‹ Le maitre à aimer; comédie en un acte, en vers [par] Pierre Veber & Hugues DelormeChapitre 2 sur 19 · SCÈNE II LISETTE, COURVALIN · texte numérisé non relu

SCÈNE II LISETTE, COURVALIN

COURVALIN

Vieille bêlel Il a dérangé mon désordre!... Ce rustaud?...

LISETTE

Gentilhomme en province... Il descendit tantôt

Du coche... Le neveu, n'est-ce pas, a l'air tendre?...

Ils sont de Bresse...

CaURVALIN

Ça ce voit ! . . . On eût pu prendre, Avant d'admettre ici ces fâcheux, mon avis ! Pour un peu, je fuirais la maison où je vis Parmi la lassitude !

LISETTE

Y pensez-vous ? Madame Ferait de beaux cris !

COURVALIN

Eh! Tu lui dirais, bonne âme, Qu'un malaise m'a pris !

LISETTE

Elle n'en croirait rien, Et se désolerait !

LE MAITRE A AIMEK 13

COURVALIN

. Mais, je l'espère bien !

LISETTE

Donc, vous voulez la désoler?

COURVALIN

Je ne sais guère Ce que je veux; et depuis peu je suis en guerre Contre des sentiments que Thonneur me défend : Sitôt venu, je veux partir!... Ah ! mon enfant, Alors qu'on n'aime plus, quelle sotte corvée Que Tamour ! On retrouve en son âme éprouvée Juste assez de pitié pour mentir mal... On a Trop d'amour-propre pour être cruel...

LISETTR

Oh ! là !

Ne soyez pas cruel aujourd'hui. Ma maîtresse Brûle de vous revoir ; et, malgré sa tendresse, Son époux a grand mal à calmer ses esprits : Votre relard la met hors d'elle.

COURVALIN

J'ai compris I Mais, faut-il pas qu'on vous désire, humble p^écoie ?

LISETTE

Le mari, je crois bien, vous attend plus encore...

14 LE MAITHE A AIMER

COURVALIN

Que ce navrant cocu me donne de souci ! Je me retire !

LISETTE

Trop tard, Monsieur : le voici !

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