Le Ranelag, le bal Mabile, le Prado, la Grande-Chaumière etle Château-Rouge ne seront plus des temples de Venus.

Le troupier français continuera de gagner cinq centimes par jour, même les jours de fête et les dimanches.

Les instituteurs primaires sauront lire, écrire et caleuler.

Les régents de collége sauront parler français.

L'Université n’obligera plus à passer huit années dans un collége les jeunes gens qui pourront achever leurs études plus promptement.

Les écoliers n’auront plus tous une égale mémoire, une semblable aptitude, un même caractère.

Les pensionnats et les colléges donneront à leurs internes une alimentation convenable.

Les examinateurs des Facultés n’exigeront plus des candidats une dose de science six fois plus grande que celle qu'ils possèdent eux-mêmes.

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. Il sera défendu aux avocats d'ergoter sur les questions de droit.

. Les avonés et les huissiers établiront leurs comptes de frais d’après le tarif légal.

Tous les notaires seront des honnêtes gens.

Mademoiselle Georges fera usage du sirop d’ambroisie, préparé par Marguier, pharmacien, rue Saint-Lazare , 120, pour redevenir aussi jeune, ausssi fraîche, aussi belle qu’à vingt ans,

M. Jacques Arago ne fera plus de mauvais calembourgs.

M. Granier de Cassagnac aura enveloppé tout le Globe dans l'Epoque.

Le Siécle ni le Temps ne pourra être de l’ Epoque.

Les Guëpes de M. Alphonse Karr ne piqueront plus personne,

Les Débats, qui font la désolation de la Presse, ne sont pas du Siècle. Is s’éteindront devant l'Epoque.

Le National sera englouti par l'Universel.

L’agiotage, les jeux de bourse, les jeux des cercles, seront prohibés comme l'ont été les jeux publics de roulette, de craps, de trente et quarante, et la loterie.

I n'y aura plus de Crésus faisant la hausse et la baissé à volonté pour jouer avec la certitude de gagner.

Les journalistes défendront lesintérèts généraux, publieront les nouvelles utiles la société, lutteront en faveur des opprimés contre les oppresseurs, ne s’occuperont plus d’intrigues, signaleront les abus, cesseront d’être marchands et ” écouteront plus que la voix de l'équité.

Le système de Fourier sera adopté par le gouvernement : et M. Considérant sera chargé d'organiser les phalanstères.

L’extinction de la mendicité ne sera plus subordonnée à celle du paupérisme.

Les enfants de quatre ans ne seront pas tenus de savoir l’algébre, le grec, l'astronomie et le éhinois.

Le Conservatoire royal n’admettra plus pour élèves des jeunes gens ineptes, ni des enfants de dix ans que les professeurs sont obligés de laisser inactifs.

Les théâtres de France seront classés selon leur importance, montés d’un personnel convenable et d’un matériel suffisant , administrés par le gouvernement dans une forme hiérarchique d'accord avec la raison et la justice,

Les comédiens seront soumis à des. examens impartiaux

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Chacun d'eux sera classé et rémunéré selon sa capacite, et ils ne seront plus regardés comme les parias de la société.

Il n’y aura plus en France des cabotins mourant de misère, ni des directeurs incessamment exposés à la faillite.

Les savants qui auront publié des ouvrages utiles seront décorés de la Légion d'honneur, tout aussi bien que les romanciers et les nouvellistes, sans avoir besoin de le demander. Il en sera de même pour les inventeurs qui auront trouvé des choses avantageuses à la société,

