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CONCLUSION

Le Système et la Pratique du Magnétisme animal offrent deux objets distincts et séparés ; et d'après tout ce que j'en ai dit précédemnenfc , j'en conclus que l'un est une chimère , et l'autre une réalité.

Ce Système est une chimère , parce qu'il suppose un fluide appelé magnétique animal, dont;

{ 2i6 ) l'existence n'a jamais pu être prouvée, et tous les savans jusqu'aujourd'hui l'ont constamment rejeté.

Cette Pratique , au contraire , est une réalité , parce qu'elle n'a cessé depuis plus de quarante ans de produire et reproduire jusqu'à ce jour, et en grand nombre, des phénomènes remarquables et des guérisons éclatantes.

Ces phénomènes doivent être considérés sous le double point de yue de la physiologie et de la psycologie, c'est-à-dire de la science de la nature et de la science de l'âme.

Des phénomènes de physiologie et de psycologie ont été produits de tout temps jusqu'à nos jours , soit spontanément , soit artificiellement : on en trouve la trace jusque dans la plus haute antiquité ; mais les récits que nous en font les auteurs anciens et modernes sont presque toujours exagérés , et ne présentent le plus souvent que des faits invraisemblables et surnaturels.

Ces phénomènes sont produits spontanément lorsque les individus chez lesquels ils se manifestent éprouvent un certain état nerveux et une certaine disposition de 1 ame. Ils sont produits artificiellement par divers procédés qui, de tout temps , paraissent avoir été mis en usage. Ceux qui en avaient connaissance en ont toujours fait un mystère jusqu'à l'époque de la dé-

couverte des procédés dits' du Magnétisme animal par Je docteur Mesmer. Ce médecin allemand est le premier qui donna en quelque sorte les dehors d'une véritable science à de pareils procédés, que ses disciples ont ensuite simplifiés et perfectionnés. Mesmer en avait d'abord fait un secret, auquel il attacha un prix qu'il parvint à obtenir. Aujourd'hui la pratique du Magnétisme est à la portée de tous ceux qui veulent s'en instruire , et ils peuvent l'employer avec succès , s'ils y ont des dispositions convenables. Je parlerai ailleurs de ces dispositions , qui dépendent beaucoup de la susceptibilité du genre nerveux de ceux qui veulent employer cette pratique.

Les procédés qui de tout temps , ainsi que je viens de le dire , ont été mis en usage pour produire des phénomènes de physiologie et de psycologie , n'ont été proprement appelés magné tiques-animal que par des physiologistes modernes , qui , dès les i5e , 16e et 17e siècles, ont publié à ce sujet des opinions systématiques. Cette dénomination de Magnétisme animal n'était que très-peu connue dans l'antiquité. Ces procédés, qui ont pris naissance dans les pays chauds, où l'imagination est plus susceptible d'exaltation, pourraient être appelés, à plus juste titre, les Procédés du Magnétisme animal de l 'imagination , parce que Tac lion de ce Magnétisme imaginaire

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s'exerce réciproquement par l'intervention des sens entre deux êtres animés. Cependant je conviens que cette dénomination n'est pas encore telle qu'elle devrait être ; il faudrait qu'elle fût plus générale et de manière à pouvoir être adoptée par ceux qui soutiennent différens systèmes. Le mot fluide également ne doit être employé dans cette discussion que par métaphore , c'est-à-dire comme renfermant une espèce de comparaison par laquelle on transporte ce mot , de son sens propre et naturel, dans un autre sens. C'est ainsi qu'un célèbre physiologiste (i), en parlant, du sentiment de Famour, a dit très-éloquemment : Aimer , c'est exhaler sa vie ; elle jaillit dans les regards. Si ce principe vital qui jaillit dans les regards est appelé fluide et pris au pied de la lettre , il n'y aurait plus de raison qui empêcherait d'employer le mot fluide pour dénommer toutes les influences morales, et ce serait en quelque sorte matérialiser toutes ces influences. Ce ne peut donc être que métaphoriquement parlant, si on se sert du mot fluide pour désigner le Magnétisme animal , appelé aussi par quelques magnétistes fluide de volonté ; et toujours serait-il vrai que l'action de ce fluide aurait été exercée par l'imagi-

(i) Voyez l'Art de perfectionner l'homme, par M. le docteur Virey , Tom. I", pag. 323. Paris , 1818. Deux vol. iu-8°.

nation , et que les effets en seraient toujours du domaine de l'imagination. Les partisans de la réalité de ce fluide ne peuvent pas apparemment comprendre ce que c'est que le sens métaphorique d'un mot ; et parce qu'en étendant la main ils produisent un effet, les magnétistes ne s'imaginent-ils pas naïvement que cet effet est produit par un fluide agissant , sorti du bout des doigts de leur main. Ils ne vont pas au-delà. Telle est la source de leurs illusions , de leurs erreurs et de leurs dogmes absurdes. Quoi qu'il en soit, on remarque que, de tout temps, les procédés du Magnétisme de l'imagination , et principalement ceux qui , dans l'antiquité , provoquaient YHypnoscopie (1) et les crises nerveuses de toutes espèces , avaient beaucoup d'analogie avec les moyens que nos magnétiseurs modernes mettent en usage aujourd'hui.

Ceux qui , dans les temps reculés , employèrent des procédéspour produire artificiellement des phénomènes de physiologie et de psycologie, furent :

i°. Les Prêtres des faux dieux, qui, avec des procédés cachés sous le voile des mystères sacrés 3 dirigeaient dans leurs temples des crisiaques, tels que des pythonisses, des sybilles , des ora-

(i) Voy. l'explication de ce terme scientifique aux pages i3a à *34 qui précèdent.

clés., etc. Les prêtres en Egypte connaissaient aussi de pareils procédés , et ils les employaient plus particulièrement à la guérison des maladies. Tous ces prêtres étaient des espèces de magnétiseurs, et le fond de leurs mystères n'était autre chose que ces mêmes procédés , qu'ils ne révélaient qu'à ceux qu'ils jugeaient dignes d y- être initiés. Qu'on juge maintenant de l'importance qu'ils devaient y mettre, puisqu'ils produisaient véritablement des phénomènes merveilleux et des guérisons étonnantes., avec lesquels ils en imposaient d'une manière si puissante aux peuples ignorans , au point de faire croire au stupide vulgaire qu'ils étaient en contact immédiat avec la Divinité.

2°. Les Magiciens , dont il y eut toujours un assez grand nombre dans tous les tem^s. Ils obtenaient un grand crédit parmi le peuple , en guérissant toutes sortes de maladies et en fascinant les yeux des ignorans par des prestiges de physique. La plupart étaient eux-mêmes des crisiaques. On pourrait aussi les considérer comme les physiciens de ces temps d'ignorance. Ils faisaient également pour leur propre intérêt un mystère des connaissances plus ou moins étendues qu'ils avaient acquises en physiologie, ou qui leur avaient été enseignées en se faisant initier dans les temples des faux dieux , dans les-

ijuels se pratiquaient des mystères. À la différence des prêtres qui avaient une résidence fixe, les Magiciens , non résidens , mais imbus des mêmes dogmes, instruits des mêmes procédés, et doués de la faculté d'opérer des phénomènes merveilleux , et sur-tout des guérisons éclatantes qui ont tant d'empire sur le peuple , parcouraient le monde pour leur compte, cherchant à faire des dupes. Ils remplissaient plutôt le rôle de charlatan que celui de professeur de la science physiologique et thérapeutique (i). Chacun d'eux se réservait la gloire de produire des expériences bien naturelles, mais toujours étonnantes et miraculeuses aux yeux du peuple. Ils rivalisaient entre eux et cherchaient à se surpasser ^ et quelquefois à se supplanter les uns les autres. Quelques - uns eurent l'audace de vouloir lutter contre des hommes privilégiés ; tels les magiciens des Pharaons d'Egypte 3 qui osèrent se mesurer avec Moïse; tel Simon-le-Magicien (2) 5 qui, voulant

(1) Thérapeutique , s. f . , partie de la médecine qui a pour objet le traitement des maladies ; tiré du grec ^itwxîûa ( thérapeuô ) , servir , prendre soin , remédier ; d'où $-ipct7revTtxôç ( thérapeuticos ) , qui prend soin , qui guérit , etc.

