‹ Le magnétismeChapitre 31 sur 43 · IS · texte numérisé non relu

IS

on refusait encore de croire à la variabilité de cet élément, et Ton se contentait d'expliquer ces changements par rimperfection des moyens d'observation. Il fallut, pour en faire admettre la réalité, les observations longtemps continuées de Hellibrand, qui avait à cet effet tiré, en 1625, une méridienne dans le jardin de Whitehall, à Londres, et notait exactement la marche rétrograde de Taiguille aimantée. Cette longue variation séculaire une fois constatée et admise, on crut du moins qu'elle s'accomplissait d'une manière uniforme; mais on dut bientôt reconnaître qu'il n'en était rien. En 1683, un missionnaire jésuite, le P. Tachard, qui observait l'aiguille de déclinaison au Siam, s'aperçut qu'à peu de jours d'intervalle il obtenait des valeurs sensiblement différentes; puis l'opticien Graham, à Londres, découvrit en 1722 les variations diurnes de la déclinaison, et il fut i*econnu que l'aiguille- n'est pour ainsi dire jamais en repos. Elle tremble et s'agite sur son pivot comme une girouette qui indique les incessantes fluctuations de la force terrestre.

A travers les variations diurnes, dont l'amplitude dépasse rarement 15 ou 20 minutes d'arc, et dont la période est le jour, on distingue les oscillations plus lentes qui s'achèvent dans le cours d'une année et dont les phases coïncident avec les solstices et les équinoxes. En prenant pour chaque jour la moyenne des digressions maximum et minimum de l'aiguille, on obtient en effet sa position moyenne par rapport au méridien : or la comparaison de ces moyennes diurnes, et surtout des moyennes mensuelles, montre

clairement que Taiguille a une pénode annuelle qui dépend des saisons. Dans l'Europe occidentale , le pôle nord de l'aiguille se rapproche graduellement du méridien en marchant vers l'est depuis l'équinoxe de printemps jusqu'au solstice d'été; puis l'aiguille rétrograde vers l'ouest, mais plus lentement, car elle emploie le reste de Tannée, huit ou neuf mois, à revenir à son point de départ. C*est vers la fin de l'hiver qu'elle atteint sa plus grande digression occidentale.

Les variations diurnes de l'aiguille de déclinaison dépendent évidemment de la marche du soleil. Dans notre hémisphère, le pôle nord de l'aiguille se déplace vers l'ouest depuis huit heures du matin jusqu'à une heure ou deux heures de l'après-midi; puis l'aiguille revient sur ses pas avec une vitesse qui se ralentit beaucoup après le coucher du soleil, de sorte qu'elle semble rester stationnaire pendant la nuit pour reprendre sa marche rétrograde vers l'est au point du jour. A huit heures, l'oscillation de retour est achevée, et l'aiguille recommence à marcher vers l'ouest.

Dans l'hémisphère austral, les mouvements de l'aiguille se produisent en ordre inverse; là, c'est le pôle sud qui marche vers l'ouest depuis le matin jusqu'à deux heures de l'après-midi, et revient en arrière pendant le reste du jour. La fig. 48 représente les courbes de ces variations diurnes de la déclinaison telles qu'on les observe à Toronto (51® de latitude nord) et à Hobarton (43*^ de latitude sud).

L'amplitude de ces oscillations diffère beaucoup d*un jour à l'autre, Sous nos climats, Tamplitude

LES VARIATIONS MAGNETIQUES. 167

totale est en moyenne de 10 minutes d'arc; mais elle est beaucoup plus faible en hiver qu'en été. Au mois de décembre, elle ne dépasse guère 5 ou 6 minutes, tandis qu'au printemps et pendant l'été elle atteiat 12 et 15 minutes. Enfm l'amplitude des variations diurnes augmente avec la latitude ; elle est beaucoup plus considérable dans les contrées voisines des deux

Fig. 4S. — Variation diurne de la déclinaison (Toronto et Hobarton).

pôles que dans les régions tropicales, où les mouvements de l'aiguille deviennent en outre très irréguliers quand le soleil se trouve tour à tour au nord et au sud du zénith.

En dehors des variations diurnes, qui, du moins sous les latitudes moyennes, laissent manifestement reconnaître une période de vingt-quatre heures, Taiguille aimantée subit encore des déplacements brus(}ues, parfois considérables, (jue Ton appelle per*

\m LE MAGNÉTISME.

turbationSf et qui le plus souTent se font sentir simultanément sur tous les points du globe, tandis que les variations diurnes dépendent du temps local, et par conséquent ne sont simultanées que pour les stations situées sous le même méridien. Pour reconnaître au milieu de ces anomalies les phases assez régulières de la variation diurne, il faut prendre la moyenne d'un grand nombre d'observations. Les perturbations se révèlent par leur caractère irrégulier, et on les distingue facilement lorsqu'on entreprend la comparaison des tracés obtenus en des stations diiîérentes. Nous y reviendrons plus loin.

Les observations relatives à l'inclinaison sont plus difficiles à faire, et celles des siècles derniers n'offrent point une précision suffisante pour qu'on puisse déterminer avec certitude la grandeur de la variation séculaire. Voici quelques-uns des résultats obtenus à Paris ; on voit que l'inclinaison y diminue constamment :

IHCLIHAISON

Page 1