SCÈNE II LISETTE, COURVALIN
COURVALIN
Vieille bêlel Il a dérangé mon désordre!... Ce rustaud?...
LISETTE
Gentilhomme en province... Il descendit tantôt
Du coche... Le neveu, n'est-ce pas, a l'air tendre?...
Ils sont de Bresse...
CaURVALIN
Ça ce voit ! . . . On eût pu prendre, Avant d'admettre ici ces fâcheux, mon avis ! Pour un peu, je fuirais la maison où je vis Parmi la lassitude !
LISETTE
Y pensez-vous ? Madame Ferait de beaux cris !
COURVALIN
Eh! Tu lui dirais, bonne âme, Qu'un malaise m'a pris !
LISETTE
Elle n'en croirait rien, Et se désolerait !
LE MAITRE A AIMEK 13
COURVALIN
. Mais, je l'espère bien !
LISETTE
Donc, vous voulez la désoler?
COURVALIN
Je ne sais guère Ce que je veux; et depuis peu je suis en guerre Contre des sentiments que Thonneur me défend : Sitôt venu, je veux partir!... Ah ! mon enfant, Alors qu'on n'aime plus, quelle sotte corvée Que Tamour ! On retrouve en son âme éprouvée Juste assez de pitié pour mentir mal... On a Trop d'amour-propre pour être cruel...
LISETTR
Oh ! là !
Ne soyez pas cruel aujourd'hui. Ma maîtresse Brûle de vous revoir ; et, malgré sa tendresse, Son époux a grand mal à calmer ses esprits : Votre relard la met hors d'elle.
COURVALIN
J'ai compris I Mais, faut-il pas qu'on vous désire, humble p^écoie ?
LISETTE
Le mari, je crois bien, vous attend plus encore...
14 LE MAITHE A AIMER
COURVALIN
Que ce navrant cocu me donne de souci ! Je me retire !
LISETTE
Trop tard, Monsieur : le voici !