(2) S imon-le- Magicien , né vers l'an 6 de J. C. , à Gitron , au pays de Samarie ; mort Tan 66. Il séduisait le peuple par des prestiges et des guérisons sans nombre. Il eut l'audace de vouloir rivaliser avec J. Ç. et ayec ses disciples, en se faisant

étonner et séduire le peuple par des prestiges et des guérisons, fut déjoué par saint Pierre

passer pour le fils de Dieu , et en opérant de prétendus miracles et des guérisons magnétiques qui lui acquirent une grande réputation dans plusieurs viltes , et principalement à Rome , où il passait pour un dieu , et où des statues lui furent érigées comme tel. Cependant il fit bien voir qu'il regardait les Apôtres comme au-dessus de lui, puisqu'il leur offrit de l'argent pour obtenir , comme eux , le don de faire descendre le Saint-Esprit sur ceux auxquels il imposerait les mains, ce qui le fit maudire par saint Pierre; et c'est de là qu'est venu le mot simoniaque. {Voyez les Actes des Apôtres, chap.VIII, versets 9 à i3 . et 18 à 24. ) Ce magicien étant à Rome , entouré de nombreux partisans dont il avait fasciné les yeux par les prestiges et les guérisons qu'il y opérait, annonça qu'en sa qualité de fils de Dieu il monterait au ciel , et il indiqua le jour auquel il exécuterait son ascension. Plusieurs historiens racontent qu'en effet ce magicien , en présence de l'empereur Néron et d'une foule de peuple accouru à ce spectacle, était parvenu à s'élever dans les airs, jusqu'à une certaine hauteur, dans un charriot de feu mis en mouvement par deux démons,; mais que saint Pierre et saint Paul , qui étaient présens , le firent tomber à terre par la force de leurs prières. ( Voyez l'histoire et la fin malheureuse de ce magicien, dans plusieurs historiens et Pères de l'Eglise, savoir : Saint - Irénée, liv. I, chap. 20; Saint - Epiphane , de Jlercs. , chap. 21 ; Saint-Cyrille de Jérusalem, Calèches. G ; Terlullien , de Anima, chap. 16 ; Apolog., chap. i3 ; Eusèbe , Hist. , liv. II , chap. 12 ; Origène , Contra Celse , liv. I et V -, Arnobe , Contra gentiles , lib. II. ) C'est ainsi que , dans ces siècles d'extrême ignorance , des écrivains nous transmirent de pareilles fables : passe encore si on pouvait apercevoir dans ce charriot de feu , élevé dans les airs , une montgolfière avec son réchaud rempli de matières combustibles allumées.

et par saint Paul. Apollonius de Tyanes (i) et Apulée (2) furent aussi des espèces de crisiaques

(1) Apollonius de Tjanes , né en Cappadoce, peu d'années avant J. C. Il se livra d'abord à l'élude de la philosophie, se fixa ensuite dans le temple dCMgcc , consacré à Esculape , fameux par les miracles que ce dieu delà santé y opérait par des moyens extraordinaires. Les prêtres de ce temple ayaut reconnu des dispositions convenables dans Apollonius, l'initièrent à leurs mystères et à leurs procédés. Ce nouvel adepte 9 doué d'un enthousiasme extrême , et voulant se perfectionner dans la carrière qu'il avait emijrassée , parcourut un grand nombre de temples où se pratiquaient des mystères , à Ninive , à Ephèse , à Smyrne , à Athènes , à Corinthe , etc. Il alla jusqu'aux Indes conférer avec les prêtres brachmanes , visita les mages chez les Perses, et les gjmnosophisles en Egypte. On voit que la dénomination de magicien n'est autre que celle des prêtres persans très-habiles dans l'art de guérir par des procédés qui d'abord furent appelés magiques , et que les modernes appellent magnétiques. Apollonius dont la célébrité est établie sur des merveilles étonnantes et des guérisons sans nombre , était philosophe pour les sages , et magicien pour le peuple. De son vivant, il fut appelé dieu , et les payens de ces temps comparèrent ses miracles à ceux de J. C. , dont il était le contemporain , et , au dire des mécréans , le compétiteur, ou l'appelant Yhomme-dieu sur terre. Si Apollonius , qui , sans contredit, avait acquis de grandes connaissances en physique, en métaphysique et en psycologie , par sa fréquentation dans les temples avec les prêtres qui l'avaient initié à leurs mystères; s'il eût , dis-je , publié et professé ces différentes sciences sous leur vrai point de vue , il aurait rendu un plus grand service à l'humanité , et diminué sans doute la masse des maux qu'on a depuis reprochés si justement à l'ignorance , à la superstition et au fanatisme.

(2) Apulée (Lucius), né à Madaure , ville d'Afrique ; vers

qui passèrent pour de fameux magiciens , et qui possédèrent aussi divers secrets de physiologie, au moyen desquels ils étonnaient les peuples ignorans. Tous ces magiciens durent leur réputation , soit à un certain état nerveux qu'ils éprouvaient , soit à quelques secrets en physique , ainsi qu'à leur adresse, au hasard., à la supercherie, etc. La plupart d'entre eux avaient fréquenté les temples des faux Dieux, et en s'y faisant initier aux mystères des prêtres qui y fixaient leur séjour , ils n'en étaient devenus que plus habiles pour mettre en usage de pareils moyens.

En considérant l'origine et l'établissement de toutes les Religions , on reconnaît évidemment que ceux qui les ont fondées et ceux qui les ont prêchées, se sont appliqués à justifier leur mission par des prodiges et des guérisons sans nombre , opérés la plupart avec des moyens que j'ap-

l'an i3o de J. C. L'un de ses ouvrages le plus connus est sa métamorphose allégorique de l'Ane d'or K imité du grec de Lucius Patras. Le désir de voyager et le besoin d'accroître ses lumières lui firent parcourir un grand nombre de temples des faux dieux , et de s'y faire initier dans les mystères sacrés. Il fut admis à Rome au nombre des prêtres d'Osiris. Ces mystères , en général , consistaient en secrets de physiologie et de psycologie , au moyen desquels, ainsi que ses maîtres en magie s Apulée parvint à se faire une grande réputation par des prestiges et par de nombreuses guérisons que les payons élaient assez hardis d'opposer aux miracles de J. C.

