‹ Le Maha BharataChapitre 9 sur 19 · SA · texte numérisé non relu

SA

rière lequel, vénérable monarque, s’avançaient immédiatement Douryodhana et Karna. 3,112.

Ensuite, venaient dans la forme du char cent milliers de combattants, tous le pied ferme, qui ne savaient pas fuir et regardaient le front de la bataille. 3,113.

Derrière eux, environné d’une nombreuse armée, s’avançait le roi Djayadralha, qui se tenait à côté de l’ordre en aiguille. 3,11&.

Le Bharadwâdjidc était placé, Indra des rois, à la tête du char; après lui, son roi le défefidait en personne. 3,115,

Avec sa cuirasse blanche, son riche turban, sa large poitrine et ses longs bras, Drona, brandissant son grand arc, se montrait irrité comme la mort. 3,116.

Les Kourouides furent joyeux, quand ils virent le char de Drona, enveloppé d’étendards, attelé de chevaux ronges, où flottait la noire dépouille d’une antilope, *nint /a/yis de l’autel. 3,117.

Les Siddhas et les Tchâranas furent saisis d’un profond étonnement, dès qu’ils virent, établi par Drona, cet ordre de bataille, semblable à une mer agitée. 3,116.

« Cette disposition de guerre peut dévorer, pensèrent les Bhoûtas, la terre entièrement, avec ses montagnes, ses forêts, ses mers et les différents peuples, dont elle est remplie ! » 3,119.

Le roi fut ravi de joie, lorequ’il vit ce grand char aux formes admirables, au bruit effrayant, que Drona avait formé d’une foule de fantassins, d’éléphants, de chevaux, d’enfants de Manou, de chars, et qui déchirait le cœur des ennemis. 3,120.

Tandisque cesgrandes armées étaient entraînées, véné-

DRONA-PARVA.

rable monarque, que les tambours étaient battus et que les tymbales résonnaient; 3,121.

Au milieu du fracas dea armées, du son des instruments de musique, des conques, qui retentissaient, animées par lèvent; au milieu de ce tumulte elTroyable; 3,122.

Tandis que, désireux de combattre, les Bliaralides commençaient avec lenteur à darder leurs flèches (1) ; dans ce mouient épouvantable arrivé, apparut IMmbidextre. 3,123.

De nombreux milliers d’hommes vigoureux et jeunes se jouèrent là, fils de Bharata, en présence de Savya.sât<:hi.

Des quadrupèdes aux hurlements effroyables, des chacals horribles à voir crièrent au midi pendant notre marche en avant. 3,12/1—3,125.

Des ouragans s’élevèrent, des météores flamboyants tombèrent du ciel par milliers ; toute la terre trembla au moment où éclata ce péril épouvantable. 3,126.

Des vents soufflèrent de tous les côtés, avec des aquilons impétueux, cruels, arrachant les guérets, tandis que le fils de Kountl s’avançait dans cette bataille engagée.

Çatânlka, fils de Nakoula, et Dhristhtadyoumna le Prishatide, ces deux héros instruits, rangèrent alors les armées des Pândouides. 3,127 — 3,128.

Placé en tête de toutes les armées avec un millier de char, une centaine d’éléphants, trois mille chevaux, plusieurs centaines d'hommes de pied, Dourmarshana , ton fils, de parler en ces termes à deux mille archers, auxquels venait s'ajouter en sus une demi-fois ce même nombre : 3,120 — 3,130.

(1) Abhüiârvÿatm, texte de Bombey et oommenteire.

« Maintenîïnt, je vais arrêter comme un rivage retient la mer, séjour des inakaras, ce guerrier, ivre de la cruelle ivresse des batailles, qui nous brûle avec l’arc du Gândlva ! 3,131.

»Que l’on voie maintenant Dhanandjaya, malgré sa colère inalTrontable dans la guerre, arrêté dans sa marche comme une masse de pierres, qu’un rocher tient en suspens. 3,132.

» Vous, maîtres de chars, qui aspirez au combat, restez, paisible» spectateurs, tandis que je vais combattre ces guerriers réunis, accroissant mon honneur et ma gloire. » 3,133.

A ces mots, le magnanime à la haute sagesse, se tint avec son grand arc, Mahârâdja, environné de grands arcs lui-même. 3,1 3/i.

Mai», irrité comme la mort, tel qu’lndra, armé de la foudre, de même que l’intolérable Trépas, son bâton à la main, poussé par la fatalité, semblable à l’inébranlable Çoûlapani, pareil à Varouna, qui tient son lacet, ainsi que le feu enflammé sur le point de consumer les créatures à la fin d’un youga, agité par la colère, la fureur, la conscience de sa force, Djaya-Djétri (1), la mort des Niv/ltakavatchas, se tenait là au moment d’accomplir son grand vœu dans la vérité. 3,135—3,136—3,137.

Revêtu de la cuirasse, ceint du cimeterre, coiffé d’une tiare d’or, portant une robe splendide et de riche» bouquets, paré de superbes bracelets et de brillantes pendeloques, faisant vibrer son arc Gândlva et monté sur le plus éminent des chars, Nara, suivi de Nârâyana, rcs-

(1) La victoire cl le vaiikqueur, ileui »uraom» d’Arjouuâ.

DRONA-PARVA.

Ub

plendissait dans ce combat, tel que le soleil élevé sur l’horizon. S, 138 — 3,139.

Au milieu de l'immense averse de flèches, sire, que lui décochait le front des armées, l’auguste Dhanandjaya Ct arrêter son char et souffla dans sa conque. 2,140.

Et Krishna sans trouble, imitant lePritbide, remplit de vent avec force, vénérable roi, son Pàutchadjanya, la meilleure des conques. 3,141.

Au bruit de ces trompes, les guerriers de trembler dans ton armée, monarque des hommes, le poil hérissé d’elTroi, abandonnés de leur âme. 3,142.

Tes combattants frissonnèrent au fracas de ces conques, comme les éclats du tonnerre font frissonner tous les êtres.

De tous côtés, tes coursiers de lâcher sous eux les excréments et l'urine : tel fut le trouble, qui remplit ton armée entière et ses montures. 3,143—3,144.

Les hommes s’ affaissèrent au bruit de ces conques, sire ; les uns perdirent la connaissance, vénérable roi ; ceux-là tombèrent d'effroi. 3,145.

Ensuite, le singe avec les autres, qui font leur habitation sur les drapeaux, poussèrent de grands cris: cette clameur soudaine jeta la crainte parmi tes guerriers, qui restèrent, la bouche ouverte. 3,146.

Puis, on souffla de nouveau dans les conques ; on battit de rechef les tambours, les tymbales et les tambourins, qui remplirent de joie tes armées. 3,147.

Le son des divers instruments de musique s’y mêlait avec le bruit confus des grincements de dents, des battements sur les bras, des cris de guerre, élevés dans les deux, des provocations adiessées aux grands héros.

Au milieu de ce fracas tumultueux, accroissant la i>eur

LE MAHA-BHAIUTA.

des gens timides, le fils de Pâkaçâsana, au comble de la joie, parla en ces Krmes au Dâçàrbain : 3,148 — 3,149.

« Pousse tes chevaux, Hrishikéça, là où tu vois Dourmarshana. Quand j’aurai enfoncé cette armée d’éléphants, j’entrerai dans les rangs des ennemis. » 3,150.

A ces mots de l’Ambidextre, Kéçava aux longs bras de pousser les chevaux du côté où était Dourmarshana.

Alors s'éleva un combat tumultueux, très-épouvantable, d’un seul contre plusieurs, à la ruine des éléphants, des guerriers et des chars. 3,151 — 3,152.

Comme Indra, qui préside aux pluies, le Prithide couvrit les ennemis d’une*averse de flèches, tel qu’un nuage inonde les montagnes. 3,153.

Tous ces maîtres de chars, en guerriers adroits, ensevelirent à la hâte sous les multitudes de leurs flèches Krishna et Dhanandjaya. 3,154.

Irrité de se voir arrêté dans cette bataille par les ennemis, le Prithide aux longs bras enleva du corps avec ses flèches la tête à ces maîtres de chars. 3,155.

I,a terre était jonchée d’armures, de têtes ornées de pendelo<jues, aux yeux éteints, aux bouches mordant la brillante coupe des lèvres (1). 3,156.

De tous les côtés resplendissaient épars des visages de guerriers abattus, comme des moissons de lotus blancs.

On voit (2) , arrosées de sang, des cuirasses d’or, telles que des troupes de nuages, sillonnés par des éclairs.

Le bruit des tètes tombant sur le sein de la terre était

(1) SnndadiuhlhajMutals, édilion de Bomliay. (2; Driçyanlai, même leite.

c ,iizc ; bv (îoogle

DRONA-PARVA.

semblable, sire, à la chûte des fruits du palmier, que fait tomber la maturité du temps. 3,139.

Le tronc du corps, tantôt se tient, appuyé sur l’arc ; tantôt, il se tient avec son épée allongée devant lui par son bras, qui l’a tirée du fourreau. 3,160.

Les éminents héros ne reconnaissent pas les têtes abattues : avides de la victoire, ils ne peuvent soutenir le fils de Kounti dans la bataille. 3,161.

La terre est jonchée de muflles de chevaux, de trompes d’éléphants et de nombreuses tètes des héros. 3,162. ■

« Celui-ci est lePrithide 1... D’où viens-tu, Prilhide?... Voici le Prilhide I » disait-on, seigneur. Il semblait que dans tes années tous les combattants fussent devenus Prithides. 3,163.

Les autres se frappaient mutuellement eux-mêmes ; fascinés par la mort, il leur semblait que le monde entier se fût changé en Prithide. 3,164.

Gémissants, baignés de sang, la connaissance perdue, en proie à d’immenses douleurs, un grand nombre de héros, gisants sur la terre, appelaient leurs parents.

Armés dans le combat de bhindipâlas, de traits barbelés, de lances, de sabres, de haches, de nirvyoûhas (1) , de cimeterres, d’arcs, de leviers en fer, de flèches, de cuirasses, de massues, ornés de bracelets et de parures, ayant des bras semblables à des pilons et pareils à de grands serpents, 3,165—3,166 — 3,167.

Ils entourent de tous côtés l’ennemi, ils rivalisent d’ardeur, ils déploient leurs efforts; irrités et tranchés par les flèches puissantes, ils luttent de vitesse. 3,168.

(1) lCrpèce d'anuH^dit le cuuimenUire.

Quel que soit le guerrier, qui se présente (1) devant le Priihidc, il est pour lui la mort et sa flèche lui traverse lecoi'ps. 3,160.

Frappé, il périt; et nul homme n’aperçut un intervalle, quelque minime fût-il, entre le jet des flèches du Priihide, (]ui semblait danser dans les routes de son char. 3,170.

Les gens des ennemis furent étonnés de la légôi'eté du fils de Prithà pour tirer du carquois, encocher les traits, envoyer ses flèches dans l'espace. 3,171.

Phàlgouna de ses dards perça l’éléphant avec son cornac, le cheval avec son cavalier, le maître de char avec son cocher. 3,172.

Tout ce qui s’approche, revient, combat, tout ce qui reste en face de lui, tombe sous les coups duPàndouide.

Arjouna, le plus grand des héros, tua avec ses flèches aux ailes de héron l'armée des éléphants, comme le soleil à son lever détruit l'obscurité dans les deux.

On voit ton armée couverte de pachydermes gisants, les entrailles saillantes, comme la terre apparaît, au temps de la destruction finale, couverte de montagnes écroulées.

Tel qu’il est toujours difficile aux êtres vivants de fixer les yeux sur le soleil, arrivé au milieu de sa carrière, tels les ennemis dans le combat ne pouvaient regarder Dhanandjaya irrité. 3,175 — 3,176.

Ainsi, l’armée de ton fils, fléau des ennemis, émue, accablée par les flèches, dans un trouble extrême, en déroule, brisée dans le combat et telle que les bataillons des

(1) Prntiiauichat'utmy que le cuiunaenUire eiplique par prati{oud^ yalcUhaii.

DRONA-PARVA. 349

nuages dissipés par un grand vent, était incapable d’arrêter ses rcgards sur ce hfrox. 3,177—3,178.

Les tiens, fantassins, maîtres de chars, cavaliers, fuyaient d’une course rapide sous les traits d’Arjoùna, excitant leurs chevaux avec des paroles menaçantes, des blessures, des coups de fouet, des rugissements, poussés de tous leurs efforts (1), l’extrémité des arcs {‘î) et les aiguillons. 3,179 — 3,180.

Ceux-ci poussaient leurs éléphants à coups de crocs, de pouces et de fouets ; ceux-là, jetés dans le délire par les flèches, s’avançaient, la face tournée vers .Irjouna. Tes guerriers avaient alors leur âme égarée, leure efforts paralysés. 3,181—3,182.

(I Quand Kiriti eut enfoncé, détruit cette avant-garde, s’enquit Dhritarâshtra, quels héros s’avancèrent dans ce combat-ci à la rencontre de Dhanandjaya? 3,183.

I) Peut-être, lorsqu’ils virent leurs desseins paralysés, entrèrent-ils dans l’ordre de bataille en char, où ils se tinrent sous l’abri de Drona, cet inaccessible retranchement? » 3,184.

Dès qu’Arjouna eut ainsi enfoncé ton armée, irréprochable roi, lu: répondit Sandjaya, que ses héros furent tués, ses efforts paralysés, et qu’elle n’eut plus dépensée que pour la fuite, personne dans cette armée, immolée à chaque instant par les flèches puis.santes du Pàkaçâsanide, n’eut la force d’arrêter ses yeux dans cette bataille sur Arjouna. 3,1s5 — 3,186.

Aussitôt que ton fils Douççàsana au comble de la colère vit ton armée ainsi maltraitée, il s’approcha du fils de Prithà pour le combattre. 8,187.

(t-2) VdhUah,,,. tcMpa, édilioD de Bombay. Au vers suiiantj

Héros d'une bouillante valeur, il était ravètu d’une cuirasse variée d'or ; il jwi tait un casque du même riche métal. 3,188.

Dévorant cette terre, pour ainsi dire, grand roi, Douççâ.sana d'environner 1’ .Ambidextre avec une nombreuse année d'éléphants. 3,1S9.

La terre, les plages des deux et l’atmosphère, tout fut rempli de tumulte par le bruit des clochettes de ses pachydermes, par le fracas des conques, par le son de la corde tirée et le barrit de ses proboscidiens. Ce fut un moment plein d’elfroi et rempli d'épouvante.

