‹ Le maitre d'ecole drame en cinq actesChapitre 15 sur 97 · ACTE I. 2t · texte numérisé non relu

ACTE I. 2t

Élise. Il a le nom sinon le cœur d’un père, et un père, je vous l’ai dit bien des fois, a toujours un caractère sacré; un père, pour son enfant, ne peut faillir.

ÉLISE

Eh bien, il peut venir vous remercier alors?

ÉVERARD

Me remercier de quoi ? Ah ! c’est moi qui suis son obligé. 11 vous a laissée à moi dix-sept ans. Il m’a laissé votre enfance, votre jeunesse, votre amitié, tous ces trésors!... Il m’a permis, chère petite, de former ton cœur, de travailler à ta pensée, d’étre le père au moins de ton âme!...

PÉRI NETTE, l'interrompant.

Monsieur!...

Tu as raison, Périnette! — Périnette me rappelle, Élise, la distance qu’il y a entre vous et le pauvre maître d’école.

ÉLISE

Par exemple! elle veut, donc que je ne rie plus jamais!

ÉVERARD

Oh! qu’est-ce que je deviendrais sans ce rayon-là!... Mais je vous ai regardée, je vous ai entendue; vous pouvez retourner au château, Élise.

ÉLISE

Et mon père viendra ici demain ?

ÉVERARD

Je suis à ses ordres.

ÉLISE

Après que vous aurez causé avec M. Fabien, n'est-ce pas? N’avez-vous pas dit que vous aviez à causer avec M. Fabien?

ÉVERARD, souriant. ~ «

Je l’ai dit.

ÉLISE

A présent, pour que je rie, souriez-moi, et embrassez-moi pour que je chante! — Adieu ! (Eiie sort en chantant.)

Là-bas, sur les hautes roches,

Près le Piémont,

11 était une fontaine Plombée de plomb...

(Permette l'a suivie pour l'éclairer.)

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