pellerai magnétiques , faute d'une dénomination plus généralement admise. Qu'on ne m'accuse pas de vouloir comprendre dans ces différentes religions celle du christianisme 3 qui s'est également établie à la faveur de prodiges , de miracles et de guérisons sans nombre. Cette religion est au-dessus de toute comparaison, et je m'abstiendrai, par respect, de pousser plus loin mes raisonnemens à cet égard. Cependant il est un grand nombre de guérisons opérées par des hommes pieux , professant la religion orthodoxe. Ces hommes n'ayant point été canonisés , et les guérisons opérées par eux ou par leur intercession n'ayant point été déclarées surnaturelles par l'Eglise, il est bien permis, sans encourir de reproches , d'avoir des opinions diverses sur les causes qui ont pu produire ces sortes de guérisons. Je dirai à ce sujet qu'un auteur anonyme du temps de Mesmer a traité cette matière. Il a été plus loin, en établissant que parmi les miracles de guérison, opérés par J sus -Christ, quelques-uns sont Ae la nature de ceux qu'on peut produire par les procédés du Magnétisme animal. On m'a assuré que cet ouvrage était resté manuscrit. Lorsque je pourrai me le procurer , je m'empresserai de l'insérer dans nos Archives, si la publication n'en présente aucun inconvénient. Un auteur plus moderne, qui, sans doute,

aura eu connaissance du premier manuscrit , a écrit dans le même sens et a adopté la même opinion. J'ai entendu la lecture de cet écrit , qu'il paraîtrait utile de publier. Je ferai également mes efforts pour en faire jouir le public. Je me propose , enfin , de faire paraître un Essai biographique sur les Thaumaturges qui se sont rendus plus ou moins célèbres dès la plus haute antiquité jusqu'à nos jours. Les phénomènes de physiologie et de psycologie qu'ils ont produits partent tous du même principe et se lient avec ceux qui s'opèrent par les procédés des magnétiseurs d'aujourd'hui. Le tableau en sera curieux, et sa publication ne pourra qu'en être utile pour le développement da la science du Magnétisme animal. Je consacrerai à la fin de cet essai un article séparé, pour les animaux que je me permettrai d'appeler thaumaturges , c'est-à-dire de ceux qui dans l'Histoire ancienne et moderne ont offert des phénomènes bien étonnans d'intelligence , de pressentimens , de prévisions , etc. , qu'il est difficile et semblent quelquefois impossible d'expliquer. Pour donner une idée des phénomènes dont je veux parler , je renvoie à ceux déjà rapportés plus haut dans le courant de cet écrit , page 16G et suivantes. Ces phénomènes ont de l'analogie avec ceux que les procédés du Magnétisme animal produisent, soit entre des hommes seulement, soit

entre des hommes et des animaux. J'essaierai par la suite de développer cette analogie.

3°. Vers les i 5e, 16e et 17e siècles , des physiologistes et d'autres personnages plus ou moins instruits dans les sciences > connurent aussi des moyens naturels différens de ceux qu'emploie la médecine ordinaire , pour opérer des guérisons aussi nombreuses qu'étonnantes. Plusieurs d'entre eux furent en quelque sorte les premiers qui se servirent de la dénomination de Magnétisme animal pour désigner ce genre singulier d^exercer la médecine d'imagination. Cependant on ne peut pas dire que leurs opinions concernant le fluide du Magnétisme animal aient jamais été à la hauteur du dogme et de la doctrine des Magnétistes de nos jours , sur la réalité et le mode d'action de ce fluide imaginaire. Ces physiologistes et autres personnages acquirent de la réputation, soit par leurs écrits, soit en guérissant un grand nombre de maladies ; mais aucun d'eux ne divulgua le secret de sa pratique , ou du moins ne l'a réduit en préceptes, de manière à en rendre l'usage et renseignement faciles pour le commun des hommes. Il n'a donc existé qu'un certain nombre d'individus doués de la faculté de guérir les malades par de tels procédés , lesquels consistaient principalement à imposer les mains ou à faire des frictions et des attouchemens.

Je vais nommer ici un petit nombre de. ceux gui annoncèrent dans leurs écrits cette nouvelle méthode d'exercer la médecine magnétique , que la plupart mirent eux-mêmes en usage , tels Pomponace , 'Paracelse, Van-Heluiont père et fils; Goclenius , Valentin - Basile , Greatreks , Gaswer, etc. , etc. Je renvoie aux notes placées cidessous (i) pour offrir quelques notions abrégées,

(i) Les différens personnages sur lesquels je vais donner quelques notices abrégées sont :

ï°. Pomponace [Pierre ) , né à Mantoue en 1462 , mort en i5z5. Il fut auteur de plusieurs ouvrages savans , dont l'un , qui traite des enchanlemens , fut vivement attaqué dans un siècle d'ignorance et de préjugés. L'auteur voulait prouver que la magie et les sortilèges provenaient de causes naturelles qu'on n'avait pas su découvrir, et ne devaient pas être attribués aux démons. Ce livre fut mis à l'index.

20. Paracelse , né à Einsidt , canton de Zurich , en i4<)3 , mort en j5,{i. Il était issu du fils natureld'un prince. Après avoir fait des progrès dans la médecine ordinaire , il se livra à la médecine occulte et s'acquit une grande réputation en guérissant des maladies réputées incurables. Il était si infatué des procédés qu'il avait appris e*t de ceux qu'il avait découverts, qu'il se rendit -ridicule par ses invectives contre les médecins et la médecine. Ses rodomontades lui attirèrent des -ennemis. Il fut auteur de plusieurs livres assez mal rédigés , où il expose sa doctrine dans un style obscur.

3°. Van-Helmont ( Jeun-Baptiste ) , fameux médecin brabançon , né à Bruxelles en 1577 , mort en 1644 : issu d'une famille noble et illustre , il embrassade préférence la profession de médecin. Il fut opposé aux sentimens de Gallien ; et donnant dans <seux de Paracelse, il pratiqua la médecine d'une manière qui

mais intéressantes , sur ces différens personnages,, D'autres individus plus ou moins connus , et

lui acquit une grande réputation, Il employa divers secrets que^ lui enseigna un empirique avec lequel il s'était lié. Il fit des cures si surprenantes, qu'il fut soupçonné de magie et dénoncé au tribunal de l'Inquisition, qui, adoptant cette idée ridicule , le fit arrêter et mettre en prison pour lui faire expier sans doute le crime d'avoir annoncé des opinions nouvelles et utiles , et d'avoir essayé d'éclairer l'ignorance qui, dans tous les temps, s'arma de l'autorité arbitraire pour repousser les lumières par des moyens tyranniques et inhumains. A.près avoir gémi quelque temps au fond des cachots du Saint- Office , dénomination qui semble dérisoire, mais que ce tribunal de sang se donnait à luimême , Van-Helmont échappa des mains de ses bourreaux et se réfugia en Hollande. Il fut auteur de plusieurs ouvrages , et entre autres de celui intitulé : De Magnetica vulnerum naturali et légitimât, curatione, contra Joh. Roberti. Soc. Jesu. Paris , 1621. Un autre médecin , Goclenius > dont nous parlerons ci-après 9. avait aussi fait un Traité sur les guérisons magnétiques , et répondit au jésuite Roberti , qui attribuait au démon-une partie de ces sortes de guérisons. Van-Helmont prenant part à la dispute r. reprochait à Goclenius d'avoir confondu la sympathie avec le Magnétisme. Ce dernier agent n'était , disait-il , qu'une propriété occulte , appelée ainsi à cause de son analogie avec l'aimant ; ce qui prouverait que Van-Helmont n'admettait le mot de Magnétisme que métaphoriquement parlant. Le fils de Van - Helmonfc ( François Mercure ) pratiqua aussi la médecine d'après les principes de son père.