L'Académie royale de médecine reconnaîtra que les cent mille Français qui, aujourd’hui, croient à la réalité du magnétisme, parce qu'ils en ont vu, bien vu, revu les effets extraordinaires, ne sont pas tous atteints d'aliénation mentale. Elle fera un retour sur son passé et déclarera que ceux des journaux qui annoncèrent, en 4837, que les expériences sOMmnambuliques de mademoiselle Léonide Pigeaire avaient échoué en présence de la commission académique, dont aucun des membres n'avait encore jamais vu la somnambule, ont menti im pudemmentau public. Elle reconnaîtra que, le magnétisme étant un agent thérapeutique non illusoire, il est de son devoir de le proclamer vrai et d'en diriger l'emploi. Elle reconnaîtra aussi que certains somnambules peuventjeter de vives lumières sur le diagnostie et le traitement des maladies, et qu'à cette considération les médecins ne doivent pas dédaigner d’avoir recours à eux dans un grand nombre de cas. Elle obtiendra la fondation d’une chaire de magnétologie pour chacune de nos facultés de médecine. Cette chaire sera mise au concours, el aceordée à l’homme le plus avancé dans la science magnétologique, tant sous le rapport théorique que sous le rapport pratique. Tout candidat à cette chaire devra savoir parler français, publiquement, et avoir le don de l'improvisation.

Les compositeurs d'opéra écriront leurs œuvres de façon à ne plus briser la voix des chanteurs et les oreilles des auditeurs.

Les dramaturges ne feront plus de ces contre-sens mons{rueux qui dépravent le goût et nuisent à là raison.

M. Alexandre Dumas et M. Eugène Sue se réuniront en collaboration pour fournir au journal | Epoque un feuilleton quotidien qui , à la fin de l’année, formera un petit roman de sept cent trente volumes grand in-8e, lequel sera accompagné d'un léger album présentant 26,245 gravures, et de l’atlas géographique publié par Dussillon.

La phrénologie sera mise à profit pour l'éducation des en

fants et des adultes, Le gouvernement protégera les gens de lettres, les savants et les artistes ; il les aidera pécuniairement dans leurs recher-

ches et leurs travaux.

En cette même année 1846 on commencera à rémédier aux abus qui ont réduit, depuis quelques années, les grands théàtres à un sort si mésirable, On s’apercevra que lorsqu’au moyen de puffs de tout genre, et par l'influence vénale des journaux, on est parvenu à imposer à un théâtre un ou deux acteurs à 80 ou 100 mille francs par an, on est arrivé seulement à ruiner l'administration et à repousser le publie, à qui on ne peut alors offrir qu’un seul sujet entouré de médiocrités. Les artistes de mérite, qui n’ont pu acheter cette immense renommée, ne seront plus condamnés à mourir de faim pour la plus grande gloire de celui ou de celle qui aura été élu par le puff, la réclame ou le feuilleton.

À l'Opéra on comprendra que gueuler n’est pas chanter, et que la subvention de 6 à 700,000 francs qu’on fait à ce théâtre doit lui permettre d’avoir des chanteurs autres que ceux de Niort ou de Pezenas. On s’apercevra qu'il est de l'intérêt bien entendu d’un directeur de chercher à plaire à son public plutôt qu'à sa maîtresse,

La société du théâtre reconnaîtra un peu fard qu’elle n’est bientôt plus assez riche pour payer sa gloire et cherchera une gloire qui lui rapporte de l'honneur et du profit. Elle renoncera 4 Son Système d'exclusion pour tout ce qui peut faire ombrag à certaine célébrité plus ou moins usurpée, et elle recevra dans son sein les meilleurs, les plus dignes, et non plus seulement ceux où celles qui n’ont pas d’autre 1itre qu’une inoffensive médiocrité ou l’appui de quelque employé de la haute police,

Le public éclairé de la comédie française pourra enfin à côté de mademoiselle Rachel, l’habile diseuse, applaudir mademoiselle Maxime, la tragédienne fougueuse et passionnée qui sait si bien entraîner émouvoir, subjuguer son auditoire.