Dès qu’il vit (1) accourir d’un pied rapide, comme des montagnes revêtues de leurs ailes, ces éléphants, pressés à coups d'aiguillons, irrités et la trompe pendante, Dhanandjaya, le lion des hommes, dissipa avec ses flèches, envoyées de près, et son vaste cri de guerre cette armée d’éléphants ennemis. 3,192—3,193.

De même qu'un requin, Kiriti entra dans cette armée d’éléphants, qui ressemblait à une mer aux grandes vagues soulevées par le vent. 3,19i.

Tel que le soleil, qui a dépassé les kâshthas (2) et par qui tout est brûlé à la fin d’un youga, le conquérant des cités ennemies, Dhanandjaya de promener ses yeux dans tous les points de l’espace. 3,195.

Au bruit du sabot des coursiers, au grincement des

(!) Drûhiwd, texte de Bombay.

(2) Que signifie le mot tdiAfAo? Le commentaire explique ce mot par rfinniyama; mais je ne trouve d'une manière satisraisante ce terme d'astronomie, semble-t-il, dans aucun dictionnaire, ni au composé, ni divisé en ses de-ai éléments.

DRON/V PAIWA.

roues de son char, à ses bruyants cris de guerre, au son de la corde tirée, au tumulte des divers instruments de musique, au fracas du Pàntcliadjanya, au tonnerre du Dévadatta, au retentissement du Gândlva, les hommes et les éléphants, blessés par l'Ambidextre avec scs flèches au toucher tel que la morsure des serpents, eurent leur vitesse paralysée et leur âme fut abandonnée du courage.

Les pachydermes furent blessés en tous les membres par ces traits acérés, que l’arc Gândlva dispersait en plusieurs centaines et même par milliers dans la bataille.

Immolés par Kiriti, ils poussaient un cri désespéré et tombaient continuellement sur la terre, comme des montagnes aux ailes coupées. 3,199—3,200.

Les autres éléphants, atteints par les flèches dans les gencives, les bosses frontales et les tempes , jetaient des cris itérativement, comme des ardées. 3,201.

De ses bhallas aux nœuds inclinés, Kirlli enlevait la tète aux héros, montés sur les épaules des éléphants. 3,202.

Avec ces têtes ornées de boucles-d’ oreille, tombées sur le sol de la terre, le Prithide fit une offrande, comme avec des monceaux de lotus. 3,203.

Enchaînés dans leurs appareils brisés, sans cuirasse, couverts de blessures, baignés de sang, les guerriers cessèrent de combattre sur leurs pachydermes, errants au milieu de la bataille. 3,20â.

Plusieurs, deux et trois à la fois, tombaient sur le sol de la terre, percés d'une seule flèche, bien empennée, bien décochée. 3,205.

Profondément blessés de nâràtchas, vomissant le sang de leur bouche, les cavaliers tomba'ient sur la terre,

comme des montagnes, plantées d’arbres. 3,206.

Arjouna fendit avec ses bhallas aux nœuds inclinés l’arc, la niaâurvl, le drapeau, l’attelage et le timon des maîtres de chars. 3,207.

On voyait le Prithide, qui semblait danser avec son arc arrondi en cercle, sans encocher son trait, ni le tirer, sans le décocher, ni l’envoyer devant lui. 3,208.

Profondément blessés par les nârâtchas, vomissant le sang de leur bouche, les éléphants après un instant s’affaissaient sur le sol de la terre (1). 3,209.

De tous les côtés , on voyait s’élever, grand roi, dans cette effroyable guerre, d’incalculables monceaux de corps mutilés. 3,210.

On voyait, coupés sur le champ de bataille, p.arés encore de leurs ornements d’or, les bras, qui portaient les arcs, les maniquet, défenses de leurs doigts, les cimeterres et les bracelets. 3,211,

La terre offrait dans re combat un aspect épouvantable avec les jougs brisés en plusieurs morceaux, les chare et les roues cassées , les appareils de guerre , les bancs, les timons, les attaches des chevaux , les grands héros gisants, armés encore de l'iirc et du bouclier, aux robes, aux bouquets de fleurs, .aux parures, disséminées çà et là avec les coursiers et les éléph.ants inanimés et les kshatryas immolés. 3,212 — 3,213 — 3,214.

Ainsi, fuyait, grand roi, sous les coups, dont l’immolait Kirlti, l’armée de Douççàsana, avec son général frappé de terreur. 3,215.

Alors Douççàsana, en but aux flèches avec son armée,

(I) C'est à peu prés la stance déj.^ Tne et numérotée 3,!06.

DRONA-PARVA.

désira obtenir la protection de l’Atchârya et s’approcha de l'ordre de bataille en forme de char. 3,216.

Après que l'armée du DhritarAshiride fut tombée sous ses coups, le vaillant Ambidextre, qui voulait arriver jusqu’au roi du Sindhou, courut vers l’armée de Drona.

11 s’approcha du brahmc, placé en tète de son ordre de bataille, et, joignant les deux mains à ses tempes, il lui adressa ce langage avec l'assentiment de Krishna:

« Etendssur moi ta pensée favorable, brahme; prononce le swasti sur moi ! Je désire, grâce à ta faveur, entrer dans cette armée difficile à rompre. 3,219.

» Ta sainteté est égale pour moi à un père ; elle est égale à Dharmaràdja, elle est égale même à Krishna : je te dis cette vérité. 3,220.

(I De même qu'Açvatthâman doit être par toi défendu, mon père, ainsi dois-je être aussi toujours, irréprochable et très-saint brahme, défendu par toi. 3,221.

I) Puisque je désire immoler dans un combat le monarque du Sindhou, ô le plus vertueux des mortels, gardemoi, seigneur, ta promesse. » 3,222.

A ces mots, l’Atchârya lui répondit alors en souriant : » Il 11 est impossible, Bibhatsou, de vaincre Djayadratha, si l’on ne m'a vaincu moi-même. » 3,223.

Et, parlant ainsi, Drona l’ensevelit en souriant sons des multitudes de flèches acérées avec son cocher, son drapeau, ses chevaux et son char. 3,22â.

Arjouna d'arrêter (1) avec ses dards les multitudes de traits, que lui envoyait Drona, et de fondre sur lui avec

(1) Teite de Bombay : Awiryan*

viii 23

des flèches immenses, aux formes épouvantables. 3,225.

Il commença par honorer le vieux brahme et lui porta des blessures, monarque des hommes : puis, fidèle au devoir du kshatrya, il le perça de nouveau avec neuf traits.

Drona avec des flèches coupa son dard et blessa les deux héros, le Vrishnide et le Pândouide, avec des traits semblables au feu allumé du poison. 3,22 ' — 3,227.

Le Pândouide voulut trancher son arc avec des projectiles ; et, tandis que le magnanime Phâlgouiia agitait cette pensée, le vigoureux Drona sans trouble eut bientôt coupé avec des flèches la corde de son arc ; il transperça ses chevaux et son cocher ; il abattit son drapeau.

Le héros inonda, en souriant, Arjouna de ses traits. Au milieu de cette conjoncture, le Prithide remit une nouvelle corde à son grand arc ; et le plus habile des hommes, à qui tous les astras sont connus, envoya, pour vaincre l'Atcbàrya, six cent traits avec la même rapidité, qu’il aurait décoché une seule flèche. 3,230 — 3,231.

Et, lançant sept cents dards nouveaux, un millier même et d’autres par myriades, il extermina l’armée de Drona, sans la forcer à fuir. 3,232.

Les éléphants, les coursiers et les hommes tombaient, la vie exhalée, atteints de blessures convenables sous les flèches de ce héros adroit et vigoureux. 3,233.

Dans l’oppression des flèches, les maîtres de chars, les armes brisées, le fil de la vie tranché, tombaient tout-àcoup de leurs superbes chars, sans drapeaux, ni chevaux, ni cochers. 3,23à.

On voyait succomber les éléphants avec leurs formes semblables à des cimes de montagnes, le séjour des eaux,

DRONA-PARVA.

frappées, brûlées, mises en poudre parle feu, le vent et le tonnerre. 3,235.

Des milliers de chevaux tombaient, frappés des flèches d’Arjouna, comme des cygnes, que chasse la pluie sur les plateaux de rilimâlaya. 3,236.

Des masses de fantassins, de chevaux, d’éléphants et de chars, pareils à de prodigieux amas d’eaux, périssaient sous les flèches et les astras du Pândouide, semblables aux rayons du soleil à la lin d’un youga. 3,237.

Le nuage de Drona couvrit, comme une nuée les rayons du soleil, ce^Pàndouide, de qui la multitude des flèches, telle que les faisceaux de lumière de l’astre radieux, consumait les héros des Kourouides. 3,238.

Drona de frapper Dhanaudjaya dans la poitrine d’un nâràtcha, décoché avec la plus grande vigueur et qui dévorait l’existence des ennemis. 3,239.

Blbhatsou, tous ses membres émus, comme une montagne dans un tremblement de terre, reprit enfin sa fermeté et infligea à Drona la blessure de ses flèches.

Celui-ci perça le Vasoudévide de cinq traits, Atjouna de soixante-treize, (A frappa de trois dards son drapeau.

Pour vaincre son disciple, le vaillant Drona, sire, rendit en un clin d'œil Arjouna invisible au milieu de ses pluies de flèches. 3,242.

Nous vîmes les traits du Bharadwâdjide tomber associés, et son arc admirable se montra lui-mème arrondi en cercle. 3,243.

Revêtus des plumes du héron et lancés par le brahmc, de bien nombreux dards furent adressés à Krishna et Dhanandjaya. 3,244.

Alors qu’il vit un combat tel, engagé entre le Pàndouide et l’Atchâiya, le Vasoudévide dépensera la chose, qui tes avait conduits sur ce champ de bataille : « Prithide, Prithide aux longs bras, dit-il à son compagnon, nous n’avons pas de temps à perdre. 5,245—3,246.

n Abandonnons Orona et allons à cette affaire, qui est pour nous la plus grande. » Le Prithide lui répondit : « A ton désir, Kéçava I » 3,247.

Il décrivit un pradakshina .autour de Drona aux longs bras ; et, cette cérémonie accomplie, il partit, il s'avança, disséminant ses flèches. 3,24S1

B Où tend cette chose, Pàndouide ? fit Drona luimême. Quoi ! Ne le retires-tu pas de la bataille, avant d’avoir vaincu l’ennemi 7 u 3,249.

B Ta sainteté est pour moi un instituteur spirituel et non un ennemi, reprit Arjouna ; je suis pour toi un disciple et l’égal d'un fils. Il n’existe pas au monde un seul homme, qui puisse te vaincre dans le combat! « 3,250.

Ce disant. Blbhatsou aux longs bras fondit, doué de vitesse, sur farmée de Djayadralha, duquel sa vengeance désirait sa mort. 3,251.

Deux magnanimes Pàntchâlains, gardiens des roues de son char, Youdhâmanynu et Outtamaâudjas, le suivirent, quand il entra au milieu de ton armée. 3,252.

Djaya, Rritavarman le Sàttwata, Çroutâyoush et le Ràmbüdjain arrêtèrent les pas de Dhanandjaya. 3,253.

Ils étaient suivis par dix milliers de chars. Les Abhl- ■shâlas, les Çoùrasénas, les Çivayains, les Vaçâtiens,

Les Màvellakas, les Lalitth.as, les Kaiktayains, les Madrakas, les Nàrâyanas, les Gopâlas et les troupes des Kâmbodjains; 3,254 — 3,255.

DRONA-PARVA.

Tous estimés des héros et vaincus jadis par Kama dans un combat (1) , ils avaient mis le Bharadwâdjide à leur tète et leur âme était pleine d’ardeur (2) à l’encontre d'Arjouna. 3,256.

Us arrêtèrent ce héros vaillant , au grand arc , revêtu de sa cuirasse, ce tigre des hommes, qui avait dans cette mêlée fait le sacrifice de sa vie, et qui, courroucé, consumé de chagrin par la perte de son fils et semblable à la mort destiuctive, se plongeait dans les armées comme un éléphant, chef de troupeaux. 3,257 — 3,258.

Alors s'éleva un combat tumuliueux, épouvantable, entre Arjouna et ces guerriers, qui aspiraient à la rencontre les uns des autres. 3,259.

Tous réunis , cet homme éminent , qui voulait arriver à la mort de Djayadratha, ils l’arrêtèrent comme une maladie, qui vient d’éclater au milieu des choses (3).

Le Prithide au grand courage, aux vastes forces, le meilleur des maîtres de chars, empêché par ces guerriers et suivi rapidement par l’Atchàrya, le Prithide, dispersant les troupes de ses flèches, comme le soleil répand ses rayons, consuma cette année, telle qu’uneagglomération de maladies épuise un corps. 3,260—3,261 — 3,262,

Le cheval blessé, le char brisé, l’éléphant renversé avec son cavalier, les ombrelles éparses, le char dénué de ses roues, les armées en fuite de tous Ijs cêtés sous les coups des flèches : telle était la face de ce combat tumultueux, où l’on ne distinguait rien. 3,263 — 3,263.

Arjouna, sire, ébranla mainte et mainte fois avec ses

(l-i) Sanÿrdmai... hrü/Udnutnat, texte de Bomber-

(3) Kriydvyàdhim, mime texte.

dards l'armée de ces guerriers, qui s’embarrassaient les uns les autres dans le combat. 3,265.

Lié par un pacte avec la vérité et désirant donner une vérité à sa promesse, le héros aux blancs coursiers fondit sur le guerrier aux chevaux rouges, le plus grand des héros. 3,266.

Drona, l'instituteur spirituel, décocha vingt-cinq traits qui brisaient les articulations sur le héros, qui habitait dans les régions de la mort. 3,267.

Le plus habile de tous ceux, qui manient les dards, Btbhatsou accourut d’un pied hâté, lançant des traits contre lesquelles se brisait la fougue de ses flèches.

Le guerrier à Tàmc incommensurable, envoyant l’astra de Brahma, repoussait avec des bhallas aux nœuds inclinés ses bhallas rapidement décochés. 3,268 — 2,260.

Nous vîmes Drona nous offrir une admirable science dans le combat ; car, malgré tous ses efforts, le jeune Arjouna ne réussit point à le blesser. 2,270.

Tel qu’un grand nuage répand ses gouttes d’eau par milliers sur une montagne, tel le nuage de Drona versa ses pluies de flèches sur le Pritbide. 2,271.

Le vigoureux Arjouna reçut avec l'astra de Brahma l’assaut du brahme, qui lançait des grêles de traits et repoussa ses dards à coups de dards. 2,272.

Drona de vingt-cinq flèches perça le guerrier aux chevaux blancs, et de soixante-dix le Vasoudévide dans la poitrine, en:re les deux bras. 3,273.