4<>. Goclenius {Rodolphe) ^docteur en médecine, né à Wittemberg en Saxe, l'an 1572 , mort en 1621. Il est traité par ses critiques , d'écrivain crédule et enthousiaste 5 cependant on a de lui un assez grand nombre d'ouvrages remplis d'observations utiles. Il adopta , ainsi qyizParacelseï et Basile-Falentin ? .11»,

( a3o ) dont la plupart sont des hommes de la campagne, guérissent également par des altouchemens. On

Magnétisme propre à l'économie animale , tel à-peu-près que Mesmer l'a présenté de nos jours. Si Van-Helmont reprocha à Goclenius d'avoir confondu la sympathie avec le Magnétisme animal , que celui-là considérait comme une propriété occulte non prouvée, Goclenius fut convaincu de la nécessité d'émouvoir les sens par des sensations , et non par un acte mental de volonté seulement , doit il sentait l'insuffisance, cardans ses procédés il avait recours à des exorcismes qui consistent à mettre en œuvre des pratiques et un cérémonial qui , sans contredit , agissent sur les sens , et par conséquent sur l'imagination.

5°. Valentin ( Basile ). C'est sous ce masque que se cacha un habile chimiste du 16 ' siècle , que quelques-uns ont présumé être un bénédictin d'Erfurt , mais dont on ignore le vrai nom. Il est auteur de plusieurs ouvrages dont la plupart traitent de la pierre philosophale. Il avait aussi adopté le système d'un Magnétisme propre à l'économie animale, tel à-peu-près que l'a reproduit Mesmer. Cette opinion , adoptée par Goclenius , fut réfutée par "Van-Helmont , qui , en admettant la dénomination de Magnétisme animal , traite de vertu occulte non démontrée celle qu'on attribue à ce Magnétisme. On doit remarquer que c'est depuis Mesmer qu'on s'est servi ouvertement du mot dejluide pour désigner celle vertu occulte du Magnétisme animal.

6°. Greathekes {Valenlin) (on prononce Grctrix ), gentilhomme irlandais , né àWaterfurt en 1628, mort après 1680. II se livra de butine heure à la contemplation, et en contracta si bien le penchant, qu'il ne le quitta jamais entièrement. Une sorte d'inspiration qu'il croyait venir du Saint-Esprit lui fit croire au don de guérir les écrouelles. Des succès lui donnèrent une confiance extrême ; et sans entrer dans de plus grands détails sur cet homme singulier , dont plusieurs biographes ont écrit la vie , je dirai que Greatrekcs entreprit là

les appelle faucheurs. Ceux-ci ne connaissent pas même la dénomination systématique de Magné-

guérison de toutes sortes de maladies , et qu'il opéra des cures innombrables et étonnantes. Sa méthode , qui est en partie la même que celle de nos magnétiseurs , consistait à appliquer sa main sur la partie malade 3 et à faire de légères frictions de haut en bas. Il touchait même ceux qu'on appelait possédés ou obsédés du démon , et parvenait à les calmer. Il eut des partisans et des détracteurs en grand nombre. On ne remarque dans ses écrits aucun système sur les procédés qu'il employait. On est porté à croire qu'il ne connaissait pas le fluide magnétique animal , et on lui prête des opinions qu'il n'est point prouvé avoir eues. On doit le considérer comme une espèce de crisiaque dont l'esprit exalté par un certain état nerveux le mettait en état d'agir sur l'imagination de ceux qu'il voulait guérir. II lui fut défendu , par sentence d'une cour ecclésiastique , de mettre en usage de pareils procédés. Cependant il fut appelé à la cour de Londres, où il obtint peu de succès. Il en eut davantage dans la ville. On remarqua malignement qu'il magnétisait avec plus d'attention les femmes que les hommes ; mais on ne lui reproche pas d'en avoir abuse. Cette remarque , mal à propos maligne , ne pouvait indiquer qu'une chose très - naturelle , car j'ai observé constamment , dans le Magnétisme mesmérien , que la différence des sexes entre l'agent et le patient donne toujours plus d'intensité à l'action magnétique , ou , pour mieux s'exprimer , à l'action réciproque de l'imagination. Il est bien probable que les relations qui nous sont parvenues sur les cures extraordinaires opérées par Greatrekes aient été exagérées. Cependant on serait taxé d'ignorance aujourd'hui , si l'on voulait , comme Saint - Evremont , affecter une incrédulité complète contre le prophète irlandais ( c'est ainsi que cet auteur le nommait ). Les progrès des connaissances humaines sur la réalité de certains phénomènes de physiologie et de psycologie démontreraient le ridicule de ceux qui =,

tisme animal, et n'en guérissent pas moins les malades avec suecès. Quelques femmes aussi se

par ignorance , prétendraient que ces sortes de phénomènes sont tous simulés.

7°. Gassner (Jean-Joseph), né à Pludentz en Souabe, Tan 1727, mort en 1779 à Bondorf , diocèse de Ratisbonne. Gassner embrassa l'état ecclésiastique et fut, en 1758, curé de Rlosterle, diocèse de Coire , au pays des Grisons. Après quinze ou seize années d'exercice dans ses modestes fonctions , le bruit se-! répandît qu'il guérissait toutes sortes de maladies par l'imposition des mains, sans aucun remède et sans rétribution. La renommée proclama qu'il avait guéri une comtesse de Wolsegg , en lui envoyant sa bénédiction. Les malades accoururent à Klosterle de toutes parts , d'abord par centaines , et bientôt par cinq et six cents. Ce début extraordinaire ne fut que le prélude des guériséns sans nombre que cet ecclésiastique opéra par la suite. Sa réputation augmentant de jour en jour , et le pays montagneux qu'il habitait étant de difficile accès pour le public , il obtint de sou évcque la permission de s'absenter quelque temps de sa cure. Il parcourut successivement Wolsegg , Weingarten , Ravenspurg , Detlang , Kiragberg, Marspurg , Constance , etc. , etc. , toujours entouré d'une foule de malades. Il les exorcisait et les guérissait par milliers. Le cardinal-évêque de Constance , soupçonnant que de pareilles guérisons n'étaient dues qu'à la fraude ou aux illusions, fit examiner ce prêtre thaumaturge, en 1774 > par le directeur du séminaire. Gassner fit la profession de foi la plus orthodoxe ; il soutint qu'il ne faisait qu'user du pouvoir conféré par l'ordination à tous les prêtres , de chasser les diables qui , disait-il , sont plus souvent la cause de nos maladies. Du reste , il montra la pins grande soumission à ses supérieurs, dont il obtint par-là les suffrages. Cependant il fut d'abord renvoyé à sa cure ; mais le coup était porté ; son enthousiasme produit par un certain état nerveux auquel il était sujet, avait séduit

mêlent de guérir par les mêmes moyens, et j'aurai soin par la suite de publier la relation des exploits