L’Odéon ne sera plus un prétexte de banqueroute, un moyen de sales tripotages, ni un lieu de débauche ouvert aux vieux podagres du faubourg Saint-Germain. Les acteurs y seront rémunérés selon leur mérite, et les jeunes auteurs n’auront pas

besoin de payer pour s'y faire jouer. La jeunesse des écoles commencera la réforme des théâtres de Paris en chassant du parterre de ce théâtre les chevaliers du lustre qui sont les vrais forts détachés, dont on se sert pour intimider le public et faire de l'arbitraire directorial au profit de telle mauvaise pièce ou de telle médiocre actrice.

Les autres théâtres imiteront cet exemple les années suivantes et ne tarderont pas à se convaincre que les bonnes pièces, les bons acteurs, la loyauté vis-à-vis du public, sont les plus sûrs moyens de succès, et ils cesseront de Compter sur les nains etsur les géants, sur les danses indécentes, les sauts pé-rilleux, et renonceront à faire de leur scène un sérail ou un marché d'esclaves, laissant ces expositions de chair humaine aux maisons inscrites et patentées pour cet objet.

Au moment où la dernière feuille de cet almanach va être tirée, j'arrive de Niort, où j'étais traduit devant la cour d’assises, comme prévenu de délit de diffamation et d’outrages publics par la voix de ]a presse, tant envers M. Eugène-Dufraysse Lafeuillade, encore procureur du roi à Bressuire, qu’envers le tribunal de cette ville.

Je me suis trouvé là en très-bonne compagnie. J'étais assis à côté de M. Rohan-Chabot, comte de Chabot, poursuivi aussi lui par ledit sieur Lafeuillade, comme provocateur à la sédition.

J'ai été défendu par Me Charles Ledru, du barreau de Paris, qui m'a généreusement prêté l'assistance de son talent,

Le jury avant'reconnu ma non culpabilité, la cour a rendu verdict d’acquittement en ma faveur.

Les débats de ce deuxième procès que j'ai eu à soutenir, et que j'ai gagné comme le premier, contre MM. de Bressuire, ont été des plus remarquables. Ils vont être publiés, sans doute, d’une façon assez complète pour intéresser vivement ceux qui les liront.

J.-J.-A. Ricarp, Rue de Ja Pépinière, 24.

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L'année 1846 enregistrera dans ses annales d’excentricités la femme la plus remarquable de l’époque comme phrénolo-

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giste, physionomiste et cartomancienne. Madame Delouche, dont l'esprit observateur et le tac de révélation sont si connus du grand monde, donnera de nouvelles preuves de l’excèllence de son art. Le livre curieux que cette dame a mis sous presse sera lu avec avidité par tous les amateurs des choses grandes et belles ; et plusieurs éditions de ce même ouvrage s’épuiseront dans l'année.

Madame! Delouche contimuera d’être visible tous les jours à son cabinet, rue Neuve-des-Petits-Champs, n° 29.

Le célèbre dentiste William Rogers à qui la science est redevable d’une dés plus belles découvertes des temps modernes, LES DENTS OSANORES, Continuera, malgré ses occupations incessantes, à chercher par tous les moyens possibles à perfectionner l’art du dentiste.

Homme supérieur, il comprend ne point devoir resier inaC— tif tant qu’il lui reste à trouver quelque chose pour l'humanité.

Cette année 1846, comme les précédentes, verra s’écouler, nous n’en doutons point, plusieurs éditions de ses remarquables ouvrages, compléments de toute bibliothèque, aussi bien du dentiste que des gens du monde, qu'une sotie indifférence ne fait point négliger cet art si important pour tous, tant sous le rapport de l’harmonie physique que sous celui de la sante.

Les gens du monde y trouveront les instructions les plus éomplètes et les plus précises, et Ces ŒuUVres se liront avec d'autant plus d'intérêt que le savant auleur a sul allier à la science, ordinairement sèche et aride, un style élégant et varié. L'était vraiment impossible de présenter les choses d'une manière plus habile et plus gracieuse à da fois.

