II. « L'esprit et la matière agissent récipro
» quement l'un sur l'autre. » (pag. 25, ibid.) C'est d'après ce principe hardi , que des
ultra magnétistes prétendent que , par un
acte mental d'une forte volonté dont l'éner- "e aurait un degré d'intensité convenable,
* esprit pourrait agir sur la matière inerte,
et la faire mouvoir d'une manière sensible. Us invoquent en faveur de cette folle opinion, des faits miraculeux et inouis ; j'en publierai incessamment dans nos Archives une relation, dans laquelle on raconte qu'un crisiaque, par la force de sa volonté; et en fixant avec ses yeux un mur élevé , serait parvenu à l'ébranler, et enfin à le renverser. Ce fait 5 qui est attesté par des témoins et rapporté par des prêtres respectables, n'est pas mieux prouvé que tous les miracles invraisemblables du Magnétisme animal. Il est absolument la conséquence do la proposition précédente, et sur laquelle est établie la croyance aux revenans qu'on suppose avoir la faculté de remuer la matière. Pour compléter les conséquences qu'on pourrait tirer de la proposition précédente, il faudrait également citer des faits inverses qui prouvassent l'action réciproque de la matière sur un être animé, sans l'intervention d'un agent physique. Je veux parler des conjurations faites sur des figures de <:ire. Je traiterai ailleurs ce sujet , dans article séparé.
III. « Le Magnétisme est l'influence de v» l'être spirituel sur l'être spirituel, et par » lui y sur la matière organisée» » ( pag. 26 , ibid. )
Cette proposition, qui semble être la définition du Magnétisme animal , présente les mêmes idées , les mêmes principes et les mêmes conséquences qui ont été déduits de la proposition qui précède.
IV. « Considéré comme cause, le Magné- » tisme est indépendant de la matière et du » mouvement, et conséquemment du mon- » de physique; mais il n'en est pas moins » une cause naturelle, puisqu'elle est dans V la nature, et l'une des grandes lois éta- » Mies par le Créateur. » (Pag. 26, ibid. )
Ce sont toujours les mêmes principes sur lesquels les magnétistes ont fondé la réalité d'un fluide magnétique animal, fluide qui sort à volonté des doigts du magnétiseur , avec une entière indépendance de toute espèce d'action physique.
C'est d'après cette proposition que des magnétistes donnent également à ce fluide magnétique la dénomination dejluide de
la volonté. L'auteur de la Défense du Magnétisme animal , auquel ce fluide a été révélé, n'y voit qu'une cause très-naturelle; il assure que cette cause est dans ta nature , et qu'elle est une des grandes lois établies par le Créateur. Qui osera désormais ravir au Père des vrais croyans les honneurs de l'invention pour une découverte aussi sublime? C'est à lui seul que nous devons la connaissance de cette grande loi de la Nature, loi générale r appelée Z# loi du fluide de la volonté %y et tous les faibles mortels , Philosophes , Savans y Physiologistes et autres, etc., etc., n'avaient pu jusqu'à présent la soupçonner.
V. « Les faits qui prouvent une influence h directe des êtres vivans , indépendam- » ment des agens physiques , se sont accu- » mules y et Ton a donné le nom de » Magnétisme animal à la cause qui les » produit. » ( pag. 28 , ibid. )
Cette proposition r qui tend à prouver qu'une infinité de miracles magnétiques se sont accumulés, prouve encore bien autre chose ! Elle prouve que l'auteur de
la Défense du Magnétisme animât est entraîné malgré lui par une forte conviction f à laquelle rien ne résiste ; elle prouve qu'il y a sacrifié sa raison, et qu'il s'est contenté de quelques faits mal saisis > pour établir une théorie générale; elle prouve qu'il est inébranlable dans sa foi; elle prouve que sa croyance inaltérable à cettegrande loi du fluide de la volonté a rivé les chaînes qui retiennent son esprit captif, et dont il est impossible peut-être qu'il puisse jamais se dégager. Mais aussi la carrière des miracles est si séduisante l Peut-on l'abandonner lorsqu'on est parvenu à s'y distinguer dans un degré si éminent? Il est si flatteur de se faire admirer en faisant du bien à ses semblables et en soulageant l'humanité souffrante! Quelle jouissance de recevoir les hommages du petit troupeau des vrais croyans , et d'exercer son empire sur des femmes aimables et crédules I N'est-ce pas aussi partager un des attributs de la Divinité , que de pouvoir , d'un seul geste de la main 5 rendre la santé à un malade , et dire à un paralytique :
( Ife )
Lève -toi et marcJie y je te T ordonne; et à l'instant le voir se lever et marcher sans douleur?
VI. « Un arbre magnétisé devient un » réservoir magnétique où les malades » éprouvent des sensations et du soula- » gement. » ( pag. 96, ibid. )
Parvenu à ce haut degré de perfection , au point de jouir des attributs de la Divinité , aucun mortel ne pourrait empêcher nos thaumaturges d'entasser miracles sur miracles. Aussi le magnétiste use-t-il largement de son pouvoir : tous ses pas sont se* mes de prodiges. Pour les opérer, il lui suffit de former un souhait , c'est-à-dire un acte mental de volonté. Ne semble-t-il pas que nous soyons transportés dans le royaume des Fées? Lorsque les magnétiseurs ? et il ne faut pas en douter, seront parvenus , avec un acte mental, à faire paraître à Tinstant une table bien servie devant un incrédule affamé , je réponds alors de la conversion du mécréant : mais ici il ne s'agit que d'un miracle très-ordinaire, car les magnétistes ? en le racontant avec une sorte
( jH j
d'indifférence, y font à peine attention-. Ce miracle consiste à infuser dans un arbre un fluide magnétique qui s'échappe dit bout des doigts du magnétiseur ; et faites-y bien attention ! le geste doit être toujours accompagné de la volonté. On conduit un malade sous l'arbre ; on lui dit qu'il y éprouvera des sensations, qu'il sera guéri : jusques ici, rien d'invraisemblable. En frappant l'imagination d'un être souffrant , on peut attendre des effets surprenans ; mais on vous enjoint de croire que ce n'est pas l'imagination du patient qui opère , et que c'est le fluide seul du Magnétiseur qui agit. J'ai vu faire et j'ai fait plusieurs expériences contradictoires au sujet des arbres magnétisés ; toutes ces expériences ont mis en défaut les prétentions non fondées des Magnétistes.
VII. « Les magnétiseurs croient qu'un » objet magnétisé est chargé du principe » d'action émané d'eux, et ce principe d'ac- » tion peut s'entretenir, se fortifier, en » renouvelant Faction magnétique. » (pag.e a 4* 2 ibid* }
Ici l'auteur de la Défense du Magnétisme animal nous indique que c'est en magnétisant qu'on peut entretenir, fortifier et renouveler ce précieux fluidç qui sort du bout des doigts de tous les mortels. On connaît les procédés employés pour magnétiser avec des passes et des gestes; ainsi, lorsque le fluide magnétique, dont toutes les fibres d'un arbre avaient été injectées, commencent à s'évaporer ; lorsqu'un verre d'eau magnétisé cesse d'en être suffisamment saturé ; lorsqu'un mouchoir, un anneau, etc. etc., perdent une partie du fluide électro-magnétique animal, dont ces objets avaient été imprégnés ; il suffit d'étendre le bras , de remuer les doigts en les ouvrant et fermant alternativement j puis de la main parcourant avec grâce tous les contours des objets sur lesquels on veut de nouveau faire pénétrer une plus forte dose d'aimant animal , ainsi que je l'ai vu pratiquer et l'ai pratiqué moi-même, sans oublier l'acte mental de volonté ; alors Faction magnétique reprend toute sa force, toute son énergie, et les miracles se r&-
produisent d'une manière visible et incontestable pour les seuls vrais croyans.
VIII. « Il est assez rare qu'on ait fait » éprouver des effets magnétiques à quel- » qu'un ? sans l'avoir prévenu qu'on vou- » lait le guérir , sans s'être mis en rapport. » Il n'est pas convenable de tenter ces » sortes d'expériences. » (Page 157, ibid.)
Oh ! pour le coup , voici un aveu auquel on ne s'attendait pas. L'auteur de la Défense du Magnétisme se repentira d'avoir fait cet aveu avec tant de candeur. Ne vient-il pas de déjouer lui-même sa propre doctrine sur les effets miraculeux du fluide électromagnétique animal? Comment pourra-t-il doréna\ lit se défendre du juste reproche qu^on lui a déjà fait, de s'être mépris si grossièrement sur les vraies causes des effets dits magnétiques, et d'attribuer aussi gratuitement à un fluide idéal des phénomènes qui dérivent si naturellement de sensations excitées et d'émotions si visiblement opérées sur l'imagination d'un malade auquel on annonce avec assurance qu'il va indubitablement être guéri? L'auteur de la
Défense du Magnétisme animal confesse donc qu'il est assez rare qu'on ait fait éprouver des effets magnétiques à quelqu'un, sans lavoir prévenu qu'on voulait le guérir , et il ajoute qu'il n'est pas convenable de tenter ces expériences, c'est-à-dire qu'on ne doit jamais essayer de guérir quelqu'un sans le prévenir auparavant qu'on va procéder à sa guérison ; il vaudrait tout autant dire qiCïl faut prévenir auparavant l'imagination du malade , etc. Or, on sait que l'auteur delà Défense du Magnétisme animal a une conscience très-timorée; c'est une justice à lui rendre. Il est probable qu'il ne se sera jamais permis d'agir contre sa conscience. Donc il serait pour ainsi dire évident qu'il n'a jamais voulu se permettre aucune expérience contradictoire. Donc les phénomènes magnétiques de sa façon ^ et cités dans tous ses écrits, n'ont été produits qu'après avoir intimé consciencieusement ses intentions à toutes les personnes qu'il voulait magnétiser. Donc il a employé visà-vis de ces personnes les procédés du Magnétisme, qui tendent tous à émouvoir
l'imagination du patient. Donc ce n'est point m fluide animal sorti des doigts dfcs magnétiseurs, qui opère les phénomènes magnétiques. Mais Fauteur de la Défense du Magnétisme animal opposera , sans doute, cet argument, les phénomènes qu'il a obtenus sans compromettre sa conscience.