non - seulement le peuple , mais encore plusieurs personnages d'un rang élevé qui avaient été entraînés par l'admiration que ce prêtre , d'ailleurs très-désintéressé , inspirait. Il fut rappefé et reparut avec un plus grand éclat à Ellvang , à Salzbach et à Ratisbonne , vers le mois de décembre 1774 , et continua ses exploits jusqu'à la fin de 1775. L'affluence extraordinaire des malades qui accouraient de toutes les parties de l'Allemagne , de la Suisse et même de la France , allait toujours croissant. On y voyait même des protestans , des juifs. Gassner exorcisait en imposant les mains. Il commençait par faire ce qu'il appelait un exorcisme probatoire. Si le malade n'éprouvait pas de fortes convulsions ou de violentes crises , la maladie était déclarée naturelle. Mais tant est forte cette loi de la nature qui provoque à l'imitation , les crises les plus violentes se manifestaient ordinairement parmi les nombreux malades assemblés autour de lui , et attestaient , disait-il , la présence de l'esprit malin : il procédait alors à une conjuration définitive, et après avoir calmé le malade , il le renvoyait guéri ou réputé tel. Des hommes peu instruits se montrèrent d'abord incrédules , et prétendirent que ces crises, ces obsessions étaient simulées. Gassner, sûr de son fait , se prêta à toutes les expériences demandées ; l'ascendant qu'il exerçait sur l'imagination de celle foule de malades presque tous crisiaques , lui donnait l'assurance de pouvoir varier les effets qu'il produisait à volonté ; et employant le cérémonial des exorcismes , c'est-à-dire en invoquant le nom de Dieu , et supposant toujours la présence du diable dont il paraissait se jouer , il ordonnait impérieusement au démon de produire et reproduire à son commandement les variations les plus extrêmes et les plus subites dans le pouls du malade qu'il exorcisait , et des médecins peu instruits parurent stupéfaits des phénomènes opérés par Gassner, et dont ils ne pouvaient rendre raison. Cèpe»-

des uns et des autres. Il paraît qu'il y a eu de tout temps de ces faucheurs qui , pour la plupart , sont crisiaques , et Ton sait que cet état nerveux n'en est que plus favorable pour jouer le rôle de toucheur. On peut les classer avec nos meilleurs magnétiseurs, qui sont aussi crisiaques du plus ou du moins, ainsi que je Tai bien remarqué. Aujourd'hui on rencontre encore des toucheurs dans les campagnes. Quoique leurs pouvoirs n'émanent ni de Mesmer y ni de ses disciples, leurs procédés ont cependant un si grand rapport avec ceux des magnétiseurs, qu'on doit les considérer comme

dam l"exorciste triomphait avec orgueil en défiant hautement la critique. Il semblait prendre plaisir à varier ses expériences sur de prétendus obsédés. Je n'entre pas dans les détails des exploits très-extraordinaires de Gassner; on pourra en prendre connaissance dans les ouvrages imprimés qui en ont rendu compte. Le nombre de ces ouvrages devint si considérable, qu'on en a fait une bibliothèque spéciale qui a paru en 1776 sous le titre de Bibliothèque magique. Tous ces ouvrages sont en allemand , et je les ferai connaître par extrait dans nos Archives , comme pouvant être utiles au développement et aux progrès de la science du Magnétisme animal.

Je dois aussi faire mention des deux plus redoutables adversaires qu'aient eus les miracles de Gassner. L'un est lePère SterasiNGER , théatin , à Munich. Il se transporta à Ratisbonne pour assister aux exorcismes de ce prêtre thaumaturge. Il n'y vit rien qui lui parût bien merveilleux et qu'il ne crût pouvoir expliquer par quelque principe physique qui pouvait être encore inconnu. Il publia contre ce curé plusieurs écrits. L'autre savant qui se déclara aussi contre Gassner est le célèbre Mà«

étant du même genre. Il en est de même des convulsionnâmes qui prirent naissance au tombeau de M. de Paris, diacre, dont j'ai déjà fait mention plus haut , pag. 5j et 58. Il s'opérait parmi eux des guérisons étonnantes; elles furent très-nombreuses sur le tombeau du pieux ecclésiastique. On se rappelle 3 en outre, les tortures extraordinaires appelées secours, que ces convulsionïiaires qui , presque tous , étaient des femmes , exigeaient , et qu'ils supportaient , ainsi que les cataleptiques, sans paraître en ressentir la moindre douleur; ce dont j'ai été souvent témoin, ainsi que

decin Antoine de Haen , né à La Haye en 1704, mort à Vienne en Autriche en 1776. Ce physiologiste jouissait dans cette dernière ville d'une grande réputation. Il avait été chargé par rimpératrice - reine d'examiner de prétendus possédés. Ayant établi à Vienne un hôpital ad hoc pour y suivre de près leur traitement , il s'était convaincu que ces malheureux n'étaient que des maniaques affectés de maladies nerveuses. Quant aux opérations met veilleuses de Gassner , qu'il n'avait jamais vues , après avoir examiné les procès-verbaux qui lui en furent communiques , il en tira des conclusions plutôt en théologien qu'en médeciu , en avouant que si plusieurs de ces effets singuliers ne pouvaient s'expliquer par des causes naturelles , il fallait les regarder comme des opérations diaboliques. Ce médecin est auteur d'un assez grand nombre d'ouvrages estimés , parmi lesquels j'en citerai deux, dont l'un est intitulé Magiœ Examen, etc., et l'autre, Je Miraculis, qui ont été réimprimés à Paiis en 1777 et 1778. Ce savant médecin y a classé avec beaucoup de sagacité une foule de maladies protéiformes, vaguement désignées sous le nom de maux de nerf*.

je l'ai déjà dit, p. 57. Il n'est pas surprenant que depareils phénomènes , qui certainement n'étaient pas simulés , aient été regardés comme des miracles par des personnes pieuses et crédules , mais sur-tout ignorantes des lois de la nature.

Nous voyons donc qu'il exista , depuis la plus haute antiquité jusqu'à nos jours, une série innombrable , non interrompue, de Thaumaturges (1) qui de tout temps se trouvèrent disséminés dans tous les pays. En se succédant les uns aux autres , ils se produisaient et se reproduisaient , soit Spontanément, soit par Initiation, soit par Imitation* J'ai parlé ailleurs des Thaumaturges produits spontanément ; quant à l'Initiation , elle n'était autre chose qu'un mode d'enseignement qui se communiquait dans les temples par le ministère des prêtres; mais l'Imitation est une espèce de contagion d'imagination bien réelle qui se communique des uns aux autres. Cette contagion d'imagination est reconnue de tous les plus célèbres physiologistes 3 et je crois devoir en présenter ici de nouveau la définition d'après l'illustre savant^) que j'ai déjà cité plus haut, pag. 192. « h'Imita- » tion est une loi de la nature, reconnue depuis

(1) Mot tiré du grec , dont on voit la signification plus haut , pag. 83.

(2) M. le comte Bertholet, pair de France.

« îong-temps , qui fait qu'un animal tend à imi- » ter et à se mettre involontairement dans la » même position dans laquelle se trouve un autre » animal qu'il voit; loi de laquelle les maladies » convulsives dépendent si souvent.»

Tous ces thaumaturges jouissaient des mêmes facultés physiologiques plus ou moins développées , et produisaient des phénomènes plus ou moins étonnans, miraculeux et incompréhensibles , en raison des secrets de physique peu connus alors , et des circonstances qui tenaient au hasard ou à la supercherie dont ces phénomènes étaient accompagnés. Les pouvoirs de ces thaumaturges dérivaient tous des mêmes principes naturels. Ces crisiaques, qui semblaient des êtres privilégiés , se partageaient dans toutes les sectes et dans toutes les fausses religions ; ils affectaient de se méconnaître les uns les autres, en prétendant , mal à-propos , avoir une origine différente , plus ou moins parfaite, plus ou moins divine. Chaque fausse religion avait ses thaumaturges , et successivement les chefs de ces religions , ainsi que leurs disciples et leurs sectateurs, en ont tiré parti pour mieux tromper les peuples. Ils présentèrent les miracles de leurs thaumaturges comme des preuves incontestables de la divinité des dogmes et des mystères qui servaient de base à ^es mêmes religions. Les vérités que

j'expose ici ne conviendront pas sans doute aux hommes superstitieux , ni à ceux qui trouvent leurs intérêts à soumettre le peuple à des opinions superstitieuses ; mais ces vérités n'en sont pas moins sensibles, réelles ^ et basées sur la raison. C'est ainsi que le développement des connaissanceshumaines, ainsi queleslumières delà science physiologique doivent servir à nous éclairer pour apprécier avec plus de discernement , à leur juste valeur, tant de phénomènes , tant de merveilles , tant de prétendus miracles qui , de tout temps , en imposèrent à la crédule ignorance , et favorisèrent si souvent l'ambition d'un petit nombre de fanatiques orgueilleux et cruels, avides d'autorité et de richesses.