L'ENCYCLOPÉDIE DU DENTISTE, par exemple, cet ouvrage digne, tout ensemble, d'un historien consciencieux que n’ont rebuté aucunes des difficultés de recherches, de traductions, d'analyse; d’un théoricien imbu des principes anatomiques, physiologiques, pathologigues et thérapeutiques de la science qu’il professe, enfin d’un praticien consommé, que nul obstacle n’a arrêté dans la voie du progrès qu’il est parvenu à atteindre;

A peine quelques mois sesont-ils écoulés depuis le jour de son apparition, et déjà une deuxième édition a succédé à la pre-

miêre, : dont: les. milliers d'exemplaires ont été rapidement enlevés. Comment, eneffet, serait-il possible que cet ouvrage, Si remarquable à tous égards, ne se propageat pas danse monde, quand on ne peut attribuer qu’à son mérite les honneurs qu’il a reçus du public. Qui, il réunit tout ce qu’il faut pour réussir. Nous citerons quelques fragments pris dans la préface à l'appui de ce que nous avançons :

« Lorsque je choïsis Paris pour résidence, dit M. Rogers, j'avais déjà visité les plus célèbres universités d'Allemagne, les écoles d'Angleterre ; j’avais étudié les systèmes des plus habiles dentistes, et aucun de ces systèmes ne pouvait me satisfaire, parce qu’en les examinant, j'avais vu qu'ils avaient tous pour résultat de faire éprouver plus ou moins de tortures aux personnes qui réclamaient les secours de la chirurgie dentaire.

« L'idée me vint alors de suppléer à l'insuffisance d’un art qui m'a toujours paru susceptible d’un très-large développement. Je fis plusieurs expériences, et mes efforts furent bientôt couronnés d’un plein suecès ; j'avais découvert les OSA- NORES.

« Comme tous les novateurs, j'ai eu d’abord à lutter contre les préjugés de la routine ; mes confrères ont vivement combattu mon système, et j'ai soutenu longtemps une lutte acharnée; je n’ai pas perdu courage, et, sûr de l'efficacité de mon invention, j’ai triomphé de tous les obstacles, parce que les bonnes et grandes choses triomphent toujours de l’erreur et même de la jalousie. J'ai réduit mes antagonistes au silence, eu opposant à leurs invectives des cures qu’on regardait comme ineéspérées, des résultats qui tenaient du miracle, Ft pourtant mes moyens étaient bien simples : je tâchais d’imiter la nature, de réparer les désastres causés par les nombreuses maladies auxquelles est sujette l’organisation buccale.

« Les osanores out bientôt obtenu droit de bourgeoisie ; mes antagonistes ont été forcés de se faire mes imitateurs, et le public a écouté avec un certain étonnement la voix qui lui disait :

« L’art du dentiste va faire de nouveaux et d'immenses «progrès; une grande réforme s’est déjà opérée, et cette ré- « réforme, qu'on à tant critiquée, anno ice une révolution com- « plète dans la chirurgie buccale. Vous que des accidents ou « des maladies ont privé de vos dents, qui tremblez en enten- « dant prononcer les mots de crochets, de:dents à pivots, de

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« dents à ressorts, rassurèz-vous; venez à moi sans crainte. « Plus de sang, plus de douleur, plus d'extraction ni de per- « foration de racines, plus de crochets, de pivots, de fils d'or, « de ressorts! j'ai rendu désormais inutiles ces cruels moyens « dont les dentistes se sont servis jusqu’à ce jour, sans songer « que leurs clients étaient exposés à des tourments atroces. À « l'avenir, une femme pourra mettre une dent artificielle à sa « mâchoire, aussi bien qu’elle met un dé au bout de son doigt. « Tout ce qu'on à dit et écrit sur l’odontotechnie est renversé « de fond en comble; les instruments, les substances seront « bientôt mis de côté pour toujours, et on n’en parlera que « comme de documents historiques dans les annales de l'art « du dentiste! »

