LES THËNOMËS^ES D'INFLUENCE
barres de fer dur. C'est pour cette raison que les croix de fer des cloches et les tiges de fer qui sont longtemps tenues dans une position verticale^ acquièrent des propriétés magnétiques. Ces propriétés se développent lentement, mais, une fois acquises, elles persistent ; le martelage qu'on a fait subir à ces barres de fer en les travaillant, et même l'action prolongée de l'air, les durcissent d'ailleurs à la surface et en augmentent la force cocrcitive.
D'après Gilbert, cette aimantation naturelle aurait été constatée pour la première fois sur la croix de la girouette du clocher des Augustins, à Mantoue. Gassendi l'a observée, en 1630, sur une croix tombée de vétusté du clocher de l'église Saint-Jean, à Aix en Provence; la rouille qui en recouvrait le pied était surtout fortement magnétique. Sur l'axe de fer de la cloche d'une église de Marseille, qui était resté en place depuis quatre cent trente ans, il s'était formé peu à peu un épais dépôt de rouille. L'axe ayant été nettoyé en 1730, cette rouille se trouva posséder les propriétés de la pierre d'aimant ; elle avait d'ailleurs la même dureté, et la cassure laissait apercevoir des lamelles cristallines ^
Les espagnolettes des fenêtres, les .pelles, les pincettes qui restent longtemps debout contre un mur, finissent également par montrer des traces d'aimantation.
Lorsqu'on place une barre de fer doux dans la di-
^ Cette position diflere peu de celle de l'aiguille d'inclinaison, où l'aimant terrestre a son maximum d'influence. * Hist. de VAc, roy* des Sc^ 1731.
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rection de raiguille d'inclinaison, quie^ celle ou l'aimant terrejstre a toute son action, on peut constater qu'elle a subitement acquis un faible pouvoir ma^aétique^ car elle attire ou repousse Taîguille d'une boussole qu'on présente à l'une de ses extrémités. Si on la retourne bout pour bout, on renverse en même temps sa polarité, car l'effet sur la boussole reste le même : l'extrémité inférieure repousse toujours le pôle nord de l'aiguille, Textrcmité supérieure repousse le pMe sud. 11^ s*ensuit que les pôles de la barre sont naturellement placés comme ceux de Taiguille d'inclinaison.
Lorsqu'on emploie du fer tout à fait doux, l'aiman tation est instantanée, et les pôles sont isubitement renversés lorsqu'on retourne la barre; il n'en est plus de même quand on fait usage d'une barre d'acier eu de fer dur. Dans ce cas, l'état magnétique ne s établit que lentement, et il persiste, une fois qu'il s'est pro» duit.
On peut accélérer l'aimantation spontanée par des moyens mécaniques. Une lame d'acier placée verticalement, ou mieux dans la direction même de l'aiguille d'inclinaison, acquieii; un faible magnétisme permanent, si on la frappe à petits coups répétés. On peut même, par une forte percussion, en frappant un bout avec un marteau, ou bien en la poussant vigoureusement contre le sol, aimanter d'une manière durable une barre de fer doux. L'ébranlement mécanique y développe la force coercitive que la trempe donne à l'acier. Scoresby a ainsi obtenu des aimants assez puissants. Déjà Gilbert, dans son ouvrage de Magnele^
LES PIiEM)MËN£S DiNFLUElHGE. Ôi
représente un fofgeroo oecitpé à maiieier une bjure de fer couehée sur l'eaclume dans k direction du méridien magnétique. Le docteur Hook aimantait des barreaux d'acier en leur faisant subir l'opération de la trempe dans la positiott verticale.
Un gros fil de £er s'aimante lorsqu'on le tord fiaiiement. U n'ost pas rare de trouver des oulâls d'acier» — baireaux, limesi ciseaux, etc.» surtout lorsqu'ils sont employés à couper le fer, — qui ont pris sous rinfluence de la terre une aimanliiAiim permanente.
Cette influence terrestre est cause qu'un aimant s'affaiblit lorsqu'on le laisse longtemps dans une position très différente de celle qu'il prendrait naturellement, s'il était librement mobile. Il s'ensuit aussi que la force (I\jn aimant nVst point rigoureusement la même dans toutes les positions qu'on peut lui donner ; le maximum s'obtient lorsqu'il est parallèle à l'aiguille d'inclinaison.
La force coercitive du fer s'accroît généralement avec le temps ; cependant on cite des exemples qui prouveraient que certains fers doux n'en acquièrent jamais. M. Barlow a trouvé que le portant d'un aimant en fer à cheval» qui était resté en place depuis quarante-cinq ans, n'offrait aucune trace de magnétisme permanent.
D'un autre côté, un cercle fermé de fer doux retient l'aimantation qui lui est communiquée. Lorsqu'on aimante un anneau formé de deux pièces de fer doux en y promenant le pôle d'un aimant, les molécules s'orientent partout de la mcnic manière, et les bouts qui se touchent s'attirent , ils continuent d'adhérer
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après la cessation de l'influence ; mais, dès qu'on les sépare^ Tainiantation disparait, et ne revient pas si on les rapproche de nouveau. C'est une soiie d'équilibre instable. Cette observation a été faite pour la première fois par M. de la Borne, sur des fils de fer plies en forme d'anneau. On a souvent constaté aussi que l'armature d'un électro-aimant en fer doux non seulement conserve son adhérence, mais porte encore des poids, après la cessation du courant, lorsque l'aimant a la forme d'un fer à cheval.