L’intelligent Priihide en riant arrêta l’Instituteur spirituel aux multitudes de traits, à l'instant même qu’il envoyait dans le combat ses projectiles acérés. 3,274.

Ensuite, ces deux éminents héros, que Drona avait

DRONA-PARVA.

couverts de blessures, abandonnèrent ce guerrier ausâ invincible que le feu, qui s’élève à la fin d’un youga.

Dès qu’il eut négligé de répondre aux flèches acérées, sorties de l’arc de Drona, le Prithide, de qui un bouquet de fleurs ornait la tiare, mit en fuite l’armée de Bhodja.

Aussi difficile à vaincre que le mont Matnaka, Drona était entre Kritavarman et Soudakshina, le roi de Kambodje; Arjouna de s’avancer vers celui-là. 3, *277.

Sans trouble, Bhodja, le tigre des hommes, frappa rapidement avec douze flèches aux plumes de héron l’inaf frontable héros du sang de Kourou. 3,278.

Arjouna, sire, le ble.ssa avec une centaine de flèches ; puis, avec trois autres dards, il fit, pour ainsi dire, perdre la tête au Sàttwata. 3,279.

Mais Bhodja, en riant, dirigea vingt-cinq flèches individuellement sur le Prithide et sur le Vasoudévide, meurtrier de Madhou. 3,280.

Arjouna rompit son arc et le blessa lui-même de trois fois sept dards, avec des formes telles que la flamme du feu ou semblables aux serpents irrités. 3,281.

Le vaillant Kritavarman saisit un nouvel arc, fils de Bharata, et le frappa lestement de cinq flèches dans la poitrine. 3,282.

Il blessa de nouveau le Prithide avec cinq traits acérés, et celui-ci frappa l’autre de neuf flèches entre les deux seins. 3,283.

Quand il vit le fils de Kountl attaché au char de Krita* varman : o Ne perdons pas le temps ! » pensa le Vrishnide. 3,285.

Puis, Krishna dit à son ami ; « N’aie aucune pitié de

Kritavarman : abandonne ses» parents et tue-le avec violence ! » 3,285.

Aussitôt qu’Atjouna eut fasciné de ses flèches Kritavarman, il s’avança sur ses rapides chevaux vers l'armée des Kânibodjains. 3,286.

Plein de colère en voyant le guerrier aux blancs coursiers entré dans son armée, Hàrddikya, brandissant un grand arc, accompagné de sa flèche, en vint aux mains avec les deux Pânlchâlains, gardes des roues, atuchés aux pas d'Arjouna, qui s'avançaient à sa rencontre. 11 les arrêta donc avec ses flèches. 3,287 — 3,288.

Bbodja-Kritavarman les blessa eux-inèmcs de ses dards acérés : Youdhàmanyou de trois flèches et Outtamaâudjas de quatre projectiles. 3,289.

Tous deux, ils le percèrent en retour avec dix traits chacun. Youdhàmanyou ensuite avec trois flèches et Outtamaândjas avec trois également de couper son arc et son drapeau. Alors, bouillant de colère, Hàrddikya prit un nouvel arc. 3,290—3,291.

11 ensevelit sous la pluie de ses flèches ces deux guerriers, qu'il réduisit sans arc. Mais, ayant saisi de nouvelles armes et les ayant munies de leurs cordes, ceux-ci de blesser Bhodja. 3,292.

Sur cette entrefaite, Arjouna entra dans l’armée des ennemis, et, arrêté par Kritavarman, les deux vaillants guerriers, malgré tous leurs efforts, ne purent trouver une porte dans les bataillons des Dhritarâshtrides. Le héros aux blancs coursiers se hâta de harceler les armées dans le combat. 3,293 — 3,29A.

Mais le meurtrier des ennemis ne tua point Kritavarœan, quoiqu’il fût arrivé à portée de ses traits. Quand

DRONA-PARVA.

l’héroïque roi Çroutâyoush le vit s’avancer ainsi, 3,295,

11 courut, bouillant de colère, faisant vibrer son grand arc, et blessa le Prithide de trois flèches, Djanârddana de soixante-dix et déchira d'un kshourapra bien aiguisé le drapeau d’Aijouna. Celui-ci, dans une immense colère, le frappa de neuf traits aux nœuds inclinés, comme un grand éléphant à coups d’aiguillons. Il ne put supporter, sire, la valeur du Pàndouide ; 3,29ti — 3,297 — 3,298.

Et décocha sur lui soixante-dix-sept flèches de fer. Arjouna de trancher son arc, frappant de paralysie l’averse de ses traits, et de le percer dans sa colère avec sept dards aux nœuds inclinés. Le roi, plein de fureur, saisit un nouvel arc; 3,299—3,300.

Et lança sur le fils d’Indra neuf flèches dans la poitrine entre les deux bras. Mais Arjouna, le dompteur des ennemis, accabla Çroutâyoush de plusieurs milliers de flèches. I.e grand héros tua rapidement, fils de Bharata, ses chevaux et son cocher. 3,301 — 3,302.

Vigoureux, il le blessa même de soixante-dix nârâtchas. Le roi Çroutâyoush se hâta d’abandonner son char et ses chevaux tués. 3,303.

Puis, levant sa massue de ses robustes bras, il courut sur le Prithide dans le combat. Le roi Çroutâyoush était un héros fils de Varouna. 3,30â.

La Parnâçà, grande rivière aux ondes fraîches, était sa mère. I.a tendresse pour son fils, sire, lui inspira ce langage à Varouna: 3,305.

« Que cet enfant, mon fils, soit dans le monde à l’abri de la mort contre les ennemis I » Varouna joyeux se dit : « Je ne puis lui refuser cette grâce salutaire I » 3,306.

Et il ajouta : « J’accorde à ton fils un astra céleste.

LE MAHA-BHAaATA.

et, grâce à bti, il ne pourra, succomber sous les coup?. L'immortalité ne fut d’aucune manière accordée à nul d’entre les hommes. 3,307.

» On doit souffrir, assurément I de tout être, qui a reçu la naissance ; cependant il sera inaffrontable, et jamais les ennemis ne pourront lui donner la mort dans un combat.

» Ain.si, que l’inquiétude, grâce à cet astra, s’en aille de ton cœur I « A ces mots, Varouna lui donna une massue, charmée par une formule mystique de prière.

Muni de cette arme, Çroutàyoudha fut inaffrontable dans le monde entier. Le vénérable souverain des eaux lui dit encore ces paroles : 3,3t0.

« Elle ne doit pas être envoyée contre un guerrier, qui ne combat point, au risque de retomber sur toi : mnùelie doit frapper, seigneur, le héros, qui te fait obstacle. »

I.e moment du combat arrivé, Çroutâyoudha n’exécuta point cette parole, et dirigea contre Djanârddana cette arme, qui devait frapper des héros. 3,311 — 3,312.

Le vigoureux Krishna reçut dans le flanc gauche cette massue, qui n’ébranla point le vaillant guerrier plus que le vent n'émeut le mont Vindhya. 3,313.

Mal gouvernée, l’arme rebondit sur Çroutâyoudha 'u*rité, comme par l'effet de la magie, et revint frapper l’auteur même du coup. 3,31i.

A peine eut-elle tué le héros, quelle entra dans le sein de la terre. Aussitôt qu’ils eurent vu la massue revenir en arrière et immoler Çroutâyoudha, 3,315.

Une vaste clameur de hélas I hélas I s’éleva au milieu des armées, dès qu’on vit ce dompteur des ennemis périr sous le coup de son astra même. 3,316.

DRONA-PARVA.

Lancée par ÇroatAyondha sur Kéçava, qui necombattait pas, souverain des hommes, cette massue lui arracha donc la vie. 3,317.

Il trouva la mort sur le champ de bataille. Comme Varouna lui avait dit , il tomba sans vie sur le sein de la terre et sous les yeux de tous les archers. 3,318.

Ce fils bien aimé de la Parnàçâ brillait danssachûte, tel qu’un arbre aux branches abondantes, que le vent a brisé.

A l'aspect du trépas de ce dompteur des ennemis, toute la troupe et les principaux des armées s’enfuirent de tons les côtés. 3,319—3,320.

Alors l’héroïque Soudnkshina, le fils du roi de Kambodje fondit avec ses rapides chevaux sur Phâlgouna, le meurtrier des ennemis. 3,321.

Le Prithide lui décoche, fils de Bharata, sept flèches, qui traversent le héros et pénètrent dans le sein de la terre.

Grièvement blessé de ces traits acérés, envoyés dans le combat par l’arc Gândlva, il perça en retour Aiqouna avec dix flèches aux plumes de héron. 3,322 — 3,323.

Il frappa de nouveau le Vasoudévide avec trois ei le Prithide avec six dards. Celui-ci coupa son arc^ vénérable monarque, et trancha son drapeau. 3,32A.

Le Prithide de le percer lui-même de deux bballas finement acérés ; mais son rival sut l’atteindre avec trois et jeta son cri de guerre. 3,325.

L’héroïque Soudakshina irrité déchaîna contre l’archer du Gândlva une lance épouvantable, garnie de clochettes et toute de fer. 3,326.

Flamboyante comme un grand météore igné, elle fondit sur le vaillant héros, en vomissant des flammes, le traversa et pénétra dans le sein de la terre. 3,327.

Jeté dans un trouble immense de l’esprit sous l’atteinte de cette lance, le guerrier à la grande splendeur soupira, léchant les coins de sa bouche. 3,328.

Le Priihide à la valeur inconcevable frappa ce héros, son cocher, ses chevaux, son arc et son drapeau de quatorze nàràtchas aux plumes de héron. 3,320.

Le Pàndouide mit son char en pièces avec d’autres flèches en bien grand nombre, et blessa au cœur d’un trait au large tranchant Soudakshina le Kâmbodjain, de qui le courage avait une pensée vaine. Sa cuirasse brisée, les membres affaissés, sa tiare et ses bracelets épars, le héros tomba, la face par-devant, comme un drapeau détaché de la machine, oü il est arboré. Tel qu’un beau karnikâra, bien planté, riche en branches et né snr la cime d’une montagne, que le souffle du vent a brisé au départ de la saison froide, le Kâmbodjain, accou umé à de moélleuses couvertures, gisait mort sur la terre nue.

Renversé par le fils de Prithà, Soudakshina, le fils du roi de Kàmbodje, paré d’ornements précieux, comme les plateaux d'une montagne, était admirable à voir par ses yeux dorés, son joli nez et ses oreilles (1) charmantes. Portant sur sa tète un bouquet d’or semblable au feu, 3,350-3,331—3,332—3,333—3.334—3,335.

Ce héros aux longs bras, il brillait «/icore jeté sans vie sur la teiTe. A la vue de Çroutâyoudha et de Soudakshina, le Kâmbodjain, étendus sans vie, toutes les armées de ton fils prirent la fuite. 3,336—3,337.

Après la mort duhérosSoudakshina, sire, et du vaillant Çroutâyoudha, les braves guerriers de ton parti fondirent avec rapidité et colère sur le fils de Prithà. 3,338.

(i) Kareimàta, laite de Bombay.

DRONA-PARVA.

Les Abhtshàhas, les Çoûr.isénas , les Çlvayains et les Vaçâtiens firent pleuvoir à l’envi, majesté, des grêles de flèches sur Dhanandjaya, 3,339.

Le Pândouide mit en déroute six mille d’entre eux avec ses (lèches; ils s’enfuirent effrayés, comme de faibles gazelles devant un vigoureux tigre. 3,340.

Mais, revenant sur leurs pas, ils environnèrent de tous côtés dans ce combat le fils de Prilhâ, qui immolait ses adversaires et désirait la victoire sur les ennemis.

Dans leur course précipitée vers lui, Dhanandjaya leur abattit les têtes et les bras sous les flèches envoyées par l'arc Gàndiva. 3,341—3,342.

Les têtes coupées se touchaient sur la terre sans aucun intervalle ; les armées des vautours et des corneilles étendaient sur le combat comme le voile d’un nuage. 3,343.

Mais, tandis que ces guerriers périssaient, Çroutàyoush et Atchyoutàyonsh, pleins de colère et de ressentiment, firent la guerre à Dhanandjaya. 3,344.

Ces deux héros vigoureux, de noble famille, doués de la force des bras, émules de courage, déchaînèrent des pluies de flèches sur le guerrier, qui se servait de la main gauche comme de la droite. 3,343.

Ces deux archers, remplis de légèreté, grand roi, ambitionnant une vaste renommée, dé-irant (1) pour ton fils la mort d'Arjouna, le couvrirent dans leur colère d’un millier de flèches aux nœuds inclinés, tels que deux nuages remplissent un lac. 3,340 — 3,347.

Le plus excellent des maîtres d.e chars, Çroutàyoush

(1) Priptoù, laite de Botnbay.

LE MLW\-BHARATA.

irrité de frapper Dhanandjaya avec un levier de fer, altéré de sang, bien acéré. 3, SAS.

Gravement blessé par ce vigoureux adversaire, le guerrier, qui traîne dans le combat les cadavres de ses ennemis, égarant Kéçava, tomba lui-mème dans le plus'profond égarement. 8,3AO.

Dans ce même instant, le grand héros Atchyoutâyoush blessa le flls de Pàndou avec un trident à la pointe trèsacérée. 3,350.

Il jeta du verre, pour ainsi dire, dans la blessure dn magnanime Pândouide; et ce fils de Prithâ, grièvement blessé, s’appuya sur la hampe de son drapeau. 3.351.

Alors, croyant Dhanandjaya mort, ton armée entière, monarque des hommes, fit éclater un immense cri de guerre. 3,35*2.

A la vue du Prithide sans connaissance, Krishna fit re- . prendre les sens à Dhanandjaya avec des paroles amies.

Ces deux excellents maîtres de chars, leurs ennemis, ayant visé le but, rendirent invisibles aux yeux sous des pluies de (lèches Arjouna et le Vasoudévide, rejeton de Vrishni, avec leur guidon, leur drapeau, leurs chevaux, leurs roues, leur timon et leur char : ce fut comme une chose merveilleuse, 3,3.iS — 3,35A — 3,355.

BIbhatsou recouvra sa connaissance avec lenteur, fils de Bharata, tel qu'un homme revient à la vie, après qu’il s’en est allé à la cité du roi des morts. 3,350.

Quand il vit son char enseveli avec Kéçava sous une multitude de (lèches; quand il vit ses deux ennemis, la face tournée devant lui, comme deux montagnes enflammées, le Prithide au grand char manifesia fastra de Ça-

DRONA-PARVA.

kra. De lui sortirent des milliers de flèches aux nœuds inclinés. 8,357 — 3,358.

