LE BARON DU POTET
sa colère, son désespoir et sa fureur, tout enfin prouve le trouble et rémotion de son âme. Ce n'est point un rêve, un cauchemar, les apparitions sont réelles ; devant lui se déroule une série d'événements représentés par des figures, des signes qu'il saisit, dont il se repait, tantôt gai, tantôt rempli de tristesse, à mesure que les tableaux de l'avenir passent sous ses yeux. Bientôt même, c'est le délire de l'emportement, il veut saisir le signe, et plonge en lui un regard terrible ; puis enfin, il s'élance et frappe du pied le cercle charbonné, la poussière s'en élève, et l'opérateur s'approche pour mettre fin à ce drame rempli d'émotions et de terreurs. » Du Potet, homme sincère, mais enthousiaste, et incapable de toute recherche scientifique, expliquait les eftets de son miroir en faisant intervenir la magie. Plus tard, Gigot-Suard est parvenu à rc'péter la même expérience sur des sujets hypnotisés. On ne saurait croire toutes les extravagances qui furent publiées vers cette époque, par les magnétiseurs de profession. Ce fut le temps des tables tournantes, des esprits frappeurs, des apparitions de M. Home, et de toutes les autres excentricités du spiritisme. Lacordaire fît dans la chaire de Notre-Dame, en 1846, adhésion au magnétisme, qu'il considère comme le dernier rayon de la puissance adamique, destiné à confondre la raison humaine et à l'humilier devant Dieu ; c'est un phénomène de l'ordre prophétique. {Œuvres de Lacordaire, t. III, p. 246; Paris, 1861). II ajoute même : « Plongé dans un sommeil factice, l'homme voit à travers les corps opaques, il indique des remèdes qui guérissent, il paraît savoir des choses qu'il ne savait pas. » Quelques autres membres du clergé allèrent plus loin, et pratiquèrent le magnétisme dans le but avoué d'obtenir des révélations sur les choses d'en haut. La cour de Home finit par intervenir à plusieurs reprises. En 1856, une lettre encyclique de la Sainte Inquisition romaine universelle fut envoyée à tous les évêques pour combattre les abus du magner tisme. En voici le texte traduit du latin (1) :
(1) Cité par Mabru, les Magnétiseurs ; Paris, 1858.
sis LE MAGNÉTISME ANIMAL