SCENE VIII Les mêmes ; Monsieur et Madame Vaingret
Monsieur Vaingret (tenant une lettre). — Comment... Comment..?
Madame Vaingret {tenant deux photographies). — Est-ce possible?.. Eh quoi ? Miss Ethel n'était pas partie ?..
Miss Ethel. — Je suis revenue... par V Armorie !
Bride. — Un peu malgré moi — mais elle a très bien fait !
Monsieur Vaingret {ahuri). — Mais, voyons, est-ce que je rêve ?
Madame Vaingret. — Ce portrait... Et mon frère, mon frère est vivant..?
Bride. — Oui, tout cela est vrai ! Votre frère, madame, se porte assez bien pour son grand âge, et le cousin, c'est Willie ! J'ai respecté les volontés de mon vieil ami John Moray ! Il s'est dit que le meilleur moyen de connaître vraiment sa famille d'Europe était de faire comme il a fait...
Jean. — Comment ? C'était Willie...
Bride. — Oui, ce brave Willie Moray, qui vient de nous quitter. Il ignore tout, du reste ; en rentrant, il apprendra... Moi, j'étais tenu au secret. .
Jean. — C'était Willie...
Madame Vaingret. — Mon neveu !...
Bride [riant). — Il sera plus surpris que vous, quand il saura... Quant à moi et à ma fille, nous ne quittons plus l'Europe...
Miss Ethel (à Jean). — C'est vrai !
Monsieur Vaingret. — Toutes les surprises !
Jean. — Quel bonheur !
Bride (à Jean, sur le seuil de l'atelier dont il tire le rideau). — Et toi, pour commencer, tu vas faire ta statue, l'Idéal !
Jean [lui serrant les mains). — Oui, oui, de toute mon âme reconquise ! {Bride, Ethel et lui passent dans le fond)
Madame Vaingret. — Quelle affaire ! {Tournant la tête vers son mari) Mais que va décider mon frère, maintenant !
Monsieur Vaingret. — Après tout, qu'il fasse ce qu'il veut 1 Et Jean aussi ! Moi, je m'en lave les mains !