‹ Le maître de forges (volume 2)Chapitre 72 sur 122 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

CLAIRE, ATHÉNAI8.

athénaIs.

De quoi s'agit-il donc, ma chère belle?

CLAIRE (')

Tout à l'heure, quaad tu as emmené mon mari, tu m'as demandé si cela ne me déplaisait pas, et si je n'étais pas on peu jalouse.

▲thénaIs.

Je plaisantais.

CLAIRE

Tu avais tort, car tu disais vrai« ▲nhénaIs.

Toi, jalousai

Oui.

De moi?

CLAIRE

De toi. Tu vois que je suis franche. 11 me semble que mon mari s'occupe de toi plus qu'il ne convient, et je m'adresse à toi, pour que tu mettes un terme à une assiduité qui m'est très pénible.

ATHÉNAIS, doucement.

Ah! chère petite I Comment! Tu souffrais et tu ne disais rien (*)? Mais n'exagères-tu pas un peu? Je ne me rappelle vraiment rien qui ait pu motiver ton ennui. M. Derblay est fort aimable avec moi, mais cette sympathie, entre gens de la même famille, n'est pas surprenante, et n'a rien de criminel.

CLAIRE (*)

J'en souffre.

CLAIRE

athénaIs

86 LE iMAlTRE DE FORGES.

ATHÉNAÏS, sèchement.

Ma chère amie, c'est à ton mari qu'il faut demander le remède à ton mal... Moi je n'y peux rien.

(LA iiii:.

Si, tu peux couper court à cette intimité.

ATHÉ.N AÏS.

Et comment? En accueillant mal ton mari? D'abord, ce serait m'imposer un rôle bien désagréable, et ensuite, crois-tu le moyen bien efficace?

CLAIRE

Aussi, n'est-ce pas là ce que je veux te proposer.

ATHÉNAÏS

Qu'est-ce donc?

CLAIRE

C'est de t'éloigner pour quelque temps de notre maison.

ATHÉNAÏS, vivement.

Y songes-tu?

CLAIRE

Oui. Et c'est sur le ton de la prière que je te le demande... Accuse-moi d'être folle, mais fais cela. Il y va de mon bonheur.

ATBÉNAÏ8.

Et sous quel prétexte veux-tu que je m'éloigne? Que dirait-on d'un départ si brusque qu'il ressemblerait à une rupture?

CLAIRE

Nous nous chargerons de l'expliquer d'une manière satisfaisante.

ATHÉNAÏS

iNous pouvons n'y pas réussir (*), et ce serait désastreux pour moi {^). Tu as été franche : je vais l'être. Je suis nouvelle dans le monde où m'a fait entrer le duc de Bligny, je m'y plais, et je tiens à y garder la place que j'ai déjà su m'y faire. Mais on y est très rigoriste. Aussi, tu comprends que si la famille de mon mari me fait froide mine, on trouvera là une occasion de me discuter. Je suis

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