Je veux parler du Magnétisme qu'il dit avoir exercé sur des enfans en bas âge, et qui assurément ne pouvaient pas être soupçonnés de compérage. Ici la réponse est difficile, car si on lui objecte les effets du fluide de ï illusion , et si on exige la répétition de ces phénomènes en présence de témoins, on se doute d'avance que de pareils miracles ne peuvent se prouver que par l'infaillibilité de celui qui les atteste. J'ai aussi ente au, dans un cercle très-nombreux , la lation de ce phéno* mène miraculeux , d'un enfant au berceau , qui, étant magnétisé , se leva sur son séant, se mit à parler avec force et énergie, et donna des réponses étonnantes sur l'état de ganté d'une personne malade et absente.
Ce miracle y que plusieurs de mes lecteurs
( **7 ) s« rappelleront d'avoir entendu raconter , n'a eu pour témoin que ceux qui y croient , et beaucoup de magnétistes l'ont cru sur parole et le répètent avec enthousiasme.
IX. « Je crois aux émanations de moi- » même, parce que ces effets se produis » sent sans que je touche le malade, et » que rien ne produit rien : Ex nihïlo » nihil. J'ignore la nature de cette émana- » tion ; je ne sais si elle est matérielle ou « spirituelle. Je ne sais à quelle distance » elle peut s'étendre ; mais je sais qu'elle » est lancéa et dirigée par ma volonté ; » car lorsque je cessude vouloir, elle n'a« *> git plus. » (p. 172 , ibid.)
Voici, bien certainement, un passage positif, qui met en évidence le dogme d'un fluide magnétique a: mal, d'un fluide de la volonté, qui sort ou R££ort pas du bout des doigts 5 car il ne peut agir par lai-même , étant soumis à un acte mental en vertu duquel il doit être mis en action. Ce passage, qui est véritablement un acte de foi, puisqu'il n'est accompagné d'aucune démonstration , d'aucune preuve > a déjà été
mentionné plus haut , et il y est accompagné de réflexions qu'on a dû lire aux pages 117 et 118 qui précèdent.
Forcé par l'entraînement qui me pousse, à rentrer dans la discussion , je dirai que l'auteur de cet acte de foi n'a mis aucun voile sur sa pensée, ni sur ses expressions. Il croit de bonne foi et avec une conviction inébranlable , que son fluide de volonté peut, avec un acte mental, s'échapper du bout de ses doigts , avec toutes les qualités d'un fluide pénétrant, et s'élancer sans contact et à distance, comme un éclair, vers xin être vivant sur lequel il veut exercer une influence pour arriver directement jusqu'à l'âme . qui réside dans le corps de la personne qu'il magnétise, afin de lui intimer un ordre.
Qu'on n'aille pas ici confondre ce prétendu fluide animal, ce fluide de la volonté, avec les émanations , avec la chaleur animale, qui produisent aussi les effets les plus surprenans, et qui sont, et toujours seront, pour les magnétistes entêtés, une source intarissable d'illusions.
( i59) Ces émanations, cette chaleur animale %, existent dans tous les corps vivans , ea émanent continuellement, ou plutôt s'élancent de tous les corps qui , dans certaines circonstances , agissent les uns sur les autres et exercent à distance une action réciproque. La sphère d'activité de cette action est illimitée pour nous , car les limites nous en sont encore inconnues.
Nous en donnerons bientôt quelques exemples. Les magnétistes qui , pour la plupart, ne connaissent que très-imparfaitement les lois de la physique , n'ont jamais pu comprendre que ces émanations y que cette chaleur animale, pouvaient produire entre des corps vivans , sans contact et à distance , des sensations qui , en avertissant les sens , pouvaient amener des crises et des phénomènes remarquables , qui tous rentrent dans le domaine de l'imagination. Le célèbre A. L. de Jussieu, savant physiologiste, déjà cité plus haut, pages 3j et 38 ? et qui , parmi les médecins \ a observé et pratiqué avec le plus de bonne foi et de sagaxité les procédés du Magné-
tîsme , est le premier qui , dans son rapport particulier, imprimé en 1784, a dit que les émanations et la chaleur animale étaient au nombre des causes qui peuvent produire des effets, par la pratique des procédés dits du Magnétisme animal. D'après cette proposition , on peut expliquer sans difficulté les sensations qu'on pourrait produire à distance et sans contact sur des somnambules parfaitement endormis, et même sur les yeux desquels on aurait eu la précaution de mettre un bandeau.
Nous avons déjà suffisamment discuté les causes qui produisent des phénomènes magnétiques par le frottement et le contact : en les attribuant à l'imagination , c'est être d'accord avec tous les savans physiologistes et avec le bon sens. L'irréflexion, l'opiniâ* treté et l'ignorance, qui sont les attributs de l'esprit de parti , ont pu seules s'y opposer; mais il s'agit ici de phénomènes magnétiques produits à distance et sans contact.
Qui pourrait nier qu'un magnétiseur musqué, dont les émanations odorantes
( rtl )
peuvent plus ou moins s'étendre, n'aurait pas , quoiqu'absent , donné l'éveil à son somnambule y endormi dans une autre maison , et par ce moyen lui annoncer son arrivée. Le somnambule , averti par l'odeur du musc , aurait dit : Mon magnétiseur arrive > il est dans la maison, il est dans la chambre voisine, j'en suis sûr. Cette supposition n'est pas invraisemblable, car je pourrais citer des personnes qui, sans être somnambules, ont éprouvé par le musc des sensations aussi extraordinaires. Les assistans, qui ne savent rien de l'arrivée du magnétiseur, et qui le croient très-éloigné , ne peuvent revenir de leur surprise en le voyant entrer à l'instant. Je les excuse de crier, miracle! mais en y réfléchissant, ce n'est là qu'un phénomène très-naturel qui, étant produit par une émanation dont est dérivée une sensation sur l'organe de l'odorat, rentre naturellement dans le domaine de l'imagination.
Si le magnétiseur approche la main , sans contact et à distance, du visage d'un
( ife. ) somnambule plongé dans le sommeil magnétique , qu'arrive-t-il alors? C'est qu'indépendamment de la chaleur de la main , la respiration du somnambule se répercute entre la mainetle visage, et il enrésulte une sensation produite par la chaleur animale. Dans cette supposition y il pourrait arriver des phénomènes magnétiques qui rentreraient également dans le domaine de l'imagination.
On peut se figurer un plus grand nombre d'hypothèses de ce genre : Et n'en doutons pas , la nature produit une infinité de phénomènes des plus extraordinaires , qui souvent nous paraissent inexplicables , incompréhensibles , mais qui dérivent des émanations et de la chaleur animale. Ce que je viens de dire est très-important et doit nous engager, pour nos observations, à adopter une méthode expérimentale , afin de nous prémunir contre toutes les espèces d'illusions. Les Magnétistes qui, par opiniâtreté et par esprit de parti , ne veulent point d'expériences et rejettent la vérité, comme étant contraires à la foi magné-
( i63 ) tique, blâmeront sans doute mes réflexions, çt je comprends parfaitement qu'ils regarderaient comme une chose très-aisée de me forcer dans mes retranchemens , en me présentant des phénomènes plus difficiles à résoudre. Je leur répondrais alors avec Çicéron : Quidquid oritur , qualecumque est } causam habeat à naturâ necesse est. etç.(i)
Quant à l'auteur de la Défense du Magnétisme animal y qui a plus d'esprit et d'imagination que tout autre , et dont les raisons séduisent par l'apparence de la vérité , il m'objectera que les émanations dont je veux parler ne sont qu'externes, et qu'on ne doit faire attention qu'aux émanations inhérentes à l'organisation des êtres vivans qui exercent entre eux une action réciproque; il me dira que l'émanation d'un magnétiseur n'est pas toujours du niusc ; que cette émanation qui s'échappe véritablement du corps de ce magnétiseur
(1) Voyez le passage en son entier, avec la traduction; à la page i4.
et par le bout de ses doigts, est une émanation inodore , une émanation de volonté, ou si Ton veut un fluide de volonté, un fluide è\ cïifo-magnétique animal , matériel ou spirituel, ad libitum.
À de pareilles objections comment pourrais-je répondre? par le silence; et j'attendrai que l'auteur de la Défense du magnétisme animal me donne la permission de dire avec le célèbre Locke : «Qui sait si Dieu n'a » pas pu rendre la matière pensante? » (i)
J'ai promis plus haut de citer quelques faits sur la sphère d'activité des émanations animale0, et je vais tenir parole. Nous ignorons encore jusqu'où les émanations animales peuvent s'étendre , et avec quel degré de vitesse elles s'élancent. Un petit nombre d'exemples suffira pour en donner une idée, et je les présente ici à l'appui de mes réflexions sur les illusions auxquelles des magnétiseurs peuvent être exposés, en observant les phénomènes dits magnétiques,
(i) Poyez ci-dessus, page 6$.