Dans la série nombreuse des thaumaturges de -toutes les classes, de toutes les sectes et de toutes les fausses religions, quelques-uns d'entre eux devinrent plus fameux que les autres , et , secondés par des circonstances particulières, ils obtinrent une réputation colossale. J'en ai précédemment nommé un petit nombre sur lesquels j'ai donné des notices abrégées et curieuses. Le prêtre Gassner, qui s'y trouve mentionné, est le dernier qui, jusqu'à nos jours, se trouve placé au rang des Thaumaturges les plus fameux. Des hommes du peuple le suivaient en foule pour être témoins de prodiges aussi extraordinaires. Le con-

cours des malades qui se rendirent auprès de lui à Ratisbonne était si grand, qu'on prétend y en avoir vu plus de dix mille campés sous des tentes. De grands seigneurs , des évêques et des princes souverains furent au nombre de ses admirateurs , et la publicité des guérisons vraies ou apparentes qu'il opéra par milliers, lui acquit un grand renom jusque vers l'an 1777. Après avoir fatigué l'admiration des hommes crédules en Europe , il semblait qu'il ne dût être de long-temps remplacé : cependant à peine fut- il mort, en 1779 , que le docteur Mesmer parut et obtint à son tour une réputation extraordinaire. Ce médecin était compatriote , contemporain et ami de Gassner , il devint ensuite son détracteur et son rival; mais il ne produisit jamais, à beaucoup près, des pro* diges qui pussent approcher de ceux qu'opéra le prêtre allemand. Il joua, il est vrai , un rôle bien différent , et loin d'agir en homme superstitieux, il se présenta comme un savant physiologiste , en annonçant une précieuse découverte qu'il qualifiait de médecine de la nature , et qu'il considérait comme devant servir d'auxiliaire à la médecine ordinaire , et même la remplacer pour les maladies qui sontl'écueil de la science des médecins. Je ne partage pas l'opinion de ceux qui lui font un reproche sérieux d'avoir eu l'adresse de se faire payer sa découverte ? et d'avoir amélioré son sort

en proclamant des vues nouvelles ou renouvelées, mais d'une utilité générale. Mesmer , d'ailleurs , mérita la réputation de bienfaiteur des pauvres., auxquels il accorda souvent des soins désintéressés. Cette réputation Fa suivi jusque dans sa dernière résidence à Marpurg , petite ville sur le lac de Constance , où il mourut vers le commencement de ce siècle. Sa biographie n'est pas encore bien connue , et je me propose d'en donner incessamment une note dans nos Archives , et d'y joindre une gravure que j'ai déjà fait exécuter et qui représente son portrait.

Nous devons sans doute de la reconnaissance à Mesmer d'avoir été le premier qui présenta la pratique du Magnétisme animal dégagée des préjugés superstitieux qui dominaient encore dans son siècle. On n'a pas à lui reprocher de croire aux obsessions et à la nécessité de recourir à des exorcismes pour des maladies naturelles et susceptibles d'être guéries ou soulagées par des moyens physiologiques. S'il s'en fût tenu aux théories spécieuses et quelquefois sublimes d'un fluide magnétique universel, on n'aurait pas à lui reprocher peut-être le système d'un fluide particulier dont ses disciples qui , à cet égard , ont été plus loin que leur maître ,, soutiennent la réalité avec tant d'opiniâtreté et sans administrer une seule preuve de son existence. Malheureusement ils paraissent

( M* ) tendre vers des opinions superstitieuses que Mesmer, s'il vivait encore, désapprouverait sans doute. C'est donc de la pratique , et non du système du Magnétisme dont nous sommes redevables à ce fameux médecin : chacun aujourd'hui peut s'instruire de cette pratique sans autre enseignement que la lecture de quelques livres qui ont été imprimés sur cet objet. Une infinité de magnétiseurs se sont formés d'eux-mêmes avec le seul secours de ces livres, malgré les erreurs et les inutilités qui y fourmillent , ainsi que les absurdités qu'on y rencontre. L'art de magnétiser méritera l'épithète flatteuse de découverte précieuse , qu'on lui a décernée, en considérant qu'elle doit inévitablement se dégager de toutes les erreurs et de toutes les idées superstitieuses dont les ignorans et les crédules s'efforcent de* l'obscurcir; elle deviendra la base d'une science très-importante, qui nous conduira à mieux connaître les lois de la nature. Cette découverte , jusqu'à préj sent accolée à un système hypothétique toujours combattu, toujours rejeté avec mépris par les physiologistes, est encore entravée, et ses progrès encore retardés. Les magnétistes, par leurs folles prétentions , ont attiré sur les procédés du Magnétisme animal un ridicule qui s'effacera difficilement , et qui en a éloigné les savans. Pour ne plus être en contradiction avec le bon sens et la raison ., tout magnétiseur doit confesser

maintenant que la science du Magnétisme anima! consiste dans le plus ou moins d'habileté à s'emparer de l'imagination de ceux sur lesquels il veut, par Jes procédés magnétiques, exercer une influence réciproque. Il faut qu'il abjure sa croyance au prétendu fluide magnétique ,, dont il a certifié si légèrement la réalité , et dont il a exagéré les effets. Le célèbre Buffon a dit : «Telle'est1** marche » de l'esprit humain ; lorsqu'i' l rt ois frappé » de quelqu'objet singulier, >ï se ^i a le rendre » plus singulier encore , en lui i iribuant des « propriétés chimériques et sauvent absurdes. »

De tout temps il y eut des hommes: qui exercèrent une grande influence sur l'esprit d'autres hommes 3 et sont parvenus non-seulement à produire des illusions , tels que les miroirs constellés dans lesquels on faisait voir des revenans , mais encore à faire éprouver des changemens réels dans le corps de ceux sur lesquels ils exerçaient une action morale , d'où résultaient quelquefois des crises qui produisirent des guérisons. Ainsi , des prestiges et des réalités , combinés ensemble y ont contribué à séduire la crédulité et l'ignorance ; les magnétistes abusèrent de la réalité des guérisons pour exiger la croyance à des prestiges ; ils essayèrent à mettre encore le sceau à cette croyance , en présentant h l'appui de leurs opinions erronées , des certificats signés de personnes faciles, qui ignoraient l'usage qu'on von*

lait faire de leurs attestations. Voltaire disait : « Je ne crois pas même les témoins oculaires , » quand ils me disent des choses que le boh » sens désavoue. » N'a-t-on pas vu aussi des histoires de vampires, signées et attestées par des certificats authentiques? Si les magnétistes faisaient usage de leur simple raison , ils ne proclameraient pas avec tant d'assurance des erreurs aussi manifest C . ..6Tpi manque Ie P^s à ceux qui compilent :;ons des phénomènes du Ma-

