ACTE IV
JEAN-FRANÇOIS, £?ec satisfaction.
Et à moi quatorze!
GÉNÉREUSE
Ne v’ià pas moins huit heures d’horloge qu’on s’amuse, c’est exterminant!
JEAN-FRANÇOIS
El il faut pourtant que demain nous soyons tous debout avant le lever du soleil.
LORIOT
Pourquoi donc ?
JEAN-FRANÇOIS
Eh mais ! mademoiselle Élise part au petit jour. Son père l’emmène à Paris. Et qui sait si on la reverra? Depuis hier matin qu’elle a dit non si bravement, on n’a laissé personne l’approcher; il paraît qu’elle est enfermée et comme prisonnière. Eh bien , nous voulons aller tous demain l’attendre au grand carrefour, où sa voiture doit passer... oui tous, pettfs et grands, les vieux tète nue et les enfants à genoux, afin qu’au moins elle se voie encore une fois saluée et bénie par le village qu’elle a tant aimé.
TOUS
Oui, oui! — Partons !
GÉNÉREUSE, à Jein-Fr»nçois et à Loriot.
Allons, mes deux cavaliers, votre bras !
JEAN-FRANÇOIS
Non ! pas tous les deux, Généreuse.
• LORrOT.
Cette fois, il faut qu’il n’y en ait qu’un qui vous reconduise.
GÉNÉREUSE
Allez-vous encore vous disputer, jaloux?
JEAN-FRANÇOIS
Au contraire, nous sommes d’accord à présent.
GÉNÉREUSE
Ah bah !
LE MAITRE P’ÉCOLE
LORIOT
Oui, pour qu’aujourd’hui, et tout de suite, vous nommiez décidément votre amoureux et votre promis.
JEAN-FRANÇOIS
Choisissez entre lui et moi, Généreuse...
LORIOT
Ou nous vous laissons tous les deux.
JEAN-FRANÇOIS
Oh! je sais bien que c’est lui qui a les chances! Il a son auberge, ses profits, ses manigances, la protection du château.
Et moi...
GÉNÉREUSE
Et toi, mon pauvre François, tu n’as que ta pauvre petite place à la mairie, avec ta mère à soutenir.
JEAN-FRANÇOIS
Et, par-dessus le marché, rien qu’une main !...
GÉNÉREUSE
Eh ben, c’est pour ça que v’ià la mienne! — François, nous nous marierons quand tu voudras.
J E A N - F R A N Ç O I S , sautant de joie.
Oh! Généreuse!... dans mes bras! non, sur Taon cœur!
LORIOT
Oh ! Généreuse, qu’est-ce qui a pu vous porter à cette lésinerie-là?
GÉNÉREUSE
Vous tenez à le savoir, Loriot? Eh bien, c’est la parole et le bon conseil de M. Éverard. — Viens-t’en, mon ■F rançois..(rou«
les gens de la fête, reprenant leur chanson, se mettent en marche par couples et par groupes, et s’éloignent par le sentier de droite. Les chants s’éteignent peu à peu.)
è LORIOT, seul, sur la passerelle de gauche.
Ah! c’est M. Éverard! Bien! bien! — Mais je vais avoir mon tour ! . (n dùpmit:)