SUGGESTION MENTALE
n'est pas généralement considéré comme tel, parce qu'il peut n'être pas perçu i)ar l'individu sur lequel il se passe. Cependant ce mouvement est assez visible à l'extérieur pour pouvoir être compris très rapidement par certains sujets, comme nous en avons fait l'expérience ; et le fait ne surprend guère quand on voit par quel procédé les sourds arrivent à nous comprenilre. Or, qu'est-ce donc que la lecture des idées non exprimées, si ce n'est de la suggestion mentale?
Mais ce ne sont pas seulement les muscles qui jouent un rôle dans l'articulation, qui subissent des modifications de tension sous l'influence des excitations extérieures ou des représentations mentales : tous les muscles de l'organisme prennent part à cette modification (1). Il nest pas paradoxal d'admettre que certains sujets doués d'une sensibilité particulière soient capables de saisir ces changements de forme. Les expériences de graphologie entreprises par 3IIM. Richet, Ferrari et Héricourt constituent un autre procédé non moins intéressant pour montrer qu'à chaque état psychique correspond un état dynamique caractérisé par des phénomènes objectifs qu'il appartient à la physiologie d'étudier.
S'il est avéré (-2) que tout phénomène psychique s'accompagne de modifications vasculaires et par conséquent de modifications de couleur, de température, de sécrétion, etc., ilnest pas nécessaire de pousser l'hypoihèse à outi-ance pour accepter que des sujets qui sont doués notoirement d'hyperexcitabilité sensorielle soient capables de sentir ces modifications thermiques ou sécréloires, etc..
Uien ne se passe dans l'esprit sans une modification de la substance et personne ne peut dire à quel point ces modifications de substance cessent d'être saisissables. L'étude de la suggestion mentale ainsi réduite à la lecture de signes inconscients, comprend la recherche de nos réactions les plus subtiles, et la mensui-ation de la sensibilité difléi-entielle des divers sujets et en particulier des hyperexcitables dans leurs divers états ; elle ne doit pas être rejetée dans les sciences occultes, dans l'incognoscible : c'est une question de physiologie et des plus intéressantes.
(1) Ch. Féré, Senmtion et mouvement (Revue philoduphifjiu', octobre 1885, mars et juillet 1886).
(2) Cil. Féré, Chaïujemeitts de volume des membres sous l'iiiflueiire des excitations pi'riphi'riques et des repn'sentations mentales (liull. Soc. liiol., 1886, p. 399).