Elles frappèrent les deux héros ; et les traits, lancés par ceux-ci, se dispersèrent, une fois entrés dans l'atmosphère, où ils furent brisés par le fils de Pàndou. 3,359.

Pbùlgouna les rendit sans bras et sans têtes par ses multitudes de flèches ; et ces deux héros tombèrent sur la terre, comme deux arbres abattus par le vent (1).

Après qu'il eut repoussé leurs flèches rapidement par l'impétuosité de ses flèches, le Pàndouide s'en alla combattre les grands béros çà et là f2}. 3,360 — 3,361.

A la mort de Çroutàyoush, au trépas d'Atchyoutâyoush, le monde lut saisi du même étonnement que s'il voyait la mer se dessécher. 3,362.

Quand il eut tué cinquante héros, les suivants de ces deux guerriers, le Prithide se plongea dans l'armée Bharatienne, immolant chacun des plus braves. 3,363.

Dès qu'ils virent morts Çroutàyoush et Atchyoutiyoush, fils de Bharata, Niyatàyoush et Dirghâyoush irrité, les fils de ces deux guerriers et les plus excellents des hommes, déchirés par l'infortune de leur père et dispersant dilTérentes flèches, se portèrent contre le fils de Kountl. 3,36à — 3,365.

Arjouna, au comble de la colère, les envoya tous les deux .au même instant, sous ses traits aux nœuds inclinés, dans les demeures d'Yama. 3,366.

Les héros des kshatryas ne furent point capables d'empêcher le Prithide de jeter le trouble dans les armées.

(1-2) L* logique des Idées nous a fait renTener l'ordre dt ces deux stances entre elles.

comme on éléphant, qni foule aux pieds un lac de lotos.

Montés sur des proboscidiens, les Angas, habiles à diriger un éléphant, les peuples irrités de l’orient et du midi, sous le commandement des rois du Kalinga, exécutant les ordres de Douryodhana, arrêtèrent par milliers le fils de Pândou avec leurs pachydermes, semblables à des montagnes. 3,367 — 3,368 — 3,369.

Terrible, il trancha, sous les Qëches envoyées par l’arc G&ndiva, les tètes et les bras, parés de leurs ornements, à ces guerriers, qui accouraient d’un pied rapide.

La terre brillait, jonchée de ces tètes et de ces bras, décorés de leurs armilles, comme si, parsemée de pierres d’or, elle était couverte de serpents. 3,370—3,371.

On voyait tomber les bras enlevés du corps et les têtes coupées, comme des oiseaux, qui s’envolent du milieu des arbres. 3,372.

Blessés par les milliers de flèches, on voyait les éléphants, qui, par leur sang échappé, ressemblaient à des montagnes, d’où jaillissent dans la saison des ruisseaux d’eau mêlée avec l’or. 3,373.

D’autres gisaient, immolés par les traits aigus de Blbhatsou. Montés sur l'échine des éléphants, les Mléchbas aux formes diversement altérées, portant différents costumes, couverts d’une multitude de projectiles divers, oints de sang, brillaient, percés de flèches variées.

Blessés avec leurs cavaliers, avec leurs suivants, par les dards du Prithide, dont ils avaient les membres couverts par milliers, les éléphants vomissaient le sang.

D’autres criaient, tombaient, erraient par tous les points de l'espace. Au comble de la terreur, un grand

DRONA-PARVA.

nombre de pachydermes écrasaient leurs p;ens mêmes.

Montés par d’autres combattants, des éléphants terribles, à l'épouvantable regard, semblables à un scbtil venin, connaissaient le prestige des Asouras. 3,377—3,378.

Les Yavanas, les Paradas, les Çakras avec les Vâhlikas, les Mlétcbhas, guerriers, semblables à la mort et nés du sein d’une vache, 3,379.

Les Dàrvas, les Atisâras (1] , lesDaradas et lesPaâundras par milliers (il est impossible d'énumérer ces multitudes par centaines de mille) ; 3,330.

Tous ces peuples déchaînèrent sur le fils de Pàndou leurs pluies de flèches acérées. Les Mlétcbhas, habiles en divers combats, le couvrirent de projectiles. 3,381.

Dhanandjaya se hâta d’envoyer sur eux la grêle de ses flèches : cette décharge fut semblable à une nuée de sauterelles. 3,382.

Dès qu'il eut par ses flèches étendu sur l’armée comme l’ombre d’un nuage, il détruisit avec l’énergie de son astra tous les Mlétcbhas réunis, chauves, demi-chauves, la coiffure en gerbe, purs (2) ou désirant la coiffure des anachorètes. Blessées des flèches envoyées par centaines, ces trou|)es de montagnards, 3,383 — 3,384.

Ces guerriers, qui habitaient dans les cavernes des montagnes, s’enfuirent, effrayés dans le combat. Les corneilles, les hérons, les loups buvaient, ivres de joie, sur la terre, le sang des éléphants, des chevaux et des cavaliers Mlétcbhas, abattus par les traits acérés. 11 fit couler une

(1) Bobtlingk et Roth eux-mimes a'oat pu ce mot comme nom de peuple.

(S) Çoutchbi, texte de Bombay.

rivière épouvantable, horrible, qui avait pour flots une masse de sang, des pluies de flèches pour embarcations, des chevelures en guise de gazons nouveaux et de vallisnéries, et dont les fantassins, les chevaux, les éléphants et les chars, qui encombraient son lit, empêchaient les ondes de rouler. 3,385 — 3,386—3,387.

Ce fleuve, rétréci par des cadavres d’éléphants, qui avait des doigts coupés (1) comme petits poissons, et qui ressemblait à la mort au terme d’un youga, il le remplit du plus noble sang par les corps des fils de rois, des éléphants, des chevaux, des chars et des cavaliers, de sorte qu’il n’y eut pas un seul lieu profond, qui ne fût pas rempli, quand le fils d’Indra décocha ses pluies de flèches. 3,388—3,389.

Ainsi la terre entière était inondée de sang. Le plus vaillant des IrshtStryas envoya au monde de la mort six milliers de héros, montés sur des chevaux (2), et dix autres centaines des plus généreux kshatryas. Équipés suivant les règles de la guerre et blessés pir les flèches envoyées à milliers, des éléphants, tombés sur la terre, gisaient comme des montagnes, frappées de la foudre. Arjcuna se promenait, immolant les coursiers, les éléphants et les chars, 3,390 — 3,391 — 3,392.

Tel qu’un pachyderme en rut brise une forêt de roseaux. Le feu, sorti de Krishna, consumait cette forêt d’armées comme le feu, propagé par le vent, brûlerait tine forêt toute remplie de plantes rampantes, de gazon, de bois mort, d’arbustes, de lianes et d’arbres. 3,393—3,394.

(1) Tchhinna, édition de Bombay.

(2) Explication du commentaire.

Tet Dbanandjaya, le feu des Pândouides, brûlait parla flamme de ses flèches, et, traversant la terre, rendait les bancs des chars vidrs de guerriers. 3,395.

11 semblait danser au milieu de cette paniffue; et ses flèches, semblables à des foudres, emplissaient la terre du plus noble sang. 3,39(5.

Dhanandjaya d’entrer, plein de colère, dans l’armée Bharatienne, où Ambashtha-Çroutàyoush l'arrêta dans sa marche. 3,397.

Le fils de Prithâd’ abattre lestement, vénérable roi, avec ses flèches mordantes, revêtues des plumes du héron, les chevaux du guerrier au milieu de ses rain.* efforts. 3,398.

Il trancha son arc avec d’autres flèches et se porta en avant. Mais le vaillant Ambashtha, les yeux remplis de fureur, levant une massue, s’approcha dans ce combat du Prithide et de Kéçava au grand char. Là, il combattit, fils de Bharata, tenant son pilon droit à son poing :

Il arrêta le char avec sa massue et ble sa le Vasoudévide. Aussitôt que l’immolateur deshéros ennemis, Arjouna vit son compagnon atteint par le coup, il s’enflamma de colère k l’égard d’ Ambashtha et couvrit de ses flèches, empennées d’or, le héros armé de la massue et le plus excellent des maîtres de chars, comme le nuage voile l’asiredu jouréljvésurl’horiz n. Avec de nouveaux traits, la massue de ce magnanime, 3, 401-3, 40'2-3, 403-3, 404.

Fut broyée en rent morceaux par le fils de Prithâ ; ce fut une chose presque merveilleuse. Dès qu’il vit son arme tombée, ayant pris une autre vaste massue, 3,406.

11 en frappa mainte et mainte fois Arjouna et le Vasou- Mvide. Dhanandjaya avec deux kshourapras lui trancha

LK MAHA-BRARATA.

ses denz bras, qui ressemblaient au drapeau d'Iodra et qui tenaient levée sa massue. Avec un autre dard, il coupa sa tête. Le guerrier tomba, sire, l’àme exhalée, et fit résonner la terre ; 3,406.

Tel un drapeau d'Indra, abandonné apri$ la fête et duquel on a détaché le lien, qui le retenait attaché à son mat. Lorsqu’il se fut plongé dans l’armée des chars, on vit le Prithide environné par des centaines de chevaux et d’éléphants, comme le soleil est entouré des nuages.

Après que le désir de tuer le roi du Sindhou eut fait entrer le fils de Kounti dans l’armée de Drona et qu’il eut enfoncé les bataillons impénétrables de Bhodja; après la mort de Soudakshina, le fils du roi de Kauibodje, sire, et celle du vaillant Çroutâyoudha, tué par l’Ambidextre, les armées battues s’enfuyaient de tous les côtés ; et, voyant ses bataillons rompus, ton fils s’avança vers Drona.

Il s’approcha à la hâte vers le brahme sur son char admirable, et dit : n Ce tigre des hommes est venu ici, après qu’il eut détruit une grande armée. 3,412.

» Examine dans ton intelligence ce qui est à faire immédiatement pour la mort d’Arjouna, au milieu de cette guerre destructive. 3,413.

n Avise, s’il te plait, aux moyens convenables pour que ce vaillant héros ne puisse donner la mort à Djayadratha; car tu es pour nous la ressource suprême. 3,41 4.

U Ce feu de Dhanandjaya, excité par le vent de sa colère, consume, as.surément, le bois de mes armées, comme le feu allumé dévore l’enceinte d’une forêt. 3,415.

U Maintenant que le fils de Kounti victorieux vient

DRONA-PARVA.

d'enfoncer l’armée, fléau des ennemis, les défenseurs de Djayadratha sont tombés dans le plus grand des périls.

» C’était parmi les Indras des hommes une opinion constante que Dhanandjaya vivant ne passerait jamais sur le corps de Drona I 3,416 — 3,417.

» Cependant le Prithide y est passé malgré toi, Brahme à la grande lumière : toute cette armée ne tient plus maintenant de pied ferme : cette armée, je pense, elle n’est plus la mienne ! 3,418.

» Je te connais, vertueux anachorète, pour un brahme, qui .ce complaît dans le bien des Pàndouides ; et ma tête s’égare, brahme, quand je pense à la chose, que nous devons accomplir. 3,419.

■> Je mène la vie la plus excellente pour toi, brahme; je travaille à t’inspirer la joie; mais tu ne t’en aperçois pas. 3,420.

» Tu n’aimes pas toujours notre dévouement, anachorète au courage infini ; tu as mis sans cesse ta joie dans les Pàndouides, qui se complaisent en ce qui fait notre déplaisir. 3,421.

» Quoique tu vives avec nous, tu aimes ce que nous ne pouvons aimer; je ne te connais plus aujourd'hui, tel qu’un rasoir enduit par le miel. 3,422.

U Si tu refuses de m’accorder pour grâce la répression des Pàndouides, je n’empécherai plus que le souverain du Sindhou ne retourne dans .son palais. 3,423.

D Djayadratha fut rassuré par ma promesse qu’il trouverait un protecteur en toi : j’étais un insensé, car ta folie l’abandonne à la mort. 3.424.

1 Un homme, tombé entre les dents d’Yama, pourrait encore être sauvé ; mais rien ne peut sauver Djayadratha,

LE lUHA-BHARm.

s’il tombe, sur le champ de bataille, sous la mata d'Arjouna! 3,A'2S.

Il Fais donc en sorte que le roi du Sindhou échappe à ce danger, brahme aux rouges couieiers; n’allurae point ta colère contre mes gémissements de détresse ; embrasse la défense du Siniihien. » 3,A26.

« Je ne m’emporterai pas contre ces paroles, répondit le brahme guerrier, tu es pour mol l’égal d’Açvatthàman: mais je te dirai la vériié, roi des hommes; reçois-la avec bienveillance. 3,A27.

» Krishna est le meilleur des cochers ; ses chevaux généreux sont pleins de vitesse : Dhanandjaya s’avance rapidement, dèsqu’il s’est ouvert une petite trouée. 3,428.

» Ne vois-tu pas la multitude de ses flèches, qui tombent, lancées à la distance d'un kroça, derrière le char de Kirîii, emporté d’une course légère ? 3,420.

» Je suis avancé en âge ; je ne suis point capable maintenant de disputer de vitesse avec ce char ; et voici l’armée des Pànduuides arrivée en face de nos bata'dlous.

s Je dois faire '4’oudhishihira prisonnier malgré tous les archers : c'est la promesse, que j'ai laite au milieu des guerriers, héros aux longs bras. 3,430—3,431.

» 11 est abandonné par Dhanandjaya en face de moi, souverain des hommes : je n'abandonnerai donc jias mon ordre de bataille pour combattre Phâlgouua. 3,432.

» Assisté d’uu compagnuu, marche combattre ce héros seul, qui accomplit des œuvres, dignes de sa famille. Ne tremble pas, car tu es le maître de ce monde. 3,433.

I) Tu es un roi, un brave, un héros; tu es adroit, instruit â vaincre ; avance-toi, conquérant des cités ennemies, là où tu vois le Prithide Dhanandjaya. » 3,434.

DBONA-PARYA.

I Comment, lui répondit Douryodfaana, me serait-il possible, AtchArya, d'enchatner Dhanandjaya, qui s’est mis au-dessus de toi, le plus habile de tous ceux, qui manient l'arc? 3,&35.

» Il est possible de vaincre dans un combat le Brheurde-vilUs. Pourandara, sa foudre à la main ; mais il est impossible de triompher dans une bataille d’Arjouna, le conquérant des cités ennemies ! 3,836.

» Ce guerrier puissant dans les astras, sous les coupe duquel Çroutâyoush mordit la poussière et par qui furent vaincus Bhodja-Hârddikya et ta sainteté semblable à un Immortel! 3.837.