( i«5,) produits sans contact et à distance par des émanations animales.
J'indiquerai de préférence les faits qui , relatifs à mon objet, se trouvent dans un article fourni par Fauteur même de la Défense du Magnétisme animal. Cel article est inséré dans les Annales de notre Société , N° XV. 3e trimestre, ier février i8i5, pag. i5oet suivantes. L'auteur de cet article n'aime pas les Francs-Maçons Rost -Croix , et il dit en passant, pag. i63, que cette Confrérie ou Société ne saurait être tolérée par la Religion chrétienne. Il cite le Père Robert , jésuite , dont il paraît avoir adopté les opinions à ce sujet. Ce charitable jésuite , dans ses écrits , accable les Francs-Maçons Rose-Croix de calomnies et de médisances , sans aucune distinction, de manière à faire croire qu'il n'est pas possible d'être honnête homme , si on est Franc -Maçon Rose -Croix. Est-ce là annoncer un jugement sain et équitable?
Mais comme la Franc - Maçonnerie n'est pas l'objet dont je veux m'occuper, je lirai également, en passant, que l'auteur de
( 166 } la Défense du Magnétisme , qui a le tact fin et un jugement aussi équitable que celui du jésuite Robert , passe en revue divers auteurs bien connus , et parle de plusieurs traits remarquables de sympathie et d'antipathie . etc. , ainsi que de phénomènes qui dérivent des émanations animales. Il en tire des inductions et des conclusions toutes favorables au système du fluide électro- magnétique animal ^ à ce fluide merveilleux de la volonté j qui sort généralement d'une manière si miraculeuse de la main de tous les hommes , jt particulièrement, à un degré très-émintnt , du bout des doigts des magnétistes thaumaturges les plus exercés, &
Un médecin italien, Servi'us^ deSpolette^ qui est cité dans le N° XV des Annales du Magnétisme animal^. 167, pour prouver que le chien peut être affecté /à de trèsgrandes distances, par les émanations de l'homme , rapporte qu'un chien laissé en France par son maître, vint, plusieurs jours après, le retrouver en Italie. — Le même Servius atteste le trait étonnant d'un chien
( i67 ) appartenant à son frère. Celui-ci habitait Rome et faisait de fréquens voyages à Spolette, éloigné de plus de 20 lieues, et laissait son chien à la maison. Au premier voyage , cet animal devint extrêmement triste et mangeait très-peu. Lors du retour du frère de Servius , et long-temps avant qu'il n'approchât de la maison j le chien se mit à aboyer et à témoigner beaucoup d'impatience. On lui ouvrit la porte. Il partit aussitôt et alla rejoindre son maître sur la route. Si cela ne fût arrivé qu'une fois, on aurait pu l'attribuer au hasard ; mais toutes les fois que le maître du chien partait pour Spolette, l''dlimal redevenait triste, restait toujours coi» hé et mangeait peu. Régulièrement il pressentait le retour de son maître, et bien avant son arrivée il reprenait sa gaîté, mangeait, sautait. Cela était si bien connu, que tous les gens de la maison savaient, parce moyen, que le frère de Servius allait arriver. — Un autre fait est arrivé aux Capucins de Jesi y pelile ville dans l'Etat Romain. Us avaient un chat qu'ils voulurent envoyer dans une
( 168 ) maison , à quatre lieues de cette ville. On transporta le chat dans un sac; mais l'animal revint le lendemain à Jesi. — Pai aussi connaissance d'un fait qui m'a été attesté. Un chat aux environs d'Etampes, en 1801 ? fut transporté à la campagne dans un panier, à une distance de sept lieues , et le surlendemain il était retourné lui seul à son premier gîte. — Dans le Dictionnaire des Merveilles de la Nature , 3 vol. in-8°; Paris, 1802 ? par A. J. Sigauddela Fond, on lit au tom. II, pag. 282, qu'un particulier 5 en 1777 j s'étant présenté pour entrer au Waux-Hall de la Faire Saint- Germain à Paris , fut obligé de laisser son chien au corps -de -garde. Peu de temps après , le particulier s'aperçut qu'on lui avait volé sa montre. Il retourna aussitôt au corps-de-garde ; fit sa déclaration et dit au commandant du poste , que si on lui permettait de rentrer dans le Waux-Hall avec son chien , il découvrirait le voleur, et par ce moyen retrouverait la montre. On le lui permit. Toutes les précautions ayant été prises 3 le maître commanda à
son chien de chercher la montre. Le chien se mit en quête, et bientôt s'attacha opiniâtrement au voleur , qui fut arrêté, fouillé et convaincu. On lui trouva six montres , qui furent exposées devant le chien , et l'animal prit , sans se tromper , celle de son maître , et la lui apporta. *— Je placerai à côté de ces faits singuliers ceux d'un chien de chasse épagneul que j'ai possédé assez long-temps. Ces faits ne paraîtront peutêtre pas déplacés à côté de ceux que je viens de citer. Je laissais tomber exprès, ou je cachais, à l'insu démon chien, un mouchoir ou d'autres objets à mon usage. Après m'en être éloigné d'un quart de lieue , et quelquefois davantage, je commandais au chien de chercher ce que j'avais perdu. Il se mettait en quête en faisant plusieurs détours 5 puis dirigeant sa marche vers l'objet caché , il me le rapportait en peu de temps. J'ai répété l'expérience avec une pièce de six liards. Je cachais cette petite monnaie tantôt dans le fond d'un épais taillis y d'autres fois au milieu d'un pré ou dans les champs, toujours à l'insu du chien,
( i7o ) qui , d'après mon commandement , ne manquait presque jamais d'aller chercher cette monnaie et de me la rapporter. L'instinct de cet animal m'a été quelquefois "Utile pour retrouver des objets que j'avais réellement perdus. Je dois encore dire à sa louange qu'il éventait le gibier à de trèsgrandes distances. Souvent il tombait en arrêt avec immobilité. Alors j'avançais dans la direction indiquée 3 et souvent ce n'était qu'au bout de trente ou quarante pas que je faisais lever le lièvre qui était au gîte ? et dont le chien , ainsi que je l'ai bien remarqué^ ne pouvait avoir connaissance que par le sens de l'odorat, et non par celui de la vue. — Un fait ancien ? que j'aurais dû citer auparavant , nu te de trouver place ici. Il est rapporté par le P. Schott{t), jésuite j dans un de ses ouvrages , intitulé : Physica curiosa sive mirabiliajiaturœ y etc. 2 vol. in-4°^ H nous apprend que du temps de l'empereur Justinien il y avait à Cons-
tantinople un charlatan qui, sur les places
(1) Schott (Gaspard) , savant jésuite , né àKœnisbergen Franconie, en i6o8?.mort en 1666 à Wurtzbourg.
publiques , invitait les spectateurs qui l'entouraient souvent, de jeter à terre les anneaux de leurs doigts \ en assurant que son chien les ramasserait les uns après les autres * et irait les porter à ceux auxquels ils appartiendraient. L'expérience se faisait publiquement et avec tout le succès que cet homme promettait» Les faits que je viens de citer prouvent que les émanations animales agissent d'une manière bien extraordinaire. — Veut-on des exemples plus étonnans encore? Qu'on lise un ouvrage écrit en arabe par un savant étranger , Michel Sàbbagh , né dans le Levant, et dont nous devons la traduction à un Académicien célèbre 5 M. le baron Silvestre de Sacy, meir jre de l'Institut, et l'un des hommes les plus profonds dans la
k science des langues orientales. Cet ouvrage est intitulé : La Colombe messagère ^plus rapide que V éclair , plus prompte que la nue (i). On y voit que l'usage de dresser
des colombes messagères* remonte jusqu'à
(i)Z<tt Colombe messagère , etc. ', par ~Micliel Sabbagh , euvrage écrit en arabe, traduit, avec le texte eu regard ,
( *7* ) Noé , qui, en effet , étant renfermé dans Parcbe, lâcha une colombe pour s'assurer de. l'état oiiles eaux du déluge avaient laissé la terre. 11 y est ensuite fait mention des différentes époques auxquelles la poste aux pigeons fut réellement établie sous le règne des Sultans, àAlep,àBagdad,etc.,etc. On y lit que vers l'an i i5o et 1 160 le sultan Nour-Eddin , pour faciliter les opérations de son gouvernement, faisait entretenir des pigeons messagers dans toutes les places de sa domination. Ils y étaient dressés de manière à porter et à rapporter des lettres à de très-grandes distances et avec une extrême célérité; ce qui s exécutait avec un plein succès Cette méthode n'a pas toujours été en? loyée avec autant de soin ; mais elle ne s'en est pas moins perpétuée jusqu'à nos jours. — Le Dictionnaire d'Histoire naturelle,ào¥ zlmonl de Bomare, édit. in-8° , Paris , 1775 , nous apprend ,
par M. le baron Silveslre de Sacy, membre de' l'Institut. 1 vol. in 8°. De l'imprimerie impériale. Paris, i8o5. Se vend chez Galland , libraire au Palais-Royal , galerie de bois , n° 223.
