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LES PROCÉDÉS D'AIMANTATION

Les procédés qu'on emploie pour aimanter un barreau d'acier par influence sont très variés. Lo simple contact d'un aimant suffît à la rigueur ; mais Faction s'accélère par la friction. Le magnétisme obtenu est d'autant plus énergique que l'aimant inducteur est plus fort ; cependant il y a pour chaque barreau un maximum de charge qu'on ne peut dépasser que momentanément : abandonné à lui-même, le barreau revient à cette charge limite» et l'on dit alors qu'il est saturé ou aimanté à saturation.

Dès le douzième siècle, on construisait des boussoles avec des aiguilles de fer que l'oQ excitait par le contact d'un aimant.

Qui une aiguille de fer boute En un poi de liège, et Tatise A la pierre d'aimant bise,

dit un poème attribué à Guillaume le Normand.

54 LE UAG.XëTISME

Le simple contact bout à bout (fig. 19) produit une aimantation lente et irrégulière. Il se développe dans la barre, contre le pôle A de l'aimant inducteur, en b,

un pôle de nom contraire, oMBi^aMHiH^H et à l'autre extrémité a un p" ., t\ u. pôle de même nom, si la

Fig. 19. — Simple coalact. <^ '

barre n'est pas trop longue.

L'action s'accélère lorsqu'on frappe la barre ou qu'on la frotte avec un corps non magnétique. Si elle est très longue ou d'un acier très dur, le pôle de même nom se forme non pas à l'extrémité a, mais plus près de b ; il se produit des points conséquents qui ne disparaissent que par une action très prolongée. Pour augmenter l'effet de l'influence, on fait glisser

le barreau d'acier ai sur le pôle A, ou bien on promène ce der- Àj^^^^^^^^^y nier d'un bout à l'autre du barreau, tou- Fig. ». — Simple touche. jours daus le même

sens, de a en b. C'est la méthode de la simple touche (fig. 20). Le barreau s'aimante alors» et le pôle qui se développe à l'extrémité a, dont l'aimant s'éloigne» est de même nom que le pôle inducteur, tandis qu'à l'autre extrémité b, dont l'aimant se rapproche dans son mouirement, se développe un pôle de nom contraire. Cette distribution des pôles correspond donc à la position de l'aimant A au moment où il quitte la barre. L'ébranlement mécanique causé par la friction aide évidemment l'action d'influence à s'établir.

LES PROCEDES I>\4IMANTATI0N. 55

La mélhode de la simple louche^ qui a été longtemps la seule en «sage, donne des résultats très satisfaisants loncpi'oii dispose d'un aimant d'une certaine forée ; mais avec des aimants faibles» elle ne suffit pas pour atteindre la saturation ; elle a de plus le désavantage de donner faeilement des points conséquents (de même que le simple contact)» surtout si la lame que l'on ▼eut aimanter est un peu longue et d'un acier dur. Or les points conséquents diminuent la force directrice des aiguilles, et» comme il importe de d(mner aux boussoles toute l'énergie possible^ on a cherché de bonne heure des procédés plus efficaces et pouvant donner des résultats plus réguliers. Ces procédés reposent sur remploi simultané des deux pôles contraires A» B, de deux aimants de force égale. On les pose ensemble au milieu du barreau^ puis on les écarte en les faisant marcher en sens inverse vers les deux extrémités : c'est la méthode de la tondre a^parée^ — ou bien on les laisse réunis et on les promène à la fois sur le barreau : c'est la méthode de la double tonche.

L'introdnetion de ces méthodes date> à vrai dire, de Tannée i 750, où Duhamel en France» Michell et Canton en Angleterre» publiàr^it à peu près simultanément leurs découvertes relatives à l'aimantation de l'acier» bien que le docteur Govran Knight ait employé la touche séparée quelques années plus tôt à produire des aimants d'une grande force» et que Servington Savery en ait fait usage dès 1730. En même temps on trouva que l'aimantation s'obtenait plus rapidement lorsque les extrémités des barreaux^ au lieu

d'être libres, étaient appuyées contre des lames de fer ou d'acier, qui jouaient le rôle de véritables armures, et dont la réaction favorisait le développement du magnétisme. Ces procédés, perfectionnés dans la suite par i£pinus et Coulomb, comportent des modifications très diverses dans* le détail desquelles il est inutile d'entrer ici ; il nous suffira d'en indiquer le principe. Lorsque Gowan Knight présenta, en 1746, à la Société royale de Londres ses aimants artificiels obtenus par un procédé nouveau, il refusa de divulguer la nature de son invention. <c On m'en offrirait autant de guinées que j'en pourrais emporter, disait-il, que e ne donnerais pas mon secret. » Ce n'est qu'après sa mort que Wilson a fait connaître le mode d'opération employé par lui. Cependant ses aimants, célèbres par leur puissance, s'étaient répandus partout, et avaient excité l'émulation des physiciens. C'est ainsi que, vers 1745, Réaumur et Buffon reçurent d'Oxford de petits barreaux, « aimantés par un médecin anglais sans avoir été passés sur aucune pierre, » et qui soulevaient des poids relativement considérables. Duhamel, à qui ces aimants furent communiqués, savait qu'un « fabricant d'instruments de mathématique p de Paris, Lemaire, possédait également un procédé d'aimantation d*une grande efficacité. Lemaire magnétisait une lame d'acier en l'attachant sur une autre lame plus longue, et il réunissait plusieurs lames ainsi préparées pour en former un faisceau. Ce fut là le point de départ des recherches de Duhamel sur les avantages qu'on peut tirer des armatures pendant l'aimantation.

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