B Par qui furent abattus Soudakshina et le roi ÇroutAyoudlia; par qui furent immolés, et Çroutâyoush, et Atchyouiàyonsh, et des Mlétchhas par myriades I 3,838.

» Comment affronlerai-je ce Pàndouide inaccessible, versé dans l'art de lancer des flèches et qui incendie comme le feu dans la guerre 7 8,830.

» Penses-tu que je puisse livrer à ce héros un digne combat ! Je sois soumis à ta volonté : mais je dois conserver ma renommée, comme un bon serviteur I b 3,880.

« Tu dis la vérité, rejeton de Kourou; Dhanandjaya est inaccessible : cependant, lui répondit Drona, je ferai de telle sorte qu'il ne te sera point insoutenable. 3,881.

» Que tous ceux, qui portent l'arc dans le monde, voient cette chose merveilleuse : Arjouna tenu par toi en suspens sous les yeux du Vasoudévide. 3,882,

B J’attacherai sur toi cette cuirasse d’or, sire, de manière que les traits des hommes ne puissent noliement arriver sur toi dans le combat. 3,883.

» Quand même les Kaksbasas, les Ouragas, les Yak-

sbas, les Asouras et les Dieux ; quand même les trois inondes avec les hommes te livreraient la guerre, ne t’abandonne pss à la crainte. i,hhà.

* Mi le Vasoudévide, ni le fils de Kountl, ni quelque autre que ce soit, qui manie l'arc, ne pourra jamais darder ses flèches sur ta cuirasse ! i,àhb.

n Revêtu de cette armure, marche toi-même d’un pied hâté contre Arjouna, irrité maintenant dans la bataille : il n’aura point la force de te supporter. » 8,AA6.

A ces mots, Drona, ayant touché l’eau et murmurant des prières mystiques conformément au rituel, se hâta de lui attacher sa cuirasse lumineuse, la plus grande des merveilles. 3,487.

Dans cet immense combat de la victoire, que gagna ton fils, le plus sage des sages excita par sa science l’admiration des mondes. 3,448.

■ Que les brahmes, que Brahma, que Brahman t'accordent le succès! lui dit Drona. Que le succès, Rharatide, te vienne des plus excellents parmi les serpents ! 3,449.

» Qu’Yayàti, .Nahousha, Dhoundhoumâra et Bbagiratha ; que tous les rois saints fassent naître de tous les côtés le succë-s pour toi ! 3,430.

U Que, sans cesse, dans ce grand combat, le succès te vienne d’un lieu, de plusieurs lieux, de ce qui n'est pas un lieu. 3,461.

» Que toujours Svâhâ, Svadhà et Çatchi fassent le succès pour toi I Que Laltshrol et Aroundhatt même fassent le succès pour toi, guerrier sans péché I 3,452.

» Que Asita, Dévala, ViçvA nitra et Angiras, Vaçisbta et Kaçyapa fassent le succès pour toi, majesté. 3,453.

» Que Dhâtri et Vidhâtri, le maître du monde, les pla-

DRONA-PARVA.

ges du ciel et les seigneurs des plages ; que Kârttikéya aux six tètes veuille bien aujourd'hui t’accorder lesuccës!

» Que le bienheureux soleil fasse de lous les côtés le succès pour toi I Que les quatre éléphants éthérés, la terre, le ciel et les planètes; que Çésha, le plus grand des serpents, qui, dans les ré.^ions souterraines, supporte éternellement le poids de la terre, t’accorde le succès!

» Jadis, en la guerre de Gândhâra, les Dieux à milliers, après des eiïorts de courage, furent vaincus par le Daltya Vritra. Alors, tous ces plus grands des habitants du ciel, le corps en lambeaux, la force et l’énergie brisées, vinrent, sous la conduite d’Indra, implorer le secours de Brahma, effrayés par ce Vritra, le grand Démon.

O Sois, ô le plus excellent et le meilleur des Immortels, dirent les Souras, le refuge des Dieux, écrasés par Vritra; défends-nous dans cet immense danger. » 3,450.

» Il répondit en ces termes aux plus grands et plus excellents dus Dieux, r.akra et les autres, glacés d’effroi, et à Vishnou placé à ses côtés : 3,460.

(1 Je dois éternellement défendre les Dieux avec Indra, avec les brahmes. Twashtri, qui a formé Vritra, possède une puissance inaffrontable. 3,461.

» Vritra jadis fut créé par Twashtri, après qu’il eût cultivé la pénitence cent myriades d’années. Les Dieux obtinrent alors cette gr&ce du souverain seigneur :

< Cet ennemi puissant vous tuerait, par la grâce de Twashtri, si vous n’alliex à Çankarastbâna voir le bienheureux Hara ! 3,462 — 3,463.

» Quand vous aurez vu ce Dieu, vous triompherez faci-

kmtnt de Vritra. Rendez-vous promptement au Mandera, où se lient le trésor des pénitences, le destructeur du sacrifice de Daksha, le Dieu à l'arc Pitiaka, l'immolateur de Bhafçanétra et le souverain de tous les êtres. » Les Dieux, réunis avec Brahma, s’en allèrent donc au Mandara.

» Ils virent une masse de splendeurs, dont l'éclat égalait dix millions de soleils : « La bienvenue soit à vous! leur dit-il. Répondez-moi, Dieux ! Que dois-je faire?

» Ce n’est jamais en vain que l’on m'a vu : obtenez les objets de vos désirs !» A ces mots, tous les habitants du ciel lui firent cette réponse : 3,466—5,467.

a Vritra nous a enlevé toute notre vigueur; sois le refuge des hâtes du ciel ! Vois nos formes. Dieu, que ses coups ont mutilées. 3,468.

» Nous sommes venus sous ta protection : sois donc notre asile, seigneur tout-puissant. » 3,469.

« Dieux, reprit Çarva, vous n’ignorez pas que la supériorité des forces, par laquelle fut créé Vritra, ce monstre de la magie, immensément fort, est épouvantable et que les sages eux-mêmes ont une grande peine à l'arrêter.

» Mais c’est à moi, nécessairement, de porter l’affaire de tous les habitants du ciel. Reçois donc, Indra, ma cuirasse lumineuse, innée, et revêts-la avec cette prière, qu'il te faut réciter mentalement. »

» A ces noots, poursuivit Drona, le donateur des grâces loi octroya -cette cuirasse et cette prière. Alors, protégé par cette armure, il s'avança contre l'armée de Vritra.

» Décochées dans un grand combat, une masse de Aècbes variées n'est point capable de briser le lieu.

DftONA-PARVA.

qui joint cette cuirasse aux membres. 3.A73 — 3,i7A.

B Ensuite, ie roi des Dieux lui-nième immola Vritra dans la bataille, et le vain^queur donna à Angiras la cuirasse, son lien et la formule d’incantation. 3.A75.

B .Angiras la révéla à son fils Vrihaspa'.i, versé dans les prières mystiques; et celui-ci la fit connaître au sage Agoivéçya, qui me la donua; et moi, j'attache maintenaut sur toi cette cuirasse avec cette incantation, ô le plus excellent des rois, pour la conservation de ta personne. »

Cela dit, le plus excellent des Atchàryas, Drona lentement adresss de nouveau ces paioles à ton fils d’une grande splendeur : 3,i7S.

« J’attache sur toi cette cuirasse, prince, avec le Cl de Brahma, comme elle fut attachée jadis sur Vishnou dans le comb a souvent par le Dieu au lotus d’or ; 3,A79.

» J’attache sur toi cette cuirasse céleste, comme Brahma jadis l’attacha sur Indra lui-méme dans le combat de Târakâmaya ! » 3.AS0.

Quand il eut lié sur lui cette cuirasse, précédée du rituel, avec la prière mystique, le braiune envoya le monarque à la grande bataille. 3,A81.

Armé par le magnanime Atchàrya, le héros aux longs bras, environné par un millier de chars, par un égal nombre de guerriers Trigirttaias, par un millier d'éléphants, enivrés et doués d'une grande vigueur, un million de chevaux et d’autres combattants au grand char, le vaillant héros s’avança vers le char d’ Arjouna, comme jadis BaU, le Virotcbanide, au milieu du concert des instruments de musique variés. 3,A8'2 — 3,éS3 — 3,A8i.

Ensuite, un vaste bniil s’éleva dans tes armées, Bhara-

tide, au moment où l’on vit partir le Kourouide, comme une mer sans fond. 3,A8ô.

Lorsque le Prithide et le Vri^hnide furent entrés dans le combat, et que le vaillant Douryodhana se fut avancé par-derrière, 3,486.

Les Pàndouides fondirent lestement sur Drona avec un bruit immense : puis, s'alluma la bataille avec les Somakas. 3,487.

Ce combat des Kourouides et des Pàndouides fut cruel, tumultueux, épouvantable; il était merveilleux devant l'ordre de bataille. 3,488.

Jamais nous ne vîmes un combat, sire ; jamais nous n’ entendîmes parler d’une bataille tille qu’était cette lutte, souverain des hommes, quand le soleil fut arrivé au milieu de sa carrière. 3,489.

Tous ces combattants Priibides aux nombreuses armées, sous la conduite de Dhrishiadyoumna, ensevelirent sous leurs pluies de flèches la vaiUnnte armée de Drona.

Nous, ayant mis à notre tête, ce brahme, le plus adroit de tous ceux, qui portent les traits, nous fîmes tomber une averse de flèches sur les Prithides, commandés par le rejeton de Prishat. 3,490 — 3,491.

Ces deux armées souveraines, resplendissantes, ornées de chars, brillaient, semblables à deux vastes nuages, mêlés de vent, qui s’élèvent »ur le ciel à la fin de la froide saison. 3,492.

Ces grandes armées s’approchant déployèrent une extrême vitesse, comme le Gange et l’Yamounà, rivières, dont la saison des pluies vient d’augmenter la masse des eaux. 3,493.

Couvert de chars, d’éléphaots et de chevaux, ce champ

DRONA-PARVA. S8t

de bataille d’une vaste épouvante avait, comme un grand nuage, des massues pour éclairs; et des traits de toute espèce étaient comme un vent, qu'il chainait devant lui.

Cette grande armée, qui avait des milliers de flèches pour gouttes d’eau, excitée par le vent du Bharadwàdjide, versa la pluie de ses traits sur le feu allumé de l’armée des Pâiidouides. 3,A94 — 3,i95.

Le plus élevé des Brahmes, tel qu’un vent tempétueux, qui se précipite sur la mer à la fia de l’été, agitait les armées des Pàndouides. 3,A96.

Semblables à de puissantes masses d'eau, qui veulent rompre un grand pont, ils coururent de tuus leurs efforts sur Drona lui-mème. 3,A97.

Tel qu’une montagne fait obstacle à une masse d’ean, ainsi Drona dans la bataille arrêta les Pàndouides irrités et les Pânlchâlains, réunis aux Kékayains. 3,è98.

Et les autres rois, héros à la gr.ande force, les enfermant de tous les côtés, arrêtèrent les Pàntchâlains dans le cumbat. 3,A99.

Le Prishatide, ce tigre des hommes, qni désirait enfoncer l’armée des ennemis, blessa plus d’une fuis, assisté des Pàndouides, Drona au milieu du combat. 3,500.

De même que Drona versait des pluies de flèches sur le le Prishatide, de même Drishtadyoumna déchaînait sur lui ses averses de traits. 3,501.

Couvert de sabres, de traits barbelés, de lances en fer, Drishtadyoumna était un nuage, qui avait pour tonnerre son arc, pour éclair la corde de cet arc, pour vent, qui marchait devant lui, son cimeterre. 3,502.

11 déchargea de tous les côtés dans l’espace des pluies de pierres, de flèches, d’armes tranchantes ; et, immolant

des multitudes de chevaux et les plus excellents deschars, il inonda l’armée ennemie. 3,50A.

Quelque multitude de chars desPândouides, que Drona attaque de ses flèches, le Prishatide en éluigne le bralime avec ses traits 3,50A.

Tandis que Drona redoublait ainsi d’eflorts dans le combat, l'armée, s'étant approchée de Drishtadyoumna, fut brisée en trois parts. 3,510.

Les uns suivirent Bhodja; ceux-là Djalasandha; les autres, maltraités par les Pândouides, s'attachèrent à Drona. 3,521.

Le meilleur des maîtres de chars, il broya les armées enemies, et Drishtadyoumna au grand char dispersa luimème celles du brahme. 3,612.

Les Dhritarâshtrides, dans cette condition, furent immolés par les Pândouides et lesSrindjayas : tels, dans une forêt, des troupeaux sans m.-iltre, sont la proie de nombreuses bêtes de pruie. 3,513.

Les peuples de penser que la mort elle-même dévorait en ce combat tumultueux les guerriers, que Dhrishtadyoumna jetait dans le délire. 3,516.

Ainsi harcelée par les Pândouides, comme le royaume d’un méchant roi est infesté de voleurs, de mnladieset de faux ntendiants, ton année prenait la fuite. 3,515.

Au milieu de ces cuirasses et du ces traits, uiêlés .aux rayons du soleil, l'armée et la poussière éblouissaient les yeux. 3,516.

(1) La stance suÎTante est la 3,505*; mais l'édition de Calcutta, parioadverUiice, la numéiQtée 3,510. Nous allons commettre sciemment la même

erreur pour mareber d’un pas égal avec le teilo.

DHONA-PARTA.

Tandis que les armées étaient rompues en trois parts et battues par les Pàndcuides, Drona irrité dispersa les Pântcbâlains sous ses flèches. 3,51 7.

La forme de T Atchàrya, broyant les armées et les déiruisant de ses traits, ressemblait à celle du feu allumé de la mort. 3,518.

La flèche du héros immolait individuellement dans ce combat, souverain des peuples, les hommes de pied, les chevaux, l'éléphant et le char. 3,519.

11 n’y avait personne, dans l’armée des Pândouides, auguste fils de Bharata, qui pût supporter les flèches, envoyées dans la bataille par l’arc de Drona. 3,520.

Consumée par ses traits, et telle que de» fruit», qui ont acquis la maturité aux rayons du soleil, l’armée des Pândouides errait çà et là, Bharatide. 3,521.

Ainsi agitée par le Prishatide, ton armée était enflammée de tous les côtés, comme une forêt de bois sec en proie à l’incendie. 3,622.

Tandis que les armées périssaient sous les flèches du Prishatide et de Drona, ces guerriers soutenaient un combat au-dessus de leur force, ayant renoncé à la vie et faisant face de toutes parts. 3,523.

Entre les tiens et les ennemis, grand roi, il n’y eut personne dans les combattants, que la crainte ait forcé à s’éloigner de la bataille, 3,52i.