à la page 10 du tome VII, que des mariniers en Egypte , ainsi qu'en Candie et en Chypre , ont soin d'avoir des pigeons messagers à bord de leurs navires, pour les lâcher lorsqu'ils approchent de terre , afin de se faire annoncer chez eux : Que le consul à Alexandrette s'en sert pour communiquer promptement avec Àlep , distant de trente lieues : Que les caravanes qui voyagent en Arabie font par le même moyen connaître leur marche aux différens Souverains arabes avec lesquels elles ont intérêt de communiquer. — Cette méthode a été mise aussi quelquefois en usage en Europe. On rapporte qu'en i5y4 et *57$ le prince d'Orange se servit de pigeons messagers lors des sièges p Harlem et de Ley de . Le Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle , imprimé chez De ter ville , rue Hautefeuille, n° 8 , fait mention du pigeon messager, columba tabellaria^ au tome XXVI, pag. 3o4, in-8°. Paris, 1818. Il y est dit que le pigeon cravate anglais bleu fait cette fonction ( de messager ) dans la Belgique. J'ajouterai aussi qu'il n'y a pas un
( '74 ) an que des Anglais ont fait ainsi voyager des pigeons de Hollande en Angleterre.
( Voyezles gazettes ) On peut dire que
la poste aux pigeons est une espèce de Télégraphe (i) , mai§ inférieur sans doute ? à beaucoup d'égards , à la méthode télégraphique. Quoi qu'il en soit , l'espèce de pigeon dont on se sert dans le Levant pour en faire des messagers ? s'appelle en arabe Hamâm. Le principal procédé employé pour dresser les pigeons au métier de messager, était de les faire séjourner quelque temps dans les pays ou on voulait par la suite les envoyer; ce qui était nécessaire afin de les accoutumer à connaître l'horizon de ces différens pays pour y aller et en revenir. Lorsqu'ils étaient bien éduqués , ces pigeons se vendaient dans le Levant jusqu'à mille pièces d'or la paire , et le double lorsqu'ils étaient dresse's à aller en deux et trois endroits ? ainsi qu'il
(i) Télégraphe , machine dont les mouvemens indiquent des signes convenus a de grandes distances. Ce mot est dérivé du grec rîiite (télé) , loin ; et de ypd<pù> (grapho), j'écris. Ce terme signifie à la lettre, écrire de loin.
( i75) est dit dans l'ouvrage cité plus haut , la Colombe messagère , pag. 4-2 et 72. 11 y est encore fait mention , pag. 76 , que ces pigeons messagers font mille parasanges (1) et plus en un jour, ce qui ferait plus de 1200 de nos lieues à s5oo toises la lieue , d'après les évaluations de la parasange, ce dont je ne suis pas garant. Quoi qu'il en soit , on en expédiait de Smyrne à Alep , et d'Alep à Bagdad , à des distances d'environ 200 lieues. On peut lire des détails curieux sur la poste aux pigeons dans le tom. I des 3e et 4° éditions du Voyage de M. de Volne y en Egypte et en Syrie,
Voici enfin le phénomène sur lequel je veux appeler l'attention du lecteur. Ces pigeons n'avaient encore voyagé que dans des cages. Lorsqu'on voulait les employer au service de messager, on leur attachait le billet
(1) Paras ange , mesure itinéraire chez les anciens Perses. Une parasange était évaluée à environ 3o stades grecs; le stade grec est de 125 pas géométriques; le pas géométrique est de 5 pieds. D'où il résulte qu'une parasange serait de 3 125 toises ; mais selon M. Paneton , cité dans V Encyclopédie méthodique , la parasange est évaluée à 2568 toises.
dont ils devaient être porteurs; puis on les lançait en pleine liberté, lis- s'élevaient dans les airs et prenaient ensuite leur vol jusqu'au pays où ils avaient déjà habité. -Or , on demande i° si des émanations leur servaient de guide ? i° si le seul souvenir du pays où. ils retournaient pour la première fois en liberté, suffisait pour leur direction à travers les airs? 3° Voudrait-on croire qu'à l'époque où ils habitaient ce pays lointain , ils y eussent eu la fantaisie d'en parcourir les alentours jusqu'à 2 ou 3oo lieues et plus , ce qui ne serait peutêtre pas impossible , mais bien difficile à supposer? 4° Une quatrième opinion, qui rentrerait dans la première, consisterait à dire que les oiseaux , ainsi que le pensent quelques naturalistes , ont des émanations plus subtiles que celle des animaux sans plumes , et que ces émanations forment autour des oiseaux une espèce d'atmosphère particulière. En voulant poursuivre cette idée , qu'on appellera hypothétique ou systématique , si on veut , serait-il absolument inadmissible que ces
pigeons 5 pendant leurs voyages terrestres > n'eussent répandu sur leur route des traînées de leurs émanations , dont les atomes auraient eu la propriété d'établir pendant un temps plus ou moins long une communication entre les pigeons et les différens pays où ils auraient eu des habitudes ? Cette dernière opinion ne pourrait-elle pas être appuyée de l'expérience qui suit? Elle consisterait à transporter en cage, à des distances plus ou moins éloignées 5 d'abord de 5, 10 ou 20 lieues, des pigeons dont les petits auraient été laissés au colombier. II est probable que ces pigeons , transportés à différentes distances et sans avoir été dressés à de tels voyages , retourneraient tout de suite à leur gîte, aussitôt qu'on les aurait mis en liberté. Je laisse aux naturalistes habiles à prononcer sur ces différentes opinions , dont ils dédaigneront peut-être de s'occuper 5 comme ne méritant pas leur attention. Cependant il paraîtrait que les Physiologistes arabes y ont réfléchi. J'ignore comment ils auront pu expliquer cet instinct des pigeons messa-
( >78 ) gers 5 suivant les lois de la nature ; mais ce qu'on sait d'après l'alcoran et d'après l'ou- -vrage que j'ai cité plus haut, la Colombe messagère y etc. , c'est que Mahomet , le prophète des vrais croyans à l'Islamisme, a prononcé que les pigeons messagers étaient des démons. C'est ainsi qu'il a tranché la difficulté. On devait bien s'attendre à une pareille décision de la part du fanatisme et de la superstition. Quant aux magnétistes de nos jours , il est facile de prévoir quelle est l'opinion à laquelle ils donneront la préférence.
Les animaux semblent donc l'emporter de beaucoup sur l'homme par la finesse de l'organe de l'odorat ; mais il est probable qu'il jouirait des mêmes avantages , s'il était ? ainsi que les bêtes sauvages , obligé de vivre dans l'état de pure nature. Cependant on peut donner des exemples qui prouvent que l'homme est également susceptible de recevoir, par le nez, des sensations extraordinaires produites par des émanations animales. Ne pourrait-on pas citer à l'appui de ce que j'avance, certains
nègres des Antilles qui ont l'odorat si fin , qu'ils suivent à la piste et attrapent les nègres marrons ( ou déserteurs ) , à la poursuite desquels on les met? Le Journal des Savans, du mois d'avril 1667, confirme ce fait et nous apprend que les nègres ont l'organe du nez si délicat , qu'ils distinguent la trace d'un nègre de celle d'un blanc , en flairant seulement l'endroit sur lequel l'un ou l'autre a passe'.
Un auteur qui a fait de bons ouvrages sur la pratique du Magnétisme animal , et qui, à part ses opinions systématiques, soutenues avec plus d'adresse que de solidité, a produit d'excellens écrits dignes d'un rang distingué lorsqu'ils seront modifiés et corrigés, a dit avec beaucoup de justesse (1) , « qu'un certain état nerveux , et » même une disposition particulière de » l'âme, peuvent nous rendre sensibles à » des émanations dont nous ne nous dou- » terions pas dans l'état ordinaire. » Et il
(1) Voyez les Annales du Magnétisme animal , 3e Trimestre i8i5 , K° i6 , pag. 169.
ajoute : ce La comtesse de Bossu éprou- » vait une émotion très-vive lorsque le » duc de Guise , son amant (i) et son » époux?) entrait dans un lieu où elle m se trouvait, et elle était assurée de sa » présence 5 quoiqu'elle ne l'eût pas aperçu » et qu'elle le crût même absent. » Koyez les détails curieux à ce sujet dans le Dictionnaire de Bajle 5 tom. II ? pag. 354 , 355 et 358, de l'édition en 3 vol. in-fol. Rotterdam ,1715.
On formerait aisément un volume considérable, si on voulait y recueillir des phénomènes extraordinaires produits par les émanations animales; elles prouveraient toutes que les sensations qui en dérivent éveillent
(1) Henri de Lorraine, duc de Guise, prince de Joinville, né le 4 avril 161 4 , rnort à Paris le 2 juin 1664. Il fut marié deux fois. D'abord en premières noces, l'an i63g; avec Anne de GoNZAGUis;et en secondes noces , le 1 1 novembre 1641, à Bruxelles , avec Honorine de Glimes , fille de Godefroy de Glimes , comte de Grimbergbes , de Berg-op-Zoom , etc. , de l'une des plus anciennes «t illustres maisons du Brabant. Elle était veuve d'Albert • Maximilien d'Henin , comte de Bossu , qu'elle avait épousé en premières noces, et qui fut tué au siège de la ville d'Arras, prise par Louis Xllleu i64o.
les sens , et ceux-ci avertissent l'imagination dans le domaine duquel ces mêmes phénomènes rentrent inévitablement.
