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LA PIERRE DÂIHANT CHEZ LES ANCIENS

Toir de Taimant. Il existe une longue série de légendes relatives à des objets suspendus librement dans l'air et soutenus par des attractions magnétiques qui les tirent en sens contraires. Saint Augustin parle d'une statue de fer qui reste en équilibre au milieu de Tair, grâce à deux aimants cachés dans le pavé et dans la voûte d'un temple qu'il ne nomme pas. D'après Suidas, une statue de cuivre était suspendue par ce moyen dans le temple de Sérapis, à Alexandrie; on avait caché dans la tête un morceau de fer, et une pierre d'aimant fixée à la toiture du temple attirait la statue en haut, mais elle était retenue à moitié chemin entre le sol et la voûte par des procédés ingénieux, sur la nature desquels Suidas ne s'explique point. Selon le Talmud, les veaux sacrés de Jéroboam étaient soutenus par un moyen semblable , enfin, Hildebert rapporte que le tombeau de Mahomet est maintenu en l'air par les attractions égales et opposées de deux puissants aimants. — L'impossibilité d'une pareille suspension sans point d'appui est facile à démontrer ; Porta et Kircher l'ont sans peine établie. L'équilibre d'un corps soumis seulement à deux attractions contraires est essentiellement instable, comme celui des objets qu'un acrobate parvient à balancer un instant au bout d'une perche appuyée sur son front ou sur la paume de sa maiii. Kircher^ ajoute cependant qu'un objet de fer pourrait rester suspendu au-dessous d'un aimant, à une très petite distance de ce dernier, s'il était retenu en bas par un

^ De Arte Magnelica. 1041.

fil qui Tempécherait de céder à l'attraction : ce serait en quelque sorte une suspension matérielle renversée, où le poids, représenté par la force de Taimant, agirait de bas en haut.

Au milieu de ces récits fabuleux, on rencontre pourtant quelques faits d'une certaine portée. Platon, Lucrèce, Pline et beaucoup d'autres connaissent l'expérience des anneaux : lorsqu'on approche d'un aimant un anneau de fer doux, l'anneau s'y attache ; un second anneau s'attache au premier, un troisième au second, et ainsi de suite, de sorte qu'il se forme une chaîne par le simple contact. Les auteurs qui décrivent cette expérience savent déjà que l'aimant communique sa vertu au fer qui s'y attache, et que cette aimantation temporaire cesse avec le contact. Le poète Claudien constate que Taimant se fortifie par le contact du fer, et qu'il perd de sa force quand on l'en sépare. Lucrèce a vu des morceaux de fer s'agiter dans un bassin d'airain lorsqu'on passait un aimant au-dessous du vase. La pénétration du pouvoir magnétique à travers tous les corps solides était connue de très bonne heure.

Les anciens connaissaient-ils aussi la propriété des aimants de s'attirer lorsqu'on rapproche les pôles de nom contraire, de se repousser lorsqu'on rapproche les pôles de même nom? Pline rapporte seulement qu'une espèce d'aimant éthiopien attire les autres aimants, — que la pierre théamède^ que Ton trouve également en Ethiopie, repousse le fer. Suivant Marcellus de Bordeaux, médecin de Théodose le Grand, il existe une espèce particulière d'aimant, l'aimant

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