gnétisme a^jpa}, c'est l'esprit philosophique. Au lieu de discuter les faits avec une saine critique , ils ne font x^'en tasser des contes souvent ridicules. Si on rougit aujourd'hui pour les générations précédentes, d'avoir accordé si facilement une croyance aux prestiges de l'ancienne magie, les magnétistes doivent s'attendre que leur crédulité actuelle prépare autant de confusion à la postérité. Déjà on est en droit de leur reprocher des opinions 3 des dogmes et une doctrine qui reconduiraient à la croyance aux esprits, aux sorciers, aux obsessions, et qui feraient de la pratique du Magnétisme animal uû instrument de fanatisme. Cette pratique recevant une direction aussi pernicieuse , nous ramènerait insensiblement au point de regarder la superstition comme très - religieuse , et l'ignorance comme très-morale. Notre siècle, tel éclairé qu'il puisse être., ne doit pas rester indifférent lorsque de

telles erreurs semblent vouloir renaître. Lesgouvernemens autrefois n'ont montré que trop de tendance à adopter, en religion comme en politique, des croyances absurdes, contraires au droit naturel , au bon sens et à la raison , et à regarder ces mêmes croyances comme d'un grand secours pour établir la stabilité politique de l'Etat. Il faut espérer que le progrès des lumières bannira ce principe faux et si injurieux envers le peuple /qui consiste a regarder comme nécessaire de le tromper et de le maintenir dans l'ignorance pour mieux le gouverner ; d'admettre enfin qu'il faille concentrer les richesses , les faveurs , les honneurs et les privilèges, dans un petit nombre d'hommes , afin de pouvoir maîtriser plus facilement la multitude.

On ne me saura pas mauvais gré 3 sans doute , de faire ressortir sous différens points de vue, le degré d'importance auquel la science du Magnétisme animal doit parvenir lorsqu'elle sera éclairée par les philosophes et les physiologistes les plus habiles. Il faut qu'ils s'instruisent dans la pratique de celte science, qu'ils en revisent tous les ouvrages, pour les purger de toutes les erreurs et de toutes les absurdités qui y abondent , afin de nous en donner un traité philosophique qui, jusqu'à présent, nous manque. C'est alors que nous pourrons, sans courir les risques de retourner à des idées superstitieuses, perfectionner

l'art de produire et reproduire à volonté ces fameux phénomènes de physiologie et de psycologie observés de tout temps dès la plus haute antiquité, et qui , jusqu'à nos jours., jouèrent un si grand rôle et produisirent tant d'événemens funestes en politique, en religion et en morale. Les ignorans et les hommes crédules ne seront plus aussi exposés à être trompés et séduils par les nouveaux thaumaturges qui pourraient encore se présenter sur la scène du monde , et qui voudraient y jouer des rôles aussi extraordinaires que ceux des Greatrekes et des Gassner, qui tous deux furent les derniers thaumaturges lesplusfameux qui s'emparèrent de l'admiration du stupide vulgaire , sanscompter un assez grand nombre de thaumaturges secondaires^ qui, dans tous les pays, ne cessent encore aujourd'hui de se perpétuer, et la plupart sousla dénomination de faucheurs. Leurs exploits obscurs, dont les récits sont bien souvent exagérés, ainsi que j'ai eu lieu de m'en convaincre , n'attendent peut-être que des circonstances favorables pour obtenir une grande célébrité. Je me propose d'en recueillir, autant qu'il me sera possible, des notices que je publierai dans nos Archives, pour faire connaître ces thaumaturges modernes. Une fout pas les confondre avec nos magnétiseurs qui , cependant , agissent et opèrent d'après les mêmes principes* Parmi les thaumaturges dont je viens de parler .

je n'en citerai que deux qui existent aujourd'hui : ils ont eu delà réputation; mais on n'en parle plus. J'ignore s'ils reparaîtront un jour avec éclat , pour jouer un plus grand rôle. Le premier est un certain comte de Thun, issu d'une des plus anciennes et illustres familles du Tyrol. Il était à Prague en Bohême , et allait à Carlsbad et dans quelques autres villes pour guérir des malades par attouchemens. Les cures qu'il opéra furent nombreuses, et les gazettes de Prague, de Nuremberg et de Bareuth , en rendirent compte de i8o5 à 1807. M. le comte de Monts 3 militaire distingué , qui était sur les lieux , m'a communiqué les notions qui lui en étaient parvenues. J'en attends de plus grands éclaircissemens., que je publierai. Un autre personnage non moins respectable fit aussi parler de lui en 18 19 par des cures nombreuses opérées sur des malades qui venaient de toutes parts le consulter. Il devinait et décrivait les maladies, sans interrogations., et seulement en tâtant le pouls. C'était un Curé deChampagne, département de la Marne . qui jouissait de la plus grande considération dans son canton. Cependant quelques médecins et chirurgiens du pays lui intentèrent un procès, parce qu'il avait osé guérir généreusement quantité de malades qui n'avaient pu obtenir de soulagemens à leurs maux par la mé(l?tinc ordinaire. Les gazettes rendirent comp*

( Ai )

de ce procès vers la fin de Tannée dernière , et je* donnerai incessamment , dans nos Archives , une notice détaillée sur l'histoire de ce bon Curé.

Il ne faut plus que les phénomènes physiologiques et psycologiques restent le partage exclusif des crisiaques, des illuminés, des inspirés, des esprits faibles, des ignorans, des crédules et des hommes à préjugés et à systèmes; il ne faut plus que de tels phénomènes puissent jamais devenir un auxiliaire du fanatisme et de la tyrannie, entre les mains de ceux qui aiment le pouvoir arbitraire. C'est alors qu'on reconnaîtra le degré d'utilité et d'importance auquel cette science peut parvenir , au physique comme au moral, non-seulement pour le soulagement de l'humanité souffrante , en procurant aux hommes la guérison de leurs maladies,, et principalement de celles qui, jusqu'à présent , ont été Fécueil de la médecine ordinaire ; mais encore comme devant faire faire un pas de plus à la physiologie , éclairer la métaphysique et reculer les bornes des connaissances humaines.

Pour contribuer à faciliter les moyens de parvenir au but éminent que je viens d'indiquer, j'ai pensé qu'il serait à propos, quant à présent, d'adopter et de mettre à exécution les mesures qui suivent :

i°. Vu la rareté de la plupart des orvrages imprimés e» France sur la science du Magnétisme animal, qui n'existent plus dans le commerce, et qu'on ne retrouve que très-

difficilement,!] est urgent, dans l'intérêt du développement et de la propagation de cette science , de réimprimer les meilleurs ouvrages sur le Magnétisme : on y comprendrait aussi les écrits sur la même matière qui ont paru en pays étranger. Loin de faire de cette entreprise une spéculation de librairie, il convient, au contraire, dans l'intérêt de la science, déformer une édition compacte de ces ouvrages à réimprimer; c'est-à-dire , de les reproduire aux moindres frais possibles , afin de pouvoir les offrir au public au prix le plus modéré.

2°. Pour embrasser tout ce qui peut contribuer au développement de la science du Magnétisme animal, et entretenir des liaisons directes parmi tous les savans et amateurs français et étrangers qui voudraient s*occuper du même objet, il devient nécessaire d'établir plusieurs ouvrages périodiques sur cette nouvelle science, afin d'y déposer les faits, les expériences, les observations, les réflexions, les théories, et même les systèmes que chacun aurait pu produire ou recueillir pourel contrôle Magnétisme animal.

