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LA FORCE DES AIMANTS. — FAISCEAUX ET ARMATURES

Des causes très diverses peuvent diminuer à la longue la force d'un aimant : il peut être affaibli par des changements de température, par des chocs qui en modifient la structure moléculaire, par des actions d'influence qui tendent à l'aimanter à rebours. Un barreau aimanté placé dans la direction même de l'aiguille d'inclinaison conservera mieux sa force, parce que rinfluence terrestre s'accorde alors avec l'aimantation qu'il possède déjà; mais si on le retourne bout, pour bout, cette influence devient diamétralement opposée, et ne peut avoir pour effet que de l'affaiblir.

Pour mieux conserver ses aimants, Knight les plaçait deux à deux, tète-bêche, dans la même boite, en laissant entre eux un petit intervalle et en réunissant leurs pôles de nom contraire par deux traverses ' de fer doux*

Les aimants réunis en faisceaux, dont les pôles de mémo nom sont tournés du même côté, tendent au

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conti-aire à se désaimanter mutuellement. Lorsqu'on vient a démonter le faisceau, oti trouve qu'ils se sont affaiblis, surtout ceux du centre. Pour atténuer cette réaction nuisible, on dispose les barreaux par gradins en retrait, ceux du centre dépassant tous les autres. Néanmoins l'expérience a

Éprouvé qu'on a tout avantage à réunir les barreaux aimantés en faisceaux pour se procurer des aimants puissants, d'abord parce qu'il est difficile de tremper de grosses barres d'acier sans les

I déformer, et non moins difficile de les aimanter à saturation, ensuite parce que les petits aimants ont proportionnellement plus d'énergie que les gros.

Coulomb a fait une étude approfondie des faisceaux magnétiques et a indiqué les règles d'à- Fig. îe. - Faisceau. ppès lesquelles on les construit encore aujourd'bui. La figure 26 représente un faisceau formé de trois couches de quatre lames cbacune ; cea lames ne se touchent pas, celles du milieu dépassent les autres, et elles sont toutes encastrées dans deux armures de fer doux.

Knight était parvenu à construire deux « magasins magnétiques » composés chacun de 240 lames de 15 pouces qui étaient distribuées en six couches de dix colonnes, formées chacune de quatre lames placées bout à bout, ce qui donnait un total de deux fois

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240 OU de 480 lames. Chaque faisceau, consolidé par cinq bandes de cuivre et muni de deux armatures de fer doux, pesait 500 livres et était déposé sur une planche d'acajou mobile autour d'un axe horizontal que portait un chariot. Ce double faisceau produisait des effeU surprenants ; Knight s'en servait pour aimanter instantanément des barreaux d'acier placés

Fig. Î7. — MagHin mignéliqiie de Knighl.

entre les deux pôles. Les faisceaux sont encora à l'In- . stilut royal de Londres, où on les conserve dans deux caisses de bois. Il parait qu'ils n'ont plus leur force primitive; on dit que l'affaiblissement est dû à réchauffement qu'ils ont éprouvé dans un incendie. Faraday les a essayés en" 1830. Ayant placé un cylindre de fer doux de 1 pied de lotigueur entre les deux

pôles, il trouva qu'il fallait un poids d'environ 100 livres pour le faire tomber.

Tout le monde sait que les pièces de fer doux, nommées armures^ armatures ou contacts^ qu'on applique aux pôles des aimants, en augmentent la force portative, qu'il faut bien se garder de confondre avec la force intiînsèque de l'aimant, avec la quantité de magnétisme qu'il contient; il y a là deux choses complètement dialinctes, comme nous le verrons bientôt. La force portative est le poids maximum qu'un aimant peut porter, et les premiers physiciens la prenaient pour la mesure de la puissance de l'aimant; mais ce poids dépend de la manière dont la charge est appliquée : il peut être accru dans une proportion énorme par l'emploi d'une bonne armature, surtout si l'on augmente peu à peu la charge.

Pour* faire agir ensemble les deux pôles d'un barreauy on le recourbe en forme de fer à cheval. La figure 28 représente un aimant de ce genre, formé de plusieurs lames superposées. Armé d'un contact, il porte beaucoup plus que le double de la charge que porterait un seul de ses pôles.

Les aimants naturels sont en général très faibles ; les petits sont relativement plus puissants que les gros : ils portent, sans être armés, quarante et cin* quante fois leur propre poids, tandis qu'un aimant naturel qui pèse un kilogramme porte rarement plus de dix fois son propre poids. Newton possédait, parait-il, un aimant naturel, enchâssé dans une bague, qui pesait 3 grains (2 décigrammes) et portait une charge de 746 grains, — près de deux cent cinquante

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