‹ Le maitre de forges, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 7 sur 37 · SCÈNE Vi · texte numérisé non relu

SCÈNE Vi

^TgERVAL , TOINETTE. 2*

GERYAL.

Toinette , tu n'étais pas seule ici ?

TOINETTE

C'est ma mère et mon frère Jacquot qui étaient venus me voir.

GERVAL.

Eh ! bien , Toinette , es-tu toujours gaie ? TOINETTE , avec un gros rire.

Oui, monsieur, quand je vous vois.

GERVAL.

Et tes sœurs , qu'est-ce qu'elles font ?

TOINETTE

Air de Marianne.

Ma sœur Madelaine est fruitière , Comm' vous 1' savez , depuis deux ans ; Ma sœur Fanchette est couturière , Ma sœur Claudine est bonn' d'enfans ;

Ma sœur Javotte

A pris la hotte ;

Ma sœur Jeann' ton

Est ftleus' de coton.

Le maîtr* d'e'cole

A pris Nicole;

Thérèse enfin Est blanchisseur' de fin....

Ma pauvre mère est satisfaite D'voir que ses filF s prenn' t des états. KIT n'eu a plus qu' quatr' sur les bras. GERVAL souriant.

C'est encor bien honnête. {bis).

TOINETÏE.

Et vous , notre maître , je gage que vous devez être bien content de revoir tout votre monde ?

GERVAL.

Oui , le mois que j'ai passé à Paris m'a paru bien long.

TOINETTE

Et à nous aussi donc, tous nos habitans se demandaient : Savez-vous quand il reviendra?

GERVAL.

Allons , allons , me voilà ici pour long-tems.

Air du Vaudeville de V Anonyme.

Le tendre amour que je porte à ma fille, !N'est pas le seul qui charme mes vieux ans : Mes forgerons sont aussi ma famille , Et je suis fier d'avoir autant d'enfans. Leur pauvreté jamais ne m'importune ; Ma bourse est là pour les encourager : C'est avec eux que j'ai fait ma fortune, C'est avec eux que j'aime à partager. {bis).

TOINETTE

Monsieur, vMà M. Armand.

GERVAL.

Laisse-nous. ( Toinette sort. )

r- SCÈNE Ml.

GERVAL , ARMAND , il a V air inquiet.

GERVAL , allant au devant de lui.

Eb bien ! mon cher Armand , ctes-vous plus tranquille

que ce matin? Allez -vous réapprendre que vos craintes sont dissipées et que tout est calme ?

ARMAND

Au contraire, monsieur , je suis fort inquiet Ces gens

que je croyais attachés et reconnaissans, sont au moment de vous quitter , et si vous ne montrez pas un peu de fermeté

GERVAL.

Savez-vons d'où peut venir cette mutinerie ?

ARMAND

Si j'en crois ce qu'on vient de me dire , ce nouveau propriétaire de forges, M. Durville ne serait pas étranger à leur départ.

GERVAL , surpris,

Y pensez- vous ? ( A part.) Lui dont on me proposait l'alliance pour ma fille !

ARMAND

C'est au moment où l'on vient d'ouvrir une mine excellente, où vous venez de faire votre soumission pour une somme considérable avec le gouvernement , que l'on veut vous enlever vos ouvriers , et vos quatre premiers forgerons sont du complot

GERVAL.

Que m'apprenez-vous ?

ARMAND

J'ai fait demander en votre nom le plus mutin de tous , Hubert Vous lui parlerez

GERVAL.

Hubert !

ARMAND

Oui , il est excité par un mauvais sujet que j'ai été obligé de renvoyer pendant votre absence.

GERVAL.

Bertrand, je le sais, c'était le plus mauvais ouvrier

ARMAND

J'ai été sévère, mais toujours juste.

GERVAL.

C'est bien, mon cher Armand.

ARMAND

Air du Vaudeville de Gentil Bernard.

La règle d e toute ma vie

Sera justice et loyauté',

C'est parce que je l'ai suivie Que j'ai montré de la se'vérité. (bis). Je pourrais bien avoir de l'indulgence En les voyant contre moi se tourner ,

Mais quand c'est vous que l'on offense

Je n'ai plus droit de pardonner, (bis.)

GERVAL.

Je conuais votre intégrité {Se retournant.") Voici

Hubert, laissez-moi seul un moment avec lui ; tout cela s'apaisera. ( Armand sort par le fond, )

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