Les réflexions que font naître les faits que je viens de présenter m'engagent à déclarer qu'il est évident pour moi que la science des procédés du Magnétisme animal est beaucoup plus importante qu'on ne l'avait pensé jusqu'à présent. Cette science fera faire un pas de plus aux connaissances humaines en physique et en métaphysique; mais il faut auparavant la dégager des préjugés, des erreurs, et même des opinions superstitieuses qui en ont toujours retardé les progrès. Alors elle ne méritera plus d'être vouée au ridicule, qui s'attaque avec tant d'avantage à toutes les choses sérieuses , et qui est si puissant sur les esprits légers et frivoles. La science du Magnétisme animal n*est pas encore fixée, parce que les savans l'ont toujours dédaignée. Malheureusement c'est à leur refus que des ignorans et des personnes crédules s'en sont emparées. Ceux qui ont voulu développer cette science ne l'ont considérée
que sous un faux point de vue et dans un cercle trop rétréci. Nous avons prouvé qu'ils ont adopté des doctrines absurdes , tendantes à nous ramener à la croyance aux rêvenans et aux sorciers. Cependant on doit aux Magnétistes quelques témoignages de reconnaissance , car pour les procédés magnétiques leurs efforts n'ont pas été inutiles. En s'occupant constamment de cette science toujours rebutée et méconnue, ils ont conservé le feu sacré, et , s'ils ne Pont pas fait briller, ils ont empêché du moins qu'il ne s'éteignît. Je me tromperais fort, si nous étions éloignés des temps où la science du Magnétisme animal deviendra en quelque sorte positive , et se reposera sur les lois de la nature ; mais il est auparavant nécessaire que quelques hommes d'élite y instruits par la nature , et qui tiendront leur mission de leur génie et d'un ardent amour de la vérité, se déterminent enfin à méditer et à étudier tout ce qui a rapport à la science du Magnétisme animal, qu'ils devront aussi pratiquer. Ce sont eux qui ; le flambeau de la Raison à la
main , doivent nous initier aux mystères de la physiologie et de la psycologie. Ce sont eux qui dirigeront les sociétés destinées à favoriser les progrès de cette nouvelle science. Tel , du moins, devra être le but des nouvelles Sociétés académiques du Magnétisme animal , dont je désire le prompt établissement,
La Société du Magnétisme animal à Paris s'était proposée de rechercher la nature du Magnétisme et d'en constater les effets 5 mais elle a dégénéré de son institution ; elle a adopté trop légèrement un système , tandis quelle devait se borner à vérifier les phénomènes qui devaient le prouver. Jusques à présent elle n'a pu non-seulement étayer ce système d'une seule expérîenee rigoureuse, ni d'un seul fait positif 5 mais encore elle a prononcé qu'on ne devait pas se permettre des expériences contradictoires. Elle a mis ses soins à éviter toute méthode expérimentale, et elle a pour ainsi dire trouvé moyen de s'y soustraire, ou au moins de l'éluder. Elle a adiîiis, sans jugement et
sans critique, tous les faits qu'on lui a adressés ; et si elfe a semblé les vérifier, ce n'a été que pour en consacrer l'invraisemblance et l'absurdité. Elle a repoussé toutes les observations qu'on lui a faites à cet égard 3 et au lieu de rentrer dans la route de la vérité, elle s'est enfoncée de plus en plus dans l'abîme de l'erreur. Les magiciens du Magnétisme animal n'ont jamais voulu subir l'épreuve d'une discussion publique; mais ils se contentaient, dans leurs conversations , de se raconter, sans y souffrir de contradictions, les merveilles , les prodiges et les miracles auxquels ils accordaient leur admiration. Si leurs exclamations étaient accompagnées de réflexions , il n'était permis à personne d'y porter la lumière , mais , au contraire , d'y entasser erreurs sur erreurs , ténèbres sur ténèbres , lesquelles se propageaient en suite jusque dans leurs écrits. La Société, enfin , a adopté pour principe qu'elle ne devait se consolider et conserver son harmonie que par l'unité de tous ses membres dans la croyance ^ ou dans la foi la plus vive 2 au
( i85 ) fluide magriétique facultatif de l'homme. C'est ce qu'elle a proclamé et fait imprimer ; et c'est par égard si je me dispense d'appuyer ce que je viens de dire ? par des citations précises. Une détermination aussi extraordinaire tend à repousser la vérité et à envelopper de ténèbres les plus épaisses la science encore trop nouvelle du Magnétisme animal. Le plus grand nombre des membres de cette Société aurait désiré qu'on y eût toléré un parti d'opposition , et permis des discussions , au milieu desquelles la lumière aurait pu jaillir; mais l'intolérance s'y est toujours opposée, et il en est résulté que cette Société a toujours été en déclinant , et qu'aujourd'hui elle est presque anéantie , ainsi que je l'ai déjà dit. Si elle tente de se relever par une épuration rigoureuse, alors elle ne formera plus qu'une Secte, et non une association d'hommes instruits qui chercheraient à s'éclairer.
Jusqu'à présent quelques-uns des membres de cette Société se sont flattés que tous leurs collègues étaient également con-
( «86 ) vaincus de l'existence du fluide magnétique animal : en cela ils se sont encore fait illusion , parce qu'ils ont toujours confondu la croyance aux effets avec la croyance au système. C'est bien légèrement, à mon avis , que l'auteur de la Défense du Magnétisme animal avance, à la page 176, qu'il connaît au moins vingt jeunes médecins de la Faculté de Paris qu'il dit être aussi convaincus que lui de la réalité du fluide électro- magnétique animal, de ce fluide^de volonté, matériel ou spirituel, qui sortirait du bout de leurs doigts , et dont l'action n'aurait lieu qu'autant qu'ils l'auraient accompagné d'un acte mental de volonté. Le même auteur cite encore dans ce passage , ainsi que dans ses autres écrits y un certain nombre de médecins de réputation , tant en France qu'en pays étranger, qui auraient la même croyance, et il ajoute : « Quelques-uns m'ont fait l'honneur de me » demander des conseils , leur modestie » leur ayant persuadé que je devais en 5a- » voir plus qu eux sur une chose dont je » m'étais occupé pendant îrente-cinqans. »
( i87) En effet, cette longue série de trente-cinq années d'études , d'expériences et de méditations, dont le résultat est la découverte importante de cette grande loi de la nature , de cette loi du fluide de la volonté, matériel ou spirituel , qui s'échappe adlibitum du bout des doigts, doit bien certainement commander une confiance sans réserve. Cependant j'observerai qu'en fait d'aveux favorables au Magnétisme animal , il n'est que trop facile J je le répète, de s'y méprendre. Il ne faut pas toujours prendre à la lettre le style épistolaire ordinairement flatteur , sur-tout quand on écrit à un homme de mérite. Il est possible que les médecins qui sont en correspondance avec l'auteur de la Défense du Magnétisme animal lui aient fait par écrit l'aveu de leur croyance à la réalité des phénomènes magnétiques dont ils auraient été témoins. Sans taxer de prosélytisme (i) les motifs qui ont
(j) Prosélytisme et Prosélyte , s. m. ; mots tirés du grec KfarfavTos { prosélitos ) , étranger; dérivé de wper ( pros ) , auprès j et de îtevêa ( eleuto ) , favi* (êlvta), prétérit
( i88 ) activé cette correspondance ? on peut dire qu'il y a encore bien loin de là , à un aveu qui constituerait de vrais crojans au système du fluide magnétique ^ tel que les magnétistes l'entendent. Je connais aussi une vingtaine de jeunes médecins à Paris , et je suis en correspondance avec des médecins en pays étrangers , qui croyent aux effets du Magnétisme. Ce que j'ai aperçu dans leurs relations et dans leurs observations ne m'autoriserait nullement à leur attribuer la même croyance dont les autres médecins , mentionnés plus haut , semblent être accusés. Quoi qu'il en soit de ces complimens dont tous les homines sont si friands, ainsi que de ( aveux équivoques favorables au système i Magnétisme animal , attribués à quelques médecins et à des personnes recomrnandables , parmi lesquels on ne peut citer un seul Académicien , peuvent-ils balancer l'opinion générale d'une majorité imposante de Philo-
nioyen des verbes itevropett et 7rp9<rtp%ofiott , qui signifient venir , approcher, et se dit de ceux qu'on détache d'une opinion ou d'un parti pour les attirer dans un autre.
C >89) sophes, de Savans et de Physiologistes, les plus habiles et les plus renommés, qui tous, depuis la découverte de Mesmer, se sont accordés à nier constamment la réalité de ce fluide magnétique animal, ou fluide de la volonté, qui sortirait du bout des doigts des magnétiseurs? Cependant celte opposition soutenue semble n'être d'aucun poids pour les Magnétistes, qui se plaignent avec aigreur contre des Savans qui ont acquis une haute réputation obtenue au prix de leurs veilles et de leurs méditations , et dont la gloire littéraire se confond avec la gloire nationale de la littérature française si universellement estimée dans les pays étrangers. Voilà c^ ^ndant les hommes que nos magnétistes 4ccusent de partialité s d'injustice, et même d'ignorance, parce qu'à leur avis ces hommes savans n'auraient pas assez étudié la théorie et la pratique du Magnétisme animal. Souvent , enfin, ils se permettent des sorties amères, violentes, mais risibles , et contre la science, et contre les savans. Je pourrais citer quelques-unes de ces diatribes qui feraient hausser les épau-
( *9° ) les. Il y a lieu sans doute d'être étonné de voirie plus petit nombre opposer une résistance si forte et si persévérante ? pour soutenir un système et des opinions aussi absurdes; mais n'est-il pas de l'essence des minorités ignorantes d'être criardes et entêtées ?
