‹ Le maître de forges (volume 2)Chapitre 46 sur 122 · SCÈNE IX CLAIRE, PHILIPPE · texte numérisé non relu

SCÈNE IX CLAIRE, PHILIPPE

PHILIPPE, rfistant éloigné, timide,

Voulez-vous me permettre de m'approcLer de vous? Pour la première fois, nous voici seuls, et j'ai, pour vous, bien des choses dans le cœur (^). Jusqu'ici, je n'ai pas osé parler... J'aurais mal exprimé mes sentiments (^). Toute ma vie s'est passée dans le travail... Aussi je vous supplie d'être indulgente... Ce que je ressens, croyez-le bien, vaut mieux que ce que je dis... Bien souvent vous m'avez vu venir à vous, balbutier quelques paroles, puis garder le silence (*). J'avais peur de vous paraître trop hardi ou trop timide, et cette crainte me paralysait. Alors, je me bornais à vous écouter, et votre voix était douce à mou oreille ('), comme un chant. Je me perdais dans votre contemplation, oubliant tout pour vous suivre des yeux, quand vous marchiez sur la terrasse, dans un rayon de soleil. Vous êtes entrée ainsi profondément en moi: je vous ai adorée. Vous êtes devenue ma pensée unique, mon espérance, ma vie (*)... Aussi, jugez de mon ivresse, maintenant que je vous vois là, près de moi, tout à moi.

Il prend la main de Claire.

CLAIRE, fait un mouvement et retire sa main C).

Par grâce, monsieur !

PHILIPPE, étonné (^).

Qu'avez-vous? Suis-je assez malheureux pour que mes paroles vous déplaisent?...

CLAIRE, doucement.

Ne me les dites pas, en ce moment. Vous le \oyez, mon trouble es' profond (').

PHILIPPE (*")

Mais oui, vous êtes pâle, tremblante... Est-ce donc mo qui en suis cause (")?...

Page 1