ACTE i
il l’a tant demandé et désiré, je suis sûre qu’il se battrait comme un lion. Et puis, il adore son fils. Il passe par-dessus les murs du jardin et il se cache dans les taillis pour le regarder; M. Éverard et moi nous faisons semblant de ne pas le voir. Il ramasse dans les bois, pour Périnet, des fleurs, des fraises, des nids, qu’il lui envoie par l’un par l’autre. Ou même il l’accoste à tout risque, dans quelque endroit désert, et il lui parle et il l’embrasse avec des transports d’amitié. Ce coin-là de son cœur est resté humain, Dieu merci!
DELLEMARE.
Très-bien! Au fond, Périnette, je vois que vous portez encore à Bux quelque intérêt.
Je le plains.
PÉRINETTE
VARADE
Enfin, si vous aviez par hasard à témoigner contre lui, vous ne l’accuseriez pas?
Le bon Dieu m’a épargné cette épreuve-là.
VARADE, brusquement.
Décidément, il vous est donc tout à fait indifférent? Alors on peut vous apprendre la nouvelle : Bux a été arrêté ce matin par les gardes forestiers de M. Dellemare, et il est depuis tantôt en prison.
PÉRINETTEj frémissant.
En prison l
VARADE
Ah! vous l’aimez encore!
PÉRINETTE
Je n’en sais rien!...’ En prison!
VARADE
Vous l’aimez, vous dis-je! Eh bien! c’est tout ce que nous voulions savoir.
PÉRINETTE
Oh !„. pourquoi vouliez-vous le savoir? pourquoi surprencz- \ous et remuez-vous comme ça mon cœur?
DELLEMABE.
Eh mais! votre indulgence commande la nôtre, et maintenant je fermerais au besoin les yeux sur l’évasion de Bux.
PÉRINETTE, les regardant , inquiète.
Il pourra donc encore se sauver !
VARADE
Oui, du moment où vous refuseriez de le perdre.
PÉRINETTE
Je ne comprends pas...
Y' A RA DE; bas, à Dcllemare.
Venez, mon cher, nous pouvons en toute assurance tenter le coup et employer l’homme. Cette femme ne sera jamais complice, mais elle ne sera non plus jamais témoin. Venez !
périnette. v
Monsieur!... vous partez? Encore un mot, je vous en prie! Je voulais vous demander... quoi donc déjà?... Ah! qu’est-ce que je dirai à M. Éverard?
DELLEMABE.
Que je suis venu lui faire visite, et que dés son arrivée je reviendrai, voilà tout. — Au revoir, (iiwriarcc varade.)