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CULTURE PHYSIQUE DU REGARD

Par la culture physique du regard, on entend le développement des muscles et des nerfs des yeux, amené à son plus haut degré.

Cet exercice est rendu plus facile à ceux qui se sont déjà préoccupés de la culture de la pensée et des contagions fluidiques, pour la démonstration desquelles un exercice physique est toujours indispensable.

Il n’est pas moins nécessaire à celui qui veut acquérir la puissance magnétique du regard.

Pour permettre à l’œil de devenir un organe transmetteur de fluide vital, on doit s’astreindre à des exercices, dont la matérialité semble, tout d’abord, étrangère à toute idée psychique.

Cependant, sans ce travail, purement mécanique dans les premiers temps, la transmission de la volonté par le regard ne pourrait exister.

11 faut donc s’astreindre à pratiquer cet entraînement pour obtenir la maîtrise du regard, connue sous le nom de « regard magnétique. »

Le premier principe de ces exercices est de s’astreindre à la fixité la plus complète qu’on puisse obtenir.

C’est avec méthode, et progressivement, seulement, que l’on arrive à garder les yeux longtemps ouverts sans cligner des paupières.

On a longtemps préconisé la fixation d’un point, tracé sur une surface de couleur différente, mais les Yoguis, qui, comme on le sait, détiennent le record de

la puissance fascinatrice de l’œil, prétendent que le cristal est infiniment préférable.

Il est bien connu, du reste, que tous les amateurs de sciences psychiques attribuent au cristal des propriétés spéciales de magnétisme vital.

Les nouveaux adeptes de magnétisme visuel recommandent, au lieu de la cible formée d’une tache, qui fut longtemps en honneur, l’usage de la boule de cristal, placée à quarante ou soixante centimètres de l’oeil, suivant l’étendue de la vue du sujet.

Il s’agit donc de s’installer, le plus aisément possible, de façon à faire, autant qu’il se peut, abstraction des sensations corporelles qui ne se rapportent pas à la perception visuelle.

Cela fait, on fixe le cristal brillant en s’appliquant à ne pas cligner des yeux et à ne pas les en détourner.

Les premiers essais, il faut le prévoir, amènent presque toujours un insuccès, car, pour les débutants, le battement des cils ne peut être évité pendant plus de quelques secondes,

De plus, les yeux qui n’ont pas encore acquis la force nécessaire pour pratiquer la fixité, s’emplissent très vite de larmes.

Dès qu’on sent le picotement précurseur des pleurs, il faut s’arrêter, se bassiner les yeux avec de l’eau fraîche, ou encore avec une solution d’eau de feuilles de roses, mélangée, à haute dose, d’eau stérilisée.

Ces lotions sont, du reste, recommandées à ceux qui cultivent la force musculaire de leurs yeux et ils se trouveront bien d’en faire usage plusieurs fois par

jour, lors même que leur regard aura acquis la puissance à laquelle tendent leurs efforts.

Les néophytes se garderont soigneusement de se décourager, si, dans les premiers temps, ils n’obtiennent que des résultats très brefs.

Il est, en effet, difficile d’arriver à plus d’une minute de fixation, dès le début.

Plus lard, on obtiendra sept, huit, jusqu’à dix minutes de complète immobilité de l'oeil.

Dès qu’on sera en possession de ce pouvoir, il sera temps de songer à compliquer les exercices :

On tournera les yeux, en projetant le regard de haut en bas, de gauche à droite, puis ensuite dans un mouvement de rotation, dont la boule de cristal sera le centre.

Ensuite, on ouvrira les paupières dans leur plus grande extension et on les abaissera, sans cesser de fixer le point brillant.

Après avoir obtenu ainsi plus d’une minute de fixité, on pourra passer à l’exercice du miroir.

Celui-là ne doit être commencé que si l’on se sent suffisamment préparé pour ne point se laisser dominer par l’impression étrange qui s’en dégage.

Il s’agit de plonger son regard dans un miroir et de s’y contempler au fond des yeux, pendant tout le temps qu’on pourra subir cet effort sans faiblir, c’està-dire sans cligner des paupières.

Les personnes très nerveuses échappent difficilement à la fascination de leurs propres prunelles, et, dans les premiers temps, se trouvent obligées à un

petit effort pour s’arracher au double miroir d>e la glace et de leurs yeux.

Peu à peu, la force musculaire de l’œil se développant, elles pourront prolonger cette contemplation en surveillant les mouvements de leur physionomie, c’està-dire en veillant à ne lui laisser reproduire aucun reflet de leurs impressions intérieures.

Témoigner ouvertement de ses sensations intimes est une faiblesse et ceux qui désirent maîtriser les pensées d’autrui en les dominant par la suggestion du regard, doivent commencer par se maîtriser euxmêmes.

