ACTE DEUXIEME
dit à M. Philippe que, le mariage étant conclu, il vous paraissait juste de faire connaître à madame Derhlay sa véritable situation de fortune, et de lui apprendre, h la fois, sa ruine et le désintéressement de son mari. Mai^ je dois vous dire que j'ai trouvé M. Philippe très opposé à cette révélation (*). 11 ne veut pas que sa jeune femme, en mettant le pied dans sa maison, puisse croire qu'elle y entre en quelque sorte amoindrie (')... Et il m'a chargé de vous prier de renoncer à votre projet.
LA. MARQUISE
En toutes circonstances, il m'étonne, je vous l'avone. Il a une largeur de vue, une élévation de caractère surprenantes. C'est vraiment un homme extraordinaire.
OACHBLIN.
C'est ce que j'ai eu l'honneur de vous dire, madame la marquise, quand je vous ai parlé de lui pour la première fois.
LA MAR(iLISE.
Oui. C'est un véritable gentilhomme! Nous avons eu la main heureuse (*). Espérons que ma fille saura, comine nous, apprécier son mari (')!.. Elle est bien pâle, Baciielin!...
LE DUC, s'approchant de Claire ('").
Claire, sovez bonne : dites-moi que vous ir.-- pardonnez (H).
CLAIRE, regardant hardiment le lin-.
J'ai tout oublié. J'aime mon mari.
L*? DUC, avec un sourire.
Je souhaite qu'en parlant ainsi vous soyez sincère.
CLAIRE
Adieu, duc ('*)!...
LE DUC
Au revoir, Claire (")!
LE BAROn.
Eh bien, duc, vous partez?...
LE DUC, avec !é.-, été.
Oui. Je n'ai plus rien à faire ici. C'est le tour du w.^tL
LE BAKON.
i Eh! ehl vous paraissez n'être pas sans quelque ameiv tume. En voyant Claire mariée, avouez que vous avei des regrets.
LE DUC
I Des regrets? Est-ce moi qui en ai?...
Mon cher, voilà une réponse prétentieuse... Mais puisque vous vous croyez un tel vainqueur, avez-vous regardé M. Derblay ? Eh bien, dites-moi s'il a l'encolure d'un mari à qui on prend sa femme ('*)?.••
LE DUC, railleur.
Penh!... Depuis Vulcain, les forgerons n'ont pas de chance.
LE BARON, grave.
Eh bien! croyez-moi... gare au marteau ('*)!
LE DUC hausse les épaules sans répondre et va à Moulinet qui descend à gauche du duc.
Nous partirons quand vous voudrez.
MOULINET
Ce n'est pas moi qui vous retiendrai. Quelle réception 1 je croyais trouver ici toute l'aiistocratie de la province, et pas un chat I... Ah ! si, le notaire qui m'a vendu mon château... C'est une dérision !
ATHÉNAÏS, à Glaire y").
Tu n'as plus rien à désirer... tu es aimée, tu aimes... Promets-moi que tu penseras à moi dans tes joies et dans tes tristesses... On en a toujours (") 1 Tu sais que j'en prendrai ma part.
CLAIRE
Sois sûre que j'apprécie ton amitié à sa juste valeur. Mais, vois-tu, le bonheur ne cherche pas de confidents. Je serai heureuse, sans le dire.
ATHÉNAÏS, souriant.
A bientôt, (a part.) Indomptable C")!...