« Je me suis convaincu, reprend plus loin M. Rogers, que la plupart des ouvrages son incomplets, parce que les auteurs n’y ont traité que des spécialités. L'idée m'est venue alors de réunir dans un seul livre toutes les connaissances relatives à l’art du dentiste. J'ai fouillé dans toutes les bibliothèques, j'ai traduit les ouvrages anglais, allemands, hollandais, espagnols et italiens ; j'ai fait un tableau synoptique de toutes les inventions, de toutes les opinions émises, de tous les procédés. Ces matériaux une fois réunis, j'ai commencé mon ouvrage que j'ai intitulé : ENCYCLOPÉDIE DU DENTISTE, Parce que je crois n'avoir omis aucune partie de la chirurgie dentaire. Après quinze années de recherches, je livre aujourd’hui mon œuvre au public, pour que mes confrères y trouvent réunis les doeuments dont ils ont besoin chaque jour; pour que les gens du monde le consultent comme un guide sûr qui leur indiquera les moyens les plus simples pour conserver les dents, pour en prévenir les maladies, etc., etc.

« Le public, juge souverain des hommes et de leurs œuvres, pèsera dans sa balance et l’auteur et le livre; s’il fait une sgale part des efforts et des sacrifices que je me suis imposés pour perfectionner l’art que je professe, et des longues recherches qu'a nécessitées mon Encyclopédie du dentiste, je n’aurai pas à-redouter son jugement.

« ...... Mes confrères y trouveront l’histoire de leur art, de ses progrès, l'exposé des doctrines des plus habiles praticiens, et des améliorations à introduire dans la chirurgie dentaire.

« Les gens du monde y trouveront des conseils basés sur des expériences multipliées et couronnées d’un plein succès ;

me nomenclature de remèdes contre l’odontalgie, de préservatifs pour la conservation des dents.

« Les mères de famille y liront avec intérêt le traité complet des deux dentitions, des dangers que courent les enfants dans cette pénible opération de la nature ; des moyens à prendre pour éviter non-seulement ces dangers, mais encore les douleurs qui peuvent avoir des suites très-funestes pour leurs plus chères espérances.

« Les’ adultes , les hommes et les vieillards ladopteront comme un manuel indispensable à celui qui apprécie les soins que demande l’organisation buccale.

« Enfin, les personnes que des accidents ou des maladies ont privées de leurs dents s’y convaincront de la supériorité de mes râteliers osanores sur tous les autres râteliers artificiels: »

On peut juger par ces simples citations du caractère et du savoir de M. Rogers. Ce n’est pas là le demi-savant dans l’art qu’il exerce, redoutant une concurrence qui effraie toujours le faible en présence du fort. C’est a contraire l’homme convaincu de sa supériorité qui donne largement à ses confrères le produit de ses veilles, de ses efforts, de ses travaux ; c’est l’homme sûr de son mérite réel, qui sait ce qu'il vaut, et qui ne craint point de protéger d’une égide puissante tous ceux qui désirent exercer ou qui exercent déjà la même profession que lui.

Et M. Rogers a raison :' les libéralités de l’homme de génie ne sauraient l’appauvrir. Le public qui, ainsi que le dit luimême l'inventeur des dents osanores, juge les hommes et les choses, préfère toujours avoir affaire au bon Dieu qu'à ses saints.

Nous aurions bien des choses à dire encore touchant M. Rogers et ses ouvrages ; nous aurions à citer quelques passages de son livre intitulé : Hygiène de la bouche pour toutes les professions, et, non moins utile, non moins remarquable que son Encyclopédie du dentiste ; mais le cadre de cet almanach ne nous permet pas de donner une plus longue extension à cet article. L’année prochaine, si nos prédictions pour cette année se sont accomplies comme nous l’espérons, nous dirons encore quelques mots de M. Rogers et de ses œuvres qui auront sans doute obtenu tout le succès qu’elles méritent à tant de titres.