Lorsque la fixation du miroir est obtenue sans défaillance pendant deux à trois minutes, il est indispensable de se livrer à l’exercice suivant :

Sans cesser de plonger ses regards dans ses propres prunelles, on tournera lentement la tête, on l’élèvera, l’abaissera, tout en fixant fortement la glace.

Ce mouvement sera d’abord exécuté lentement, puis plus vite et on cherchera à le prolonger pendant une minute d’abord, puis un temps plus long, ensuite.

Ceci est indispensable pour affermir les nerfs des yeux, en même temps que le fait de subir longtemps, sans broncher, la fascination de son propre regard préparera à supporter sans faiblir les regards étrangers.

Là s’arrête cette première partie des exercices physiques, qui paraîtrait purement mécanique, si elle ne devait être accompagnée d’une attention, polarisée uniquement vers le but qu’on se propose.

Ce but doit résider surtout dans le désir puissant de

fournir l'effort musculaire, nécessaire pour jeter à autrui le regard qui doit l’impressionner.

Il consiste encore dans la volonté ferme d’exercer sur les autres une domination qui ne s’étendra qu’aux choses d’essence absolument supérieure.

On continuera donc en s’efforçant, non plus de plonger en ses prunelles, mais de fixer son reflet dans le miroir, entre les deuxyeux, à la racine du nez.

C’est ce que Turnbull appelle : le regard central.

Les Yoguis le nomment Regard de Siva.

Chez les sujets dont le système sensitif est très développé, ce point est impressionnable, non seulement au toucher, mais encore à la perception d’un regard nettement appuyé.

On recommencera donc la série des exercices en fixant les yeux à la base du nez, et, comme on l’a fait pour les prunelles, on cherchera à prolonger tous les jours la durée de la fixation.

Lorsqu’on aura atteint sept ou huit minutes, sans que les larmes coulent, et surtout, sans que la fatigue se fasse sentir, on alternera avec les exercices du début, mais en les faisant précéder d’une concentration absolue de la volonté, sur le désir que l’on veut exaucer.

Il s’agit donc d’obtenir un détachement matériel complet, et d’oublier, ainsi que nous l’avons dit, l’existence du corps, pour ne songer qu’à celle de la personnalité immatérielle, dont l’unique pensée sera dirigée vers un seul but : l’acquisition de la puissance magnétique du regard.

Il ne faut pas oublier, non plus, que le pouvoir

magnétique du regard est toujours proportionné à l'intensité avec laquelle on se représente l’image dont la pensée revêt la forme.

L’insuffisance d’évocation amènerait la faillite du pouvoir de l’œil, car il est impossible de déterminer la contagion des pensées, si l’on n'est soi-même pénétré de la volonté qu'il est question d’insuffler aux autres.

Ce qu’on appelle la projection du regard est, en même temps, la projection dans l’esprit de l’interlocuteur de l’énergie qui nous anime.

C’est la cause de l’attraction invincible, forçant sa pensée et sa volonté propres à se réfugier en celles de celui qui sait dominer les autres.

Il est donc indispensable que cette force soit à l’abri de la vanité des impulsions, qui, en amenant la divergence de pensées, créerait infailliblement des centres divers d’attraction, dont la multiplicité engendrerait la faiblesse.

La neutralité du rayonnement fluidique du regard est inconnue à ceux qui, pénétrés d’une volonté ferme, après s’être exercés physiquement, ainsi que nous venons de le décrire, concentrent leurs efforts moraux sur l’échange qui se fait entre leur autorité génératrice et la soumission réceptrice de l’interlocuteur, par l’entremise du magnétisme de l’œil.

Avant de l’exercer définitivement, il sera bon de se livrer à quelques exercices pratiques qui donneront la mesure de la science acquise.

Par exemple, si, étant à la fenêtre, vous voyez venir vers vous une personne dont l’aspect semble irrésolu,

un peu effacé, fixez-la fortement avec une volonté précise de lui faire lever les yeux.

Si vous la voyez lever progressivement la tête, comme attirée par un aimant invisible, n’en doutez pas, vos efforts ont été couronnés de succès et vous possédez le pouvoir de l’œil.

Il vous sera, du reste, loisible de vous en convaincre à nouveau en exerçant votre puissance, soit sur les indifférents, soit sur vos amis.

Si vous êtes pénétre des règles que nous venons d’exposer, le résultat sera le même vis-à-vis de tous, à condition de n’oublier jamais que si l’intelligence est la servante de la pensée, l’idée conçue en vue de la réalisation par la force du regard, doit toujours être pure de tous mauvais ferments, pour recevoir son application complète.

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