Parmi les hommes célèbres dans les sciences, et antagonistes déclarés du prétendu fluide magnétique animal, je dois en citer un , qui bien certainement était en état d'apprécier et de juger le système , la théorie et la pratique du Magnétisme animal. Cet illustre savant > aujourd'hui Pair de France (i) ? est le premier théoricien chimiste de nos jours; il s'est distingué par ses profondes connaissances dans toutes les sciences physiologiques, et les Académies nationales et étrangères s'honorent de le
(i)Berthollet( M. le comte Claude-Louis) né à Talloire en Savoie ; Pair de France , Chevalier de l'Ordre de Saint- Michel , Grand'Croix de l'Ordre royal de la Légiond'Honneur , Membre de l'Institut , de l'Académie royale des Sciences de Paris , de la Société royale de Londres , de celles de Turin , de Harlem , etc. , etc.
( Ï91 ) compter au nombre de leurs membres. Ce savant 3 guide' par la bonne foi et inspiré par l'amour de la vérité , a eu le courage et la patience de voir pratiquer et de pratiquer lui-même le Magnétisme animal pour mieux le juger. Il a assisté aux Cours de théories et aux Traitemens de Mesmer ; mais enfin , rebuté par la cbarlatanerie d'une doctrine posée sur de faux principes, qui toujours s'est étayée d'illusions , de chimères et de prestiges tendant à renouveler des idées superstitieuses , il a cru devoir cesser d'assister aux cours de Mesmer, en laissant sur le bureau la déclaration qui suit :
Déclaration sur le Magnétisme animal.
h Après avoir fait plus de la moitié du cours de M. Mes- » mer, du mois d'avril 1784 ; après avoir été admis dans les » salles des traitemens et des crises, où je me suis occupé à » faire des observations et des expériences, je déclare » n'avoir pas reconnu l'existence de l'agent nommé par » M. Mesmer Magnétisme animal; avoir jugé la doctrine » qui nous a été enseignée dans le Cours , démentie par les » vérités les mieux établies sur le système du monde et sur » l'économie animale , et n'avoir rien aperçu , dans les con- » Pulsions , les spasmes , les crises enfin qu'on prétend être » produites par les procédés magnétiques ( lorsque les acci-
j> dens avaient de la réalité), qui ne dut être attribué entière'
» ment à V Imagination , à l'effet mécanique des frictions
)> sur des parties très-nerveuses , et à celte loi reconnue
y> depuis long-temps, qui fait qu'un animal tend à imiter
» et à se mettre même involontairement dans la même
» position dans laquelle se trouve un autre animal qu'il
» voit , loi de laquelle les maladies convulsives dépendent
» si souvent. Je déclare enfin que je regarde la doctrine
» du Magnétisme animal , et la pratique à laquelle elle sert
» de fondement , comme parfaitement chimérique , et je
» consens qu'on fasse , dès ce moment , de ma déclaration ,
» tel usage qu'on voudra.
d Paris , ce 2 mai 1784. » Signé Berthollet. »
On pourrait citer un grand nombre de Savans qui ont également condamné le système du Magnétisme animal , ou plutôt on pourrait citer tous les vrais savans qui se sont prononcés , ou qui se prononceraient, s'ils étaient requis de juger de l'existence d'un fluide auquel on attribue des qualités si extraordinaires , si invraisemblables, et qui depuis plus de l\o ans n'a pu présenter un seul fait admissible en sa faveur.
A des décisions aussi respectables , contre lesquelles il semble qu'il n'y ait rien à alléguer , ne pourrait-on pas encore ajouter
( '93 ) les doutes , les indécisions , et, plus encore y les regrets d'une infinité de magnétiseurs ? Ceux-ci et ceux-là ne sont pas tous persuadés de la réalité de leur fluide animal, de leur fluide de volonté , qui ne peut , diton , s'échapper de la main ou de telle autre partie du corps que ce soit , qu'en vertu d'un acte mental. La plupart ne sont pas éloignés de reconnaître dans la pratique du Magnétisme animal le pouvoir immense de l'Imagination : mais malheureusement quelques-uns d'entre eux se sont compromis en publiant leur adhésion à la doctrine extraordinaire du Magnétisme animal. Il leur faudrait faire un courageux effort bien digne de louange, pour sacrifier leur amourpropre en avouant que des illusions ont pu les tromper. Pourquoi ne pas espérer que les magnétiseurs de bonne foi^ qui ont l'esprit juste, et qui aiment la vérité, ne soient capables de cet effort sublime ? Il n'y a plus maintenant aucune gloire à espérer en s'égarant sur les traces de Mesmer, ainsi que je l'ai dit plus haut? page 109. Si on lui a décerné trop légère-
[ *94 ) ment le titre de grand homme , on ne pourrait du moins lui refuser, sans injustice , le titre d'homme de génie , non pour la découverte du système , mais pour la découverte des procédés du Magnétisme animal. Il est vrai que l'invention pourrait encore lui en être contestée; cependant la manière nouvelle et plus précise dont il a présenté ces procédés lui appartient, et, à cet égard il mérite de la.reconnaissance. Je le répète , ceux qui ont eu le droit d'admirer les erreurs de Mesmer à une époque à laquelle tous les savans ne s'étaient pas encore assez prononcés , peuvent bien aujourd'hui, sans déshonneur, rejeter ces mêmes erreurs, puisque le temps les a démasquées.
Les trois fluides , Magnétique Minéral , Electrique et Galvanique , ont obtenu , il est vrai , de tous les savans physiologistes , des certificats incontestables qui en constatent l'existence légitime et réelle : mais ces fluides avaient été prouvés par des expériences et des faits qui , par leur évidence, ont produit la conviction. 11
( '9* ) n'en est pas de même du fluide magnétique animal , qui n'a jamais pu se faire reconnaître, par la seule raison qu'il n'existait pas ; et l'opiniâtreté des magnétistes est telle à cet égard, que, ne pouvant prouver ce fluide par des faits, ils ont été jusqu'à établir en principe qu'on ne devait pas se permettre des expériences pour le démontrer. Pourquoi donc, afin de soutenir ce fluide idéal , fabriquer de faux titres ? inventer de faux miracles constamment rejetés avec mépris par les savans , par la raison et par le bon sens? Que tous les magnétiseurs, que tous les amateuTS du Magnétisme animal y fassent attention, ils ne perdent rien à abandoni?er ce faux système ; les procédés du Magnétisme leur resteront toujours ; toujours ils pourront continuer de les exercer avec succès , en raison de leur habileté et de leur expérience ; toujours ils auront le pouvoir de faire le bien et de soulager l'humanité souffrante au moral comme au physique. Si les magnétiseurs craignent avec raison qu'on ne leur fasse perdre une partie de leur influence morale
( *9<5 ) si nécessaire pour le succès de leurs procédés , en dévoilant aux yeux du public le véritable but de la pratique dite du Magnétismr, qui n'a d'autre objet que de s'emparer de l'imagination de la personne qu'on vent magnétiser, j'en conviendrai bien volontiers; mais nen seront -ils pas bien dédommagés par l'inappréciable avantage de ne plus être obligés d'adopter un système et des opinions absurdes, ni de contracter en quelque sorte l'obligation de les soutenir par des raisonnemens plus absurdes encore ? Eh ! ne comptez-vous pour rien , dirai-je aux magnétiseurs , de cesser d'être la risée de tous ceux qui composent la bonne société , et même des gens du peuple , pourvu toutefois que vous cessiez aussi de votre côté d'arborer des prétentions aussi ridicules? Il ne vous convient plus d'être la fable de tout le monde. L'expression , se mettre en rapport , dont vous faites vous-mêmes une condition préalable et absolument nécessaire pour bien magnétiser, n'est-elle pas en contradiction palpable avec votre doctrine ? Cette con-
f !97 ) tradiction est sentie de tous ceux qui y réfléchissent ; elle n'échappe à personne , hormis aux Magnétistes entêtés. Qui oserait , en effet , soutenir que de se mettre en rapport intime avec quelqu'un , n'est pas se mettre en rapport avec l'imagination de cette personne , ni agir sur son imagination? En considérant le Magnétisme sous un point de vue plus raisonnable y les magnétiseurs sentiront la nécessité d'être en garde contre leur propre imagination , lorsqu'ils observeront les faits et les phénomènes dont ils seront témoins, ou lorsqu'ils les produiront. Nous y gagnerons aussi d'obtenir dorénavant des relations d'autant plus croyables , qu'elles seront moins exagérées.
Après avoir trop long-temps erré dans les routes incertaines des hypothèses et des théories, en abandonnant un système qu'il n'est plus désormais possible de soutenir , il est temps que les magnétiseurs retournent à la nature et soumettent leurs procédés à des méthodes expérimentales ., sans lesquelles il est impossible de faire
( *98 ) avancer la science du Magnétisme animal. Il faut en séparer entièrement la pratique d'avec le système. Déjà plusieurs magnétiseurs éclairés considèrent la croyance à ce système comme n'étant point nécessaire pouj produire les effets du Magnétisme animal.
