JAMAIS I
Ce mot seul fut ajouté au-dessous des lignes précédentes^ mais cette fois il était de la main de Louise.
Le lendemain matin> Adolphe Silas reçut le manuscrit et apprit que Louise avait été trouvée asphyxiée dans son boudoir;
Gomme il recevait cette nouvelle, une belle dame se présenta chez lui, et lui déclara être l'auteur du manuscrit qui lui avait été envoyé.
— Voyez votre oeuvre, s'écria-t-il avec désespoir j lisez I La belle dame lut, et Adolphe reprit :
— Elle m'aimait! elle m'aimait! C'est lé désespoir d'àvoir vu son amour méconnu qui l'a poussée au suicide.
— Vous VOUS trompez^ reprit froidement la dame; c e«l toujoivs la même chose. Ce n*est pas la douleur de n'être pas aimée qui Ta tuée; la mort n'a pas été pour elle un refuge contre le désespoir : ça été un démenti donné à tos prédictions. C'est un suicide par vanité.
C'était une femme qui disait cela; avait-elle raison? Que les femmes décident la question.
Voilà mon histoire, mon cher Honoré. Qu'en dis-tu? je n'ai pas fait comme toi, je ne t'ai pas dit à l'avance que j'en avais arrangé les faits pour les rendre plus clairs et plus intéressants. Mais je puis t'assurer que si je le voulais bien, je pourrais tirer vanité du plaisir que tu as pu y prendre. Mais aussi j'ai mis en scène un personnage à m$ manière et je m suis pas persuadé qu'elle vaut moins que la tienne.
Bonjour et amitié. "^