Vivinçati , Tchékiiâna et l’héroïque Vikama , ces frères du même lit, enfermèrent Bhlmaséna, le fils de Kountl. 3,525.

Vinda et Anonvinda, les deux Avantiens, le vigoureux Kshémadhourti, trois suivants de trois de tes fils, elle puissant roi Vâhllka, grand héros, fils d’illustce famille.

enferma les üraàupadéyains avec son armée, avec ses ministres. 3,6/?6 — 8,527.

Çalvya, parfumé de gorotchanâ, cerna l'héroïque fils d’Abhlbhou, le roi de Kàçi, avec dix centaines des plus Taillants guerriers. 3,528.

Çalya, le monarque des Màdrains, enveloppa le roi Adjâtaçatrou, le fils de Kounit, qui flamboyaitcommele feu.

Dès que l'héroïque Douççàsaua eut afliermi son armée, il s'avança, plein de colère et de fureur, contre Sâtyaki,le meilleur des maîtres de chars. 3,529—3,530.

Celui-ci, revêtu de son armure, sa cuirasse endossée, à la tête de son armée, entoura Tchékitâna de quatre centaines de guerriers aux grands arcs. 3,531.

Çakuuni, conduisant son armée, cerna le fils de kl&drt avec sept cents Gândhâras, tenant à la main l’arc, une lance de fer et l'épée. 3,532.

Les deux héroïques Avantiens, Vinda et Anonvinda, les armes levées et faisant à leur ami le sacrifice de la vie, se portèrent à l'attaque du Matsya Virâta. 3,533.

Redoublant d'efforts à l'encontre de l'Yajnasénide, Vàhllka d'envelopper Çikandi, vaillant, jamais vaincu, qui l'enferma de son côté. 3,536.

Un autre (1) Avantien cerna le Pàntchâlain Drishtadyoumna aux formes irritées avec des héros cruels, avec des Saâuviras. 3,535.

Alàyoudha fondit rapidement sur l’héroïque Rakshasa Ghatotkatcha aux œuvres terribles, qui s’avançait avec colère dans le combat. 3,536.

Joint à une nombreuse armée, le fameux héros Kounti-

(1) Dit le eommeataire.

DRONA-PARVA.

bhodja d'arrêter l’Indra des Rakshasas, Alambousha aux formes sévères. 3,637.

Le roi du Sindhou, défendu par les plus grands arcs et des héros; tels que Kripa et les autres, marchait derrière toute l’armée. 3,538.

Deux gardes-des-roues de la plus haute taille, Açvatthàman à droite et le fils du cocher à gauche, se tenaient aux côtés du Sindhien. 3,539.

Kripa, Vrishaséna, Çala et l'invincible Çalya, le Somadattide à leur tète, protégeaient ses derrières. 3,5A0.

Tous étaient pleins de conduite, ils maniaient de grands arcs, ils étaient habiles dans les combats : et, quand ils eurent ainsi organisé la défense du roi de Sindhou, ils commencèrent la ba'aille. 3,5A1.

Écoute, sire, de ma bouche, qui le raconte, comment s'est déroulé ce combat admirable des enfants de Kourou et de Pândou. 3,5A2. ,

S'étant approchés du Bharadwâdjide, placé en tète de son ordre de bataille, les guerriers du fils de Pi ilhà engagent l'affaire avec le désir de rompre l'armée de Drona. i,ôA3.

Défendant sa disposition militaire, Drona lui-mème, aspirant à une vaste renommée, fit la guerre avec ses combattants aux partisans du fils de Prithà. 3,ôiâ.

Les deux Avautiens, qui désiraient le bien de tou fils, Vinda et Anouvinda , bouillants de colère , blessèrent Viràta avec dix flèches. 3,5A5.

S'étant approché de ces deux braves, placés sur le champ de bataille avec leurs suivants, Viràta de soutenir, grand roi, contre eux la bataille. 3,5à6.

Le combat de ces deux guerriers fut épouvantable;

LE M.\HA-BHARAtA.

lé Sang y coulait comme de l’eau : telle, au milieu d’une forêt, la lutte d’un lion avec deux proboscidiens en rut, les chefs d’un troupeau. 3, 5i7.

L’Yajnasénide à la grande force blessa rapidement Vâhilka, dans le combat, de ses flèches acérées, épouvantables, qui brisaient les os et tranchaient les articulations. 3,5A8.

Et Vâhilka, en retour, dans une ardente colère, perça l’Yajnasénide de neuf traits aux nœuds inclinés, empennés d’or, aiguisés sur la pierre. 3,549.

Ce combat était épouvantable, rempli de lances en fer et de flèches, causant l’elTroi des gens timides, accroissant la joie des hÆos. 3,550.

L’air et les plages du ciel, tout était couvert de traits, envoyés par eux dans la bataille; on n’y distinguait aucune chose. 3,551.

A la tête de son armée, Çatvya-Govâsana (1) combattit le grand héros, fils du roi de Kâçi, comme un éléphant combat un pachyderme ennemi. 3,552.

Vâhilka courroucé brillait dans la guerre, combattant les gr.ands héros, fils de DraânpadI, comme l’âme est en lutte avec les organes des sens. 3,553.

Ceux-ci, décochant de tous côtés les multitudes de leurs flèches, combattaient avec une noble ardeur, ô le plus vertueux des êtres incorporés, tels que les objets des sens font au corps une guerre éternelle. 3,554.

Douççâsana, ton fils, perça dans ce combat de neuf dards aigus aux nœuds inclinés Sâtyaki, le rejeton de Vrishni. 3,555.

(I) C'eit le mot, que noua iToni traduit ci-deisut par eeUe pdriphraae « parfumé de Gorotchanâ. »

DRONA-PAKVA.

Soudain, grièvement blessé par l’archer vigoureux an grand arc, Sâtyaki au courage infaillible tomba dans une légère défaillance. 3,556.

Mais, revenu à lui, le Vrishnide blessa rapidement le fameux héros, ton fils, de dix flèches aux plumes de héron. 3,557.

S’étant percés fortement l’un l’autre, accablés de leurs traits mutuels, ces deux guerriers brillaient dans ce combat, sire, tels que deux kinçoukas en fleurs. 3,558.

Irrité des traits, dont l’avait blessé Kountibhodja , Alambousha éclatait également d'une resplendissante beauté, comme un kinçouka fleuri. 3,559.

Ensuite, ayant bles.sé Kountibhodja de nombreuses flèches de fer, le Rakshasa de pousser un cri épouvantable à la face de tes bataillons. 3,560.

Toutes les armées virent alors ces deux héros, engagés dans un combat l’un avec l'autre, de même que jadis Çakra et Djamba. 3,561 .

Bouillants de colère, les deux fils de MAdrt harcelèrent, Bharatide, cruellement d< leurs traits Çckouni, ennemi déclaré et rapide dans le combat. 3,562.

Une grande (1) bataille confuse, destructive des hommes, s’éleva , sire, comme un feu. causé par toi , augmenté outre mesure par Kania, entretenu par tes fils, qui avait pour racine là colère et qui semblait s’effor* cer de consumer toute cette terre. 3,563 — 3,664.

Çakouni, forcé par les flèches des deux fils de Pândou à tourner le dos, ne savait plus quelle prouesse faire dans le combat. 3,565.

Dès que les deux fameux héros, enfants de Màdrt, le

(1) Toumoulassamahditj édition do Bombaj’.

LE AiAHA-BHARATA.

virent fûre volte-face, ils versèrent de nouveau sur lui une averse de flèches, comme deux nuages inondent une grande montagne. 3,506.

Maltraité par ces traits nombreux aux nœuds inclinés, le Soubaiide avec ses chevaux légers se rélugia dans l’armée de Drona. 3,567.

Le héros Ghatotkatcha, déployant à moitié sa légèreté, s'avança lestement dans cette bataille sur le Uakshasa Alâyoïidha. 3,568.

Leur combat aux formes variées fut tel qu’était jadis, grand roi, la lutte de R.àma et de Bàvana. 3,569.

Ensuite, après que le roi Youdhishthira eut frappé de cinq cents dards en ce combat le roi du Madra, il le perça de nouveau avec sept flèches; 3,570.

Et s’éleva entre eux, majesté, un combat plusque merveilleux, tel que fut jadis la bataille de Çamvara et du souverain des immortels. 3,671.

Vivinçati, Tchitra-séna et Vikarna, ton fils, environnés d'une puissante armée, flient la guerre à Bhlmaséna.

Tandis que cette bataille épouvantable ofirait de telles pha es, les Pùndouides fondirent sur les Kourouides rompus en trois parts. 3,572 — 3,573.

Bhlmaséna de s’avancer dans le combat vers Djalasandba aux longs bras ; Youdhishthira, conduisant unearmée, vers Rrilavarmaii. 3,57è.

Ils commencèrent à verser leurs pluies de flèches, grand roi, comme le radieux soleil répand ses rayons. Dhrishtadyoumna courut dans la bataille sur Drona.

Alors naquit le combat de tous les archers Kourouides et P&ndouides, se hâtant, excités par une colère mutuelle.

DRONA-PAKVA.

Taudis qu’une destruction bien épouvantable sévissait dans ces conditions, et que les armées combattaient intrépidement, partagées en deux partis contraires, ce fut une chose presque merveilleuse que les multitudes de traits lancés par le vigoureux Drona et le robuste fils du l’ântchâlain, 3,577 — 3,578.

Drona et le Pàntchàlain firent tomber en grand nombre de tous cétés les têtes coupées des hommes, telles que des moissons de lotus. 3,579.

De toutes parts, dans les armées des héros, étaient disséminés çà et 1.^ drapeaux,cuirasses, armures, flèches, robes et parures. 3,580.

Des cuirasses d'or, arrosées de sang, paraissent aux yeux comme des masses de nuages, accompagnés d’éclairs.

Parmi les grands héros, ceux-ci, bandant leurs arcs, qui ont la taille d’un palmier, abattent les éléphants, les chevaux et les guerriers. 3,581 — 3,582.

Ceux-lti dispersent dans le champ de bataille les épées, les boucliers, les arcs, les cuirasses et les tètes des héros magnanimes. 3,583.

Dans ce premier combat, grand roi, on voit se dre.sser de toutes parts un nombre incalculable de corps mutilés.

On y voit de nombreux carnassiers, vénérable monarque, des vautours, des hérons, des corbeaux, des faucons, des corneilles et des chacals. 3,58A — 3,585.

Dévorant les chairs, buvant le sang, arrachant les chevelures, tirant les luoëlles çà et là, sire, ils entraînaient, ils démembraient les corps, ils roulaient partout les têtes des troupes de guerriers, de chevaux et d’éléphants.

Des guerriers, consommés dans les armes, qui avaient

LE MAUA-BHARATA.

la force dea combats, consacrés par les initiations des combats, et qui désiraient la victoire pour la récompense du combat, faisaient alors cette guerre avec ardeur.

Les guerriers tentèrent dans le combat les diverses routes de C escrime à l'épée. Entrés avec colère sur le théâtre du combat, les hommes se frappaient l’un l’autre à coups de sabres, de lances, de traits barbelés, do tridents, de leviers en fer, de pattiças, de massues, de pilons, avec d’autres armes et les bras.

Les maîtres de chars contre les maîtres de chars, les cavaliers contre les cavaliers, les fantassins contre les fantassins, tels que des gens ivres, les proboscidiens contre les proboscidiens, enivrés comme dans les théâtres, poussaient des cris les uns contre les autres, et se frappaient dans le combat mutuellement. 3,691—3,592.

Tandis que la bataille, monarque des hommes, se déroulait ainsi sans bornes, Dhrishtadyoumna embrouilla ses coursiers dans les chevaux de Drona. 3,593.

Ces coursiers, rapides comme le vent et qui avaient la couleur des colombes, jetaient un vif éclat au milieu do la bataille, mêlés aux teintes de la cochenille et du rouge.

Ces chevaux brillaient, sire, de même que des nuages, accompagnés des éclairs. Aussitôt que le Prishatide iuimolateur des héros ennemis, l’héroïque Abhimanj ou vit Drona arrivé près de lui, il rejeta son arc, et, désirant accomplir un exploit difficile, il prit une épée et un bouclier. 3,594—3,695—3,596.

Marchant avec hardiesse, poussé par la rivalité, il entra dans le ch|ir de Drona ; il se tint au milieu du joug, parmi les harnais do son attelage. 3,597.

PHONA-PAfiVA. , 391

11 frappa les coursiers dans la première moitié du corps et les armées applaudirent à cet exploit du héros, qui s’avançait, le cimeterre au poing, et dominait sur les chevaux au rouge pelage. 3,598.

Drona ne voyait pas un moyen de salut ; c'était comme une chose merveilleuse : tel un vautour fond au milieu des forêts par le désir de happer un morceau de chair. 3,599.

A l'instant même naquit le combat (1) du guerrier, qui désirait immoler Drona avec cent (lèches, qu’il décocha : le Prishatide envoya donc cent lunes. 3,600.

Le vigoureux Drona de rompre le cimeterre du fds de Droupada avec dix traits, et de tuer ses chevaux avec soixante-quatre dards. 3,601.

11 trancha son drapeau et son ombrelle avec deux bhallas ; il immola ses deux cochers de l’avant-train et de l’arrière ; il adres.sa d’une main hâtée à sa personne même une autre flèche, tirée jusqu’à l’oreille et destructive de la vie ; tel le Dieu, qui manie la foudre, envole son tonnerre. Mais Sâtyaki le blessa de quatorze flèches acérées ;

Et arracha Drishtadyoumna aux dents du plus grand des Instituteurs spirituels, de ce lion des hommes, vénérable souverain, comme une gazelle dévorée par le roi des quadrupèdes. 3,604.

Le héros de Çini délivra le Pàntchâlain du brahme. Aussitôt qu’il vit Sâtyaki sauveur et le Pântchâlain »amè dans ce grand combat, Drona leur décocha vingt-six traits. Ensuite le petit fils de Çlni, en échange de ses

(i) AitMras, avec on 1 loog, manque i tpui Im diotionnairM, mime à Bolbliagk et Roth.

traits, blessa de vingt-six dards entre les deux seins Drona, qui semblait dévorer les Srindjayas; et tous les héros Pântcbàlains, ambitionnant la victoire, arrachèrent promptement Urishtadyoumna aux mains de Drona, qu'attaquait le Sàttwatide. 3,005 — 3,606 — 3,607 — 3,608.

g Lorsque cette flèche eut été coupée, Sandjaya, s’enquit Dhritaràshtra, et que Drishtadyoumna eut été délivré par Youyoudbâna, le plus excellent des Vrishnides, que fit dans sa colère, au milieu de la bataille, contre ce tigre des hommes, le pelit-fils de Çini, Drona au grand arc, le meilleur de tous ceux, qui port ntla flèche?» 3,609-3,610.