Le plus habile de tous les magnétiseurs ? sans contredit 3 a déjà jeté une défaveur sur les fluides imaginaires ? au moyen desquels on a prétendu expliquer les phénomènes du Magnétisme animal. Je veux parler de l'illustre disciple de Mesmer ? déjà mentionné plus haut à la page 107 de cette Introduction. Cest lui qui le premier ; en consultant la nature , a su interroger et Aaire parler les somnambules , que dorénavant je nommerai Hypnologues (1) , toutes les fois que je voudrai désigner ceux
(1) Hyp:no:logue , s. m., celui qui parle pendant le sommeil ; dérivé du grec ûVvo? ( hypnos ) , sommeil; et Ao'yos ( logos ) , discours , parole. Les mots ci-joints ayant la même élymoîogie , doivent être employés ainsi qu'il suit , savoir : Hypnologie , science qui a pour objet l'art de faire parler les hypnologues. Hypnqlogien , celui qui sait l'byp-
( '99 ) qui parlent pendant le sommeil. C'est lui auquel la nature a confié son secret sur I'Hypnologie; c'est lui qui véritablement nous a enseigné à mettre en action le système nerveux intérieur qui nous a été si bien démontré par un savant physiologiste (i) ; c'est lui qui nous a appris que ce système nerveux était le siège exclusif de l'instinct , que de ce système émanent les impulsions spontanées, et qu'il veille sans cesse à la conservation de l'individu, même dans le sommeil , dans le délire , dans les maladies. C'est lui encore qui a su le mieux mettre la nature en jeu , en lui faisant déployer / par le ministère des hypnologues, ces actes étonnans rie directions salutaires pour ]$ guérison des maladies. Voici , enfin , l'opinion de ce célèbre hypnologiste , que je vais citer au
nologie. Hypnologique , ad), des deux genres , qui concerne l'hypnologie. Hypnologiquement , adv. , selon les principes de l'hypnologie. Hypnologisie, celui qui est amateur d'hypnologie , ou qui prend plaisir à magnétiser et à faire parler des hypnologues.
(i) Par M. le docteur Virey , dans le Dictionnaire des Sciences médicales, tom. XXV, pag. 385 et 38g»
sujet du fluide dit Électro - magnétique animal, a Que l'électricité , dit-il , ait ou » n'ait pas de rapport avec le Magnétisme » animal, ce n'est pas ce qu'il s'agit d'exa- » miner; la science n'a encore rien décidé » sur ce sujet , chacun est libre d'en pen-
» ser ce qu'il lui plaît Croyons ferme-
» ment au Magnétisme ( à ses effets ) ; ne » cherchons point à nous en expliquer les » phénomènes inconcevables par des flui- » des imaginaires, ni par la logique si » souvent fallacieuse de notre humaine D raison» (i).
C'est ainsi que ce savant magnétiseur s'exprimait dès l'année 1817 , et bien certainement ce n'était pas des fluides Magnétique Minéral, Electrique ni Galvanique, dont il voulait parler, puisque de tels fluides ne sont point imaginaires , et que leur réalité est universellement reconnue. Une autorité aussi imposante pour les magnétiseurs, il n'en faut pas douter, les rame- «■ ' ... . 1 , , , 1.
(1) Voyez la Bibliothèque du Magnétisme animal , T. U , K* 5 , Novembre 1817 , pag. 166 et 168^ article de M. le marquis de Cha&tenet de Puységur*
nera tous à une opinion plus saine et plus raisonnable , sur le système non démontré du prétendu fluide magnétique animal.
J'ai annoncé plus haut, pag. i44> c[ue l'auteur de la Défense du Magnétisme animal, etc., avait essayé de mettre en contradiction avec lui-même l'auteur de Y Examen, etc. P et de prouver, ainsi qu'il le dit formellement, pag. i83, « que ce dernier » n'est pas aussi éloigné qu'il le pense de » se ranger du parti des magnétiseurs. »
L'impartialité et l'amour du vrai, qui chez moi l'emportent sur toute autre considération, m'empêchent d'un côté d'affaiblir les objections , telles fortes qu'elles puissent être, et de l'autre m'obligent à un aveu qui est toujours pénible , celui de mon insuffisance pour m'établir arbitre entre deux personnes qu'il ne m'appartient pas de juger. Je vais donc me borner à indiquer les objections dans toute leur force. Si j'y ajoute quelques réflexions , ce sera moins pour en porter un jugement que pour user du droit dont chacun est le maître de jouir 7 le savant comme l'igno-
rant 5 d'émettre une opinion suivant la manière dont il est affecté. Pour l'examen de ces objections ^ je me renfermerai dans les bornes les plus étroites, car depuis trop long-temps je m'aperçois de l'excès de longueur de mon Introduction , dont la prolixité paraîtra sans doute bien ridicule à la plupart de mes lecteurs. L'auteur de la Défense du Magnétisme animal , etc. , s'est retranché dans le chap. III de son ouvrage , pag. i83 y comme dans un fort qu'il croit inexpugnable. Il s'y est formé un rempart de vingt à vingt-cinq pages de citations tirées des ouvrages de son adversaire. L'ensemble de ces différentes citations forme un chef-d'œuvre scientifique de phi~ losophie 5 de physiologie et de métaphysique. Les bornes de mon écrit m'empêchent de transcrire d'aussi beaux morceaux ? et j'y renvoie le lecteur. Il jubjra, en les lisant ,- que Fauteur de la Défense du Magnétisme animal , etc., sort perpétuellement de la question pour faire subir la torture à ces différens passages , et y rechercher péniblement des preuves de la
réalité du prétendu fluide magnétique animal qui sortirait à. volonté du bout des doigts des magnétiseurs.
L'auteur de la Défense du Magnétisme âhimal prétend que son adversaire a souvent avancé des propositions dont la réalite de ce fluide magnétique serait une conséquence nécessaire. Du nombre de ces propositions est , à son avis, l'influence sympathique qui s'établit entre deux êtres ayant entre eux des rapports intimes, lorsque leur constitution physique et morale est dans une parfaite harmonie ? comme cela arrive entre deuxfrères jumeaux qui ont vécu ensemble , qui sont unis par la plus tendre affection et par les mêmes habitudes 5 de manière que leurs âmes se correspondront, se confondront même jusqu'à un certain point 9 et ne feront pour ainsi dire qu'un moi entre ces deux êtres. En méditant sur les conséquences de cette proposition , je. demande si on doit en conclure la réalité du fluide magnétique animal, tel que les magnétistes le supposent? Cette influence sympathique chez les ju-
meaux n'est autre chose que ce rapport intime poussé au plus haut degré y dont les magnétiseurs font une des principales conditions , et la plus nécessaire , pour bien magnétiser la personne sur laquelle ils veulent exercer une influence. Ce rapport intime 5 ainsi que nous l'avons démontré plus haut , n'est que l'action de la volonté ou de l'imagination d'un être vivant , sur l'imagination d'un autre être vivant avec lequel il se met en rapport. Qu'en résultet— il? C'est que deux êtres vivans étant en parfaite harmonie morale, et , plus encore f en parfaite harmonie morale et physique t comme chez les jumeaux ^ à cause de la conformité de caractère et de tempérament : ces êtres , l'un pour l'autre , prévoient r pressentent, prédisent, jusqu'à un certain point, ce qui leur arrive et mêm. ce qui doit leur arriver, fussent-ils éloignés l'un de l'autre à des distances plus ou moins grandes , même au - delà des mers. Un jumeau qui, étant en France, dirait: Mon frère qui est en Amérique est tombé malade par l'ennui qu'il éprouve d'être éloigné de
moi , il se meurt y il n'y a plus de ressource. Celui qui fait cette prédiction est au même moment affecté des mêmes sensations, des mêmes affections 5 son âme éprouve les mêmes mouvemens : en conséquence il tombe en même temps malade , il meurt à la même époque et par les mêmes causes quh ont fait périr son frère. On doit remarquer ici que de pareils pressentimens, qui se vérifient quelquefois, ne sortent pas du cercle des rapports intimes ou de l'harmonie parfaite , morale et physique, qui peuvent exister entre deux êtres vivans. On me citera sans doute des traits de prévision qui semblent sortir du cercle que je viens d'établir. J'en ai entendu raconter un grand nombre qui offraient des circonstances invraisemblables. Je puis attester que quelques-uns de ces faits, que j'ai été à portée d'approfondir, m'ont prouvé de plus en plus combien les hommes en général aiment le merveilleux , et avec quelle facilité ils exagèrent les faits qu'ils racontent. Pour rendre sensible, par un exemple , les raisonnemens que je viens de faire,
je suppose qu'un jumeau ait annoncé que son frère absent, voyageur ou militaire, a éprouvé tel ou tel accident; ses pressentimens, me dira-t-on , se sont vérifiés. Je répondrai qu'avant d'y ajouter foi il faudrait en constater toutes les circonstances , et que pour un fait de cette nature qui est dû au hasard , il y en 'a mille qui sont faux. Le seul fait dont je veux parler , fût-il vrai, rentre dans le cercle des rapports intimes entre deux êtres , au moral seulement, parce que la personne qui s'intéresse vivement à une autre , et dont l'imagination en est fortement occupée, suppose très-souvent un événement fâcheux et probable, par la crainte seule qu'il n'arrive. Si on admet une fois que l'âme de celui qui a eu un pressentiment qui s'est vérifié, a pu se transporter sur le lieu même où l'événement s'est passé , ou bien en avoir eu la conscience précise par un moyen surnaturel , il faudrait donc admettre la doctrine des magnétistes qui croyent à la possibilité de faire voyager hors du corps Tâme de leurs somnambules qu'ils en-
( 207 ) voient tous les jours visiter des malades absens dont ils décrivent les maladies 5 il faudrait enfin admettre la doctrine de ceux qui croyent aux esprits et aux sorciers. Telle est la source de tous les faux miracles , de tous les prestiges et de toutes les illusions dont les magnétistes sont continuellement la dupe avec la meilleure foi du monde , et d'après lesquels ils soutiennent avec tant d'opiniâtreté un système, des théories et des opinions aussi absurdes qu'erronnés.Le savant auteur de V Examen, etc.^ ne veut pas être soupçonné d'adhérer à une pareille doctrine, et voici ce qu'il dit, pag. 190 de la Défense , etc. : «On ne » nous accusera point d'ajouter foi aux y> prestiges du prétendu Magnétisme ani- » mal ; mais ses sectateurs s'autorisent de » faits bien connus , dans lesquels l'instinct » entre en action par l'assoupissement des
>» sens extérieurs » A la page 195 :
« Notre esprit a besoin du corps pour » agir, de même que la lumière nous serait
» inutile sans les yeux » Même page:
« Il y a en ncus l'homme intérieur ou spi->
( 2g8 ) » rituel ? et l'homme extérieur ou aui-
» mal » A la page 198 : « L'élément
» sensitif n'est point de même nature que » la pensée.... » A la page 199 : « Aimer y d c'est exhaler sa vie ; elle jaillit dans les » regards..... » A la page 200 : «Nous ne » connaissons le fluide magnétique minéral » que par ses effets sur le fer et sa direc- » tion polaire. L'électricité a été long- » temps ignorée. On peut soupçonner dans » le monde plusieurs fluides subtils et des » propriétés cachées dont nous n'avons » encore aucune notion ; c'est pourquoi » bien des phénomènes sont inexplicables » pour nous....» Ces diverses propositions, on le demande ? peuvent-elles être la preuve de la réalité du prétendu fluide magnétique animal rejeté de tous lés savans ? et qui n'existe que dans l'imagination des ma*
gnétistes? A la page 201 : « La pré-
» sence , l'attouchement ou les paroles » d'un homme très-éminent influent sin- » gulièrement sur les âmes inférieures , et » sont capables de guérir les corps. De là » viennent les fascinations ? les enchante-
» mens et toute cette supposition d'es- » prits, d'influences, dont il est plus facile » d'abuser que de bien user. » Peut-on méconnaître ici l'action d'une forte volonté sur l'imagination d'un être dont l'âme est inférieure? Je regrette de ne pouvoir citer tous les passages du même auteur , concernant les pressensations , les prévisions, les prédictions 5 ils indiquent que cet auteur est un des savans physiologistes les plus profonds 5 et qu'il est éclairé par la philosophie la plus élevée.
