ACTE V
pas? la dot d’Élise pour sauver M. Dellemare, et mon héritage pour vous sauver vous-même. Mais si , par mon départ , mon héritage vous échappe, votre spéculation devient absurde, et vous engagez votre avenir sans dégager votre présent. Eh bien, épousez-vous Élise pour elle-même? je pars aujourd’hui et vous faites faillite demain. Qu’en dites-vous? voilà un duel à bout portant que vous n’éluderez pas I Vous m’exilez, je vous ruine. Chacun de nous tient un pistolet chargé sur la poitrine de l’autre. Allez, monsieur ! quand il vous plaira de tirer, nous tomberons ensemble.
V A R A D E , aprè? un moment de sombre réflexion, levant résoKunent la tète.
Monsieur, je vous avertis que tout est prêt au salon pour ce mariage.
ÉVERARD
Monsieur, une voiture attelée doit m’attendre dans la cour du château,
VARADE
Il vous reste un quart d’heure pour réfléchir.
ÉVERARD
J’en profiterai pour faire mes adieux à Élise.
VARADE
C!est votre dernier mot? votre parti est bien pris?
ÉVERARD
Et le vôtre?
VARADE
Je ne recule jamais.
Ni moi.
VARADE
J’ai l’honneur de saluer M. Éverard. (n fait un profond salut et sort.)