‹ Le maitre d'ecole drame en cinq actesChapitre 91 sur 97 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

• ÉVERARD, seul.

Mon Dieu! mon Dieu! il n’a pas fléchi! Oh! la passion du

LE MAITRE D’ÉCOLE

joueur est-elle donc aussi indomptable que l’amour du père? Que veut-il enfin? que pourra-t-il tenter? Eh 1 qu’importe? Cherchons de notre côté. Il doit y avoir encore quelque moyen, quelque sacrifice à faire, quelque blessure à recevoir! Cherchons!... Quoi! pas une idée! pas un éclair!... Ah! c’est qu’il faudrait des heures, et j’ai des minutes! c’est qu’il faudrait marcher libre et fier dans son droit, et j’ai les mains garrottées comme un coupable! Ainsi nul effort humain, rien décidément n’est plus possible ? rien de ce monde?... Oh! mais reste toujours l’autre! — Vous, mon Dieu, vous savez, j’ai de tout temps partagé ma fille avec vous; c’est moi qui lui ai appris à dire Notre Père! Et toi, toi dont l’Ame s’est envolée de cette place, toi que je n’osais plus jamais évoquer, de peur de blasphème, — mais tu comprends qu 'aujourd’hui je l’ose! — vous voyez de là-haut, vous. Seigneur, toi ange pardonné, vous voyez, je suis à bout de force, à bout d’espoir, je ne puis rien!... eh bien alors, tenez, Je ne suis rien, je ne compte plus! je vous rends malille! Elise n’est plus à moi, plus du tout! elle est à vous deux, à ^ous seuls! Mais sauvez, sauvez votre enfant !

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