‹ Le maitre d'ecole drame en cinq actesChapitre 47 sur 97 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

sa douleur, se trahir et se livrer. Mais le mariage civil a lieu aujourd'hui ; voici, là, vos témoins, et ce prétendu père au désespoir n’a pas même tenté de rompre notre consigne. Qu’espérez-vous? que voulez-vous?

VA R A DE. Il plie et c&chète une seconde lettre.

Ce petit monsieur Fabien m’a écrit trois lettres assez impertinentes pour réclamer de moi un rendez-vous. Je lui fais savoir qu’il peut venir et que je l’attends. Vous m’avez dit que mademoiselle Élise avait demandé à vous entretenir ce matin. Ce billet invite en son nom M. le maître d’école à cette scène de famille, (a un domestique.) Jacques ! ces lettres' tout de suite à M. Éverard et à M. Fabien Viney. Quand ces messieurs se présenteront, vous les introduirez ici (montrant une porte dérobée à droite), par C6t escalier. (Le domestique sort.)

DELLEM ARE.

Ah ça! expliquez-moi !...

va u A DE.

Ma lettre rappelle aussi à M. Éverard qu’en sa qualité de maire, et vu l’absence de son adjoint, il aura tantôt lui-même à nous marier, mademoiselle Élise et moi, dans' ce château, dans ce salon, puisque la mairie est en réparation. Il faudra que Calchas immole Briséis de sa main.

DELLEMARE. .

Varade ! vous vous attendez à un esclandre, dites?

V ARA DE, se dirigeant vers la table de jeu.

Ne pas s’attendre à tout c’est ne parer à rien. N’est-il pas vrai, monsieur le commissaire général?

LE COMMISSAIRE GÉNÉRAL, riant.

La preuve en est que j’ai perdu la partie, (u w 1ère. a son partenaire.) Ce soir, monsieur, je réclamerai de vous ma revanche. (Remontant.) Ah! voilà ces braves gens qui demandaient après moi.

, JEAN-FRANÇOIS

Oui, monsieur le commissaire général.

LE COMMISSAIRE GÉNÉRAI

; Eh l bien, qu’est-ce que c’est, mes amis? - * 1 -

JEAN-FRANÇOIS

Monsieur le commissaire général, profitant de votre aimable présence dans nos murs, nous venons vous prier de nous accorder l’honneur d’assister, demain dimanche, à notre fête communale de Mijoux. Il y aura tir au fusil et à l’arc, course aux ânes, jeu des ciseaux, et, le soir, danses publiques sur la montagne, avec nos voix pour musique, la mousse pour tapis, et, pour illuminations, la lune et les étoiles... s’il y a des étoiles. "

LORIOT. . .,(H

Et. s’il pleut, mômes danses dans la grand’salle de l’hôtel du Cheval blanc tenu par le sieur Loriot, qui, sauf Iç respect de votre Excellence, est moi-môme.

LE COMMISSAIRE GÉNÉRAL. J

J’accepte de grand cœur votre bonne invitation, mes amis, et je me ferai un plaisir d’aller à votre fôte, soit sur la montagne, soit dans la grand’salle.

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