Il courait, lui répondit Sandjaya, ayant pour venin sa colère, pour gueule ouverte son arc, pour dents ses flèches à la pointe aiguë, et pour crochets subtiU ses nârâtchas acérés. 3,611.

Les yeux rouges de colère et de fureur, soufflant comme un grand serpent, le héros des hommes, se réjouissant de ses chevaux à la rapide vitesse, qui semblaient voler dans l’air et franchir les montagnes, fondit sur Youyoudbâna, en lui décochant des flèches empennées d’or.

11 tira son arc, qui envoya çà et là une multitude d'éclairs par ses nârâtchas : c’était un nuage, qui avait pour tonnerre le bruit des chars, et pour grande pluie le vol des flèches. 3,6li.

Quand le héros Çinide, ivre de la folle ivresse des combats, vit fondre sur lui, poussé par le vent de ses coursiers, Drona, comme un nuage, qu’on ne peutarrêter, élevé sur la fougue de la colère et qui portait comme foudre les cimeterres et des lances de fsr. il dit en riant à son cocher: 3,615 — 3,616.

DRONA-PARVA.

« J’ai ouï dire que cet héroïque brahme, qui ne reste pas enfermé dans les choses de sa caste, a enlevé la peur et le chagrin au roi fils de Dhritaràshtra. 3,617.

» Avance-toi rapidement avec tes chevaux, pressés jusqu’à la légèreté, vers l'Atchârya, qui inspire l’orgueil d’un héroïsme éternel à ces ftls du roi. » 3,618.

A ces mots, les très-grands chevaux de Mâdhava, semblables à l’.-trgent, arrivèrent rapidement avec la vitesse du vent en face de Drona. 3,619.

Alors, Çainéya et Drona, les deux fléaux des ennemis, combattirent et se blessèrent l’un l’autre avec plus d’un millier de flèches. 3,620.

Ces deux éminents hommes couvrirent de traits l’atmosphère, et les deux héros remplirent de leurs dards les dix points de l'espace. 3,621.

Semblables à deux nuages au départ de la saison chaude, ils s’inondèrent l’un l’autre de pluies acérées : on ne voyait plus brûlerie soleil, on ne sentait plus souffler le vent. 3,622.

Tout était couvert de la multitude (1) des flèches : une obscurité effrayante, inaffrontable, pour ainsi dire, aux autres héros, régnait alors de tons les côtés (2) dans ce monde, où les flèches de Çainéya et de Drona avaient répandu les ténèbres. Il était impossible alors de saisir un intervalle dans les pluies de flèches de ces deux lions des hommes, le brahme et le Sâttwatide, instruits dans les astras rapides. On entendait le bruit, enfanté par cette destruction épouvantable, causée par la chûte simultanée des flèches, coin me le fracas des foudres lancées par Indra.

(1>2) uimautalnsy tetle de Botnbav.

LK MAHA-BllAJl<iTA.

Les formes de ces héros, blessés par les nâritchas, resplendissaient, 3,623 — 3,62à — 3,623 — 3,626.

De même que celles des personnes mordues par des serpents venimeux. On entendait le bruit, que ces deux braves dans les combats faisaient rendre ;i la surface de leur corde, tel que des cimes de montagnes sans cesse en butte aux coups de la foudre. Les chars de ces deux guerriers, et leurs chevaux (1), et leurs cochers, couverts de flèches empennées d’or (2), avaient alors des formes admirables. Le vol de ces flèches, monarque des hommes, droites, .sans souillure, semblables au venin des serpents déchaînés, glaçait les cœurs d’une froide épouvante. Leurs deux ombrelles tombèrent, leurs deux drapeaux furent abattus. 3,627 — 3,628 — 3,629 — 3,630.

Tous deux, les membres humides de sang, ils désiraient la victoire ; tous deux, ils ressemblaient à des éléphants, qui, de leurs membres ruisselants, versent du sang.

.Avec des mots, des exclamations, des menaces, avec des voix pareilles aux tambours et aux conques, les mnén/taiiti SC blessaient les uns les autres de flèches, qui causaient la destruction de la vie. 3,631 — 3,362.

Personne, grand roi, ne parla de cesser le combat; mais les armées demeurèrent en silence et les guerriers firent trêve spontanément à la bataille. 3,633.

Le peuple, saisi de curiosité, contempla le duel en chars de ces héros; les maîtres de chars, les hommes conducteurs d’éléphants, les cavaliers et les fantassins environnent ces deux éminents guerriers et les regardent de leurs yeux immobiles ; les armées d’éléphants, les esca-

(l-S) Açixit... roukma..,, texl« de Bombay.

DRONA-PAHVA.

drons de cavalerie et l’armée des chars æ tinrent, rangés dans un ordre opposé. En même temps que les parures d’or et de pierreries, variées de perles et de corail, les drapeaux, les ornements divers, les cuirasses faites d’or, les guidons et les étendards, les tapis et les couvertures peintes à couvrir le corps det iUphant» ;

Les flèches acérées, sans tache, les chasses-mouches faits d’or et d’argent, pour mettre sur la tète des chevaux;

En même temps que les bosses frontales et les guirlandes, qui couronnent les défenses des éléphants, on voyait, tels que des filets de nuées au départ de la saison chaude, Bharathide, les éclairs, l’arc-eu-ciel, le soleil et les nuages (1). Les nôtres et ceux, qui suivaient (2) le parti d’Youdhishthira (3), virent

Ce combat d’Youyoudhâna et du magnanime Drona. Les Dieux, que précédaient Soma et Brahma, y vinrent sur leurs superbes chars. 3,641.

Ces deux lions des hommes, par les düTérentes jetées de flèches, les allées et les retours, les diverses destructions de l’ennemi, plongèrent dans l’étonnementles grands Ouragas, les Vidyoutdharas, lesSiddhasetlesTchàranas. Ces guerriers aux vastes forces, montrant dans les astras leur vitesse de mains, 3,64'2 — 3,643.

Sàtyaki et Drona, s’adressèrent l’un l’autre les blés-

(!) Ce paRAage e«t obscur, embrouillé, confus; mais il est identique de Tua et do Tantre côlé. Y a-t-il Ici dans le texte altération ou lacune? Où bien eat-ce un endroit, qu’éclairciront pluAtard I biatoire et l’archéologie?

(2) Ex|di«^ation dii commentAire.

(3) SthUaSj texte de Bombay.

sures de leurs Hèches. Le D&çàrhain trancha lestement dans le combat les traits et l’arc de Drona à la grande splendeur (1) avec ses dards bien solides. Le Bharadwâdjide, dans l’intervalle d’un clin-d’cuil seulement, ajusta de sa corde un nouvel arc ; mais Sàtyaki lui coupa encore cette arme. Se hâtant de nouveau, Drona se montra, tenant à la main un autre arc, muni de sa corde ; mais son rival trancha de rechef cet arc, armé de sa corde, avec sept et neuf flèches. A la vue de cette action plus qu’humaine de Youyoudhâna, dans la bataille, Drona, Indra des rois, agita cette' pensée dans son esprit: « La force, qui était dans Râma, dans Kârnavlrya, dans Bhlshma, le tigre des hommes, et qui est en Dhanandjaya, c’est la force même, que je trouve en ce plus vaillant des Sàitwatides ! » Et Drona d’ honorer dans son cœur cette bravoure du héros. {De ta stance 3,6âi à ta stance 8,(5nO.)

Quand il vit celte légèreté, semblable à celle du fils d’Indra, le plus vertueux des brahines, le plus habile de tous ceux, qui savent les a-stras, s’en réjouit; et les Dieux avec Indra de partager sa joie. 3,B50.

Telle était sa vitesse à procéder, monarque des hommes, que les Dieux mêmes et les Gandbarvas ne pouvaient saisir la légèreté d’Youyoudhâna. 8,6£1.

Les chœurs des Siddhas et des Thâranas connaissent cet exploit du brahme. Alors le plus instruit des hommes, qui savent les astras, Drona, le meurtrier des kshatryas, ayant pris un nouvel arc, fils de Bharata, décocha sur lui des astras. Sàtyaki repoussa les astras do brahme avec les armes de la magie. 8,662 — 3,063.

(1) Mahadyoutés, même tcite.

DRONA-PARVA. 597

11 le frappa de traits acérés : ce fut comme une chose merveilleuse. Quand ils virent sa valeur plus qu'humaine et que d’autres ne sauraient égaler dans le combat, 3,65â.

Les tiens, qui connaissaient l’absorption en Dieu, applaudirent à ce prince, qui savait s’unir à l'esprit absolu. Un astra esl-il décoché par Drona, Sàtyaki aussitôt de lui décocher le même. 5,655.

Troublé, courroucé, l'Atchârya, parvenu à la rive ultérieure de la science de l’arc et qui consumait de ses feux les ennemis, fit la guerre, puissant roi, au héros de Vrishni. 5,656.

11 décocha un astra divin pour la mort d Youyoudbâna. A peine ce vaill nt guerrier eut-il vu arriver ce trait du feu, immolateur de l’ennemi et plein d'épouvante, il envoya l’ astra céleste de Varouna. Quand on les vit armés de ces astras divins, un vaste brouhaha de s'élever.

Les Bhoûtas, qui marchent dans les airs, cessèrent de parcourir l’aliuosphëre. Les astras du feu et de Varouna, dont ces héros s’étaient fait des flèches, prirent possession de l’espace, et le soleil s’évanouit. Ensuite, le monarque Youdhishthii-a, le Pàndouide Bhimaséna, 5,659 — 3,660.

Nakoula et Sahadéva embrassèrent la défense de Sàtyaki. Virâta avec le Kaikayain et les guerriers, à la tête desquels s’avance Dhrishtadyoumna, 3,661.

Les Matsyas et les armées de Çâlvéya fondirent rapidement sur Drona. Les fils de rois, par milliers, marchant sous la conduite de DouççAsana, 3,662.

Accoururent à la défense de Drona, environné d’adversaires. Alors s’éleva, sire, le combat de tes archers et des sagittaires ennemis. 3,663.

LE MAHA-BBARATA.

Le monde était couvert de poussière, enseveli sous des multitudes de flèches ; tout était confus et rien n’était plus distingué : l’armée étant plongée dans la poussière, tout alors était sans bornes, sans limites. 3,66A — 3,665.

Or, tandis que le soleil opérait sa révolution vers le mont Asta et que, éclipsé par la poussière, il n’envoyait que des rayons émoussés, ce jour s’écoula avec lenteur pour ces hommes, qui tenaient de pied feriiie, ou tâchaient pied, revenaient sur leurs pas, combattaient, étaient rompus ou désiraient la victoire. 3,666 — 3,667.

Pendant que ces armées tenaient en suspens la victoire, que chacune désirait, Arjouna et le Vasoudévide s’avancèrent eux-mêmes vers le roi du Sindbou. 3,668.

Le fils de Prithà s’ouvrit, avec ses traits acérés, un chemin, la plus grande des routes carrossables, où Djan&rddana flt courir son char. 3,666.

Partout où .s’avance le char du magnanime Pândouide, là, monarque des hommes, tes armées sont rompues.

Le Dâçârhain fit admirer sa science à conduire un char, en décrivant des cercles, les plus grands, les moyens et les plus petits. 3,670 — 3,671.

Des flèches larges, volant au loin, altérées de sang, an bois de bambou, à la pointe de fer, armées de minces lanières, marquées du nom des guerriers, semblables au feu de la mort et dévorant les ennemis divers, buvaient dans le combat avec les oiseaux le sang des êtres animés.

Debout sur son char, les traits, qu’ Arjouna décoche devant lui, à la distance d’un kroça, dépassent d'une lieue son char et vont détruire les ennemis. 3,67A.

Brishtkéça, faisant naître l’admiration du monde

entier, courut alors avec les chevaux, qui portaient son timon et qui avaient la rapidité de Garouda ou du vent. 3,675.

Avec moins de légèreté vole, monarque des hommes, le char de Kouvéra, et celui de Roudra, et celui d’Indra, et le char même du soleil ! 3,676.

Ni le char d’aucun autre, qui devance tous ses compagnons dans le combat, ne marche pas comme le char d’ Arjouna I c’est la pensée rapide en sa résolution.

Le meurtrier des héros ennemis, Kéçava, entré dans la bataille, poussa légèrement ses chevaux , Bharatide, au travers de l’armée. 8,677—3,678.

Airivés au milieu de celte masse de chars, ses coursiers, tourmentés par la faim et la soif, traloaientsa voiture avec peine. 3,679.

Blessés avec plusieurs traits en grand nombre, ivres du des batailles, ils se promenèrent mainte et mainte fois en des cercles divers. 3,680. !

Ils passèrent par-dessus des milliers de chars et de cadavres des guerriers, des chevaux et des éléphants, semblables à des montagnes (1). 3,681.

Dans cette circonstance, sire, les deux héroïques fiéres Avantiens, accompagnés d’une armée, envoyèrent leurs flèches sur le Pàndouide aux chevaux fatigués. 3,682. '

Remplis de joie, ils blessèrent Arjouna de soixantequatre, Djanârddana de soixante-dix traits, et ses chevaux avec plusieurs centaines de dards. 3,683.

Irrité dans ce combat, grand roi, l'intelligent Arjouna les frappa de neuf traits déchirants aux nœuds inclinés.

(t) ÇatlâbhAnin, telle de Bombay.

àOO

Tous deux courroucés alors, iU couvrirent Blbhatsou et Kéçava d'une averse de flèches et poussèrent des rugissements de guerre. 3,684—3,685.

[.e gueri ier aux blancs coursiers trancha dans le combat rapidement avec deux bballas leurs arcs admirables et abattit leurs drapeaux, flambuyants d'or. 3,686.

Ils prennent alors d'autres arcs dans la bataille, sire, et, vivement irrités, ils harcèlent le Pândouide à coupsde flèches. 3,687.

Bouillant de colère, Dhanandjaya (1), d'une main hâtée, trancha de nouveau leurs arcs avec deux traits.

U frappa lestement de flèches, empennées d'or, aiguisées sur la pierre, leurs chevaux, les deux cochers de l’taant~train,\es deux cochers de l'arrière et les guet rien, suivant leurs pa.s. 3,688—3,689.

11 trancha du corps deTaloésatêteavecun kshourapra. Le héros tomba mort sur la terre, comme un ai bre rompu par le vent. 3,690.