Si je ne craignais de donner trop d'étendue à mon interminable Introduction, je citerais en outre un grand nombre de physiologistes allemands qui sont bien éloignés d'admettre la réalité d'un fluide magnétique animal qui sortirait à volonté du bout des doigts des magnétiseurs , ainsi que l'auteur de la Défense du Magnétisme animal le soutient avec tant de chaleur et avec des preuves aussi inadmissibles. Il paraît qu'en Allemagne , en Russie et en d'autres pays , on n'a pas obtenu ^ plus qu'en France, un seul fait positif qui puisse servir à prouver
l'existence de ce fluide imaginaire. Si j'ai cru suffisant de ne citer qu'un petit nombre de nos plus célèbres physiologistes français ? qui tous ont déclaré que ce prétendu fluide n'était qu'une chimère, je dois au moins nommer un des physiologistes étrangers , qui ? sur cet objet , est de la même opinion. Je citerai donc M. le docteur de Lichtenstaedt , savant médecin à Saint- -Pétersbourg, auteur d'un ouvrage en alle^ mand, intitulé : Commentaire et Réjlexions sur le Magnétisme animal : etc. Nous en devons la traduction à l'un de nos collègues , membre de la Société du Magnétisme animal , à Paris , M. le chevalier Alphonse Denis \ chevalier de l'Ordre royal de la Légion-d'Honneur , officier français, très - instruit dans son métier, et qui, réunissant des connaissances distinguées en littérature, a de plus observé et étudié le Magnétisme animal avec la plus grande attention \ et après l'avoir pratiqué avec succès , est devenu un excellent magnétiseur.
Voici comment M. le docteur de Lich-
tekstaedt s'explique sur le fluide du Magnétisme animal :
)> .... Quelques personnes profilent de celle transmission » d'effluves curatives d'un individu à un autre individu , » pour en tirer une preuve de l'existence d'un fluide ma- » gnétique. L'admission d'un tel fluide, loin de jeter de » la clarté sur la science, la plonge, au contraire, dans » une plus grande obscurité ; car un principe tel que celui- )> là ne peut avoir d'effet qu'autant qu'il possède en lui- )♦ même une certaine vertu. Pourquoi , dans ce cas , adop- » ter l'existence d'un principe dont on ne peut se rendre » compte? A quoi peut donc conduire l'adoption de ce « principe? A peine le Magnétisme a-t il élé connu , qu'on )> l'a aussitôt rangé dans la classe des fluides , ce qui n'a >ï servi qu'à jeter plus de confusion dans nos idées; car, » rigoureusement parlant , nous ne devons reconnaître » comme fluide que ce qui possède le caractère dé l'impto> nétjbnbiiilé , c'est-à-dire qu'aucun autre corps ne puisse
» occuper sa place On a beaucoup parlé de la nécessité
» de la foi et d'une disposition au bien, pour réussir dans » la pratique du Magnétisme. Cette opinion offre un côté » mystique et imaginaire qui n'a pas peu contribué à exci- » 1er contre cette découverte les liommes qui font profes- » sion de n'écouter et de ne priser que ce qui s'accorde
w avec la raison Il est difficile de concevoir la légèreté
)> et en même temps l'assurance avec lesquelles plusieurs )> magnétiseurs ( et c'est sur-tout des Français dont j'en- >» tends parler) admettent l'existence d'un fluide magné- » tique , et , parlant de cette hypothèse , établissent l'écha- » faudage de leurs systèmes. »
Telles sont les opinions de M. le docteur de
Lichstenstaed*, sur le fluide du Magnétisme animal, qu'il regarde comme imaginaire.
Certainement on ne pourra pas reprocher à cet habile médecin de ne pas connaître la pratique du Magnétisme. Il suffirait , au surplus, de lire en son entier l'article (i) que je viens de -citer, pour se convaincre du contraire. D'ailleurs, l'auteur de la Défense du Magnétisme animal , qui est attaqué dans cet article, n'a pas encore osé y répondre. On pourrait en conclure que ce reproche d'un savant allemand, fait à la légèreté française , d'admettre avec tant d'assurance un fluide idéal , semble prouver qu'il y a moins de magnétistes en Allemagne qu'en France. J'en ai trop dit , je pense , pour faire sentir aux magnétistes jusqu'à quel point ils se compromettent envers le bon sens et la raison , en persistant à vouloir soutenir la réalité d'un fluide imaginaire. Ils doivent bien comprendre que, si la pratique du
(1) Cet article est inséré au Tom. Vil de la Bibliothèque du Magnétisme animal ? n° XX du mois de mai 1819, |>3g. 93 à 11 5.
Magnétisme a jusqu'à * été souvent
couverte de ridicule, il *é doivent s'en prendre qu'à eux-mêmes. Ce sont eux qui, par des prétentions chimériques, ontretardé et retardent encore le développement et les progrès de la science du Magnétisme. Cette science , qu'on voudrait circonscrire dans un cercle d'idées étroites , jouera cependant tôt ou tard un grand rôle, en dépit de la tendance des magnétistes à admettre des opinions superstitieuses et antiphilosophiques* Ce prétendu fluide ne peut d'ailleurs servir en rien pour expliquer les phénomènes inconcevables qui sont l'objet de nos recherches. Quand nous serons une fois délivrés du système si importun de ce fluide imaginaire , nous pourrons alors nous livrer, avec plus de liberté , à de profondes méditations sur les parties les plus importantes d'une science qu'il est si difficile d'éclairer, tels que les pressentimens, les prévisions , les prédictions, qui font le désespoir de tous ceux qui s'efforcent de les expliquer par les lumières de la raison et d'après les lois connues de la physiologie*
11 faut en conv ^r enfin, c'est plutôt dans les ouvrages de >s physiologistes les plus célèbres , ou de nos philosophes les plus profonds , qu'on trouve quelques lumières sur cette matière si difficile à traiter , tandis que nos magnétistes les plus en réputation n'offrent à ce sujet , dans leurs écrits , que des raisonnemens dépourvus de force , dans lesquels ils admettent un mélange incohérent d'opinionsreligieuses et philosophiques - qui , loin de se prêter un secours mutuel pour jeter de la clarté sur la science du Magnétisme animal, la plongent, au contraire , dans une plus grande obscurité. Après avoir été cruellement abusé par le fluide de l'illusion, au point de croire à un fluide idéal qui sortirait du bout de ses doigts , l'auteur de la Défense , etc. , est en proie à un autre fluide plus séduisant pour son amour- propre. Ce fluide n'est peut-être que celui des illusions , travesti sous un autre déguisement. Je veux parler du fluide de la présomption. Cet auteur, séduit par ce nouveau fluide, se flatte d'avoir battu et convaincu son anta-
( 2*5 ) goniste ? et il pousse encore la -prétention: jusqu'à se permettre vis-à-vis de l'auteur de X Examen , etc. , un ton de maître , en lui faisant la leçon sur différeras objets étrangers à la question qui est en litige. Ne doit-il pas craindre d'être seul de son avis ? D'ailleurs , les efforts qu'il a faits pour ramener péniblemeut les grandes vérités proclamées par son adversaire ^ à servir de preuves à la réalité d'un prétendu fluide , prouvent que le cercle étroit dans lequel il se trouve circonscrit, ne lui a pas encore permis de comprendre les sublimes idées qui brillent de toutes parts dans les écrits de l'auteur de Y Examen , etc.