3°. Les mesures proposées dans les deux articles précédens en appellent une antre qui n'est pas moins indispensable : je veux parler de la reconstitution de Sociétés académiques du Magnétisme animal sur de nouvelles bases. Loin d'y exiger une unité\de croyance à tel ou tel système, on en bannirait , au contraire , l'intolérance ; chacun aurait la liberté d'y professer telle opinion qu'il jugerait à propos d'adopter sur le Magnétisme : le nombre des associés et le mode de réception seraient fixés par des réglemens. Quiconque réunirait d'ailleurs les qualités sociales requises , y serait reçu indistinctement. On y admettrait de préférence des savans, des physiologistes, et des hommes instruits et sans préjugés, pourvu toutefois qu'ils aient annoncé une volonté bien prononcée de s'occuper de la

science du Magnétisme animal, et de contribuer de tous leurs efforts et de tout leur pouvoir au progrès de celte nouvelle science.

Désirant contribuer par moi-même à l'exécution des mesures que je crois nécessaires pour arriver au but important que j'ai indiqué , j'ai mis la main à l'œuvre, et je vais rendre compte de ce que j'ai déjà fait pour tendre vers ce but. Mon intention est d'engager par-là quelques amateurs du Magnétisme animal d'entrer dans les mêmes vues et de seconder mes faibles efForts de leurs conseils , de leurs lumières et de leur appui.

i°. J'avais déjà rassemblé et mis en ordre, dès le commencement de l'année 1818, les matériaux destinés à former le premier volume d'une Collection d'ouvrages anciens et modernes sur le Magnétisme animal : cette enlreprise se liait avec la publication d'un Journal périodique sur le même objet, dont je n'ai pu imprimer qu'un premier numéro au mois de juillet de la même année. Les circonstances particulières qui m'ont empêché de continuer ce Journal, ont aussi retardé l'impression du premier volume de la Collection dont je viens de parler.

J'ai repris de nouveau, en 1819, le projet de publier le premier volume de cette Collection; j'en avais déjà fait composer plusieurs feuilles d'impression, lorsque je dus en ajourner encore la continuation, pour des raisons dont il est inutile de rendre compte ici : mais je me propose, avant la fin de la présente année 1820, d'achever ce premier volume, et mon intention est de donner d3 la suite à cette entreprise* déjà commencée.

2\ M 'étant enfin déterminé à imprimer et publier le

présent ouvrage périodique, intitulé : Archives dïi Magnétisme animal, j'en ai déjà fait paraître deux Numéros dan? les mois de mai etjuin de cette année. Le présent Numéro, qui est le troisième, correspond au mois de juillet; et le quatrième Numéro, qui est également sous presse, sera distribué au commencement d'août : les autres Numéros se suivront régulièrement, sans retard, de mois en mois, et il en paraîtra au moins douze par année. L'ouvrage sera divisé par tomes ou volumes, composés chacun de six Numéros, et terminés par une Table des Matières. Chaque Numéro sera de six feuilles d'impression au moins. Le prix de la souscription est provisoirement de 25 francs pour douze Numéros; mais aussitôt la réunion de trois cents abonnés auxdiles Archives, l'abonnement en sera réduit à 22 francs pour le même nombre de douze Numéros.

Le Prospectus des Archives du Magnétisme animai se distribue chez M. Barrois l'aîné, libraire, rue de Seine, faubourg Saint - Germain , n* 10, lequel est chargé de recevoir le prix des abonnemens ; et c'est à lui qu'on doit s'adresser, franc de port, pour toutes les réclamations concernant la distribution et l'expédition des livraisons de cet ouvrage périodique.

J'ai tracé, au commencement de la présente Introduction, page 5, le plan que je me suis proposé de suivre relativement à l'admission des articles destinés à être imprimés dans nos Archives ; j'ajouterai ici l'invitation que je fais à tout auteur et amateur du Magnétisme animal, de m'adresser directement, et franc de port , les relations, les mémoires, les observations, ainsi qu'un exemplaire des ouvrages qu'ils désireraient faire insérer dans ces Archives, soit en entier, soit par extrait, soit comme annonce. Je leur offrirai, en outre , de faire tirer à part r lorsqu'ils le jugeront à propos , pour leur compte, un certain nombre d'exemplaires des articles qu'ils auraient four-

ni$ 9 et avec une dépense d'autant plus modique pour eux, qu'il n'y aurait pas de frais de composition à supporter.

Il paraîtra peut-être superflu d'annoncer ici , que les auteurs ou possesseurs des éerits dont ils auraient demandé l'insertion dans nos Archives, pour y être placés comme en dépôt, n'en conserveront pas moins la propriété de leurs articles. Ils auront donc la faculté de les réimprimer comme bon leur semblera ; ils peuvent , à cet égard, prendre acte de l'aveu que j'en fais ici. Les auteurs de ces nouveaux écrits trouveront, en outre , l'avantage de publier, sans frais, une première édition de leurs productions, soit en y mettant leurs noms, soit en y gardant l'anonyme; ils profiteront, par-là, des observations e des critiques même que ces écrits auraient pu faire naître dan~ le public. La critique, comme on sait, ne peut qu'<*' rèsutile aux auteurs raisonnables qui voudraient perf yiiner leurs ouvrages dans une seconde édition -

3°. Quant à la Société du Magnétisme animal à Paris, qui paraît s'anéantir par des motifs qui ne me sont pas tout-à-fait inconnus , je fais des vœux pour qu'elle puisse ranimer son existence : mais parmi les membres qui composent cette Société , je ne suis pas le seul qui désire la révision de nos réglemens. Sous ce point de vue, jV rédigé plusieurs nouveaux articles réglementaires, que j< soumettrai volontiers à ceux de nos collègues qui daigneront en entendre la proposition et en permettre la discussion.

Je crois devoir annoncer ici l'intention dans laquelle je suis, de demander à la Société , dans sa première séance, la permission de lui faire l'hommage aunuel, d'une somme pareille à celle qu'elle obtenait sur le débit des numéros de sa Bibliothèque périodique , et dont elle a abandonné la publication depuis le mois de septembre 1819. La Société prendrait alors un arrêté par lequel tes

Membres résidens , qui la composent, ne paieraient cte contribution annuelle que la somme de 12 francs au plus. De non côté, j'accorderai à tous les Membres de la Société la faculté de pouvoir, à un prix modéré, s'abonner à > 4r> kives; sav^'r, pour les Membres résidens 3 à la Mor> 'ps mtres Membres, Associés et Corres- \ nce \ a pays étranger, aux deux

ti th. irai en outre à la Société

u xmi < v x mens gratis, dont elle pourra

igré.

\;i uve , en obtenant quelque succès, serviront de Société; tel est dumoinsmon vœu, et j'en prendrai . 'lient. J'inviterai en conséquence la Société reconsr ' orsqu'elle aura accepté me s offres, de nommer dans yf *'** îe commission qui connaîtra r es mesures prises !•- r l ession desdites Archives. Quant au paiement ■'.mime, offertes, la commission s'en entendrait avec le ii> requi est chargé de recevoir le prix des souscriptions. Le écutio \ des mesures et l'accomplissement des proesses que je viens défaire connaître 9 serviront à conder la Société et à lui procurer une indépendance dont iu'à présent elle n'a pas encore joui. Il faut qu'en payant al de ses séances , de ses propres deniers , la Société djre qu'elle existe par elle-même. 11 faut qu'elle ne plus exposée à se dissoudre par de petites circonstances culières. Il faut qu'elle puisse se former une bibliothè- < e composée de livres concernant le Magnétisme animal. jouirait enfin faire des expériences dans son local, sous les yeux de physiologistes habiles et d'hommes éclairés ( t us préjugés , au témoignage desquels ou accordera de

la confiance.

Le Baron d'Héiux de Cuvillers ,

Secrétaire de la Société du Magnétisme aur 1, à Paris.

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