Aussitôt que l'auguste Anouvinda à la grande force vit ton frire Vinda mort, il abandonna son char, dont les chevaux étaient immolés, et saisit une massue. 3,691.

Le plus excellent des maîtres de chars, ce grand héros, n'oubliant point la mort de son frère, s’approcha dans le combat, en dansant, pour ainsi dire, et sa massue à la main. 3,692.

Anouvinda dans sa colère, ayant déchargé un coup de sa massue au front du meurtrier de Madhou, ne l’ébranla pas plus que le mont Malnaka. 3,693.

Arjouna de lui trancher avec six flèches le cou, les deux

\\) Le fiii de Pdndou, ajoute le teite fort ioulUemeDU

DRONA-PARVA. 401

pieds, les deux bras et la tète. Le héros mutilé tomba comme un amas de montagnes. 3,604.

Dès que les suivants de ces deux guerriers les virent morts, sire, ils coururent, enflammés de colère et dispersant leurs flèches par centaines. 3,005.

Quand Arjouna les eut abattus lestement de ses traits, éminent Bharalide, il resplendit comme le feu, qui, après le départ de la saison froide, vient d'incendier une forêt de bois sec. 3,606.

Ayant vaincu avec peine, pour ainsi dire, l'armée de ces deux princes, Arjouna de briller, comme le soleil, élevé sur l’horizon et victorieux du nu<ige. 3,607.

L’ardeur enflamma de nouveau les Kourouides à sa vue; et, de tous les célés, éminent Bharatide, ils fondirent sur le Uls de Piitbâ. 3,608.

Voyant qu’il était fatigué et sachant que le roi du Sindhou était éloigné, ils l’environnèrent de toutes parts avec d’immenses cris de guerre. 3,600.

Les plus éminents des hommes, Arjouna vit en souriant qu’ils étaient enflammés de colère et dit avec lenteur ces mots au Dâçàrhain : 3,700.

« Mes chevaux sont en proie au tourment des flèches ; ils sont fatigués et le roi du Sindhou est encore loin d'ici ; quelle chose juges-tu la plus importante et qui soit immédiatement à faire? 3,701.

s Parle, Krishna, puisque tu possèdes la vérité et que tu fus toujours le plus instruit des hommes. Les Pâodonides, sous la conduite de ton excellence, vaincront ici les ennemis dans le combat 3,702.

» Dis-moi ce qui est la vérité et ce que j’ai immédiateviii 26 •

LE MAHA-BHABATA.

ment à faire. Détèle tes chevaux, Midhava, et retire-ieur doucement les flèches. » 3,703.

A ces mots du Prithide : « J’approuve entièrement ce qui fut dit par toi, fils de Koutitl I » répondit Kéçava.

« J'arrêterai les ennemis, reprit Arjouna ; toi, suivant la convenance, accomplis ce qui est à faire dans l'instant même. » 3,704—3,705.

Ayant mis pied à terre et quitté le siège du char, Arjouna prit sans trouble son arc Gândlva, et se tint, immobile comme une montagne. 3,706.

Les kshatryas, désireux de la victoire, voyant Arjouna descendu à terre, coururent aussitôt sur lui, en jetant ces cris : u Voici qu’il nous a donné prise sur lui ! » 3,707.

Et, bandant leurs arcs, disséminant leurs flèches, ils enveloppèrent ce héros seul d’une grande multitude de chars. 3,706.

Montrant là dans leur colère différents traits, ils l’ensevelirent sous leurs dards, comme les nuages couvrent l’auteur du jour. 3,700.

Kshatryas aux grands chars, ils fondirent avec impétuosité sur le plus éminent des kshatryas, sur ce lion des hommes, tels que des éléphants en rut se précipitent sur un lion des forêts. 3,710.

Le Prithide fit voir là quelle grande vigueur était dans ses br.as, puisque sa colère fit obstacle de toutes parts à ces nombreuses armées. 3,711.

Après que l’auguste héros eut arrêté de tous côtés avec ses astras les astras des ennemis, il les couvrit tous euxmêmes avec une averse de traits. 3,712.

Cette décharge de flèches, souverain des hommes, fl& naître alors dans l’atmosphère, où elles avaient pé-

DRONA-PARVA.

nétré, un feu, accompagné d’une vaste flaimne. 8,718.

De nombreux héros ennemis, guerriers aux grands arcs, jetés çà et là dans chacun des partis, courroucés, furieux, désirant la victoire, soupirant, inondés de sang, montés sur des coursiers, sur des éléphants, déchirés, criant, traînant les cadavres des ennemis, faisaient naître, en quelque sorte, l’été au milieu du combat. 3,714 — 3,715.

Le Prithide, devenu son rivage, arrêta avec des flèches cette mer immobile de chars, que rendaient innaviguable des rochers, que lui formaient des membres d’éléphants, infranchissable, aux vagues de flèches, aux tourbillons de drapeaux, aux pachydermes pour requins, encombrée de fantassins pour poissons, retentissante de conques et de tambours, sans mesure, sans rivage, infinie par ses flots de chars, qui avait des turbans comme tortues, des étendards et des ombrelles pour ses guirlandes d'écume.

Alors DJanârddana aux longs bras dit, sans trouble, ces mots au Prithide, son ami, le plus grand des hommes dans le combat : 3,719.

a Ce champ de bataille, Arjouna, n’olTre pas à nos chevaux de l’eau pour boire ; ces coursiers ont besoin de se désaltérer, et il n’y a point ici de lieu pour les baigner ! »

U C’est vrai ! » lui répondit sans troubla Arjouna ; et, frappant la terre de sa flèche, il fit paraître un magnifique lac pour abreuver ses chevaux. 3,720 — 8,721.

11 était rempli de c.anards et de cygnes ; il était embelli par des tchakravâkas ; ses ondes transparentes, étendues, étaient couvertes de lotus aux corolles fleuries. 2,722.

Profond, il était plein de poissons et de tortues ; ses rives étaient peuplées de rishis. L’anachorète Nàrnda 'y

hOi

vint admirer ce lac, ouvrage d'un seul instant. 3,723.

Artisan, comme Twashtri, d’œuvres admirables, lePrithide créa un arsenal, ouvrage merveilleux aux murailles de flèches, aux colonnes de flèches, au toit même de flèches. 3,72â.

« Bien ! bien ! n lui dit en sonnant Govinda, quand il vit cette maison d'armes, créée par le magnanime fils de Prithâ. 3,725.

Quand le vaillant fils de Kountl eut produit cette eau, arrêté l’année des ennemis et formé cet édifice pour les armes, 3,726.

Le Vasoudévide à la grande lumière descendit promptement du char et détela ses coursiers, dont les blessures causaient l’agitation. 3,727.

Les troupes des Siddbas, des Tcbàranas, des guerriers et des fantassins crièrent de tous les cêtés : « Bien I » avec de vastes clameurs, quand ils virent cette merveille, qu’ils n’avaient pas vue jusqu’alors. Les grands héros ne purent empêcher de combattre ce fils de Kountl : ce fut comme une chose admirable. 3,728 — 3,729.

Devant ces nombreux éléphants et coursiers, devant ces multitudes de chars, qui accouraient, le Prithide ne fut pas ému : ce qu’il faisait alors était au-dessus de ce que peuvent faire les hommes. 3,730.

Les princes envoyèrent au Pàndouide des multitudes de flèches ; mais le meurtrier des héros ennemis, le vertueux fils d’Indra n’en fut pas ébranlé. 3,731.

Le vigoureux Prithide dévora, au moment qu’ils arrivaient, les traits barbelés, les massues, les centaines de ces faisceaux de flèches, tel que la mer ingurgite les fleuves. 8,732.

DRONA-PARVA.

Par la grande fougue de ses astras et par l’admirable vigueur de ses bras, il paralysa les traits les plus excellents de tous ces Indras des princes. 3,783.

Quoiqu'il fut seul, à pied, sur la terre, il arrêta toutes ces altesses montées sur des chars, comme l’avarice arrête toutes les vertus. 3,734.

Les Kourouidcs applaudirent, grand roi, à la valeur éminente, admirable de ces deux héros, le fils de Prithâ et le Vasoüdévide. 3,73b.

« Qu’y aura-t-il ou qu’y eut-il jamais de plus merveilleux au monde, se demmdaient-ils, que ce fait du Prithide et de Govinda, qui détëlent, en plein combat, leurs chevaux ? 3,736.

Il Ces deux éminents hommes nous ont inspiré un immense effroi ; pleins de confiance, ils ont déployé une splendeur épouvantable au front de la bataille. » 3,7?7.

Aussitôt qu'Arjouna eut construit cette salle d'armes sur le champ de carnage, Hrishlkéça aux yeux de lotus bleu, souriant comme au milieu des femmes, puissant Bharatide, retira sans trouble du char .ses coursiers, malgré tous les efforts de tous les guerriers, qui défendaient ta cause. 3,738 — 3,739.

Krishna leur enleva toute la fatigue, toute la défaillance, tout le frisson, que leur causait de larges blessures ; car il était habile dans l’hippiàtrie. 3,740.

Après qu’il eut retiré à ses chevaux les flèches de ses mains, et qu’il les eut nettoyés, il les ramena au lac, suivant les convenances, et leur fit boire de l’eau. 3,741.

Dès qu’ils eurent pris de cette eau, qu’ils se furent baigués, qu’ils eurent rntingé de la nourriture et qu’ils eurent

LE MAUA-BHARATA.

oublié la fatigue, leur guide, plein d'ardeur, les attela de nouveau au char iiiaguirique. Z,~à'2.

Quand Çaâuri à la grande splendeur, le plus éminent de tous ceux, qui manient les flèches, eut équipé le plus excellent des chars, ils s'avança rapidement avec Arjouna. 3,743.

Lorsque les plus vaillants de l'armée des Kourouides virent sur le champ de bataille le char du plus grand des héros, attelé de ses chevaux désaltérés, ils furent de nouveau abandonnés de leur âme. 3,744.

Poussant de profonds soupira, sire, comme des serpents, à qui l'on a brisé les dents: u Oh I malheur ! s'écrièrentils chacun en particulier, hélas ! voici le Prithide 1 voici Krishna revenu 1 3,746.

» Les voici, montés sur un seul char, revêtus de leur cuirasse, malgré les efforts de l'ordre entier des Itshairyas, après qu'ils ont jeté notre armée dans l'infortune, comme par un certain jeu d'enfant ! » 3,74d.

Tandis qu'ils se consumaient eu cris et en efforts, les deux fléaux des ennemis, ayant montré la vigueur de leurs bras, entrèrent, sans s’attacher à eux, au milieu de tous les rois. 3,747.

Les guerriers alors, les ayant vu s’avancer de nouveau, les uns dirent : » Hâtez-vous tous, Kourouides, à la mort de Krishna et de Kirtti. 3,748.

» Ce Dàçârhain a rattelé sou char, en dépit de tous les archers, et s’avance dans le dessein d immoler Djayadratha, après qu'il nous a plongés dans l'infortune au milieu du combat. » 3,749.

Dans ce moment, certains maîtres de la terre se dirent l'un à l’autre, sire, en voyant cette grande merveille.

DRONA-PARVA.

qu’ils n’avaient pas encore vue dans le combat : 3,750.

« La faute de Douryodhatia entraîne à leur perte toutes les armées et le roi Dbritaràshtra. L’ordre des kshatryas et toute la terre sont arrivés au moment de leur ruine, et le monarque ne s’en aperçoit pas. ■> Ils parlaient ainsi, et d’autres kshatryas disaient alors, Bharatide. ,

« Que le fîhritarâshtride, de qui le regard est faux et qui ne sait pas les moyens det choset, fasse lui-même celte affaire, qui est celle du roi de Sindhou, marchant aux demeures d’Yama ! » 3,798.

Le Pândouide s’avança d’une course très-rapide contre le Sindhien, avec ses chevaux désaltérés et pleins d’ardeur, à l'heure où le soleil opérait sa révolution. 3,754.

Les combattants ne purent arrêter le meilleur de tous ceux, qui portent les armes, ce héros aux longs bras, qui s’avançait, irrité comme la mort. 3,755.

Quand le Pândouide, meurtrier des ennemis, eut mis en fuite l’armée, tel qu’un lion disperse des troupeaux de gazelles, il jeta le trouble dans la cause du roi de Sindhou. 3,756.

Se plongeant dans les armées, le Dâçârhain pous.sa rapidement ses chevaux et fit résonner le Pântchadjanya, > semblable au tonnerre du nuage. 3,757.

Les traits, que le fils de Kounti lançait par-devant, retombaient par-derrière : ses chevaux rapides, comme le souffle du vent, le traînaient plus vite que la vitesse ellemême. 3,758.

Les rois irrités et les autres nombreux kshatryas d’environner Dhanandjaya. qui désirait la mort de Djayadratha. 3,759. '

Doiiryadhana suivit à la hâte dans ce grand combat le vaillant l’rithide, qui marchait au milieu des armées, cédant le pied de toutes parts. 3,760.

A l’aspect de ce terrible héros, qui avait pour enseigne un singe et le bruit du nuage tonnant, et de qui le drapeau flottait au vent, de nombreux guerriers furent saisis d’eflroi. 3,761.

Dans ce moment où l'astre, auteur du jour, était couvert d’une poussière épaisse, lescombattants, sousl’ atteinte cruelle des flèches, ne pouvaient fixer leurs yeux .sur les Krishnas. 3,762. •

Quand les rois de ton parti, secouant la crainte, en quelque sorte, majesté , eurent vu le Vasoudévide et Dhanandjaya pas.ser h. travers les rang» de l'armée.

Tous ( es magnanimes, pleins de pudeur, courroucés, excités par leur vaillance naturelle, la résolution inébranlable, .s’ .avancèrent contre Dhanandjaya. 3,763—3,764.

Mais ceux, qui, remplis de colère et de fureur, s’approchèrent du P.ândouide en ce combat, ne s’en retournèrent point alors, comme les fleuves ne reviennent pas de la mer; 3,765.

Ou tels que de vicieux athées se refu.sent à l’autorité des Védas, et, marchant au Naraka, encourent le j>éché.

Débarrassés de ces guerriers, les deux éminents héros, franchiss.ant l’armée des chars, apparaissent comme les deux astres de la lumière, sauvés de la gueule de Ràhou.

Semblables à deux poissons, qui ont brisé un grand filet, les deux Krishnas se montrèrent sans fatigue, après qu’ils eurent rompu ce filet des .armées. 3,768.

Délivrés des bataillons, encombrés de flèches, dilTi-

DRONA-PARVA.

Page 1