Parmi les personnes pour qui la fortune sera prospère cette année, on remarquera l’un des plus habiles artistes de la capitale, Cet artiste, à qui le monde élégantdoit déjà une foule d'objets délicieux, dont lui-même porte sigracieusement les ravissants modèles, ne ressemble point à un grand nombre de ses confrères, pour mieux dire, peu de ses confrères lui ressemblent,

Quel est, en effet, l’homme exerçant la même profession que celui dont nous dironsle nom tout à l’heure, Fan soitl’ami, le compagnon de ses chients les plus huppes?... Notre artiste est toujours vêtu d’une manière irréprochable, Sa tenue, aussi élégante que modeste est journellement rem: rquée par les grandes dames, et plus d’une foiselles se sont demande, en le voyant promener sur les boulevards bras dessus bras dessous avec les lions que la fashion parisienne admire le plus, elles se sont demandé, disons-nous, quel pouvait être ce Jeune "élégant, à l'allure si aisée, à la taille si bien prise, et surtout si justement saisie par le riche habit. dont il sait la couvrir. L’hiver, notre artiste est rencontré au bois, dans nos premiers théâtres, dans nos grands concerts ; Fété, €’ est à Baden-Baden, à Cologne, à Spa, à Vichy, à Aix, à Bagnères , qu’on le ren contre encore. C’est toujours aux eaux comme à à Paris, à Paris comme aux eaux , l’hommele plus soigné qui se puisse trouver. Sa conversation est agréable, toutes ses façons, admirables, et ce qui complète le charme de sa personne, c’est qu il a toujours et partout ses poches pleines d’or. — Et cet or, il ne le doit pas, comme tous les jeunes PES qu’il fréquente, à l'héritage d’un ample patrimoine , au x largesses d’un oncle ou d’une tante, aux ressources du jeu ou de quelque chose autre encore, non ; il le doit uniquement au talent dont il est doué, à son esprit d'ordre, d'économie et de calcul; car il ne fait point de folles dépenses, d'entreprises ha sardeuses ; il ne gaspille rien, ne gâte rien, et il trouve le moyen, tout en rendant quotidiennement service à une grande partie de ses clients, de faire des bénéfices honnêtes qui lui permettent de mener l'existence honorable au milieu de laquelle il passe ses jours. Mais j'ai promis au lecteur le nom de notre artiste, et je dois le donner avant que de poursuivre mes observations : c’est M. À. Dussauroy, célèbre tailleur, rue Richelieu, n° 26; oui, M. A. Dussautoy, à qui la mode est redevable de tantet de si belles coupes; M A. Dussautoy,qui, bien mieux que l’orthopédie,

sait redresser une taille disgrac ieuse, cacher un défaut de con-

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formation, élargir les épaules, amincir la ceinture et faire sailhirles hanches; M. À. Dussautoy, qui coupe si habilement un costume d’amazone que la femme le moins favorisée de la nature pourrait se présenter comme modèle au pe eintré le plus exigeant, une fois qu’elle a revêtu cette robe à la Jupe longue et ample, au corsage ravissant; M. À. Dussautoy qui ajuste si bien un pantalon que celui qui le porte ne saurait plus désormais se souffrir dans tout autre; M, Dussai toy, dans les magasins de qui hommes et femmes trouvent à choisir tous les objets de toilette qu’il est possible d'imaginer ; M. Dussautoy, enfin, dont la bienveillance pour ses clients va jusqu'à les obliger

de sa bourse, lorsque ceux-ci, éprouvant une gêne momentanée,.

veulent néanmoins continuer incessamment de paraître dans le monde.

n l’année 184 16, le Mouvement, journal, aura envahi tous les

ménages de la | france et de l'étranger

Il donnera trois romans par jour. (Le Siècle sera enfoncé,)

Gare aux maris !

On dit pourtant que le Salon, journal, qui paraîtra tous les dimanches, doit lui rendre des points par la variété de ses articles dus aux plumes Les plus fougueuses de l’époque.

M. Gretry continuera à faire concurrence a Cellarius pour l'enseigne ment de la polka, rue de la Boule-Rouge, n° 5.

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