SCÈNE II
BUX , ramenant PÉRINET par le chemin de droite.
BUX.
Je t’ai fait peur, Périnet?
PÉRINET
Ohl non, cher père... mais je ne m’attendais pas à vous voir, j’ai été un peu saisi...
Est-ce que tu en es fâché, de me voir?
J’en suis bien heureux, au contraire. J’ai justement là,
tenez (u tire de *a poehe une lettre cachetée), Une bonne nouvelle pour VOUS.
BUX.
Plus tard. — J’ai quelque chose, moi, d’autrement pressé à te dire! Écoute. Je voudrais encore essayer... je voudrais sa-, voir... Périnet, tu m’aimes un peu?
PÉRINET
Dites beaucoup l
BUX.
Ah ! tu es gentil ! Moi aussi, va, je t’aime ! et je trouve... je trouve que tu n’es pas assez heureux !
PÉRINET
Moi? mais si fait, cher père.
aux.
Non, non, tu te crois heureux! comme l’oiseau né en cage, gui ne connaît pas la liberté. Mais ils te font pâlir sur leurs bouquins ! Je veux changer ça, moi ; je veux te délivrer. — Regarde autour de toi comme c’est beau ! sens comme c’est grand de marcher, de respirer, de vivre à même le ciel! Ah! je suis chez moi ici. Et qu’est-ce que tu dirais, Périnet, si je t’emmenais en forêt avec moi?
PÉRINET
Pour toujours ?
Pour toujours.
Eh bien, et mère?
BUX.
PÉRINET
HCX.*
Elle nous rejoindra, si elle veut.
PÉRINET
Mais si elle ne veut pas? Oh l c’est impossible, ça!
Tu me refuses?
BUX.
PÉRINET
Àh! dame! oui, cher père.
BUX.
Bien! c’est ce que je voulais savoir. — Et je m’y attendais : tu n’aimes que ta mère! tu n’obéis qu’à ton maître! à ton maître, qui t’apprend âme mépriser, à me détester!
Lui, M. Éverard ! lui qui me dit toujours : « Aime bien ton père! » (Tristement.) Mais c’est vous qui le détestez!
BUX.
Oui, va, défends-le. — La preuve, cependant, que je ne le hais pas tant... c’est que... je suis ici pour lui rendre service.
PÉRINET
A M. Éverard !
BUX.
Demain, au point du jour, on va le séparer de mademoiselle Élise, sans qu’il lui ait dit seulement adieu. Je lui ai trouvé, moi, le moyen de la revoir.
PÉRINET
Oh! il disait tantôt à M. Fabien qu’il donnerait pour ça dix ans de sa vie.
BUX.
Eh bien, regarde. Voilà la clef de la petite porte, tu sais,